CHAPITRE
l'œuvre sociale
Il y a pourtant toute une partie de son œuvre dont il put, de son vivant même, non seulement entrevoir, mais recueillir les résultats positifs : c'est celle qui relève de son activité sociale. Dans cet ordre d'idées, son peu de goût pour la Révolution l'a fort bien servi. Il faut bien le reconnaître en effet. Si, même en matière sociale, l'action révolutiannaire est loin d'être tout entière mauvaise et non avenue, la Révolution a eu cependant le très grand tort, sous prétexte d' « affranchir » « l'homme et le citoyen », de le laisser sans défense tantôt contre ses propres instincts, et tantôt contre les instincts d'autrui. La liberté est un bien beau mot, —
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eu théorie ; mais si, en fait, elle est tout siniplcinent la liberté de mourir de faim ou la liberté d'imposer un salaiit' de famine, est-elle vraiment chose si respectable ? Or c'est bien en ces termes que la question se pose, toute l'histoire économique du xix° siècle est là pour en témoigner. Libérer l'individu de toute contrainte sociale, c'est donner imprudemment une prime à l'égoïsme, c'est supprimer ce qui est un frein pour la force, une proteclion pour la faiblesse ; c'est encourager l'une à la dureté et l'autre à la révolte. Et cela, d'autant plus infailliblement qu'en faisant la guerre au christianisme, on a ruiné, ou tout au moins affaibli dans les âmes la seule puissance peutêtre qui fût capable de les adoucir.
Voilà ce que de très bonne heure, à la lumière de sa foi religieuse et des enseignements de la Commune, Albert de Mun a vu admirablement. A une époque où l'on ne se préoccupait guère, surtout dans les milieux politiques, de la question sociale, déjà posée partout, il en a compris
toute l'urgente gravité. Et pour la résoudre dans un esprit de stricte justice et de haute charité, il a conçu et préconisé deux moyens essentiels : Tassociation catholique et la législation sociale.
Convaincu (( qu il ne saurait exister de paix sociale réelle en dehors du christianisme (i) », il a vu dans les cercles catholiques d'ouvriers, qui ont été, disait-il un jour, « la grande affaire de sa vie (2) », la meilleure manière de préparer cette paix sociale, objet de ses lointains efforts. Dans une page qu'il écrivait en 1876, au moment où il allait entrer à la Chambre, il formulait ainsi le programme et l'esprit de l'œuvre :
Opposer à la Déclaration des Droits de rhomme, qui a servi de base à la Révolution, la proclamation des Droits de Dieu, qui doit être le fondement de la Contre-Révolution, et dont Tignorance ou Toubli est la véritable cause du mal qui conduit la société moderne à sa ruine; rechercher, dans une obéissance
(i) Discours y t. IV, p. 53.
(2) Discours j t. U» p. 284.
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absolue aux principes de TÉglise catholique et de riufaillible enseigneuienl du Souverain Pontife, loules les i-onsécjuences (|ui découlent naturellement, dans Tordre social, du plein exercice de ce droit de Dieu sur les sociétés; propager par un public et infatigable apostolat la doctrine ainsi établie ; former des hommes déterminés i\ Tadopter comme règle de leur vie publique aussi bien que de leur vie privée, et à en montrer l'application dans l'Œuvre elle-même par le dévouement de la classe dirigeante à la classe populaire; travailler sans relâche à faire pénétrer dans les mœurs ces principes et ces doctrines, et à créer une force organisée capable de les faire triompher, afin qu'ils puissent trouver leur expression dans les lois et dans les institutions de la nation : tels doivent être l'esprit et le but de notre Association, ' pour qu'elle répondo au programme qu'elle s'est ellemême tracé dès son origine, quand elle a, par V Appel aux hommes de bonne volonté, du 35 décembre 187 1, hautement déclaré la guerre à la Révolution (i).
En relisant cette déclaration trente-deux ans plus tard, Albert de Mun pouvait se
(i) Ma vocafinn sociale f p. 286.
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rendre ce témoignage qu'elle « exprimait 1 effort de toute sa vie » et qu'il « y était demeuré fidèle depuis trente-sept ans ».
La fondation des cercles catholiques d'ouvriers répondait à une double intention : une intention religieuse et morale, et une intention sociale.
En groupant des ouvriers chrétiens, en les mêlant à des représentants d'autres classes, on se proposait d'abord de les arracher aux dangers de la rue ou du cabaret, de leur fournir des compagnies agréables et des distractions saines, et, en même temps, de leur permettre d'acquérir une culture religieuse plus variée et plus profonde ; on rêvait en un mot d'en faire des chrétiens énergiques et instruits.
D'autre part, on souhaitait que ces mêmes ouvriers fussent amenés à débattre entre eux, — et avec leurs patrons, — leurs intérêts professionnels, à rédiger en quelque sorte d'un commun accord le code de leurs droits et de leurs devoirs respectifs. Et comme, en ces matières qui soulèvent inévitablement les plus hautes
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et les plus (lélicales qiieslioiis morales, certains principes généraux sont nécessaires, on esliniait que de la théologie catholique exactement connue et scrupuleusement méditée, il se dégage un corps de doctrine qui peut aider à résoudre les divers problèmes posés par le régime actuel du travail. Ce corps de doctrine, il s'agissait de l'élaborer, puis de le divulguer, et enfin de le faire passer dans la pratique. Une revue mensuelle, VAssociation catholique, fondée en 1876, eut pour objet de rassembler et, au besoin, de provoquer les recherches individuelles, les études générales et particulières. De multiples conférences, des congrès, des réunions internationales, — à Fribourg d'abord, en attendant les Semaines sociales, — favorisaient les échanges de vues et la propagande doctrinale. Peu à peu, un ensemble de théories se constituait ; dans les milieux catholiques actifs et intelligents un nouvel état d'esprit se répandait ; et même les milieux populaires qui n'étaient point spécialement chrétiens commençaient à soupçonner que
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l'Église n'était pas la grande force de (( réaction » qu'on leur avait si souvent représentée.
Tout ce mouvement de pensée et d'action dont Albert de Mun n'était assurément pas l'unique, mais dont il restait le principal et le plus éloquent ouvrier, devait aboutir, grâce à l'initiative hardie d'un grand et généreux Pape, à un acte officiel dont on ne saurait s'exagérer l'importance historique, à cette Encyclique Rerum novariim qui a été, au moment de sa publication, et qui demeure, après un quart de siècle écoulé, la charte du « catholicisme social (i) ». Si l'on veut connaître l'esprit
(i) Voyez sur tout ceci le beau livre de Léon Grégoire (M. Georges Goyau) sur le Pape y les Catholiques et la Question sociale, Perrin, 3* édition, 1899. — Cf. dans les Discours d'Albert de Mun, t. I, (p. Bgs-ÔgS) la superbe page, si vivante et si émue, où le grand orateur évoque le souvenir de Léon XHI recevant au Vatican, dans la salle ducale, une députation des ouvriers de France, et les assurant de la protection de Tl^gllse : « Le Pape parut, entouré de sa cour, dans sa soutane blanche, un peu voûté, mais se redressant bientôt avec majesté, pâle, presque diaphane, frappant comme une apparition ; il se fit un silence profond, et l'instant d'après troublé seulement par k bruit de ma propre
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f)l les leîidanccs, et les articles essentiels Ju prof^rainme dont Albert de Mun s'est fait Tinfatif^^ihle apolre, c'est à ce document nWélalenr qu'il faut avant tout recourir.
« Les hommes des classes inférieures, déclarait TEncycliquc, sont pour la plupart dans une situation d'infortune et de misère imméritée. )> Celte situation est la conséquence de l'individualisme révolutionnaire : « le dernier siècle a détruit, sans rien leur substituer, les anciennes corporations, qui étaient pour eux une pro-
voix, lisant avec rémotion que vous devinez Tadresec où nous présentions au Pape la députatioii des travailleurs de France, pour lui demander de prendre en main leur cause et la défense de leurs intérêts ; puis Léon Xni se leva, et, debout sur les degrés du trône, le regard brillant, la physionomie comme inspirée, le bras dessinant, avec une étonnante énergie, des gestes superbement expressifs, il prononça en français, avec un peu d'accent, mais d'un ton parfaitement distinct, ce discours que vous avez publié, où, revendiquant pour l'Église catholique le titre glorieux de protectrice des ouvriers, il définissait avec une incomparable hauteur le rôle et le devoir des gouvernements des maîtres et des ouvriers dans le grand débat qui agite le monde du travail. »
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tection. » La justice sociale exige donc que cet état de choses soit modifié, qu'un remède soit apporté aux maux déchaînés par la concurrence sans contrôle et sans frein, et qu'à cette poussière d'individus dont se composent les sociétés modernes on substitue des organismes sociaux normalement constitués et sagement équilibrés. Il n'est pas juste, — et donc il n'est pas chrétien, — que la majorité des travailleurs ait à peine de quoi vivre, tandis qu' « une fraction, maîtresse absolue de l'industrie et du commerce, détourne le cours des richesses et en fait affluer vers elle toutes les sources ». Les travailleurs ont non seulement le droit, mais le devoir de fonder des associations professionnelles, qui seront non pas de simples sociétés de secours mutuels, mais des organes de défense et de revendication. Comme l'a dit Albert de Mun dans son discours de Saint-Étienne, en 1892, il s'agit « de déterminer, dans chaque profession industrielle ou agricole le taux du juste salaire, de garantir des indemnités aux victimes d'accidents, de maladies ou
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de chAmaf,a\s, do créer iino caivssc de retraites pour la vieillesse, de pnWeiiir les conflits par l\Hahlis8emeiil des conseils permanents d'arbitrage, d\)rganiser corporativement l'assistance contre la misère, <^nfin de constitiioi' entre les mains des travailleurs une certaine propriété collective à côte de la propriété individuelle, et sans lui porter atteinte, (i) »
Comme Ton pouvait sV attendre, les adversaires politiques d'Albert de Mun crièrent au socialisme. « Eli non ! disait Léon XIII, ce n'est pas du socialisme, c'est du christianisme. » Il se souvenait du temps où, simple évêque de Pérouse, il dénonçait déjà avec vigueur, au nom de l'idéal chrétien, les (( inhumanités » du régime économique issu de cette Révolution, dont Emile Montégut, dans un article célèbre, proclamait « la banqueroute », et que Renan, de son côté, qualifiait d' « expérience avortée ». « Elle ne laisse debout, écrivait ce dernier, qu'un
(i) Discours, tome V, p. 270-271.
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géant, l'Etat, et des milliers de nains... Elle crée une nation où la richesse seule a du prix... Son code de lois semble avoir été fait pour un citoyen idéal, naissant enfant trouvé et mourant célibataire. » Un tel accord d'esprits si différents suffirait à prouver qu'en matière sociale tout au moins, l'œuvre révolutionnaire est extrêmement discutable, et qu'il y a lieu de la rectifier.
Pour cela, il ne pouvait suffire de répandre les études et les idées de réforme sociale, de multiplier même les cercles ou associations. Une action de ce genre était certes excellente, mais elle risquait d'être éternellement platonique, ou tout au moins de ne produire tous ses résultats qu'à trop longue échéance. L'antique adage : Quid leges, sines rnoribus? peut se retourner, et dans l'ordre économique ou social, la contre-partie n'en est pas moins juste: Quid mores, sine legibus? Qu'est-ce qu'une association à laquelle la loi ne reconnaît pas certains privilèges.^ Et même, — car c'est ainsi que la question parfois se
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pose, — qiùî8t-ce qu'une association dont la loi n'admet pas rexislence? S'il est bon de réformer les mœurs et les idées, c'est la législation surtout qu'il faut pratiquement atteindre. Par la logique môme de son apostolat, Albert de Mun devait entrer au Palais-Bourbon.
L'œuvre proprement sociale à laquelle il y travailla pendant près de quarante ans, si elle a parfois encore été compromise par les préjugés politiques qu'il rencontrait autour de lui, et qu'il ne ménageait pas toujours, n'en reste pas moins considérable et originale. On peut dire que, dans l'ensemble des bonnes lois sociales de la .y troisième République, il a eu une large '^ part de collaboration et d'initiative. Même quand on n'acceptait pas sur-le-champ ses idées ou ses propositions, elles faisaient leur chemin dans les esprits et provoquaient, à la longue, d'excellentes mesures (i). Par la générosité et la hardiesse de
(i) Voyez Discours, t. VU (p. 354-355-37o), les pages où Albert de Mun rerendique justement, pour ses amis et pour hii, l'honneur d*avoir « préparé et conçu »
son attitude, il piquait au jeu ceux qui se seraient volontiers laissé enlizer dans les ornières d'une politique de partisans, mais qui, d'autre part, eussent été honteux de se laisser <( dépasser » par un collègue (( conservateur ». Et s'il n'a pas obtenu tout ce qu'il voulait, tout ce qu'il avait raison de souhaiter, il n'est pas niable que,7 sans lui, d'heureuses « réalisations » sociales ne se fussent point opérées.
Car il ne s'est point contenté, à mesure que l'ordre du jour de la Chambre ou les événements extérieurs posaient diverses questions qui lui tenaient au cœur, de prononcer des discours, de formuler les solutions qui lui paraissaient les plus équitables ; il provoquait des discussions et des recherches, déposait des projets de loi, prenait des initiatives. Dès i884, par exemple, dans une interpellation sur la politique économique du gouvernement, il portait le premier à la tribune l'idée d'une létoutes les parties viables et utiles de l'œuvre sociale de M. Millerand. Et cf. Combats d*kier et d^ aujourd'hui, t. n, p. 281-382.
;4islaHoîi intcMMuilionale du travail ; il rap- |)(^lail a ce sujet les inutiles ouvertures faites par la Suisse en 1881 ; et il s'écriait : <( Je voudrais que la France se donnât la gloire de les reprendre, il y a là une mission capable de tenter, d'enflaminer son cœur et son génie. Elle a port^^ g^p;^ l'h^ toire des siècles, un renom de génefosUé et de chevalerie dont le souvei^^est cheï|ii tous ses enfants, qudie qu€^ôit la ma4l/re dont ils envisagent son passé. D^jpe^ ses origines, son nom ^st,4iéra^T^C celui des petits et des faibles... Messieurs, les circonstances ont changé, mais la cause est restée la même; il y a toujours des petits et des faibles. Je supplie la patrie française de rester fidèle à ses iraditions (i)... » Ce noble langage ne fut pos écouté. Or, qu'arriva-t-il.^^ Au commencement de 1889, le gouvernement suisse invita tous^les gouvernements européens à prendre part à une conférence qui aurait pour objet d'arrêter les bases d'une législation internationale
(i) Discours, t. HI, p. i23-i24.
du travail dans les fabriques. La France accepta cette fois de s'y faire représenter. Mais Guillaume II confisqua la proposition du gouvernement fédéral, et la conférence eut lieu non pas à Berne, mais à Berlin. Si Ton avait suivi l'inspiration d'Albert de Mun, la conférence aurait eu lieu à Paris ; elle eût, vraisemblablement, abouti à des résultats pratiques; et la France et la Suisse nauraient pas, une fois de plus, travaillé pour le roi de Prusse (i).
Et ce n'est pas la seule idée sage et féconde qu'Albert de Mun ait lancée et dont il ait poursuivi l'exécution. Dès l'ouverture de la session de 1889, ^l déposait une çérie de propositions de lois relatives à la réglementation du travail industriel, à la protection de la petite propriété rurale par
(i) Vous verrez que Thistrion couronné saura bien invoquer ce « précédent », quand, pour sauver sa dy« nastie condamnée par le président Wilson, il feindra de vouloir (( démocratiser » son Empire. N'a-t-il pas, dans la réponse de son chancelier, M. Michaelis, à la note pontificale, argué de ses platoniques déclarations pacifiques d'autrefois, pour essayer d'établir qu'il n'a pas voulu la guerre actuelle ?
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la confttitiilion facullaliv(3 d'un petit domaine insaisissable, et i\ diverses autres questions économiques et sociales. De plus, toutes les fois que Toccasion s'en présentait, il intervenait activement dans toutes les discussions législatives concernant la situation des travailleurs. Il appuyait, quels qu'en fussent les auteurs, les projets de loi qui lui paraissaient réaliser, fut-ce le plus mince progrès social ; par ses observations, par ses amendements, il s'efforçait d'améliorer ou de corriger des lois imparfaites; et il n'y réussissait pas toujours ; mais quelquefois pourtant, il parvenait à faire adopter son avis. Lois sur les syndicats professionnels, sur la responsabilité des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail, sur Torganisation des caisses de secours et de retraites des ouvriers mineurs, sur le travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels, discussions sur le minimum de salaire, sur l'arbitrage entre patrons et ouvriers, que saisje encore ! Il n'est aucune de ces lois, au-
cune de ce$ discussions qui n'ait provoqué des interventions, des discours, de suggestives observations d'Albert de Mun. Pour mieux servir la cause à laquelle il s'était voué, il s était peu à peu transformé en statisticien, en sociologue, en économiste; il avait peu à peu, dans ces difficiles problèmes, acquis une expérience, une compétence, une autorité, auxquelles ses adversaires politiques eux-mêmes rendaient hommage. Quand, vers la fin de sa vie, il jetait un regard en arrière, il aurait pu se vanter d'avoir mis la main à toutes les réformes, à toutes les mesures législatives qui, depuis quarante ans, ont progressivement amélioré la condition des travailleurs français.
Sa foi et son patriotisme étaient également intéressés à cette œuvre d'apostolat social. Aller au peuple, prendre en main ses intérêts matériels et moraux tout ensemble, soulager et comprendre ses misères., satisfaire sa soif de justice, c'était là pour lui presque le devoir chrétien par excellence; il ne concevait pas le cliristia-