‹ Un grand criminelChapitre 25 sur 54 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

GIRALD, CAMUZOT, THÉODORE, puis BONNICHON, sur le balcon.

CAMUZOT, entrant par le fond.

Ah! c'est horrible! c'est épouvantable!... Comme les malheurs arrivent, mon Dieu !

THÉODORE

Qu'est-ce qu'il y a, M. Camuzot? vos traits sont émus.

CAMUZOT.

Ah! c'est toi !.. (A Giraud.) Monsieur, je suis le vôtre... Où est Bonnichon ?

THÉODORE

Chez lui, à ce que je crois... Il est rentré... mais j'ai été faire une course , et à mon retour, j'ai trouvé Monsieur qui venait lui parler d'affaires... Nous frappons depuis un quart-d'heure.

CAMUZOT.

Et on ne répond pas?... Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé!... Tu as eu tort de le laisser seul... Je ne crois pas aux pressentimens, mais, si j'y croyais, après lévénement lugubre que j'ai appris tout à Iheure...

THÉODORE

Quel événement?

CAMIZOT.

J'étais chez le commissaire .

venu déclarer qu'on avait vu Rhône un corps... un cadavre., dire le mot.

théodoiu:.

Un cadavre humain?...

CAMl'ZOT.

Imbécflle!... si c'était un rat, ça donnerait très peu d'inquiétude... mais c'est un homme, on l'a reconnu. c^>

lorsqu'on est ilotter sur le puisqu'il faut

«®> THÉODORE

On l'a reconnu?

CAMUZOT.

On a reconnu que c'était un homme... Certainement ce n'est pas lui , ça ne peut pas être lui... mais, enfin, dans la position où il est... ce poignard... ce Corse... ces menaces de mort... Avec ça que ses fenêtres coulent sous le fleuve... non , c'est le fleuve qui coule... Je suis si bouleversé !

THÉODORE

Et moi donc !

CAMUZOT.

Tu es sûr que personne ne s'est introduit dans la maison ?

THÉODORE

Dame! je ne pense pas.

bonnichon, paraissant sur le balcon; il a un costume d'Arménien, et porte une barbe postiche.

Il est toujours là... J'espérais m'échapper sous ce déguisement.

CAMUZOT.

En tous cas , la police est prévenue.

giraud, à part.

La police!.. Diable! ça devient sérieux...

CAMUZOT.

Les gendarmes, tout le monde est sur pied.

Excellent beau-père!

THÉODORE

Mon Dieu ! il est peut-être dans sa chambre, bien tranquille.

CAMUZOT.

Oh ! ce que c'est que l'émotion... J'oubliais qu'il m'a laissé sa clé... Nous pouvons entrer. RONNICHON, efTrayé.

Il parle d'entrer!

CAMUZOT.

Venez, Messieurs, franchissons le seuil.

(Tl ouvre la porte.)

BONNICHON , donnant les marques de la plus grande frayeur.

Il va l'introduire !

THÉODORE

Nous vous suivons !

BONNICHON

Et Théodore qui s'en mêle aussi !

giraud , à Camuzot qui veut le faire entrer le premier.

Après vous, je vous en prie.

CAMUZOT.

Non , Monsieur , je n'en ferai rien.

BONNICHON

Fais-lui des politesses, exécrable ganache!

< vmuzot, entrant le dernier.

J'ai d'affreux pressentimens !

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