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S'écrie, ù justes Dieux, quel crime ai-je commis. Pour revoir contre moi s'unir les ennemis? Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur? — Et me punit du mal que je n'ai pas commis.
Si c'est l'esprit de Dieu qui l'échaufTe et l'éclairé, Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moi? [vrent,
C'est lui-même, il m'échauffe, il parle, mes yeux s'ou-
D'avoir poussé ta gloire en ce gouffre d'horreur. Dans un gouffre profond Sion est descendue... Dans l'horreur du tombeau viendra le replonger.
eu. Réveillons de nos bras la valeur endormie.
RA. Et réveillons la foi dans les cœurs endormie.
CLi. Que n'a dit, que n'a fait ce monstre d'arrogance?
RA. Sors donc de devant moi, monstre d'impiété!
eu. Armons-nous de raison, armons-nous de courage,
RA. Armons-nous de courasfe et d'une foi nouvelle.
cil. Et médite un efl'ort digne de sa vaillance. RA. J'ignore contre Dieu quel projet on médite.
CH. Et sait qu'elle ne croit ni n'espère qu'en lui. RA. >s'e cherche, ne regarde et n'écoule que toi.
CH. Pour les siens il le juge une facile proie.
RA. Grand Dieu! Voici ton heure, on t'amène ta proie!
CH. Il résout à la mort son courage indomptable...
Et la devant souffrir, la veut souffrir en roi. RA. Et périssez du moins en roi, s'il faut périr.
CH. A pas tristes et lents, de gardes entouré
Suit les pas des Français, morne et désespéré. RA. L"œil morne maintenant et la tète l^aissée...
CH. Et crains du Dieu vengeur les secrets jugements. RA. A ses secrets desseins tremblante j'obéis.
en. En plus d'une province enfante des soldats. RA. Et que la terre enfante son sauveur.
cii. Et la joie en tes yeux regorge de son cœur. RA. Le sang de vos sujets regorge jusqu'à vous.
CH. Sur ce bruit que l'Anglais par sa folle arrogance.
RA. Vous dès que cette reine, ivre d'un fol orgueil.
CH. Se montre enflé d'orgueil aux yeux des pâles ombres,
CH. Et dans ses yeux mourants ne remarquez-vous pas Qu'il recommande aux siens de venger son trépas? RA. Et ses regards mourants ont vu fuir les Romains?
. Du vôiiérable abbé le prélat vénérable Reçoil à deux i^enoux le dépôt adorable... A la lin de ces mots il lui montre le livre Oui présente aux mortels la règle de bien vivre, Et sur le texte saint prend le serment du roi Qu'il défendra TÉglise et mourra dans sa loi. KA. Mon fils, avec respect, posez sur cette table De notre sainte loi le livre redoutable. Et vous, à cette loi, votre règle éternelle, Roi. ne jurez-vous pas d'être toujours fidèle?
CH. Aime et crains le Très Haut et promets saintement D'honorer ses autels jusques au monument.
RA. Jurez donc avant tout sur cet auguste livre, A ce roi que le ciel vous redonne aujourd'hui De vivre, de combattre et de mourir pour lui.
en. Une illustre fureur s'empare des familles. RA. Il nous faut remporter une illustre victoire.
CH. Pour eux votre bonté combat votre justice. RA. Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés?
CH. De pompes revêtu, de splendeur couronné. RA. Humilier ce front de splendeur couronné.
en. Qu'attendons-nous encor, que son bras tout-puissant Avec le criminel écrase l'innocent.
RA. Sion, le jour approche où le Dieu des armées Va de son bras puissant faire éclater Tappui.
CH. Il voit ses bataillons de frayeur éperdus. RA. Mes filles, soutenez votre reine éperdue.
eu. Mais de mille raisons tu colores ton crime. RA. Prêtant à leurs fureurs des couleurs favorables. — Et par là de son fiel colorant la noirceur.
eu. A l'esprit agité de panique terreur.
RA. Ont répandu le trouble et la terreur subite.
eu. Y donner à la guerre un visage de paix.
RA. Regardez votre peuple avec des yeux de paix.
eu. L'infidèle en sa fuite a cherché son salut.
RA. Et cherchant comme nous son salut dans la fuite.
eu. Et par un coup fatal nos travaux achever. RA. Ministres du seigneur, c'est à vous d'achever.
eu. De son aveugle audace il recevra le prix. RA. Dissimulez, Seigneur, cet aveugle courroux.
en. Il n'a pas, comme toi, l'art de glacer son âme. RA. Le remords au dedans le glace.
De quartier en quartier la trompette guerrière. Prenez soin qu'à l'instant la trompette guerrière.
m. Et voit l'aube six fois reblanchir l'horizon. \A. Et du temple de Dieu l'aube blanchit le faîte.
:h. Le bras du Tout-Puissant détruira vos armées. \A. Le seigneur a détruit la reine des cités...
La voix du Tout-Puissant a chassé cette armée.
CH. Aflranchira les murs asservis sous vos lois. RA. Il faut finir des Juifs le honteux esclavage... Venger vos princes morts, relever votre loi.
CD. Mais ils sont vos enfants comme vos ennemis. RA. Tourne enfin ta fureur contre nos ennemis.
CH. Et c'est ce peuple élu qui doit, à l'avenir.
Sous votre aimable joug tous les peuples unir. RA. Que le seigneur est boni que son joug est aimable!
CD. Après tant de malheurs, après tant de souffrance,
Faites-leur désormais sentir votre clémence. rà. Dieu regarde en pitié son peuple malheureux, cil. Oui d'un œil de pitié regarde tes enfants.
cil. Et d'un trouble inconnu son cœur est agité. RA. Et je ne sais quel trouble empoisonne ma joie.
en. Ou s'il faut d'une mort payer votre justice, Pour les en délivrer je veux bien la souffrir, Et viens à votre foudre à leur place m'offrir.
RA. Contente de périr, s'il faut que je périsse. J'irai pour mon pays m'oiïrir en sacrifice.
CH. Arracher le tonnerre à ton bras irrité.
RA. Et sa voix m'a paru comme un tonnerre horrible.
en. Et se renfermant toute en son humilité.
S'anéantit aux yeux de la Divinité.
RA. Aux pieds de l'Éternel, je viens m'humilier.
Et goûter le plaisir de me faire oublier.