NOURRISSON, ANGÉLIQUE. GANACHARD, JOSEPH
NOURRISSON, à Angélique.
Que je suis heureux. Mademoiselle, que je suis heureux !
ANGÉLIQUE
C’est avec bonheur, Monsieur, que j’obéis à mon père.
GANACHARD.
Taisez- vous, Mademoiselle; et comment se fait-il, quand je vous laisse en tête-à-tête avec un homme distingué, que je vous retrouve vous faisant conter fleurette par un laquais?
ANGÉLIQUE
Mais, mon père, quand vous m’avez quittée, j’étais avec M. Nourrisson, et c’est avec lui que vous me retrouvez. (Bas, à Nourrisson.) Est-ce bien ce qu’il faut dire?
NOURRISSON, bas, à Angélique.
A merveille !
JOSEPH, à part, regardant Angélique.
Si jeune et déjà si rouée ! t
GANACHARD, éclatant tout à coup, après avoir écouté Angélique d’un air hé»
bété.
Mais alors, je sens Çuc je vais devenir fou... Ma fille, prêtemoi une de tes camisoles... Je me la mettrai à inoi-mèine...
ANGÉLIQUE
Je ne sais ce que vous avez, mon père.
GANACHARD.
Ni moi non plus. Allons, toi, ma petite Angélique, tu ne me trompera», pas...
ANGÉLIQUE
Ah! mon père, je n’ai jamais menti»,. (A part.) Mais je vais mentir!
UN FAIT-PARIS
GANACHARD.
Eh bien ! cocotte chérie, dites la petite vérité vraie à petit papa. . . Laquelle de ces deux créatures humaines m’a sauvé ce matin du choc d’un omnibus jaune?...
ANGÉLIQUE, montrant Nourrisson.
Monsieur... monsieur Charles Nourrisson, qui vous a demandé ma main, et que j’épouserais volontiers...
GANACHARD, stupéfait, montrant Joseph.
Et celui-ci?
ANGÉLIQUE
Est Joseph, votre domestique...
NOURRISSON
Qui tout à l’heure nettoyait vos carreaux...
JOSEPH, montrant la bouteille de bordeaux.
Qui ai préparé Mimi.
GANACHARD.
C’est vrai... Il a préparé Mimi!...
. NOURRISSON, passant près de Ganachard *.
Qui brossait vos habits ce matin, et qui a trouvé dans votre
poche... (Bas, lui montrant la lettre qu’il a trouvé dans la robe de chambre.)
Cette lettre de M. Bismuth...
GANACHARD, à part.
Je suis roulé!... (Haut.) Allons, vous devez être dans le vrai... vous êtes trois et je ne suis qu’un!