SCÈNE XVII
DARNAY
N’a jamais existé que dans l’esprit de M. Falconncr.
MADAME FAI.CONSER,
Ah !... c’est dommage !... cette bonne Maria^ moi, qui venais lui faire mon compliment sur ce mariage dont j’étais enchantée pour elle, car je suis sûre que vous feriez un bon mari. Au fait, pourquoi ne l’épousez-vous pas? (eIIc s’assied prés du guéridon.)
DARSAY.
Pourquoi?
MADAME FALCO.NNER.
Elle est jolie.
DA RS A Y, s’asseyant en face d’elle.
Parce que d’abord je n’aime pas madame Durosnel, et parce qu’ensuite j’en aime une aufre...
MADAME FALCOSSER.
Ah!
Bien supérieure à toutes ces femmes dont vous parlez, une • autre dont je ne puis me séparer, qui pourtant veut me. fuir, moi qui ne vis que de la voir, que d’entendre sa voix, qui ti’aurais de bonheur qu’à l’entourer de soins et de tendresse.
MADAM>E FALCOSSER.
Assez... assez, Monsieur, si l’on vous entendait... l’on pourrait croire...
DARS AY
Que c’est à vous... ne craignez rien, je serai muet, aveugle même ..Ah! mais de grâce, restez encore, ne partez pas, je vous en prie.
MADAME FA LCOSSER.
Mais il le faut, je vous le répète... et cependant si j’avais su que monsieur Falconner fût en eflet aussi malade... mais à présent, c’est impossible.
DARNAY
Et pourquoi donc?
MADAME FALCONNER
Cette -lettre...
DARNAT.
Peut-être ne l’a-t-U pas encore reçue.
MADAME FALCON.NER
Je crains bien que si.
DARN AT) te levaai.
Vous le craignez, vous l’avez dit.
Madame PALCOf<KÊR, se levaat aussi.
Ou’allez-vous faire?
DARNAT.
Courir, Madame, après cette lettre, et la reprendre, t’il en est temps... efirayer M. fralcbnrtèr... le provoquer s’il veut pai'tir... que sais-je enfin?... quand je devrais... fuir atec vous au bout 'du môiidc... je vous suivrai... je ne vous quitte plus!... je ne vous quitte pltls..., je vous aime iahl. (il Uri par
le fond.]