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À sa double qualité de général commandant un corps allié d'occupation et de représentant du Royaume du Hedjaz à la Conférence de la Paix, lEmir Fayçal ajoubait celle de haut conseiller du Field Marshal pour les affaires de la zone Est.
Cettereconnaissance n’était en réalité que la consécration officielle de la situation politique que l’Enur Fayçal s’était créée.
Dès la fin de l’année 1918, l’Emir avait été officiellement, sinon régulièrement, désigné par les populations de la zone Est comme leur représentant à la Conférence de la Paix où il s’était rendu pour défendre Îles droits du Hedjaz.
Uneslarge publicité a été faite à laudition du représentant hedjazien par le Comité des Dix dans sa réunion du 6 février 1919. Si les déclarations de Fayçal n’ont provoqué que la curiosité de la grande presse européenne, elles ont eu le don de soulever la vive indignation du Comité central syrien, qui, devant les délégués des cinq grandes puissances, opposa au panarabisme de F'ayçal la pure doctrine du nationalisme syrien : la Syrie aux Syricns, sans qu'aucun lien politique ne la lie au Hedjaz. Le même Comité contesta à Fayçal le droit qu'il s’était arrogé de parler au nom des populations syriennes.
Les délégués des grandes puissances à qui Fayçal a
reproché de ne «connaitre l’Orient que par la lecture
Ag ee
des Mille el une Nuits » décidèrent de confier à une Commission internationale le soin d'aller recueillir en Syrie les desiderata de la population.
L'intervention du Comité central syrien fit sentir à Fayçal la faiblesse de sa position.
Les autorités arabo-syriennes de Damas vinrent en aide à F’Emir. Une réunion fut organisée au Palais de la Municipalité, à laquelle prit part «une foule nombreuse d'habitants de la Syrie, représentant les différentes religions de la nation, les membres du Conseil administratif local!, du Conseil municipal, les Chefs religieux et les notables ». A l’unanimité les assistants, après avoir discuté «les graves questions actuelles », décidèrent l’envoi de deux télégrammes; l’un à l’'Emir Fayeal :
««Leshabitants des pays que vous avez libérés avecle « concours des Alliés du joug de la servitude ont télé- « graphié à la Direction du Congrès de la Paix vous « constituant leur mandataire absolu auprès du dit « Congrès pour lui faire connaître ses désirs el ses «espérances d'indépendance complète.
« Ils attendent la réalisation de leur vœux, parce « que vous êtes l’espérance de la nation entière. »
l'autre adressé collectivenient :
« À son Excellence l’Emir Fayçal,à la Direction du
Congrès de la paix, et à M. le Président Wilson.