ÉPILOGUE
pagné le président au théâtre: le major Rathbone tua sa femme et fit une fin misérable.
La dernière armée confédérée, celle de Johnston, capitula le 26 avril. La guerre était virtuellement terminée et les troupes de l'Union furent licenciées dès le mois de juin. Cette guerre coûta aux deux gouvernements plus de trente-trois milliards de francs et au peuple une somme deux ou trois fois plus grande. Elle a exigé le sacrifice d'un demi-million de vies humaines. Elle fut la plus malheureuse et la plus meurtrière de la seconde moitié du xix™^ siècle, mais elle a émancipé des millions de nègres et préparé une ère nouvelle pour les Etats-Unis. Ce n'était pas payer trop cher, pouvons-nous remarquer avec le colonel Lecomte, l'acte qui lavait le Nouveau-Monde de la souillure de l'esclavage et du crime de l'y avoir si longtemps toléré.
Il fallut dix ans au peuple américain pour panser les blessures de la guerre. Il subsista longtemps entre le Nord et le Sud une grande animosité. Ni Johnson, ni Ulysse Grant, qui lui succéda à la présidence, ne possédaient la fine diplomatie, la patience, le sûr jugement et la bonté de Lincoln ; ils obéirent à la loi du talion qui excite plutôt qu'elle n'apaise les différends. D'ailleurs, la tâche n'était point aisée et Lincoln lui-même ne se faisait pas d'illusion, quand il déclarait qu'il aurait à soutenir devant le congrès des combats plus rudes que ceux que ses généraux avaient livrés avec l'épée.
Mais à la longue, le loyalisme a repris le dessus; aujourd'hui, malgré la diversité des tempéraments, les citoyens du Sud comme ceux du Nord, de l'Est et de l'Ouest adorent tous leur patrie et se disent tous les enfants d'un même sol.
De la famille de Lincoln, il ne reste plus que Robert.
Après la guerre, il fut le soutien de sa mère et s'occupa de l'éducation de son jeune frère. Plus tard, il fut secrétaire de la guerre, de 1881 à 1885, sous les présidents James Garfield et Chester. De 1889 à 189.3, Harrison le chargea de représenter les Etats-Unis à l'ambassade de Londres.