‹ Un grand criminelChapitre 36 sur 54 · ACTE II , SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II , SCÈNE IV

BONNICHON , aux gendarmes qui l'amènent et lui «^ débrouillez-vous

délient les mains.

Mes excellens amis , je suis satisfait... vos manières sont très attachantes, et vos procédés pleins de retenue... Aussi, je n'ai qu'une crainte, c'est d'avoir beaucoup de peine à me séparer de vous... Du reste, je ne vous retiens pas... (Les gendarmes sortent.) En général, on ne rend pas justice à ces fonctionnaires... Ce sont des gens... d'armes, à la vérité, mais... (Apercevant Théodore.) Oh ! Théodore! comme il me regarde! Est-ce qu'il soupçonnerait?..

THÉODOr.E , le regardant toujours.

C'est que la barbe lui va bien... mais très bien !

BONMCHON, à part.

Nous sommes seuls... si je me débarhais?.. C'est un ami... je ne risque rien !.. Théodore!

THÉODORE

Quelle est cette voix?

BONMCHON.

C'est la mienne !

THÉODOBE.

Mon patron ! (Il se jette dans ses bras.)

Ah! ce moment est doux... j'éprouve quelque chose de doux !

THÉODORE

Commeni ! c'est vous, patron?.. Je vous croyais massacré?

BONNICHON

Je n'ai jamais été plus vivace.

THÉODORE

Dieu ! que je suis content de vous revoir ! (A part.) A présent , qu'il n'a plus de barbe, il est fort laid !

BONMCHON.

Merci, mon garçon, merci... El qu'est-ce qu'on dit (!<• nia disparition ?.. La ville de Beaucaire doit être en émoi.

THÉODORE

Al» '■" »>ndoille de Jailis el \' j mi t'hui.

Sur cette aventure romanesque, Chaque badaud fait sonbuU'tin.

C'est vous, et voilà 1' plus burlesque, Qui passez pour votre assassin.

BONMCHON.

Ah ! je ne suis pas si coupable !

Tuer quelqu'un !.. Je me connais ;

Si jamais j'en étais capable ,

C n'est pas par moi que j' commencerais.

A je

pouffons

je m'en lave les doigts., ces mots, les témoins pouffent de rire... pouffe... le tribunal pouffe... nous tous...

THÉODORE

Oui', ce sera gai ! ce sera très gai !

BONMCHON.

Je crois que je serai acquitté.

THÉODORE

Quelle leçon !

BONNICHON

Tout le monde voudra me ma statuette ; la foule va se

voir, ruer

on dans

Théodore , je vais augmenter

fera mon

mes

magasin, prix!

THÉODORE

Au fait! c'est une spéculation!

BONNICHON

Et le beau-père qui était si acharné contre moi, et sa fille qui m'a fait arrêter, je veux les accabler de railleries légères...

THEODORE

Attention!., je crois entendre!

BONNICHON

Diable ! rebarbons-nous !

THÉODORE, qui est allé regarder.

Oui, on vient. C'est Lucile !

BONNICHON

Ma prétendue !.. Elle doit déplorer ma perte. Si je la consolais avec ma figure?

THÉODOBE.

Ce ne serait peut-être pas un bon moyen.

BONNICHON

Pourquoi ?

THÉODORE

Elle pourrait jaser ! et puis , êtes-vous sûr qu'elle vous aime ?

Dame!

THÉODORE

A votre place, je profiterais de l'occasion pour n'assurer...

BONNICHON

Cette idée me sourit.

La voici !

je l'embrasse !

THÉODORE

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