Epilogue
Le 15 avril, à onze heures du matin, le vice-président Johnson prêta le serment de fidélité à la Constitution et prit la place de Lincoln.
A la douleur qui étreignit la nation succéda bientôt l'appel à la vengeance. On demanda la punition de tous les coupables, et, dans la pensée de beaucoup, tout le Sud était coupable. Le beau programme de pacification que Lincoln avait développé quelques heures avant le crime de Booth fiit violemment attaqué par les républicains avancés qui suggérèrent au gouvernement l'idée des plus cruelles représailles.
Stanton oftrit cent mille dollars à qui lui livrerait Jefterson Davis, qu'il considérait comme un complice de Booth. Capturé le 10 mai, dans une forêt, Davis trompa la vigilance de ses gardiens, endossa des vêtements de femme et s'enfuit; mais il fut repris, trahi par ses éperons qu'il avait négligé d'enlever. Il fut enfermé pendant deux, ans son jugement traîna en longueur ; à la fin, on le libéra.
Stanton mit également à prix — cinquante mille dollars — la tête de l'assassin. Booth, en sortant du théâtre, avait enfourché un cheval et s'était enfui avec un de ses complices. Ils galopèrent onze jours à travers le Maryland, puis furent cernés dans une grange à laquelle on dut mettre le feu pour s'emparer du criminel ; quand il en sortit, il fut abattu par un soldat ; avant de mourir, il eut encore le temps de penser à sa mère et de dire qu'il avait fait son devoir pour son pays.
Les autres complices, dont l'un fut retrouvé à Rome, dans les troupes papales, furent pendus ou exportés.
La fatalité s'attacha aux deux invités qui avaient accom-