MADAME DUROSNEL, MADAME FALCONNER
MADAME DUROSNEL
Ton mari a l’air d’un brave homme.
MADAME FALCONNER
Oui.
MADAME DUROSNEL
Il t’aime, n’cst-ce pas?
MADAM E FALCON NER
Oui.
MADAME DUROSNEL
Tu dis cela bien tranquillement.
M.ADAME FALCONNER.
11 faut dire les choses comme elle.s sont.
MADAME DUROSNEL
Ah! que veux-tu? les maris sont toujours tranquilles, il faut en prendre son parti, cl pourvu qu’ils nous aiment un peu..
MADAME FALCONNER
Un peu... un peu... cela te suffit?
MADAME DUROSNEL
.Mais dame! ma chère, quand on n’a pas été gâtée...
MADAME FALCONNER
Ah! ton mari...
set NE VI.
Jf»
.MADAME «UROSNEL.
Jetai perdu, n'en parlons pas; je serais fâchée d’en dire du mal.
MADAME FALCONNER
Tu OS donc veuve?
MADAME DUROSNEE.
Depuis un an.
MADAME FALCONNER
Et tu feras bien de rester libre.
MADAME DUROSSEt.
Dah : les femmes le sont-elles jamais?
MADAME FALCONMER.
Tu penses déjà à te remarier?
MADAME DEROSNEE.
A quoi veux-tu que pense une veuve?
MADAME FALCONMER.
Tu aimes quelqu’un?
MADAME DUROSNEE.
Tu es curieuse.
MADAME FAECONNER.
Qui t’aime aussi?
MADAME DUROSNEL
Je n’en sais rien.
MADAME FAECONNER.
C’est pourtant bien facile à voir.
MADAME DE'ROSN EL
On y est trompée.
MADAME FAECONNER. . ^
S'il est pour toi tendre et dévoué, si son regard te suit partout, s’il n’est heureux qu’auprès de toi.
MADAME DUROSNEL
Oui, mais s’il part un beau matin sans qu’on sache seulement où il va?
MADAME FAI.CONNER.
C’est que tu l’as repoussé peut-être.
MADAME DUROSNEL
Fort heureusement !
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‘iu
C’ost qu’il a craint de te déplaire, ou qu’il veut se faire regretter...
MAD A ME Dl'ROSN EL.
On donne au moins de ses nouvelles.
MADAME FALCONJiER.
11 attend peut-être que tu le rappelles... tu peux le rappeler... tu es heureuse... c’est si bon d'être aimée, ii'cst-ce pas?
MADAME DCROSNEL.
De son mari, oui, chère enfant, et de son mari seul, n’est-cc pas, Jenny?
M ADAM b FALCONN ER.
Oui, oui, sans doute.