‹ Un feu de paille comedie en un acte en proseChapitre 5 sur 45 · FRITZ · texte numérisé non relu

FRITZ

Oui, Monsieur, oui.

DABNAY.

A cheval donc, et ventre à terre! trois louis pour toi, si le bouquet aiTive à temps. (fiUz sort.)

HERMANN

Tu cnvpies à l’aris pour un bouquet ?

DAUNAY.

.Mais j’enverrais au bout du monde !

HERMANN

C’est pour une dame ?

DARNAY, s'asseyant en face d'Hermann.

Non, c'est pour toi.

HERMANN

Elle est ici?

DARNAY. . ‘'Ofioblj;

Y serais-je sans cela? ,

HERMANN. ;■ -üïonioli Hofrf f 'i';'; , ■ .

Ah ! mon gaillard, je vois maintenant pouçquoi tu es venu .à Vichy. f'.'-tnr'J.' Dfii *

Oh ! j’y suis venu sans m’eu douter, je t’assure bien, car j’y suis arrive sans savoir seulement où j’étais.

HERMANN

On l’a enlevé?

DARNAY

Mais... à icu pic,'-.

UERM ANN.

El comment donc?...

D AUNA Y.

C’est lia roman : j’allais à Lyon, pour liquider une succession, et, comme j’aime peu les chemins de fer, j’avais pris mon briska, cl je courais la poste bien tranquillement; quand sur la roule, près de Moulins, je rencontre une berline qui roulait devant moi, et qui m'envoyait sa poussière. J’avais dit plusieurs fois au pcftlillon de faire tout son possible pour la passer, lorsqu’au second ixîlai, je domie le mot à Fritz, il descend rapidement de son siège, attelle de même, le postillon monte à cheval avant que la berline n’ait dèman’é, et nous passons au grand galop. Naturellement j’avance la tête, pour narguer en passant les voyageurs de la berline, et j’aperçois, mon cher, coquettement encadrée dans un petit chapeau de paille doublé de rose, la plus jolie figure de femme que j’aie jamais vue de ma vie... des yeux, des cheveux et un sourire, un soiuire adorable!... j’en restai ébloui...

HER.MANN

El amoureux.

DARNAY

Net.

HERMANN

Au galop.

DARNAY

Tu as beau rire, toutes les grandes passions viennent ainsi-

HERMANN

Et s’en vont de même.

DARNAY

Oh ! pas celle-là. Eh ! vite, je dis au postillon de ralentir; la berline nous rejoint, j’arrête alors, comme s’il y avait un trait à rallonger à mon briska, la berline passe et je la .suis sans savoir seulement où elle va. Elle abandonne la route de Lyon, je l’abandonne, de môme, elle arrive dans celte ville, entre dans cet hôtel où j’entre également à sa suite ; et c’est alors seulement qu’après m’être installé dans ma cliambrc, j’apprends, mon cher, que je suis à Vichy, à l’holcl Guillermin,

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