‹ Un faux classique, Nicolas BoileauChapitre 53 sur 66 · BO · texte numérisé non relu

BO

A ses veux effravés laisse dire le reste.

eu. Et haste du désir la tardive lumière.

BO. Semblait du jour trop long accuser la paresse.

Des temp^ trop paresseux vient hâter les moissons.

CH. Ramasse tes guerriers par la frayeur épars. BO. Rallia du reaard leurs cohortes craintives.

■:ii. Se destine partout où sera le danger.

r.o. Chacun d'eux au péril veut la première part. *

cil. A ses coups l'ennemi plie et prend l'épouvante i;u. A Wurtz, jusqu'en son camp va porter l'épouvante. Le Rhin à leur aspect d'épouvante frissonne. *

eu. Sous l'effroyable coup d'une grêle si dure. BO. Les livres sur Evrard fondent comme une grêle. Le volume effroyable

Lui rase le visage.

Par un cri donne en l'air l'effroyable signal.

CH. En valeur, en fureur chacun là se signale. BO. C'est par là qu'un prélat signalait sa vigueur.

en. Il les fît pour son prince et d'un soigneux devoir. BO. Sans le secours soigneux d'une muse fidèle.

cil. Neuf riches citoyens, basses et faibles âmes,

Craignirent de brûler en de si belles flammes. BO. Ainsi son cœur pour toi brûlait d'un si beau feu.

CH. Ce grand cœur par lui seul pouvait être abattu. BO. Dans une illustre Église exercer son grand cœur.

CH. Tu revêts son orgueil de mon manteau royal. BO. Toi donc qui de mérite et d'honneurs revêtu

eu. Étrangers dont le fer, dans le champ de la gloire,

A tant de fois sur nous moissonné la victoire. BO. Que de moissons de gloire en courant amassées.

CH. Par des soupirs dévots et de pieuses larmes, r.o. La volupté le sert avec des yeux dévots.

en. Aura mis par son ordre un géant aux abois. BO, Déjà de tous côtés la chicane aux abois.

Dès que j"y veux rêver, ma veine est aux abois.

En achevant ces mots, cette amante aux abois.

CH. Fait mesurer la terre à dix des plus vaillants. BO. Les guerriers de ce coup vont mesurer la terre.

CH. Leur corps plus que de gland se repaît de douleur. BO. Fait mourir Tappétit et naître la douleur.

eu. Le soldat de lui-même accourt à son drapeau. En tumulte s'y range, et ce tumulte est beau. Bo. L'espoir d"un doux tumulte échauffant son courage.

en. Vous pouvez toutefois conjurer la tempête. BO. Mais c'est pour l'ébranler une faible tempête. CH. En vain tout son effort eût choqué ta vertu Sur nous comme sur lui va tomber la tempête.

en. A cent trépas honteux s'estime condamné. Bu. La discorde qui voit cette honteuse disgrâce, eu. Nous a réduits à prendre un parti si honteux.

n. Viennent meltre leur crainte à l'abri des remparts. îo. Les Troyens se sauvaient à l'abri de leurs tours.

11. Et tout ce qu'en sa route éclaire le soleil. „<.. Suis-moi, qu a son lever le soleil aujourd'hui Trouve tout le chapitre éveillé devant lui.

n. Oiie le prochain soleil les verra dans ce port. BO. Dans ces affreux assauts du soleil éclairés.

— Demain avec Taurore un Lutrin va paroître.

' — L'aurore cependant d'un juste effroi troublée Des chanoines levés voit la troupe assemblée.

rii. Elle, que satisfait cette noble chaleur.

BU. Et tous deux de ce pas s'en vont avec chaleur.

cil. Mais l'honneur l'a surtout pour compagne fidèle. BO. 0 toi, de mon repos, compagne aimable et sombre.

eu. Mange le pain céleste et boit le sacré vin. BO. Prenons du Saint-Jeudi la bruyante crécelle.

en. L'orgueil cède à l'effroi de ces âmes altières.

— Chacun aspire à vaincre et d'une voix altièrc. BO. Quand le pygmée allier, redoublant ses efforts.

en. Et l'exquise abondance y règne avec éclat. BO. Et signala pour moi sa pompeuse largesse.

CH. L'amazone du ciel dont la gloire est sans tache. BO. Le mérite sans tache est un de ses présents.

CE. Tes timides conseils ne sont plus de saison. BO. Trop de rigueur alors serait hors de saison.

cil. La valeur que du ciel je tiens par privilège.

BO. Que c'est des gens de cour le plus beau privilège.

CH. Il était devenu notre ami véritable,

BO. C'est ainsi que vous parle un ami véritable.

CH. On repari et leur faim par la veille aiguisée Sur les vivres anglais à peine est épuisée.

BO. Leur appétit fougueux par l'objet excité,

Parcourt tous les recoins d'un monstrueux pâté.

CH. Tout le ciel y conspire et fait briller en elle. BO. Tandis que tout conspire à la guerre sacrée.

eu. Ce visible secours de son bras adorable. BO. Xe viendrai-je jamais en tes bras salutaires.

en. D'impudiques désirs et de lascives flammes. BO. Son feu n'allume pas de criminelle flamme. — Qui, brûlant d'une flamme impure.

BO. Aussitôt on se lève et l'assemblée en foule Avec un bruit confus par les portes s'écoule.

CH. On quitte alors le temple et l'innombrable foule Par tous les trois portaux avec peine s'écoule.

Habite la terreur qui, par cent froides mains, Serre et glace les cœurs des malheureux humains. Kt malgré la frayeur dont les cœurs sont glacés.

Satan qui de ce mal flatte la frénésie, Et qui voit cette porte ouverte à Thérésie. Alors, pour seconder ta triste frénésie, Arriva de l'enfer ta fille l'hérésie.

11 voit ses bataillons de frayeurs éperdus.

— Tient les pâles bourgeois avec art dispersés.

Il voit de toutes parts Ses pâles bataillons par la frayeur épars. *

Le soldat qui de peur se déborde et s'enfuit. Le timide escadron se dérobe et s'enfuit.

De même le poisson qu'attire l'apparence. Vers le morceau flottant famélique s'élance. Et prenant l'hameçon sous le trompeur appas, Au lieu de nourriture y trouve le trépas. Quelquefois aux appas d'un hameçon perfide, J'amorce en badinant le poisson trop avide.

[. Sous leur pesante chute et leurs coups redoublés.

). Sous les coups redoublés tous les bancs retentissent.

. Enveloppe le jour du manteau de la nuit. Dès que l'ombre tranquille Viendra d'un crêpe noir envelopper la ville.

248 BOILEAC ET CHAPELAIN.

CH. L'onde s'enorgueillit d'un si riche fardeau. BO. Son coursier écumanl sous son maître intrépide, Nage tout orgueilleux de la main qui le guide. * — Où s'enorgueillit le Tage De l'or qui roule en ses eaux.

en. Elle fait entrevoir, dans un coin de ce gouffre,

Un mélange confus de bitume et de soufre, BO. Du corps de ce dragon plein de soufre et de nitre, Une tête sortait en forme de pupitre.

Partout la terre y recèle Un feu prêt à s'élancer Oui soudain perçant son gouffre, Offre un sepulchre de soufre...

CH. Sous l'aspect d'un dragon le hideux roi des ombres. BO. Avec cet air hideux qui fait frémir la paix.

CH. Ces miracles fameux, si grands, si relevés. BO. Votre ennemi superbe en cet instant fameux.

CH. Ainsi que le taureau, quand un frelon l'agite. BO. Tel qu'on voit un taureau qu'une guêpe en furie.

CH. Le peuple, par cent cris poussés confusément. Fait voir à quel excès va son ravissement.

BO. Ce discours aussitôt frappe tous les esprits, Et le prélat charmé l'approuve par ses cris.

1 .\insi, lorsque de loups une troupe enragée A (lu bêlant troupeau la clôture assiégée, i Mil d'agneaux effrayés une troupe bêlante.

j Kl ne la croit pas moins qu'une divinité. ■ Kl les laisse tous pleins de sa divinité.

I l-]tTet prodigieux, merveille plus qu'humaine, i 1 »es vers de ce poème effet prodigieux.

Des monts et des forêts Kombre s'agrandissant,

( Les ombres cependant, sur la ville épandues, Du faîte des maisons descendent dans les rues.

1 Philippe mécontent et plein d'inquiétude, Avait fait sa retraite en cette solitude. Et par sa solitude aigrissait sa douleur. Ne sait point contenir son aigre inquiétude. Je ne sens plus l'aigreur de ma bile première.

La rend de ses fureurs l'ordinaire instrument. Ne sait pas qu'on bâtit Tinstrument de ses larmes.

Mais, ô brave Dunois, quelle fureur subite, Dans ce cruel dessein ton âme précipite? Mais quel zèle indiscret, quelle aveugle entreprise. Arme aujourd'hui ton bras en faveur de l'Église?

. Là, de saisissement, il met fin à sa plainte. L'image de la mort sur son visage est peinte.

BO. Il la quitte à ces mots, son amante effarée

Demeure le teint pâle et la vue égarée, eu. Et sur le couple pâle et déjà demi-mort.

CH. L'image de léclat dont brillaient mes aïeux. BO. Et plus brillant par soi que par l'éclat des lis.

— Si tu veux te couvrir d'un éclat légitime.

— Montrez-nous cette ardeur qu'on vit briller en eux]

CH. Sus donc sur l'ennemi, marchez en diligence.

BO. Tout s'ébranle, tout sort, tout marche en diligence.

ciï. Après entre et reluit la pesante cuirasse

Oui seule, à la porter, deux puissants hommes lasse. BO. Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine.

CH. Beldfort monte en fureur et les troupes gourmande.

— Fait craindre sa ruine aux pâles matelots, Quand Neptune en courroux le bat de tous ses flots.

BO. Un orage terrible aux yeux des matelots,

C'est Neptune en courroux qui gourmande les flots.

eu. Et l'honneur endormi par elle en ce moment, Dans le sein de chacun sort d'assoupissement.

BO. Le discours du guerrier que la colère enflamme Ressuscite l'honneur déjà mort en leur âme.

— A quoi bon réveiller mes muses endormies?

— Irritent de ses sens la fureur endormie. eu. Ranimant de son roi la mourante vertu.

ROILEAU ET CHAPELAIN. 251

Et dans lous les esprits jette un trou])le fatal. Et dans le ventre creux du pupitre fatal.

Et du tombeau des eaux le jour ressuscité, Au monde ténébreux vient rendre la clarté. Et pour ce grand projet, tantôt, dès que l'aurore Rallumera le jour dans l'onde enseveli.

Dont l'esprit est rampant et dont l'àme est servile. (jue ramper dans la fange avec l'abbé de Pure.

— Et la crainte servile en fdial amour.

— Aller bas et rampant, fléchir sous Pucelain.

Ouand l'amoureux Zéphire. en se plaignant de Flore, Fait de son sein brûlant mille soupirs éclore. ■ Seulement au printemps quand Flore dans les plaines Faisait taire des vents les bruyantes haleines. Et le vent le plus doux n'oserait soupirer.

Du sourcilleux château la ceinture terrible. Je chante les combats et ce prélat terrible.

— Oui sur ces rocs sourcilleux.

— L'airain sur ces monts terribles.

Réveillons, rallumons nos généreuses flammes. Et leur cœur s'allumant d'un reste de chaleur.

— Déjà le mauvais sens reprenant ses esprits '.

l. 11 s'agit du sens des écrits. L'image a beau être de Boileau, elle est du plus mauvais goût, mais les annotateurs d'éditions scolaires ne songent pas à la critiquer.

CH. Mais Tombre de la nuit les dérobe à leurs yeux. BO. Et bientôt au travers des ombres de la nuit.

CH. Et dans le sein de l'air au même instant s'élève Un long trait de lumière à sa suite laissant.

— Tracer Tair ténébreux d'un sillon éclatant. BO. En achevant ces mots, la déesse guerrière

De son pied trace en l'air un sillon de lumière.

en. Le terrible regard de la sainte guerrière

Redonne aux bataillons leur chasteté première.

— L'œil de Charles présent met le feu dans leurs âmes. BO. Mais Louis d'un regard sait bientôt la fixer.

— S'avance soutenu des regards du héros. *

eu. Tout marche et le soldat en son ardeur extrême. BO. Tout s'élance, tout sort, tout marche en diligence.

CH. Ne frémissez-vous pas à sa tragique chute?

BO. Vous savez des grands vers les disgrâces tragiques.

eu. Sur l'onde qui serpente au sein de la prairie,

Entretenant au jour sa triste rêverie.

BO. Tantôt un livre en main, errant dans les prairies,

J'occupe ma raison d'utiles rêveries.

eu. Que d'un torrent de peuple il se trouve inondé. BO. Il va nous inonder des torrents de sa plume.

BOILEAU Eï CHAPELAIN. 253

'^ Puis le vin commençant créchaiiffer les esprits. Et déjà tout bouillant de vin et de colère.

KchaufTez mon esprit, disposez mon projet Et rendez mon haleine égale à mon sujet. ( Mens, d'un regard heureux, animer mon projet Et garde-toi cie rire en si grave sujet.

1 .Je veux, par le récit de tes propres merveilles, * Des peuples suspendus enchanter les oreilles.

u Sans ce terrible nom, mal né pour les oreilles, Oue j'allais à tes yeux étaler de merveilles I

Oui fit céder le Rhin au feu de son coura^-e, Louis les animant du feu de son courage. *

Je dirai le fameux et terrible passage.

Je dirai les exploits de ton règne paisible.

— Et depuis ce Romain dont l'insolent passage.

— Il faut au moins du Rhin tenter l'heureux passage.

Le désespoir l'anime, il marche en furieux. Lui défend de parler, sort du lit en furie.

Une fin magnifique, un sépulchre honorable.

Et sous le faix pompeux de la pourpre honorable.

Laisse parler un temps ses pleurs et ses sanglots. Mais sa voixs'échappantau travers des sanglots.

2o4 BOILEAU ET CHAPELAIN.

en. Et ceux qui par leur sang ont cimenté leur foi. BO. Qui cVun bonheur public ait cimenté sa gloire.

— De son sang en tous lieux ciuiente ses autels.

eu. Et d'un mont de douleurs le courage oppressé. BO. Et pleine du démon qui la vient oppresser. — La mollesse oppressée...

en. Aussi, lorsque la nuit couvre tout de son voile. BO. Elle a vu (la nuit i trois guerriers ennemis de la paix, Marcher à la faveur de ses voiles épaix.

en. Dans ce transport divin le saint cloître elle quitte. BO. Elle quitte à l'instant sa retraite divine.

en. Et son poil sur son front d'horreur se hérissa. BO. D'une subite horreur leurs cheveux se hérissent.

CH. Le destin recueillit le décret souverain, Et le grava du doigt sur l'éternel airain.

BO. Ainsi le ciel l'inscrit au livre des destins.

en. La nuit toujours plus noire aide à couvrir leurs crimes. BO. Vient étaler au jour les crimes de la nuit.

— A de si noirs forfaits prôteras-tu ton ombre?

en. Oyant gronder aux cieuxle foudre épouvanté, tso. Fait tomber à deux mains l'effroyable tonnerre.

Et qu'ayant un succès conforme à ses désirs. Le prélat d'une voix conforme à son malheur. — Dans un habit conforme à sa vraie origine.

Il fut dans ses tourments capable de plaisir. 1. Le seul chanoine Evrard d'abstinence incapable.

Et dans vos propres bras cherchez votre secours. 1. Mon bras seul à l'instant saura le renverser.

c. Du massacre prévu l'épouvantable instant. 1 . Au spectacle étonnant de la chute imprévue.

( . De l'affreuse terreur implore l'entremise.

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