‹ Un Gouvernement Arabe à Damas Le Congrès SyrienChapitre 22 sur 41 · SHOT · texte numérisé non relu

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membres du parti réformiste syrien qui désignent des délégués. Le médecin particulier de Fayçal est nommé député de Hebron sur «Mazbata » fabriquée de toutes pièces à Damas; son beau-frère est nommé dans les mêmes conditions député de Naplouse.

Comme le Gouvernement de Damas craignait que la légalité de ces « élections » ne soit contestée, après même que les délégués eurent proclamé l’indépendance, les agents chérifiens firent signer aux populations intéressées des requêtes reconnaissant la validité des mandats de leurs représentants.

Pour préluder aux travaux du Congrès syrien, le 27 février 1920, dans la salle du Club Arabe à Damas, eut lieu une réunion générale d’un « Congrès palestinien » où la Nation syrienne, ses trois zones comprises, était représentée.

Y assistèrent «les délégués du Haut-Comité de la Défense Nationale, un grand nombre de membres du Congrès syrien, des délégués des partis politiques suivants : l’Indépendance arabe, l’Union syrienne, le Ahd syrien, le Ahd irakien; l'Association du Réveil littéraire, le Club Arabe National syrien, les Emirs et les chefs des Tribus du Hauran, Beni Sakher, Fadel, ceux de Karak et des Circassiens,les UlémasetlesChefs religieux de Damas, des notables, des avocats, des écrivains, des journalistes, des notables négociants, des chefs de corporation, un grand nombre d’étudiants des hautes écoles, des représentants de la jeunesse

instruite et de toutes les religions ».

Cette réunion d’un Congrès palestinien, voulue, organisée par le Gouvernement chérifien, devait rappeler aux Puissances alliées, et ,plus particulièrement à l'Angleterre et à la France, que la Palestine faisait partie de la Syrie, que le sionisme était un danger pour toutes les populations syriennes et qu’en conséquence les décisions qui, dans quelques jours,seraient prises par le Congrès syrien n’intéresseraient pas seulement la zone Est, maïs aussi les zones Sud et Ouest, toute la Syrie.

Le Congrès palestinien a résumé ainsi son point de vue sur la question syro-palestinienne :

« 19 La nalion syrienne affirme à nouveau ce qu’elle a maintes fois déclaré officiellement, que la Palestine est une partie inséparable de la Syrie; aussi ne cessera-t-elle de revendiquer cette unité et elle la défendra' jusqu’à la dernière goutte de son sang et jusqu'au dernier souffle de la vie de ses enfants;

2° Les habitants de la Syrie du Nord et du littoral, considérent le danger sioniste comme dirigé également contre eux ct menaçant leur existence politique et économique dans l’avenir. Ils continueront donc à le repousser complètement comme ils l’ont déjà repoussé devant la commission américaine. Ils sont aujourd’hui unanimement décidés à s'opposer effectivement aux sionistes, si les alliés persistent dans l’exécution de

leur plan connu.

39 Les habitants de ia Syrie du Nord et du littoral s'associent au Congrès palestinien pour repousser tout gouvernement national qui serait formé ou toute assemblée politique qui serait tenue en Palestine avant que le Gouvernement d'occupation n’ail reconnu les demandes des Palestiniens présentées à la Commission américaine et qui sont :

Ne point séparer leur zone de la Syrie, interdire l’immigration sioniste, demander l'indépendance politique complète.

Ils repoussent aussi toute décision prise par les patriotes incompatible avec une première décision, car celle-ci ne serait que le résultat de la pression et de la crainte des baïonnettes.

Considérant que le mouvement national en cours dans le pays a pour but de revendiquer l’indépendance de la Syrie dans ses limites naturelles et de l’Irak, que ceux des colonisateurs qui sont alliés aux sionistes continuent à séparer dans leurs communiqués et leurs publications le mot «Palestine » du mot «Syrie », dans le but d’égarer l’opinion publique, considérant que leurs desseins, s’ils venaient — à Dieu ne plaise —- à se réaliser constitueraient le danger le plus violent pour la paix générale dans toutes les zones arabes, les habitants de la Syrie du Nord et du littoral proclament hautement que leur mouvement national est dirigé

contre quiconque s’opposerait à l’unité du pays, de

tr

plus ils repoussent toute solution qui serait en faveur d’une zone à l’exclusion d’une autre afin que la paix ne soit pas ébranlée dans ses fondements ».

Cette affirmation de la solidarité de toutes les populations syriennes en face du danger sioniste et de l'intervention étrangère devait donner aux prochaines décisions du Congrès syrien toute leur signification.

L’'Emir Fayçal n'avait pas voulu qu’à la veille d’un jour qui promettait d’être grand pour lui, il subsistât un malentendu ; malgréles Alliés, contre eux, une AÀssemblée qui prétendait représenter la nation syrien-

ne fixait les limites du futur royaume.

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