‹ Un faitParis comedievaudeville en un acteChapitre 10 sur 21 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

JOSEPH, même jeu.

Je n’y vois pas d’inconvénient.

GANACHARD.

Je serais assez disposé à vous donner la main de ma fille.

(Il lui tape familièrement sur fa cuisse.)

JOSEPH, même mouvement.

Je serais assez disposé à l’accepter.

NOURRISSON, furieux, allant h eux.

A lui?., mais vous n’y pensez pas!... (Bas, k Joseph.) Refuse.,, je te l’ordonne!

JOSEPH, se levant, bas, à Nourrisson.

Laissez-moi donc !.. ça devient intéressant, (il remet sa chaise en place, ainsi que Ganachard, qui s’est levé en même temps que lui. Tous trois redescendent sur le devant de la scène.)

GANACHARD, à Joseph.

Vous avez toujours, n’est-ce pas, vos trente-sept génisses, et un nombre proportionné d’hectares?

JOSEPH, vivement.

Disproportionné !

nourrisson, & part.

Oh! je vais éclater!

GANACHARD, avec effusion, h Joseph.

Mon gendre, j’ai voulu vous éprouver, et vous ôtes sorti victorieux de l’épreuve!.. Je vous savais riche... maintenant, je vous sais brave!.. Ah! si je doutais de vous, c’est que vous n’aviez pas répondu & ma lettre.

JOSEPH

C’est vrai... je n’avais pas répondu à votre lettre... (A part.) Quelle lettre ?

GANACHARD.

Cette lettre menaçante, que j’adressais aux nombreux prétendants à la main de ma fille, c’était ma pierre de touche.

JOSEPH, ne comprenant rien.

Ah! oui... votre pierre de touche...

GANACHARD.

Mais ne parlons plus du passé ; soyons tout à la joie du présent... et venez, mon cher gendre, venez faire votre cour à ma fille.

JOSEPg.

Oui, allons faire ma cour à la fille.

NOURRISSON, à Ganachard. en venant se placer entre eux .

Mais il ne peut épouser votre tille!... mais vous ne le connaissez pas, ce garçon!... Avez-vou9 seulement été aux informations?... Quoi! parce qu’il a arrêté l’omnibus!... donnez plutôt votre tille au conducteur!... 11 a tiré le cordon, au moins!

* Gan. Nour. Jo*.

UN FAIT-PARIS

GANACHARD.

Il est inconcevable qu’un domestique ait l’indiscrétion de s’immiscer dans des affaires purement d’intérieur, dans des affaires de famille, qui ne sont pas de sa compétence, et sur lesquelles un chef de maison peut seul prononcer !.. c’est de la dernière inconvenance!.. Ah!..

NOURRISSON

Mais vous n’y songez pas!., il ne vous offre aucune garantie morale ! Savez-vous seulement ce qu’il paye d’im- ‘ positions?.. Tout cela tient à un fil, à un cordon d’om- \ nibus. Vous faites dépendre la destinée de votre fille d’un Icordon d’omnibus! c’est à faire pitié, parole d’honneur!.. |Ah!...

JOSEPH

Et en quoi serais-je déplacé dans la famille de Monsieur?.. Il est étonnant qu’un domestique se permette de se mêler des questions les plus délicates, de surprendre ainsi les secrets de ses maîtres! Allez à la cuisine, mon cher, ou dans la loge de la portière. C’est là que se traitent les ^affaires de votre ressort... Ah!...

GANA.CHARD, à Nourrisson.

Veux-tu nous laisser tranquilles, à la fin!., (il le repousse sur Joseph, qui, s son tour, le rejette à droite.)

JOSEPH

Voilà ce que c’est que de se rendre si familier avec ses domestiques ! (Il sort avec Ganachard par la porte vitrée à gauche et referme la porte sur le net de Nourrisson qui les suit.)

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