‹ Un Genevois d'autrefoisChapitre 1 sur 56 · GENEVE · texte numérisé non relu

GENEVE

LIBRAIRIE KUNDIG 11, Corraterie

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Ce sont les institutions nationales qui forment le génie, le caractère, les goûts et les moeurs d'un peuple.

J.-J. Rousseau.

C'est en classant les papiers réunis durant tout le cours de sa vie par le chimiste et naturaliste Henri- Albert Gosse, — papiers conservés par les siens près d'un siècle après lui, — qu'est venue l'idée défaire revivre ce Ge?ievois d'autre/ois et cette époque troublée de la fin du XVIII'"^ siècle qu'on ne craint plus de rappeler aujourd'hui.

Devant la profusion des documents : — lettres de famille, lettres de plus de cent correspondants, brouillons raturés des lettres répondues, brochures politiques, actes notariés, passe-ports, livres de ménage, notes et dessins sur des travaux de tous genres — on ne songea tout d'abord qu'à procéder à un classement, sans intention de publication. Mais bientôt rhori{on s'élargit : ces feuilles jaunies, où l'encre Ji'avait pas encore pâli, étaient les té?noins d'une vie, les téjnoins dun temps : pourquoi, en suivant le fil des jours de celui qui les laissa, ne ressusciterait-on pas un inoment de notre passé pris dans la vie bourgeoise? Jusqu'ici cette époque n'a guère été étudiée que d'après les correspondances de ce qu'on appelait à Genève « les gens du haut».

Gosse ne fut pas le premier ve7iu : deux fois lauréat de l'Académie des Sciences, puis membre correspondant

de cette compagnie et plus ta7'd de l'Institut de France, il a attaché son nom à la fondatioji de la Société helvétique des Sciences naturelles.

Quoique natif, fils d'habitant, il caractérise le Genevois du parti des Représentants : homme instruit, homme d'action, citoyen dévoué, iînbu des idées philosophiques et républicaines de Rousseau, intransigeajit sur tout ce qui porte attci?ite à l'indépendance de sa pensée ou à sa liberté.

Il entretint des relations suivies avec plusieurs savants et plusieurs personnalités politiques notoires. C'est ainsi que ses rapports avec M. et M"^^ Roland l'amenèrent à inaintes reprises à Paris, et qu'un jour il devait servir d'intermédiaire eîitre les Genevois et le Gouvernement français. C'est ainsi que, plus tard, il fut appelé à réunir en société les savants suisses.

A côté de documents concernant la politique genevoise, on publie ici une correspondance inédite échangée entre les époux Roland et leur ami de Genève et les lettres, inédites aussi, du botaniste Louis Bosc, qui prit Gosse pour confident du roman ébauché entre lui et la jeune Eudora Roland, sa pupille.

Ces lettres n'ont pas seules semblé dignes d'intérêt, mais bien aussi celles que Gosse reçut de sa famille durant ses années d'études à Paris et ses fréquents voyages en France, et qui racontent les évé?ieme?îts petits et grands du pays.

On verrait avec plaisir ces papiers tirés de l'oubli, apporter quelques renseignements nouveaux et utiles à l'histoire de Genève.

Décembre 1908.

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