‹ Un Genevois d'autrefoisChapitre 39 sur 56 · FOURCROY · texte numérisé non relu

FOURCROY

rue des Bourdonnois n" g. »

Annexe X

Lettres de Marc-Aug. Pictet à Gosse. ^

« En vous remerciant très cher configule de votre bonne lettre et de celle de M. Exchaquet qui l'accompagnoit et des échantillons qui couronnoient le tout, nous sommes contens de ses opérations, il y a parmi les échantillons, des morceaux qui sont très bien et nous sommes à ce qu'il me semble en I bon train, la couverte de Geitner est bien glacée aussi et nous i sommes près du but à ce que je crois, mais il nous faut la présence de M. Exchaquet pour commencer et je viens de lui écrire expressément avec de fortes instances pour que nous Payions s'il est possible la semaine prochaine ; en attendant

nous partons après demain pour L et là nous espérons faire

quelque chose de bon, car quoique vous soyiés mécontent à quelques égards de cette terre elle fait un biscuit si superbement blanc qu'on ne sauroit en faire trop de cas et ce sera bien le Diable si nous ne trouvons pas un vernis qui lui convienne.

« Je suis bien impatient de me retrouver au milieu de mes i chers configules pour travailler à force. Je crois qu'il faut garder Geitner jusqu'à Exchaquet lui faire faire des gazettes " par exemple ou des cercles et des plateaux c'est ce qui nous ■ est le plus nécessaire et dans 8 jours nous serons des vôtres. ]

« Nous aurions bien désiré en attendant qu'on pût faire la . réparation du couvert du Four, c'est à dire élever le toit dans ] l'endroit qui répond au Four à peu près comme on fait dans | les Tuilières, car si nous sommes apellés à l'avenir, comme ] cela est assés probable à faire des feux un peu forts il faut être | sans inquiétude sur les suites. I

«Vous ne me donnés point de nouvelles de l'Education du {

1 Voir p. 211.

jeune Esquimal, comment réussit-il ? Au reste je ne puis point recevoir de réponse à ces questions qu'à mon retour ainsi elles sont oiseuses.

« Je vous embrasse très tendrement ainsi que mon frère et suis mon très cher configule

« le plus dévoué de vos serviteurs.

« Aix 27 juillet 89. P. p »

« Mille grâces de vos détails, très cher configule. Je reviens en partie de mes idées contre la modification que vous proposés, mais je persiste à attendre une ou deux cuites avant l'exécution.

« Je suis encore de votre avis sur l'ane. Mais nous ne pouvons faire construire cette machine qu'avec de l'argent et il faut que nous en gagnons pour en avoir.

« Je voudrois qu'on donnât à Geitner pour travailler à sa masse, un mélange par parties égales de D avec G ces deux terres se conviendroient parfaitement, G rendroit D de plus facile cuisson et D blanchiroit G et la feroit résister mieux au feu. Ge seroit un moyeu d'employer G avec profit. 11 faudroit voir aussi ce qu'il pourroit faire de cette dernière terre toute seule, et faire tous ces essais un peu en grand...

...« Je ne crois pas pouvoir vous rejoindre avant le i5. J'ai communiqué à mon frère et à Boissier mes idées sur le parti que nous pouvons tirer de notre secret d'impression l'un ou l'autre vous en feront part.

« Je vous embrasse avec une forte migraine la première

depuis que je suis ici, elle me coupe la parole". Adieu.

(Non datée)

« G'est plutôt mon très cher confrère pour provoquer une lettre de vous que pour avoir quelque chose à vous dire que je vous écris ce petit mot. 11 me semble qu'il y a un siècle que nous ne nous sommes vus et qu'il doit s'être passé une infinité d'anecdotes potiques depuis lors. Avez vous vu Mul-

1er? où en est le four ? Richter s'est-il mis à la raison ? Jonk est-il venu ? a-t-on fait des gazettes ? les fait on d'après nos directions et nos pernettes ? la terre de colonge est-elle venue ? etc. etc. que de choses sur lesquelles vous pouvés me donner des notions ! et moi je ne puis que vous dire que nous commençons lundi prochain notre maigre vendange, que j'en suis à la 125' page au net de mon ouvrage sur le feu dont je veux sortir dans la quinzaine, que je travaille depuis l'aube du jour jusqu'au soir délicieusement et que sans notre fabrique et mes leçons je passerois volontiers l'hyver ici. Mais là où la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute dut-elle ne pas trouver grand chose à manger.

« Le bruit est venu jusques dans notre retraite que le duc d'Orléans avoit décampé pour bonnes raisons. Dieu veuille nous délivrer ainsi de tous les tripotteurs qui font sourdement le malheur de la France et du nôtre. Amen.

« Je vous embrasse très cordialement et suis mon très cher collègue tout à vous. P.

« Vincy 23 8bre 789 (par RoUe).

« 1790 May

« Ma femme a fait l'étourderie mon cher Monsieur de mettre tremper sa lescive et d'avoir à la couler aujourd'hui dans la nuit sans s'être procurée la potasse nécessaire, c'est aujourd'hui Dimanche et ce n'est que par un crédit tel que le vôtre, qu'on pourroit obtenir sept Livres de Potasse qui lui sont de toute nécessité. Elle se met à vos genoux et espère les obtenir. Je vous salue de toute mon âme.

« PiCTET

« ce Dim. matin. »

Pictet de Rochemont à Gosse.

« Cartigny le 26 8bre 90

« J'avois compté cher camarade, aller en ville hier, mais j'ai eu la maladresse de m'écorcher le pied, ce qui m'arrête non pas à Cartigny, mais dans ma chambre et presque dans mon lit.

« Veuillez je vous prie me dire en deux mots ce qu'on a fait la semaine passée en noir et en blanc. Dès que je pourrai marcher j'irai vous voir.

« On m'a conseillé la skinne en infusion pour le rhumatisme en dose égale avec le petit lait matin et soir. Je voudrois que vous eussiés la complaisance de m'en envoyer avec quelque direction sur les doses que j'ignore.

«Je vous embrasse de tout mon cœur »...

Lettre de \I.-A. Pictet à Gosse, contenant sa profession de foi politique ^

« Mardi 10-5-92

« Je sens fortement très cher collègue la plupart de vos argumens relativement à notre manufacture, notre marche dès ce moment doit être différente et nous devons y réfléchir à fond et ensemble pour former un préavis à porter aux actionnaires rassemblés. Je convoque pour cela l'assemblée des gérans à 9 h. chez moi et j'espère vous y voir. Nous n'aurons pas à ce que je crois notre collègue Boissier mais nous ne devons pas douter qu'il n'approuve ce que Vr, auront décidé.

« La partie politique de votre lettre me rassure plus qu'elle ne m'afflige. Je crois sur votre parole et je vous suppose bien instruit, que nos agitateurs n'ont ni l'intention ni le crédit suffisant pour perdre la République à toujours en la rendant françoise, c'est là le seul mal que je considère sans remède, car quelque constitution qu'on nous destine, quelque gouvernement qui en résulte, ou les choses iront bien sous ce nouveau régime et alors chacun sera content, ou elles iront mal et nous corrigerons peu à peu, ce qui paroitra vicieux à l'expérience mais il faut pour cela rester genevois.

« Vous ne supposés l'intervention de la France que dans le cas d'une oppression. Certainement s'il y a de l'oppression

1 Voir p. 230.

chés nous elle n'existe pas dans le parti qui a voulu prendre de force ce qu'on lui donnoit de gré et qui garde les armes on ne sait pourquoi. Le parti véritablement opprimé est bien éloigné de recourir à une force étrangère ou à une force physique quelconque pour obtenir le retour de l'ordre ; il l'attend bonnement de la nature même des choses, de sa non-résistance à tous les systèmes de constitution qu'on voudra lui donner, lesquels s'ils reposent sur des idées fausses ou exagérées se détruisent d'eux-mêmes, ils attendent tout de l'opinion de leurs concitoyens mieux instruits, et demeurent en attendant purement passifs, parfaitement surs que l'illusion de leurs concitoyens se dissipera, et ne voulant pas contribuer à l'entretenir par des démarches quelconques dans lesquelles la défiance ou la malignité verroient ou prétendroient voir des pièges.

« Nous différons il est vrai dans nos principes politiques mon très cher collègue et jusqu'à présent l'événement, c'est-àdire le bonheur public n'a pas trop justifié les vôtres ni en France ni chés nous.

« La théorie est pour vous j'en conviens, encore faudroit-il la prendre à la naissance du monde car dès la première génération il y a des bons et des méchans, des forts et des foibles, des travailleurs et des fainéans, des riches et des pauvres, il faut des loix, il faut un pouvoir réprimant qui ramènent l'égalité laquelle encore une fois n'est point naturelle et ne peut être l'effet que d'une institution sociale bien ordonnée.

« Les François qui gémissoient sous des abus accumulés et qui avoient besoin d'une révolution pour en sortir, l'ont faite avec deux mots liberté égalité, la multitude qui ne peut pas raisonner parce qu'elle ne voit et ne connoit que le moment présent a reçu avec transports dans le premier de ces deux mots le droit de tout faire et dans le second celui de tout détruire jusqu'au droit sacré de propriété. On a apellé ces mots des principes, on les a regardés comme descendus du ciel quoiqu'à en juger par leurs effets on pût leur soupçonner une autre origine. Nous sommes environnés des décombres de cette révolution mais l'édifice est encore à bâtir et les chefs destructeurs sont aussi embarrassés à le faire que des architectes le seroient à bâtir un palais avec les manœuvres qu'ils

auroient employés à démolir une masure et qu'ils auroient enyvrés pour qu'ils eussent plus vite fait.

« Le poison s'est glissé chés nous, nous avions sans doute des abus à redresser et dans quelle constitution n'y en a-t-il pas? Mais nous étions Républicains, nous étions libres, nous n'avions pas besoin d'une révolution, on a voulu qu'il y en eut une, on a singé les principes, les maximes, les opinions et jusqu'aux hochets de la révolution françoise, on a forcé les principes et leurs conséquences pour chercher à persuader a priori à une partie des genevois qu'ils étoient malheureux et opprimés parce qu'ils n'alloient pas de tems en tems se geler les pieds à S* Pierre pour approuver des loix que la multitude, ne peut pas faire (puisque la législation est l'ouvrage le plus difficile qui soit donné aux hommes), ou pour élire des magistrats que la multitude ne peut pas connoître personnelment mais sur lesquelles loix et sur lesquels magistrats elle ne court pas de risque de s'en rapporter à une portion nombreuse et éclairée de la nation, dont les intérêts sont confondus avec les siens.

« On a atfecté de confondre le titre de citoyen de Genève qui est en toute vérité le droit à une action de la Société des fondateurs de la République, avec le mot citoyen dans son acception générale, qui n'indique qu'une opposition au mot d'étranger, on a voulu avoir pour rien des droits qui jusqu'à présent se sont achetés et qui n'ont de valeur qu'en tant qu'ils ne sont pas le partage de la multitude, on a voulu donner au hasard qui fait naître un invividu plutôt dans un lieu que dans un autre la puissance d'associer cet individu au partage non pas des droits naturels de l'humanité mais des droits particuliers de la communauté et tout cela en vertu du principe de Végalité, qui nous dit encore qu'on s'arrêtera là dans les futiles conséquences de ce principe mal entendu ? Mais enfin la chose est faite, cette égalité est accordée. Que veut-on de plus ? bâtir une législation nouvelle sur cette nouvelle base, hé bien bâtissons la, mais prenons nous y de manière à consulter vraiment le vœu général et n'allons pas nous méprendre et apeller de ce nom sacré, le résultat partiel, momentané, éphémère de quelques argumens subtils de criailleries de

menaces. Ce n'est pas ainsi qu'on fait un ouvrage bon et durable. Quel principe faudroit-il pour base à ce grand ouvrage ? ce n'est pas un mot susceptible d'autant de sens qu'il y a d'individus qui le prononcent, c'est un mot plus sacré et plus respectable. Ce seroit la Vertu et grand Dieu où est-elle ? — écoutés le premier des législateurs :

« Les politiques Grecs qui vivoient dans le gouvernement « populaire ne reconnoissoient d'autre force qui put le sou- « tenir que celle de la Vertu.

« Lorsque cette vertu cesse, l'ambition entre dans les coeurs « qui peuvent la recevoir et l'avarice entre dans tous ; les « désirs changent d'objets: ce qu'on aimoit on ne l'aime plus: « on étoit libre avec des loix, on veut être libre contr'elles ; « chaque citoyen est comme un esclave échappé de la maison « de son maître. Ce qui étoit maxime on l'apelle rigueur, ce « qui étoit règle on l'apelle gène. Ce qui étoit attention on

« l'apelle crainte la République est une dépouille et sa

« force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la « licence de tous. »

Voilà mon très cher collègue à peu près où nous en sommes avec nos bienheureux principes métaphysiques. Parce que nous avons négligé le seul vrai, le seul bon, le seul qui n'offre ni abus ni écueil... écoutés encore

« Le principe de la Démocratie se corrompt, non seulement « lorsqu'on perd l'esprit d'égalité mais encore quand on prend « l'esprit d'égalité extrême et que chacun veut être égal à ceux « qu'il choisit pour lui commander : pour lors le peuple ne « pouvant souffrir le pouvoir même qu'il confie, veut tout « faire par lui-même, délibérer pour le Sénat, exécuter pour « les magistrats et dépouiller tous les juges.

« Il ne peut plus alors y avoir de vertu dans la République... «c Le peuple tombe dans ce malheur lorsque ceux à qui il se « confie voulant cacher leur propre corruption cherchent à le « corrompre. Pour qu'il ne voye pas leur ambition, ils ne lui « parlent que de sa grandeur, pour qu'il n'apperçoivent pas « leur avarice, ils fiattent sans cesse la sienne, etc. »

« Nous n'en sommes pas encore là sans doute mon cher collègue mais croyés que nous y marchons à grands pas.

« Restons Genevois et quand la fièvre artificielle qui nous travaille sera calmée nous nous retrouverons frères et amis. Soyés certain qu'aucun système de résistance n'entre dans l'esprit de qui que ce soit, qu'on ne cherche le remède aux idées extrêmes, aux abus, que dans leurs résultats directs dans l'empire des choses, dans les grandes loix de la îiature contre lesquelles les folies humaines luttent toujours vainement ; notre situation physique est faite pour le bonheur et si nous restons libres et indépendans nous nous retrouverons heureux après l'orage et peut être à cause de l'orage. Liberté, égalité, indépendance, voilà notre devise, notre pavillon de ralliement, soyons y fidèles et nous serons sauvés. Je vous embrasse très cordialement et suis tout à vous.

«^PlCTET. »

Du même au mêine.

« Nous nous sommes entendus sans nous être communiqués Monsieur et très cher associé. Je passai hier le jour au lit, malade de la migraine et de l'état de la République. Je vis le matin M. Binet nous convînmes que c'étoit le cas de renvoyer nos ouvriers anglois qui nous coûtent beaucoup de renvoyer le magazinier et de nous en tenir pour l'hyver à 3 ouvriers et Schmidt. Cela est exécuté ils sont partis. Nous avons tenu assemblée Labat et moi ce matin mon frère étant malade et Boissier absent et moi n'ayant personne pour vous annoncer cette assemblée impromptue. Nous avons résolu un appel général qui nous met au courant. Je ferai circuler entre tous les associés un extrait de registre qui annonce notre résolution de rester en panne pour l'hyver.

« Je vous remercie de chercher à nous procurer l'entrée en France mais au nom de Dieu et de la Patrie, que la France n'entre pas chez nous. Adieu. Je suis tout à vous.

« 1 792 ce 6 Xbre

« PiCTET. 5»

Annexe X bis

Fragments de lettre de Wytteyibach à Gosse relatifs à la poterie des Pâquis^.

« Berne 26 juill. 1791.

...« J'étois à la ville à mon départ de Genève chez le marchand que vous avez chargé de la vente de la nouvelle porcelaine, pour y en acheter quelques échantillons pour mon cabinet, mais rien n'étoit encore déballé. Il faudra donc attendre jusqu'à ce q-ue j'aurai une autre occasion ou si par hasard vous pouviez me faire parvenir un petit pot d'une jolie forme et bien travaillé ou plusieurs, mais chacun d'une couleur différente et quelques morceaux cassés, je vous en aurois une grande obligation et vous rembourserai les frais avec reconnaissance »...

« Berne 14 oct. 1791.

...« Je vous suis infiniment obligé pour le charmant petit gobelet blanc que vous m'avez envoyé je ne sais par qui, mais comme je me propose de me former peu à peu une collection de poterie, j'ose bien vous prier de m'envoyer encore d'autres gobelets d'autres couleurs, il l'entend que je les paierai avec beaucoup de remerciements»...

« Berne ce 3 juin 1793.

...« Les petits reliefs que l'on fait dans votre fabrique à Porcelaine et que j'ai acheté de Strouve plaisent tant à tous les étrangers qui viennent me voir qu'il y en a beaucoup qui désirent les posséder. J'en ai demandé plusieurs à Strouve, mais le paresseux ne me les envoie pas. Il m'en faut un relief du pays de Vaud pour l'Angleterre et un pour la Hollande, un de la vallée de Chamouny pour Hanovre et un pour Berlin

1 Voir p. 212.

et encore un pour l'Angleterre. Tous ces amateurs me pressent beaucoup et Stouve me mande qu'il les a commandés à Genève. Je viens donc vous demander mon cher ami si vous en avez de faits et finis ou si c'est la négligence de Strouve qui ne fait pas ma commission. J'ai écrit par le même courrier à ce chymiste paresseux et vous répète la proposition que je lui ai faite, c'est celle de m'envoyer à Berne une petite provision de ces ditférens reliefs parce que je suis sûr d'en vendre plusieurs dans le courant de cet été qui m'amènera comme à l'ordinaire beaucoup de voyageurs. J'ai envoyé à léna une notice de tous vos reliefs et elle a déjà été publiée dans le Journal littéraire de cette ville »...

« Berne 27 déc. 1794.

...« Beaucoup de personnes me demandant avec instance des reliefs en terre cuite du Pays de Vaud, de la Vallée de Chamouny et du S* Gothard. Ne peut-on pas en avoir dans votre fabrique à porcelaine.^ »...

Annexe XI

Lettre du professeur Vaucher à Gosse ^

« 1798 ce i5 8bre Genève.

« Monsieur Gosse

« C'est bien fait, mon cher Monsieur Gosse de faire le sacrifice de son temps à la patrie et d'employer tous ses moyens pour la sauver. Prouvez bien à Paris que d'appeler des Suisses à Genève ce n'est point violer les traités mais au contraire les invoquer ; que l'acte de garantie que nous avons avec la France n'a rien de commun avec nos traités, qu'elle confirme au contraire. Que jamais nous ne consentirons au renvoi des Suisses sans une sûreté parfaite de n'être pas attaqués. Qui l'auroit dit mon cher Monsieur et ami que les françois qui

1 Voir p. 252.

peuvent être si grands et si puissans auroient employé ces petites menées pour détruite une petite République qui ne leur a fait ni ne peut leur faire aucun mal. Vous même l'auriezvous cru.

« Bonjour Cher ami, il se passe chez nous des scènes touchantes dont je voudrois bien que vous fussiez témoin et j'espère que nous devrons à ces moments de crise, une plus grande réunion et un plus grand patriotisme.

« C'est bien le plus ardent.de mes vœux et des vôtres sans doute. Dieu vous aide et seconde vos vues.

« Jeudi au soir,

« Vaucher. »

Annexe XI bis

Lettre de Turrettini Conseiller à Gosse ^.

« Monsieur,

« J'ai été vous chercher ce matin pour vous entretenir d'un objet pour lequel il me semble que vous pourries être utile à notre Patrie. Vous avés des relations particulières avec M. Roland, il connoit votre caractère et vous devez sûrement en être favorablement écouté. Voici (ce me semble) ce que vous pourries lui représenter. Il est extraordinaire que la République françoise fasse la dépense d'un Résident. à Genève. Il n'a d'autre fonction habituelle que celle de signer des certificats de vie, et c'est ce qu'un notaire de notre chancellerie pourroit faire ainsi que cela se pratiquoit autrefois et que cela se pratique encore vis à vis d'autres Etats que la France. Le Roi d'Angleterre vient de nous témoigner son amitié en donnant au Lord Fitzgerald son ministre plénipotentiaire non seulement une lettre de créance pour le Corps Helvétique, mais aussi une lettre de créance particulière pour nous : Pourquoi

1 Voir p. 253.

la République Françoise n'agiroit-elle pas de même ? Son ambassadeur en Suisse pourroit avoir une lettre de créance pour nous et il viendroit à Genève quand les circonstances lui paroitroient l'exiger : peut-être même y ferait-il de tems en tems sa résidence. Ceci n'est point dit contre M. de Chateauneuf à qui nous n'avons à reprocher que les notes contre les Magistrats qu'il nous a fait parvenir de la part du Ministre, et qui nous convient sans doute autant que tout autre : mais le moment est très favorable pour nous débarrasser du Résident du roi de Sardaigne en même temps que celui de France ; ce moment ne se retrouvera peut être plus. Il seroit bien ce me semble qu'en écrivant à M. Roland vous lui parlassiez de l'union qui règne à Genève, de nos moyens de défense et de la certitude où vous êtes sans doute qu'il en auroit coûté beaucoup de sang pour nous prendre. Ces considérations sont bien propres à faire goûter l'accord qui vient d'avoir lieu entre le général et nous. Je connois Monsieur votre Patriotisme et je suis sûr que si vous approuvés mes réflexions vous les ferés valoir le plutôt possible.

« J'ai l'honneur d'être bien sincèrement Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.

« 23 octobre 1792. Turrettini Conseiller. »

Annexe XII

H. 'A. Gosse

« A Monsieur de Rochemont Secrétaire de l'Etat.*

« 25 oct. 1792 « Monsieur

« Je vous promis avant-hier de vous remettre par écrit un abrégé des faits relatifs à notre chère Patrie, tels qu'ils se sont passés à Paris depuis que j'y suis arrivé le 25 7bre dernier jusqu'au moment de mon départ le 18 8t>re mais des occupations accumulées pendant mon voyage m'ont empêché de le faire jusqu'à cet instant. A mon arrivée chez le citoyen Roland,

1 Voir p. 253.

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