‹ Un Genevois d'autrefoisChapitre 38 sur 56 · XII · texte numérisé non relu

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qu'ils peuvent avoir les pains de noix francs qui leur servent pour engraisser leurs bestiaux.

L'on se sert encore de l'huile de noix pour la salade, mais on choisit les noyaux et l'on donne très peu de feu à la pâte, laquelle après avoir tiré une huile vierge l'on remet sous la pierre pour lui donner le même degré de feu que d'autre afin d'en pouvoir tirer le restant de l'huile.

Produit d'une coupe de noyaux année commune :

Le produit d'une coupe de noyaux de 60 1. est de 14 à i5 pots suivant la qualité des noyaux.

Le pot pèse deux livres, et environ deux onces du dit poids de vingt quatre onces de Montpellier qui doivent en faire vingt-une poids de marc comme je l'ai dit d'autre part.

L'étranger ne paie aucun droit pour sortir les noyaux de la ville.

L'on voudrait savoir quelle quantité de noyaux il entre aux marchés d'Annecy année conunune.

La commune peut aller à environ cinq mille coupes de noyaux de noix par année.

De quelle mesure on se sert pour les vendre.

La coupe est composée de soixante livres du poids d'Annecy qui est de 24 onces de Montpellier, les réduisant à celles de marc n'en font que 21, et la coupe est composée de quatre quarts, et chaque quart de noyaux de i5 1. du dit poids de 24 onces.

Quel est le prix d'une coupe de noy^aux année comynune.

Le prix d'une coupe de noyaux année commune est d'environ i5 1. à 16 1. de Piémont.

Quel droit ou impôt on en perçoit.

C'est le vendeur qui paie le poids qui est de deux sols dans les marchés pour chaque coupe, et qui paie le droit de leyde qui est un soixantième, et ces droits appartiennent : le poids à la ville et la leyde à des particuliers.

De quelle manière on extrait en grand l'huile de noix.

Pour extraire l'huile de noix, l'on pile les noyaux sous la pierre du battoir jusqu'à ce qu'ils forment une pâte et l'on se sert d'une grande poile de fer ou de cuivre, et l'on met cette pâte sur le feu jusqu'à ce qu'elle soit bien chaude en la bien

tournant avec une spatule, crainte qu'elle ne brûle. Dès qu'elle est bien chaude l'on a des toiles faites exprés pour ces usages, assez claires pour que l'huile puisse passer. L'on enveloppe cette pâte que l'on met sous le pressoir dans le creux d'une pièce de bois de noyer sur laquelle l'on met un plot de la grandeur du creux, au fond duquel il doit y avoir un trou par où l'huile sort à mesure que l'on presse doucement et sur lequel on fait des rainures pour que cette huile s'écoule de même dans le vase qui doit la recevoir. Le pressoir pour l'usage de Savoie est un pressoir à l'allemande.

Annexe V

Lettre de M. Roland à M. de Saussure. •

Paris le 8 mars 1792.

Monsieur

« Je ne serois pas autant en retard de marquer à la Société de Genève et à son digne organe, ma sensibilité et ma reconnoissance de m'avoir associé à ses travaux et à sa gloire, si le témoignage de son estime et de sa bienveillance n'en eut pas souffert autant lui-même. Agrées, Monsieur, donnant à ma proposition à la Société, toute l'extension déterminée par notre règlement, que je vous propose à vous-même et en personne, le titre de membre associé de la Société Economique de Paris ; il faut la même formalité de réception que pour les membres résidents, et ils ont les mêmes droits ; mais, j'ai besoin de votre désir exprimé de manière à pouvoir le transmettre.

« Agrées, Monsieur, le témoignage d'une haute estime, et le désir ardent d'une grande fraternité.

« Roland-Laplatière, Secrétaire.

M. de Saussure, secret, de la Soc. p' l'avancement des arts à Genève.

1 Voir p. 188.

Annexe VI

Chefs-d'œuvre en pharmacie d'H.~A. Gosse et règlement.^

« Monsieur,

« Dans la séance tenue hier chez Monsieur le Doyen Manget pour vos chefs-d'œuvre, nous avons décidé de vous donner pour chef-d'œuvre chimique le Mercure doux avec les opérations préliminaires savoir :

« La cristallisation du nitre ; sa décomposition. — La formation du cinabre ; sa décomposition. — La formation du sublimé corosif et celle du mercure doux.

« Pour chef-d'œuvre pharmaceutique l'emplâtre diachilum suivant la pharmacopée et le Mithridat suivant le dispensaire qu'il vous conviendra. J'ai l'honneur d'être avec considération « Votre très humble et obéissant serviteur.

« Genève, le 19 Xbre 1787. Le Royer fils J'. »

« Monsieur,

« Des maîtres en Pharmacie m'ayant enseigné ce qui se pratique avec le dernier examen, je viens mettre sous vos yeux nos règlemens que vous pouvez fort bien ignorer.

« L'aspirant en Pharmacie consignera avant toute chose «l'assiette pour tou:e l'assemblée, comme si elle étoit com- « plètc savoir un écu blanc pour chaque seigneur commis « L. 42 7 florins pour chaque médecin, 10 médecins L. 140, « 5 florins et 3 sols pour chaque Pharmacien, L. io5, dont on « fait un paquet pour chaque personne. >>

«Voilà Monsieur ce que l'usage m'oblige de vous faire savoir, je suis avec considération

« Votre très humble et obéissant serviteur,

« le 5 Mars 1788. Le Royer Juré. »

1 Voir p. 191.

Annexe VII

Lettres de Mme J^lecker à H. A. Gosse K

« à Copet ce 24 février 1791.

«Je vous rends mille grâces, Monsieur, de votre obligeante attention, j'avois bien pensé à vous écrire sur les vipères, mais j'avois toujours différé dans l'incertitude oii j'étois sur le moment de notre retour, vous jugés comme nous notre position ; nous retournerons à Genève, dès que nous croirons que tout est tranquille, il faut que nous y restions au moins un mois pour laisser le tems aux ouvriers de finir les réparations de Copet. S'il ne falloit donc que quinze jours pour se procurer des vipères et quinze jours pour prendres les bouillons ilseroit plus prudent d'attendre notre retour pour faire les démarches nécessaires; ma santé est si déplorable que je désire ardemment d'essayer encore de ce remède mais je ne le désire qu'en supposant que vous le préparerés, car vous m'avez inspiré autant de confiance dans vos soins et dans votre exactitude, que d'estime pour vos lumières et d'intérêt pour votre excellent caractère j'ai l'honneur d'être Monsieur avec des sentimens très distinguez votre très humble et très obéissante servante.

« C. de Naz Necker. »

«à Copet ce mercredi (8 mars 1.791).

«Je suis bien reconnoissante Monsieur de la complaisance que vous avez eue pour moi ; ce que j'apprends des délais du Conseil général, me donne quelque inquiétude sur le tems qui peut s'écouler avant mon retour à Genève, je crains que vous n'ayés de la peine à conserver ces vipères en vie, je vous prie de me dire si vous trouveriez quelque inconvénient à transporter le bouillon tout fait de Genève à Copet dans une bouteille de fer blanc, j'enverrois tous les jours un exprès chez vous, avant l'heure où les portes se ferment et j'aurois le

1 Voir p. 192.

bouillon à tems et commodément, si vous croyés qu'il ne s'altère point par la secousse du cheval ou par la chaleur de la main ; vous vous rappellerés Monsieur qu'il faut y joindre un demi-poulet et un peu de laitue et de cerfeuil, je prendrai ce remède avec une sorte de confiance et avec un sentiment de plaisir, dans la certitude où je suis que vous le ferés avec intérêt et d'ailleurs j'attache beaucoup de prix à tous les soins d'un homme véritablement honnête, ils laissent espérer la bénédiction du ciel ; recevés Monsieur l'assurance de tous les sentimens avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissante servante.

« C. de Naz Necker. »

P. S. — Monsieur Gosse sçait sûrement que ce bouillon doit être cuit pendant quatre heures dans une boëte de fer blanc bien fermée.

Annexe VIII

Lettre du Prof. Picot à H. -A. Gosse ^

« Samedi soir 29® Août 1789. (Paris.)

« Je veux mon cher Compatriote être le premier à vous rendre compte de ce qui vient de se passer dans une séance ordinaire de l'Académie des sciences relativement à vous. Vous avez été élu Correspondant de l'Académie. Quarante personnes étoient inscrites. On en avoit produit et lu la liste il y a 8 jours et l'on nomma dans cette même séance 8 électeurs choisis sur les 8 classes principales de sciences dont l'Académie s'occupe. Aujourd'hui dans un tour général d'opinions, chaque savant a recommandé ceux de sa classe. Vous avés eu deux amis chauds dans MM. Tilliet et de Fourcroy. Le dernier après avoir appuyé sur les deux prix a parlé par voye d'épisode de la faculté que vous aviés de vomir à volonté,

1 Voir p. 20s.

selon qu'il en avoit été témoin il y a 9 ou 10 ans et là dessus, MM. Portai, Baume, Adaiison se sont mis à traiter la matière du vomissement et de ses causes. Les Botanistes, Géomètres, etc., ont élevé quelques plaintes sur l'aristocratie des Chymistes auxquelles ceux-ci, et entr'autres M. Lavoisier ont répondu en disant qu'ils ne demandoient pas plus d'un des leurs dans l'élection dans le cas où le mérite des candidats ne forceroit pas d'en élire davantage. J'abrège les détails. Les 8 électeurs retirés dans une chambre voisine ont dressé au bout d'un quart d'heure une liste de quinze concurrens dont chaque membre de l'Académie a pris note. On a distribué à chacun 7 billets blancs pour que les élections se fissent séparément. A chaque fois M. de Condorcet recueilloit dans son chapeau les billets qu'il alloit ensuite déchiffrer avec les 8 électeurs. Vous avez été le second élu. Vous trouvères les noms des autres et l'ordre de leur rétention dans le billet que voilà que M. Méchain l'astronome à qui je l'ai demandé a eu la complaisance de me remettre. [Le billet de M. Méchain porte les noms de MM. de Rosières, Gosse, de la Croix, Forfait, Proust, Duval le Roy, Cagnoli.] Je ne connois de réputation que le dernier M. Cagnoli de Vérone, auteur d'un beau traité de trigonométrie sphérique qui a paru il n'y a que peu de tems. J'ai reçu quelques félicilations que je vous renvoyé et d'autant mieux que vous avez été élu tout à fait honorablement. M. Messier l'astronome qui m'avoit conduit à l'Académie a demandé à M. de Condorcet de me remettre votre diplôme pour que j'aye le plaisir de vous le porter ou de vous le faire remettre par une occasion sûre. Ce sera probablement celle de M. Trembley mon beau-frère qui ne tardera pas à arriver à Genève.

« Ce diplôme doit être prêt ce matin et je l'irois prendre à l'Hôtel des Monnoyes chez M. de Condorcet si M. Tilliet qui demeure dans la même maison ne m'avoit dit qu'il le retireroit, qu'il y joindroit une lettre et me l'envoyeroit ensuite. C'est avec lui que vous correspondrés.

« Communiqués je vous prie mon cher Monsieur cette lettre à notre bon ami M. le prof. Pictet qui selon toute apparence vous a déjà annoncé de ma part ce qui arrive aujourd'hui. Je lui écrirai de nouveau dès que j'aurai reçu sa

réponse. Si vous me faites l'amitié de m'écrire, veuilles adresser votre lettre chez M. de Lessert et Comp' Banq" rue Coqueron. i Donnés moi s. v. p. des nouvelles de notre excellent Docteur ! Butini le jeune, de notre Société pour laquelle votre élection est un relief de plus, du sallon, de l'exposition au sallon. On a ouvert celui de peinture le jour de la S* Louis. Il contient î plusieurs belles choses entr'autres un Triomphe de Paul-Emile 1 deVernetle jeune, Brutus condamnant ses fils de David et une j grande statue en marbre de Montausier de toute beauté. |

« J'ai l'honneur d'être etc. « Picot. »

Annexe IX

Deux lettres du chimiste Fourcroy à H.-A. Gosse. ^

« Paris 3o ybre 1789.

«Vous m'apprenés tant de bonnes nouvelles à la fois mon cher et ancien ami, que je ne sais de laquelle je dois vous faire d'abord compliment. Je vous les fais donc de toutes et je reviens ensuite à plusieurs des objets contenus dans votre lettre. Je savois bien l'idée que vous vous étiés formée d'un pharmacien accompli, et la réussite que vous devriés avoir dans cet art important ; vous aurés certainement un grand succès dans l'exécution de votre plan. Les notes que vous me donnés sur vos établissemens de poterie, de préparation de cuves imperméables à l'eau, sur la conservation de l'eau en mer, piquent infiniment ma curiosité et m'engagent à vous demander quelques détails sur tous ces objets non seulement pour ma propre satisfaction, mais aussi pour l'utilité publique. Vous savés sans doute mon cher ami, que nous avons entrepris MM. Lavoisier, Morveau, Bertholet etc. et moi, de donner au public des annales de chimie, dont le but principal est l'application aux arts utiles. Tous vos travaux sont si importans et si immédiatement avantageux, que je vous en demande com-

1 Voir p. 208.

municaiion pour notre ouvrage. Ayés donc la bonté de m'envoyer des mémoires ou des observations courtes sur les objets cy-dessus, et nous aurons le plaisir de vous avoir pour coopérateur de nos annales. Vous devés vous intéresser aux progrès des reconnoissances et surtout de celles qui avancent les arts ; nous voudrions bien avoir des compagnons comme vous ; engagés je vous prie vos confrères M. Tingry, M. Butini, M. Pictet, M. Sennebier, et tous vos savans citoyens à contribuer à nos annales et à accroître nos richesses. Il a déjà paru 2 volumes et le 3"" paroitra dans quelques semaines. Nous voulons lier les sciences aux arts, les rendre enfin utiles comme elles dévoient l'être ; ce projet a besoin d'être soutenu. Nous désirerions que tous les savans concourrussent à ce travail qui est digne d'eux. Pourriés-vous aussi nous envoyer une note sur votre propriété de rumination dont xow^ vous êtes servi avec tant d'avantages pour connoître le suc gastrique. J'en ai parlé l'autre jour à l'Académie et on a désiré quelques détails ; j'ai promis de vous les demander. Vous voyés que je suis bien importun, mais voilà ce que fait le zèle pour les sciences, surtout auprès de ceux qui les cultivent comme vous.

« Remerciés je vous prie de ma part M. Pictet de l'accueil qu'il fait à notre théorie, sa simplicité et la régularité de sa marche l'ont certainement convaincu, car malgré quelques détracteurs, elle fait tous les jours de nouveaux partisans.

« On a imprimé dans un journal une liste de nos antagonistes ; mais nous leur opposerons MM. Lavoisier, Berthollet, de Morveau, Cavendisch, Wath, Monge, de la Place, van Marum, Chaptal, de Saussure, M. Pictet et vous ; jugés si nous sommes en force. Au reste c'est la vérité que nous cherchons ; si on nous montroit des erreurs, nous changerions très certainement d'opinion, mais dans cette affaire, c'est manifestement la manière de raisonner, la logique qui est différente, car presque tous les faits sont reconnus dans tous les partis. J'ose dire que jamais une théorie physique n'a été plus lumineuse, plus grande, plus simple et plus près de la vérité que la nôtre. Dans la théorie opposée on suppose toujours ; on admet des êtres imaginaires ; on crée des corps pour expliquer. Nous ne donnons nous que des résultats de faits nombreux ; aucune supposition, aucun principe inconnu ne nous

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est permis dans notre doctrine. Assurés M. Pictet de ma part, '

que les mots nouveaux latins ou françois ne sonnent mal et I ne paroissent durs que dans les premiers temps. Quoi de plus

dur, de plus barbare, de plus insignifiant que les mots pom- ]

pholix, tuthie, colcothar, alembroth, etc. Ce ne sont pas nos ! mots qu'il faut juger, mais l'ensemble et la cohérence de notre nomenclature.

« Je m'entretiendrois quatre heures avec vous, parce que j

cela n'arrive pas aussi souvent que je le voudrois, mais votre ]

amitié m.e pardonnera mon griffonnage. Je n'ai point vu M. i

Picot, j'ai reçu votre lettre par la petite poste, avec un mot de '

ce professeur. Comment voulés-vous que je vous envoie les i cornues que vous me demandés, lorsqu'il y en aurachés notre Lombard ?

« Souvenez-vous toujours de moi, de nos annales et de la

tendre amitié que je vous ai vouée. J

« de FouRCROY. » •

p «. 1790 Ce 16 Xbre ] « Si je ne vous écris pas aussi souvent que je le voudrois, | mon cher camarade et bon ami, n'en accusés pas je vous prie i ma paresse, mais des affaires trop nombreuses et qui ne me | laissent pas le temps de me livrer aux occupations les plus | douces pour mon coeur. J'ai reçu votre dernière lettre par [ M. Belcombe, et j'ai eu le plaisir de m'entretenir de vous avec ' ce médecin anglois, qui a autant d'amabilité que d'instruction. 1 J'ai lu avec bien du plaisir et l'annonce de vos succès dans ! plus d'un genre, et votre projet sur les eaux minérales artificielles. Sans doute un pareil établissement seroit fort utile à ^ Paris, et y auroit même vraisemblablement du succès, mais d'une part ce n'est pas dans ce moment où tous les esprits I sont tournés vers la politique et où beaucoup de gens à petite j santé ont quitté la capitale, soit par malveillance, soit par j pusillanimité, qu'on pourroit se flatter de le faire réussir ; ! d'ailleurs depuis la conquête de la liberté, sauf quelques têtes I foibles à raccommoder, les médecins ont vraiment moins de | besogne, il y a moins de malades ; d'une autre part on ; n'auroit pas plus tôt élevé une manufacture d'eaux artificielles, j que tous les apothicaires s'en mêleroient et qu'ils partageroient ]

bientôt le bénéfice. Il y a plus de lo ans que j'ai conçu comme vous le projet de fabriquer des eaux artificielles, notre confrère Pelletier m'a dit qu'il en avoit également eu l'idée. Malgré ces réflexions, croyez bien que je vous aiderois de tout mon pouvoir si vous aviez l'envie de venir faire un établissement de ce genre à Paris.

« Parlons actuellement de nos sciences ; que faites-vous en botanique, en chimie, en pharmacie, dans les arts ? pourquoi n'envoyés-vous rien, non plus que MM. Pictet et Tingry vos amis, aux annales de chimie ? Pourquoi Genève n'est-elle pour rien dans un recueil où nous pouvons nous flatter de réunir tous les flambeaux chimiques de l'Europe.'' Ce n'est pas tout encore ; j'ai besoin de vous et de vos amis pour l'exécution d'un projet de Journal dont je vous envoie cy joint le prospectus, quoique je pense qu'il doit y en avoir plusieurs envoyés à Genève. Vous connoitrés mon plan dans le court prospectus ; vous verres combien j'ai à cœur de réunir des hommes faits pour s'aimer et s'entraider, qu'un détestable régime a jusqu'ici trop séparés, combien j'ai envie de leur être utile par la prompte communication des lumières et des découvertes. 11 y a longtemps que j'ai conçu le plan de ce journal, mais les cy-devant privilèges exclusifs des titres de Journaux m'ont mis jusqu'ici dans l'impossibilité de l'exécuter. La liberté françoise me permet aujourd'hui de remplir mes vues, et c'est un des 36 mille bienfaits que j'en épreuve, car je ne compte pour rien la diminution de mon état dans une aussi belle révolution.

« J'attends de votre amitié mon cher camarade que vous me fournirez des faits et des observations soit de votre part, soit de celle de vos amis ; mon objet est comme vous le verres d'être très précis dans mes articles, et de ne donner les découvertes que toutes nues. Je compte aussi que vous me procurerés des souscripteurs dans votre ville qui connoît le prix des sciences qu'elle a toujours cultivées avec succès.

« Recevez je vous prie l'assurance des sentimens du plus inviolable attachement et de la plus inaltérable estime de votre véritable ami.

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