Apprenez que la gloire où le ciel nous appelle
sC. Et les siècles suivants amoureux de son nom. BO. Voulez-vous du public mériter les amours?
sC. Mais portrait qu'un Apelle aurait peine à tracer. BO. Entreprit de tracer d'une main criminelle Un tableau réservé pour le pinceau d'Apelle.
c. C'est Dieu seul qui m'engage à sa haute entreprise. BO. Une église, un prélat m'engage en sa querelle. 5C. Or sus donc! nobles cœurs, épousez sa querelle.
se. Son âme ingénieuse à redoubler ses peines. BO. Rend pour me tourmenter ton âme ingénieuse.
se. Faire agir à son gré les merveilleux ressorts
Oui donnent mouvement aux membres de son corps. BO. Oui d'un esprit divin fait mouvoir les ressorts.
se. Sont les affreux objets que la sombre clarté
Fait voir confusément au soldat écarté.
BO. Dans ces aflreux assauts du soleil éclairés. se. Et le soleil levant vient éclairer sa gloire.
se. Ils forcent la fortune à les favoriser.
BO. Et forcer la victoire à te suivre avec eux.
se. L'on vit assez longtemps la fortune incertaine Entre l'ardeur Gothique et la valeur Romaine, Mais le grand Alaric ne pouvant l'endurer, La força de le suivre et de se déclarer.
se. Enfin le haut rempart avec un bruit horrible
Tombe et montre au soldat une brèche accessible. ]\Iais le vaillant Romain, redoublant ses efforts, La répare à l'instant avec son propre corps.
BO. Enfin sous tant d'efforts la machine succombe,
Et son corps entr'ouvert chancelle, éclate et tombe.
se. Son rival en chancelle et trois et quatre fois,
Et perd pour quelque temps et la vue et la voix.
BO. La force l'abandonne et sa bouche trois fois Voulant le rappeler ne trouve plus de voix.
c. La nuit vient cependant et ses noires ténèbres Couvrent et cent frayeurs et cent actes célèbres. ^0. C'est ainsi, grand Condé, qu'en ce combat célèbre.
— Débrouille des vieux temps les querelles célèbres.
;c. Quel crayon assez noir suffit pour vous tracer?
io. Muses, pour le tracer, cherchez tous vos crayons. *
;c. L'oubli les enveloppe et leur nom meurt comme eux.
Sans rillustre labeur des poèmes fameux. 50. Bientôt, quoi quil ait fait, la mort d'une ombre noire
Enveloppe avec lui son nom et son histoire.
— En poètes fameux rend nos climats fertiles 1 Sans le secours des vers leurs noms tant publiés Seraient depuis mille ans avec eux oubliés.
c. Or dans le plus profond de l'effroyable gouffre Partout on voit ramper une flamme de soufre Dont la couleur bleuâtre au rouge se mêlant Tapisse horriblement le noir palais brûlant. Une épaisse nuée à longs flots est sortie Oui s'ouvrant à nos yeux dans un bleuâtre éclat.
c. Qui pousse à gros flots noirs l'éternelle fumée.
Dans les remparts de bois de ces châteaux flottants. 0. Et pleut de toutes parts sur l'escadron flottant. *
c. Que l'on fait comme on veut ou taire ou discourir. 0. Guilleragues qui sais et parler et te taire.
i98 BOILEAU ET SCUDÉRY.
se. A tous moments s'accroît l'effroyable tumulte. BO. Jadis, non sans tumulte on m y vit éclater.
— Cherche parmi Ihorreur, le tumulte et la guerre.
se. C'est un lion soumis qui sait flatter son maître. Bo. Aujourd'hui, vieux lion, je suis doux et traitable.
se. Comme tu l'as sauvé, sauve-moi du naufrage. BO. Et sauver, s'il se peut, ma raison du naufrage.
— Sauve-moi, sauve-les de leur propre fureur.
se. Votre nom n'ira pas à la postérité
S'il ne reçoit par eux (les vers) ce qu'il a mérité. BO. Par des vers immortels ont dû se mériter.
se. Faire trembler le Tibre et l'aigle épouvanté. BO. Rendre à l'aigle éperdu sa première vigueur.
se. Ce sang qui coule encore est-ce une voix qui crie? BO. Tu ne peux t'en bannir que l'orphelin ne crie.
se. Que l'orgueil de la mer s'abaisse en un instant. BO. A vu tomber enfin ses murs et son orgueil.
se. Méritant presque alors l'encens et ses autels. BO. Oui d'un indigne encens profanent tes autels.
se. Et tous deux résolus de vaincre ou de mourir. BO. Avec moi de ce pas venez vaincre ou mourir. *
L'amour les couronnait de roses sans épines. Couraient chercher le ciel au travers des épines.
Il ne sait que lui dire, il demeure interdit. Demeure sans parole, interdit, confondu.
Et contre la fortune un assuré secours. Trouvent contre le jour un refuge assuré.
Une solide paix, une paix triomphante.
Je ne veux point nier les solides bienfaits.
— J'achète à peu de frais de solides plaisirs.
Son amour endormi se réveille en son âme. En vain deux fois la paix a voulu Tendormir.
Que le Goth plus heureux s'est ouvert le passage, Jusqu'en la sacristie elle s'ouvre une entrée.
— Mais enfin ta douleur se faisant un passage.
Tout le monde observait sa fatale beauté. Le fit du banc fatal enlever à l'instant.
Croire voir Alaric une seconde fois.
Elle craint qu'Alaric ne soit vaincu deux fois.
Et que l'Eglise brûle une seconde fois.
Des superbes Romains les nombreuses armées. Un mortel sut fléchir ces superbes rivaux.
se. S'examine en secret, se parle, se consulte. BO. A ce terrible objet aucun d'eux ne consulte.
se. Non, puisque le dépit ne guérit pas mon âme. BO. Le prélat resté seul calme un peu son dépit.
se. Elle étouffe en naissant cet enfant de la flamme. BO. Enfants infortunés de ces raffinements.
se. Vésuve merveilleux, montagne renommée. BO. Mais plutôt toi qui fis ce merveilleux ouvrage.
se. Mont que la mort de Pfine a rendu si fameux. BO. Du Portique fameux fuyez l'austérité.
se. Oui ne sait que juger d'un miracle étonnant. BO. Sous ton règne étonnant ne veut plus que louer.
— Mais des heureux regards de mon astre étonnant.
se. Après tant de travaux, après tant de combats.
BO. Pour chanter par quels soins, par quels nobles travaux.
se. Lui livrer au seul bruit de sa valeur extrême.
BO. Et pour braver le chantre en son orgueil extrême.
se. On le verra briller d'une gloire éternelle. BO. Et d'aller du récit de ta gloire immortelle.
se. De qui les bas-reliefs sont superbement riches BO. Fit croire à leurs esprits ridiculement vains.
— Exprimer les détours burlesquement pieux.
Un auteur de la vie au sépulchre enfermé. Et l'auteur de la vie à mourir condamné.
A'ous dont le noble orgueil, d'un vol ambitieux. Tantôt d'une Enéide auteur ambitieux.
— Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux.
Achetaient lâchement une honteuse paix.
Il languit tout poudreux dans un honteux oubli.
Et son front accablé commence d'en suer. En vain pour la trouver je travaille et je sue.
Quoi I dès le premier pas il bronche le perfide! Jamais au bout du vers on ne te voit broncher.
Tantôt il aime mieux son aimable présence.
Et fuyant des grandeurs la présence importune.
— Souvent sans y penser, ton auguste présence.
De tous les deux côtés la guerrière harmonie Excite de nouveau leur vaillante manie.
S'imaginant sans cesse, en sa douce manie, Des esprits bienheureux entendre l'harmonie.
Sans pompe et sans témoins, il triomphe dans l'ombre. Aussitôt je triomphe et ma muse en secret.
Et payaient des tributs même à leurs tributaires. D'un tribut de douleur paya son attentat.
se. Nous montrent le venin de leurs erreurs publiques. BO. Craignez-vous pour vos vers la censure publique?
se. Tout Tenfer retentit dhorribles hurlements. BO. Que le diable toujours hurlant contre les cieux.
se. D'où vient, mes compagnons, cette crainte frivole? BO. Et partout enfantant mille ouvrages frivoles.
se. Illustres compagnons de mon illustre faute. BO. Illustres compagnons de mes longues fatigues.
se. Signale également sa force et son adresse. BO. C"est par là qu'un prélat signalant sa vigueur.
se. Et par ses grands exploits faire trembler la terre. BO. Malherbe d'un héros peut vanter les exploits se. Élève jusqu'au ciel leurs exploits mémorables.
Bienheureux Scudénj dont la fertile lolume
Peut tous les mois sans peine enfanter un volume!
Tes écrits^ il est vrai, sayis art et languissants,
Semblent être formés en dépit du bon sens,
Mais ils trouvent pourtant, quoi qu'on en puisse dire,
Un marchand pour les vendre et des sots pour les lire.
« Et maudit la Pharsale aux provinces si chère. »
BoiLEAU.
. Puisqu'à sa mort enfin ton cœur devait des larmes. ). Balance pour foffrir un encens qui t'est dû. . Qu'ils reçoivent un prix qui n'était dû qu'à vous.
A ces soins décevants d'une bonté cruelle. D. Que d'illustres témoins de ta vaste bonté.
R. Heureux ceux qu'une mort officieuse et prompte.
— Et que d'un trait perçant le fer officieux.
— D'une oaze subtile un voile officieux.
— Pour vanter à leur chef leur zèle officieux. 0. Ta probité sincère, utile, officieuse.
— Qu'il soit doux, complaisant, officieux, sincère.
— Épouse d'un mari, doux, simple, officieux.
R. Ou si tu veux qu'ici ma colère s'explique.