‹ Un faux classique, Nicolas BoileauChapitre 24 sur 66 · Je ne sais point au ciel placer un ridicule · texte numérisé non relu

Je ne sais point au ciel placer un ridicule

D'un nain faire un Atlas, ou d'un lâche un Hercule.

Le Moïse commence à moisir par les bords.

Muse historique.

LO. Mais j'entends frapper à ma porte.

C'est l'imprimeur, diable l'emporte.

De peur d'exciter son courroux, Muse, je prends congé de vous.

BO. Barbin. impatient chez moi frappe à la porte.

11 vient pour vous chercher; c'est lui j'entends sa voix, Adieu, mes vers, adieu pour la dernière fois!

LO. ?\ "ayant pas l'esprit en feu.

BO. Ma muse tout en feu me prévient et te loue.

LO. Mais c'est assez écrit, holà!

BO. Mais après l'Atilla holà!

LO. Calculant par mes propres doigts

Combien je fais de vers par mois, BO. Oui compte tous les jours vos défauts par mes doigts.

Car notre muse est en déroute.

Le vers est en déroute et le poète à sec. De nouvelles je suis à sec.

J"ai fait de bon ou mauvais sens, Ces vers, le jour des Innocents.

Profite de leur haîne et de leur mauvais sens.

Certain bruit court fort dans Paris Qu'on avait Philipsbourg surpris.

Un bruit court que le roi va tout réduire en poudre *,

Dussé-je y perdre mon escrime,

Si faut-il pourtant que je rime.

Dans les combats d'esprit savant maître d'escrime, Enseigne-moi, Molière, où tu trouves la rime. — Moi donc qui suis peu fait à ce genre d'escrime. Je le laisse tout seul verser rime sur rime.

De voir notre muse historique Oui va jusqu'aux Topinamboux, Est-ce chez les Hurons, chez les Topinamboux?

' Cela fait que je me résous,

M'étant un peu mis à genoux.

De commencer ces vers pour vous.

Un auteur à genoux dans une humble préface.

1. Voilà une idée qui manque de justesse, le compliment paraît presque une impertinence.

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