DA R N A T
Eh! pourquoi donc?... je n’ai rien dit.
MADAME FALCONNER
Non; mais vous laissez dire des choses... et comme je vois qu’on est Irès-me'ch.ant à Vichy...
DARNAY
Oh! bien méclianl... Supposer que je suis votre mari, parce (jue je suis toujours à vos côtés, et qtte J’ai l’air heureux quand je vous vois... ce n’est point à cela ordinairement que les maris se reconnaissent.
M ADAVÇ FAI.COKKF.H.
Oh! je ne ris pas, c’est très-sérieux, car cela prouve qu'il faut cesser toutes ces causeries, que l’on remarque, vous voyez bien... D’abord, ici l’on remarque tout : et puis ensuite, je me rappelle que M. Falconncr vous observait, tous ces joursci , avec une attention... particulière... qui sait, mon Dieu, si tous ces bruits, bien ridicults, ne sont point venus à ses oreilles...
DAnis A Y.
Oh! quelle idée!...
MADAME FAl.COSX ER.
Ouoi qu’il en soit, je ne veux plus que vous m’accompagniez à la promenade; que le soir, au salon. vous causiez toujours avec moi; que vous vous permettiez enfin, comme je l’ai vu celte nuit au bal, de prendre une fleur à mon bouquet.
I) ARN A Y, tirant une fleur fle son gilet, et la lui présentant.
La voulez vous?,
MADAME F A LC 0 N N E R, la rcpou'ssant.
Elle est jolie.
DARNAY
Vous me la donnez ?
Mais non, vraiment; et comme j’attends ici quelqu’un.
DARNAY
Qui donc?
MADAME FALCONNER, se levant.
Une amie de pension qui arrive de Paris, qui va loger dans cet hôtel, qui ne me quittera plus maintenant, il faut me laisser, entendez-vous?...
DARNAY
Comment, déjà!... sans vous parler ?
MADAME FALCONNER
Vous avez à me parler?
DARNAY
De beaucoup de choses : de nos projets pour la journée, du bal d’hier où tout le monde vous admirait.
SCENt: X.
MADAME FALCONNER
Vrai? jetais bien?
Cliarmantc !