‹ Un été à Meudon (volume 2)Chapitre 20 sur 36 · MADAME DUPLANTIS, MADAME DUHAMEL, ANATOLE · texte numérisé non relu

MADAME DUPLANTIS, MADAME DUHAMEL, ANATOLE

KADAME DUPLANTis. Jc mc suis permise. Madame, de venir vous offrir mes respects et mes souhaits...

MADAME DUHAMEL. G^cst bien. Je suis bien aise de vous voir, pour vous dire que je suis fort contente de la manière dont vous tenez la maison.

MADAME DUPLANTIS. Dame, Madame, ce n*est pas si bien que ce pourrait être, parce que, voyez-vous. Madame, une femme a beau faire, elle n'a pas la force d'un homme... damel mais je fais tout ce que je peux.

MADAME DUHAMEL. Yotre mari ne travaille donc pas?

MADAME DUPLANTIS. Dame, Madame, je ne suis pas ici pour accuser mon mari; mais il se fait vieux beaucoup...

MADAME DUHAMEL. N'avicz-vous pas, Tannée dernière, un garçon de service?

MADAME DUPLANTIS. Oui, Madame... pouT les gros ouvrages... où mon mari ne pouvsdt pas suffire.

MADAME DUHAMEL. Pourquoi l'avoir renvoyé? Vos gages et vos profits sont assez considérables.

MADAME DUPLANTIS, hésitant. Aht voyez-vous, c'ést uue histoire... On a fait des cancans dessus lui, parce que Pierre, voyez-vous, Madame, Pierre n'a quevingl-cinq ans, et, voyezvous. Madame, mon mari l'a renvoyé.

MADAME DUHAMEL, févércmeikt. Aht je compreuds; c'est trop juste... et j'espère que depuis ce temps vous n'avez plus revu ce jeune homme?

MADAME DUPLANTIS. Pardou, Madaoie, je l'ai revu.

MADAME DUHAMEL, plus •évèrement. Comment t VOUS aveZ OSé?.. MADAME DUPLANTIS, tif ant an paquet de sa poehe. HélaS I tOUt à

l'heure, où il m'a remi^ pour vous ce petit paquet, de la part de M. d'Artelles.

MADAME DUHAMEL; d'on ton trit-ndoaei. Ah! pOUr moi? C'CSt

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bien, c'est très-bien... Donnez. (bii« défait le pa^et.) Enfin , les

lettres!.. (eIU les pareoan ateedet signea d'iodignalion, pendant qa* Anatole montre à madame Duplantis ses jonets.)

ANATOLE. Vous donnerez c£s bonbons-là à Lolo^ de ma part.

MADAME DDPLANTis. Oui, monsleuî Ânatole. Vous êtes bien gentil.

MADAME DUHAMEL, à part. Ah ! Une lettre de Fernand...

« Voici les lettres de votre mari à Silvia^ que Léon a obtenues d'elle^ et que j'ai su lui arracher. N'oubliez pas que j'ai juré d'être discret, et que je les ai demandées seulement pour en rire avec quelques amis à un déjeuner de garçons. Soyez sage et prudente, et souyenez-vous que notre avenir est dans

vos mains. Jlla vie est à vous. A bientôt.)» (Elle jette la lettre au feu, se retoarne et voit madame Dnplantis.) Ah 1 madame Duplantis^ VOUS

êtes encore là?.. Qu'attendez-vous donc?..

MADAME DUPLANTis. (.a fépouse pour le commissionnaire.

MADAME DUHAMEL. Qucl Commissionnaire?

MADAME DUPLANTIS. Pierre, celui qui était l'an' dernier chez nous, et qui vient d'apporter le petit paquet... de la part de M.d'ArteUes. ' '

MADAME DUHAMEL. Bien... je me rappelle... Dites-lui que je m'engage à le faire rentrer chez vous ; j'en parlerai à votre mari... assurément.

MADAME DUPLANTIS. Mcrci, Madame.

MADAME DUHAMEL. A propos, quel cst ce M. Grumelot qui a pris le petit appartement du second?

MADAME DUPLANTIS, tonriant. Ahl Madame... sa femme est danseuse... je le sais, parce qu'elle m'a donné des billets; car, quand ils sont venus louer. Monsieur ne nous a pas envoyés aux renseignements comme d'ordinaire... D'ailleurs, ils ont payé six mois d'avance.

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