‹ Un Français en AmériqueChapitre 7 sur 7 · EN FRANCE · texte numérisé non relu

EN FRANCE

Quand on revient d'Amérique , tout semble petit et mesquin an France; c'est une impres* sion qui se renouvelle à cliaqve inBlMlj ponr moi 9 depuis que je suis de retour ici. Et^ quand je songe au pays d'où je viens , il me paraît colossal.

Je revois ce Missouri , cinq fois long comme le Rhin ; ces lacs ^ qui sont des mers immenses ; ces arbres 9 hauts comme les Pyramides; cet énorme territoire , qui tient 100 milliards d'acres; ce chemin de fer du Pacifique, qui relie deux villes aussi éloignées l'une de l'autre que Paris et Ninive ! . . .

C'est le pays de Brobdingnag, — mais un

pays de. Brobdingnag où^ en résumé , les habitants n'ont que la taille de Gulliver.

C'est, en général, un vilain métier que de prédire l'avenir des gens, principalement quand on annonce des choses désobligeantes, et que, d'ailleurs, on n'en est pas prié.

Étant admis, au surplus, que, jusqu'à présent, ce sont encore les oracles qui ont commis le plus d'erreurs et dit les plus grosses sottises, je m'abstiens de prophétiser la ruine de cette civilisation.

Mais puis-rje oublier ses misères, ses faiblesses, ses vices, ses étranges maladies morales? Les phénomènes politiques, religieux et sociaux que j'ai constatés dans ce pays ne sont-ils pas absolument inquiétants pour qui cherche à pénétrer ses destinées? Et ne révèlent-ils pas un état pathologique très-grave ?

Il est possible qu'il n'y ait aucun danger de mort; mais il me déplaît de voir un malade rire

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