CENTRAL CITY. - L'EXPLOITATION DE L'OR
Elle n'est pas sans avoir des traits de ressemblance avec Baréges, dans les Pyrénées : une rue unique, qui suit tous les caprices du terrain; des maisons, la plupart en bois, éparpillées de la façon la plus pittoresque sur des pentes nues et stériles. Si Ton gravit les hauteurs environnantes, on découvre les sommets neigeux de la chaîne des Rocheuses, dont le plus voisin est le James- Peak.
Comme Baréges, Central City est à une grande élévation au-dessus du niveau de la mer. Son altitude est de plus de huit mille pieds. Aussi l'air y est-il âpre et piquant : même par un ciel bleu et un soleil d'été, une bise froide me mordait à la gorge. Beaucoup de mineurs ne peuvent supporter ce climat : ils contractent les fièvres des montagnes et doivent à certaines périodes aller se retremper dans la plaine.
Au point de vue de la richesse, de la population et de l'activité industrielle. Central City est la plus importante ville minière du Colorado. Elle est la capitale du comté de Gilpin , et compte environ trois mille âmes. Dans la même vallée sont situées deux autres villes minières, Black Hawk et Nevada. Elles sont si rapprochées de Central City et ont des intérêts tellement identiques, que les trois localités ne forment, en quelque sorte, qu'une seule et même ville. En se développant, elles ne pourront que se rapprocher davantage, car la vallée est [trop étroite pour qu'elles puissent s'étendre dans une direction autre que celle de la ville centrale. La popu- ^lation des trois localités réunies atteint environ le chiffre
de sept mille âmes. Toute cette population est exclusivement vouée au travail des mines et au commerce de ce qui a rapport à leur exploitation.
L'existence de Central, comme ville, remonte à Tannée 1864. A cette époque elle fut « incorporée », c'est-à-dire érigée en commune ayant sa charte, son conseil municipal, son école et sa justice de paix. En 1874, juste dix ans après sa fondation, un terrible incendie détruisit la nouvelle ville presque de fond en comble. L'hôtel Teller House et trois ou quatre magasins furent seuls épargnes. En moins d'une année la ville se releva de ses cendres, plus belle qu'auparavant : de solides édifices en briques ont remplacé beaucoup d'anciennes maisons de bois.
A Central City, comme dans maintes villes de Californie, le macadam des rues se compose du rebut des mines : les habitants peuvent donc se vanter avec raison que leurs rues sont pavées d'or. Les montagnes avoisiuantes ont été tellement perforées dans tous les sens, que leur surface criblée de puits, de galeries, présente l'aspect de rayons de miel. La valeur du minerai qu'on en retire annuellement s'élève à deux millions de dollars.
Le principal but de mon voyage à Central City était de voir une mine d'or. Grâce à l'obligeance de M. Richmond, ingénieur, pour qui j'avais une lettre d'introduction, je pus descendre dans la mine de Bobtail, la plus ancienne et la plus importante du pays.
La galerie d'entrée s'ouvre sur la route qui mène de Central à Black-Hawk, à un demi-mille de ces deux