SCÈNE VI
GANACHARD, JOSEPH, NOURRISSON.
GANACHARD, revenant, à Joseph.
Monsieur Nourrisson, il ne nous reste plus qu’à nous couper la gorge!., je veux bien vous laisser le choix des armes!
NOURRISSON, à part.
Vieux spadassin!.. (U dessert la table.)
. JOSEPH, à Ganachard.
Vous êtes trop bon!., mais je n’ai pas l’habitude de ces exercices violents, (a part.) Colline j’ai envie de restituer son nom et sa redingote à mon maître !
GANACHARD, à part.
11 recule! Avançons! (Naturellement, haut.) Cependant, il faut bien que je vous tue !
JOSEPH
La nécessité est contestable !
GANACHARD.
Je ne puis faire autrement ! vous vous êtes joué de moi ! vous avez conçu le détestable projet de m’arracher à la mort.
UN FAIT-PARIS
pour vous introduire ici ! Vous m’avez sauvé la vie pour me narguer... Vos armes, Monsieur, vos armes!
JOSEPH, s'exaltant.
Mes armes! mes armes! Ah çà! mais, vous commencez à m’agacer, vieillard grossier! Je ne connais ni le pistolet ni l’épée...
GANACHARD.
Ça me va. Monsieur !..
JOSEPH, continuent.
Mais je m’en servirai peut-être aussi bien que vous!
GANACHARD, à part.
Ça ne me va plus !.. (Haut.) Ah ! vous accepteriez le combat?
JOSEPH, à part.
Je ne vois ici ni sabres, ni yatagans! {Haut, avec fureur.) Eh bien! oui! j’accepte! Marchons! Monsieùr, marchons! (il va
pour remonter et se jette dans la table.)
NOURRISSON, à Joseph, bas.
Bravo! bravo!
GANACHARD, à part.
g II avance beaucoup... reculons beaucoup.
JOSEPH^ à part.
Il ne parle plus! aurait-il peur? (Haut.) Eh bien! Monsieur, venez, je connais, dans les Champs-Elysées, un endroit tout à fait désert, à trois heures de l’après-midi ; c’est entre le Rond- Point et le Cirque; nous nous couperons tranquillement en petits morceaux.
Air :
J’ai le regret, hélas! de vous l’apprendre :
Vous ne mourrez, Monsieur, que de ma main!
Si je ne puis devenir votre gendre Je puis du moins être voire assassin.
NOURRISSON, à part.
II est vraiment superbe en sa colère;
C’est un héros! moi qui suis un capon,
S’il me venait une mauvaise affaire Au lieu du mien, je veux donner son nom !
JOSEPH, à Ganachard.
Venez, Monsieur!.., venez, vous et vos épées de combat!... Marchons, Monsieur, marchons^., (il remonte.)
GANACHARD. N
Marchons! (Il sort par le fond avec Joseph! en dehors.) Un instant!... (Il rentre, suivi de Joseph.) Un instant!... (Il s’assied à gauche de la porte du fond.)
JOSEPH
Je le veux bien ! (Il s’assied à droite de ta porte du fond.)
GANACHARD, rapprochant sa chaise de Joseph.
Est-ce qu’il n’y aurait pas moyen de s’entendre... à nous deux.*» sam» témoins?.,*