‹ Un Gouvernement Arabe à Damas Le Congrès SyrienChapitre 21 sur 41 · La Grande Mosquée de Damas · texte numérisé non relu

La Grande Mosquée de Damas

ses caisses du produit entier du bedel ! pour aider au recrutement et augmenter le bien-être des soldats déjà rassemblés.

Le 16 février, au soir, une délégation des Comités extrémistes vint sommer l’Emir Fayçal de n’accepter aucune coopération avec une puissance étrangère,sous quelque forme que ce soit, et d'adopter l'attitude de son père, le malek Hussein, qui a formellement déclaré qu’il n’accepterait jamais un traité qui porterait la moindre atteinte aux droits des pays arabes à une indépendance entière et absolue.

Fayçal pouvait mettre le pays devant le fait accompli, imposer le mandat français dont il avait admis le principe; il n’osa pas.

Jusqu'à ce moment il avait eu avec les autorités françaises des rapports qui n'étaient pas exempts d’une certaine cordialité; il crut devoir abandonner cette attitude courtoise et, pour donner des gages aux extrémistes, saisit tout prétexte pour manifester son hostilité à la France.

Nous avons vu que, le 21 décembre, la conscription avait été instituée en zone Est. Cette mesure prise par le Gouvernement militaireàla suite d’un vote du Congrès syrien, cessa au retour de Fayçal d’être une manifestation platonique du patriotisme syrien.

Le Gouvernement chérifien fit les plus sérieux efforts

1. Le bedel, ou taxe militaire de remplacement fixée à 30 ou 40 livres turques or.

pour activer le recrutement; mais l'application de la loi sur le service militaire obligatoire ne donna pas entière sakisfaction et l’armée régulière que l’on voulait organiser à cinq divisions ne comptait en mars que deux régiments. Certaines populations, comme celle du Hauran, refusaient de servir : on dut les incorporer de force.

Fayçal pactisa avec les chefs de bandes qui terrorisaient les populations chrétiennes de la zone Ouest; il recevait avec beaucoup d’égards le chef bédouin qui avait dirigé les massacres du Mer jayoun et du district de Tyr; il hébergeait aux frais du Gouvernement des chefs dendachlés ! dissidents; l’un d’eux, étant mort au cours de son séjour à Damas une séance extraordinaire eut lieu au Club Arabe pour honorer sa mémoire; l’un des orateurs rappela que le défunt avait déclaré à l’Emir Fayçal qu’il ne reviendrait pas à Damas avant que «le sang des Français eût coulé dans les fleuves»;et la conduite du Dendachlé fut donnée en exemple aux populations.

À Homs et à Hama, les filiales du Comité de Défense Nationale dirigeaient l’agitation anti-française en zone Ouest et faisaient passer des armes et des munitions aux chefs ansarichs rebelles.

Si, officiellement, Fayçal se désolidarisait d’avec

ces éléments de troubles, à propos de l’occupation

1. Les Dendachlés sont des populations qui vivent au Sud du pays Alaouite,

de certains points de la Bekaa par les troupes françaises il adopta envers les autorités françaises en Syrie une attitude nettement hostile qui rendait plus significabive la nouvelle orientation de sa politique. Après avoir obtenu le retrait d’un bataillon français qui tenait garnison à Baalbeck, il émil de nouvelles prétentions et demanda au Commandant en chef de l’armée française du Levant de faire évacuer les stations de Rayak!1, et de Moallaka que les troupes françaises occupaient en vertu d’un accord passé le 26 novembre 1919 entre le général Gouraud et le général chérifien Noury Parcha Saïd et qui n’était que la conclusion d’un arrangement intervenu entre M. Georges Clemenceau et l’Emir Fayçal lui-même.

Délaissé par l'Angleterre, en désaccord avec la France, l'Emir Fayçal, qui ne pouvait compter pour réaliser ses desseins que sur les forces du nationalisme arabe, cherchait toutes les occasions de dissiper la mauvaise impression produite par ses négociations avec les représentants des Puissances alliées et de rallier à sa cause les partis extrémistes qui conservaient vis-à-vis de lui et de son Gouvernement leur indépendance et continuaient d'imposer leur volonté. I] ne

se maintenait au pouvoir que grâce à des concours

1. Rayak est le point de jonction des lignes de Beyrouth à Damas et de Beyrouth à Alep. Au début de 1920, la ligne d’Alep était la seule voie par laquelle était assuré le ravitaillement des troupes françaises qui, vérs Ourfa, Marache, Ain-Tab, luttaiant contre les forces nationalistes Turques, Moallaka est une station voisine.

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dont il ressentait la servitude. Alors que des hommes d'Etat, en Europe, discutaient des choses de la Syrie, l’'Emir Fayçal ne voulut pas laisser apparaître la faiblesse de son Gouvernement; sachant ne pouvoir gouverner sans l’appui des partis extrémistes, il se fit le champion de la politique nationaliste et retrouva en peu de temps son prestige un moment compromis.

Il fut décidé que, par les soins du Gouvernement militaire, le Congrès syrien serait à nouveau réuni.

L’'Emir Fayçal insista pour que cette réunion eût lieu le plus tôt possible, avant que le Conseil suprême ait fixé définitivement le sort de la Syrie. Il ordonna que la première séance fût tenue dès l’arrivée des deux tiers des délégués.

L’Emir Zeid représentant du Président du Conseil des Mudirs, convoqua par télégramme les membres du Congrès, à qui fut officieusement indiqué le but de la réunion : la proclamation de l’indépendance absolue et la désignation de l’Emir Fayçal comme roi de Syrie.

Les officiers de liaison arabes en service dans les principales villes de Syrie et des agents envoyés de Damas par Fayçal intervinrent personnellement auprès des délégués afin de hâter leur départ, et leur payèrent des «frais de voyage ». Les membres du Congrès défaillants furent remplacés sans qu’il y eut un simulacre d'élection. À Beyrouth, les électeurs du

deuxième degré ne sont pas convoqués; ce sont les

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