Un Fourbe démasqué [microforme]
Dans le mois d'Avril dernier, l'Echevin MecOCready demanda une enquête basée sur une information qu'il avait reçue au sujet de tentatives de corruption faites par une lettre auprès du Conseiller Brown, Membre du comité des chemins, tentatives faites dans le but de l'engager à don. ner la préférence à certains soumicsionnaireg Pour la fourniture dela pierre destinée à la ré- Paration du pavage des rues de Montréal, Cette demande d'Enquête fit beaucoup de bruit, on s'en souvient, La Presse sen occupa pendant quelque temps, puis ce sujet tomba, comme tant d’autres, dans l'oubli,
La proposition de l’Echevin McCready, ayant été adoptée d'emblée, l'affaire avait été renvoyée à un Comité Spécial. Maïs ce Comité ayant, à sa première’ séance, refusé l'admission aux représentants de laPresse, l'Echevin MceCready retira brusquement sa demande d'Enquôte et l'affaire en resta là,
On n’a pas oublié, non plus, que le Conseiller Lanctot demanda à son tour une enquête sur Certains faits reprochés à l’Echevin McCready. Voulait-il détourner l'attention de la première affaire ?
Réouverture de l'Enquêle.—Le mystère dévoilé — Preuves Accablantes.
Eh! bien, cette enquête avortée nous la reprenOn8 aujourd’hui, non pas en comité siégeant à huis-clos, mais au grand jour de la publicité. Des faits nouveaux sont en notre possession, le vrai coupable nous est connu et nous le citons devant le tribunal de l'opinion, Nous avons de sa culpabilité, la meilleure preuve, la preuve la plus forte, la plug complète, la plus convaincante la plus irrésistible, la plus concluante, la plus incontestable, une preuve positive, irrécasable sans réplique, une preuve authentique, son propre aveu, enfin un aveu formel, librement donné, un aveu écrit de sa propre main et signé de ses nom et prénoms en toutes lettres.
Ne tardons-done pus à instruire le procès du coupable,
Médéric Lanetôt ex-Conseiller de Ville, nous Vous aCCusons devant votre pays et devant la cité de Montréal,
10, D'avoir au mépris de + à serment et des lois et de vos devoirs comme membre de la Corporation de Montréal, et de propos délibéré, Par amour du lucre, écrit an nom de Jérémie Sinotte au Conseilier Brown, votre collègue et membre du Comité des chemins, une lettre lui offrant mille piastres pour l'engager à donner au dit Jérémie Sinotte, votre prête nom, un contrat pour la fourniture de la pierre dont la Corporation avait besoin pour la réparation des trottoirs des rues de Montréal. (Voir lettre No. 15, publiée plus bas.)
20. D'avoir transmis à Jérémie Sinotte une lettre au même effet, pour être envoyée au Conseiller Brown, (Voir lettre No. 12.)
30, D'avoir préparé pour le dit Jérémie Sinotte, votre prête nom, une lettre en langue anglaise et de la lui avoir avoir transmise en lui mandant de la recopier et addresser au Conseiller Bowie’ aussi l’un de vos collègues comme Conseiller de ville de Montréal et Membre du Comité des Che. mins, dans lequelle lettre vous vous efforciez, d'abord, par de fausses représentations de faire croire au Conseiller Bowie à l'existence d’une Compagnie pour l'exploitation de votre carrière de Conticook dont vous étiez le seul l'unique propriétaire et vous finissiez par lui offrir une prêtendue part d’actionnaire au montant de $10C0 pour l'engager à user de son influence pour faire acheter la dite carrière par la Corporation de Montréal. (Voir lettre No. 9.)
40. D’avoir eu l'intention de faire écrire parle dit Jérémie Sinotte une lettre au même effet, au Conseiller Brown dans le cas où VOUS vous appercevriez qu’il attendait quelque chose ‘de cette nature, (Voir lettre No, 9.
50. D'avoir faussement donné à entendre au dit Jérémie Siaotte que vous aviez mis l'Echoevin David dans vos intérêts, et même qu'il était votre complice daus vos tentatives de corrup-
tion ; ce qui était une calomuie, (Voir lettre No, rement, je veux bien le croire” Voir lettre No,
10.) 8. Pour que ce mal fut involontaire et sans pré- 60. D'avoir conçu le projet et cherché les méditation, il fallait que cette déclaration fut
moyens de tromper la bonne foi des membres du toute naturelle et basée sur la vérité.
Comité des chemins sur la valeur véritable de
s i ET IV.
votre carrière, sur le prix de la main-d'œuvre, etc. (Voir lettre No, 14.) Lo Comité des Chemins cspionné,-— Découverte ! ! F : lune chance. L'acha Dr'essé, To. D'avoir enfreint, étant encore Conseiller d'une chance.— L'achat empresse
de-Ville la loi 29 at 30 Vict. /ntilulée acte pour Médéric Lanctot, romme conseiller de ville, apanender les dispositions de divers actes Concernant prend que la corporation est disposée à exploiter la cilé de Montréal et pour d'autres fins et no- cette carrière, De suite, L'idée d’une magauifique tamment la clause 7e d’icelle qui est ainsi con. spéculation lui entre dans la tête, Il part la nuit, ue : ‘ Tout membre du dit Conseil qui devien- se rend à Coaticook, va voir M, Sinotte, met ses dra directement ou indirectement partie ou cau- hommages aux pieds de madame Sinotte, fait tion à un contrat, marché ou convention auquel sauter les petits Sinotte sur ses genoux, enfin, la Corporation de la dite cité sera partie con- à force d'adresse et de Cajoleries, réussit à se tractante où qui dérivera aucun interêt, profit ou faire ven-dre la carrière au prix de 81090 qu'il avantage, de tel contrat, marché ou Convention, à payé comptant me direz-vous ? Ah ! Vous sera, par là même, disqualifié et perdra son siége ne con-naissez pas Médéric,
£ 1 Y 1j! » 2 39 ne A au dit Conseil, Médérie, c'est un fait connu et même constaté
III. par un jugement de !a Cour supérieure, ce mê- Le coupable convaincu.— Los 17 lettres. — Trans. me jugement qui l'a chassé du conseil de ville actions infames, pour défaut de qualification, Médéric loge le dia-
PHASE ; NT : ble dans sa poche, Mais, en revanche, il a une T'édéric Lanctot, prévenu, êtes-vous coupable : : Nr ' .. belle signature ; cette Signature, il l’apposa comoù non coupable ? Ah! ne levez pas la main = : Re : È 4 plaisamment sur des billets qu'il livra à M Sipour attester votre innocence, Car nous tenons Lex Aie " Le À ‘ ienéesg MOt6, Ot le voilà propriétaire de la carrière de 17 lettres écrites de cette même main et signées e. £ ; es ‘ M. Sinotte, auquel il devait donner $600 con:pde votre propre nom et qui prouvent votre cul- è QE s re fs io tant ; mais qu'il réussit à tromper comme il pabilité de la menière la plus évidente, ses est expliqué plus bas, On verra, dans les lettres de Médéric, à quel taux ses billets s’escomptent : ou plutôt ne peuvent pas même s’'escompter,
Mais avant de publier ces lettres, il est bon de retracer l'histoire des transactions infûmes au moyen desquelles Maître Médérie Lanctot s'est
Ë VW VU sur le point d'empocher une somme de 50,-
. : . » : } è 1 n 6 000 des deniers de la corporation dont il était L'hyène ct l'agneau en société, membre.
N'oublions pas de dire qu'il fut convenu de M. Jérémie Sinotte qui est un pauvre homme l’existence d’une société pour l'exploitation de et chargé d'une nombreuse famille, était, dans la carrière, sous lesnom et raison de ‘ Jérémie l'été de 1966, propriétaire d'une carrière à Coa- Sinotte & Cie.” Mais à la simple lecture des ticook. Il est difficile de dire si cette Carrière épitres de Médéric, l’on voit que la société n'était avait ou non une grande valeur. Néanmoins, si que nominale, que l'un y prenait la part du lion l'on en croit le témoignage d’un nommé Wil- et que toute la part de l’autre se réduisait à de liams, l'un des emplovés de ia société Jérémie vagues promesses de récompebses, une fois la Sinotte & Cie., rapporté dans la lettre du 31 oc- fortune de M. Médéric Lanctot faite. Ce qui 1866, publiée plus bas, elle ne valait pas le Pé- n'empêche pas ce dernier de donner des proporrou, puisque ce Williams avait déclaré à des tions égrandioses à la société Jérémie Sinotte membres du comité des chemins qu'ilavaitache- et Cie.--(Voir la lettre qu'il a rédigée pour té cette carrière pour 850, Disons, en passant, être remise au conseiller Bowie.) que Médéric se plaint amèrement de l'indiscrée VI. crétion de Willis, “ Dites-lui, s'il vous plait: ‘ i ! éerit-il à Sinotte “ qu’il nous fait beaucoup de Roueries—Legons de probité—Réclame. tort et qu’il en souffrira lui-même. Il fera mieux Médéric une fois possesseur de Ja carrière, d'essayer à réparer le mal qu’il a fait involontai- commença de suite à circonvenir ses collègue
r lettre No, et sans préarvation fut
- Découverte
le ville, apà exploiter magnifique art la nuit, te, met ses notte, fait >Ux, enfin, ussit à se 1090 qu'il h ! Vous
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8 lettres
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venu de ition de Jérémie ure des 6 n'était du lion ait à de fois la Ce qui propor- Sinotte e pour
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ter sa propriété, Pendant ce temps-là,
“anait les instructions les plus étranges à M. Binotte. Voici ce qu'il écrivait : “Ils vont “le court
du comité des chemins pour les engager à ache- tendant qu'il démolisse la Confédération lui sert
il admirablement comme monnaie de: ve, Et puis, l'argent est si rare par le temps qui *t. Les usuriers demandent des taux exhor-
comité des chemins ” aller la voir demain ” (la bitants, malgré qu'ils se fassent tirer l'oreille, carrière) montrez leur tout comme il faut--ne [Voir lettres Nos, let 5]
faites pas oter la neige de sur les petites pierres
Et ces maudits déboursés qui mangent tant
comme Trudeau ” (le maladroit) “ l’a fuit l'autre d'argent, [Voir lettre No, 6.]
jour, Füiles attention à ce que personne n'empor - Le d'outils pour casser la pierre” (mesure de pru-