‹ Un grand Médecin du XVIe siècleChapitre 20 sur 39 · RATES · texte numérisé non relu

RATES

“ans les membres supérieurs et les membres infé-

rieurs.

DEs ARTÈRES. — La description des artères n’est pas beaucoup différente de celle des veines, car elles conduisent l'esprit vital qui doit être répandu dans tout le corps. Néanmoins la propagation des artères est moins fréquente ‘que celle des veines. car le sang épais des veines a besoin de vaisseaux pour se répandre aux extrémités, mais l'esprit subtil peut passer dans les endroits les plus ténus sans avoir besoin de conduits.

Les artères naissent du cœur. Du ventricule gauche sort un gros vaisseau qui est estimé le terme et la souche de toutes les artères. De même que les veines fournissent au foie la nourriture attirée du mésentère, de même les artères fournissent au cœur l'air attiré du poumon.

LES NERFS CRANIENS. — Fernel en cite 7 paires.

La première conjugaison est envoyée dans les yeux; les nerfs sont gros et creux; par eux est porté l'esprit visuel. T1 y en a deux qui s’assemblent en leur chemin en forme de croix de Bourgogne et se divisent ensuite chacun se portant vers son œil. L'autre propagation des nerfs sert au mouvement des yeux.

Viennent ensuite les nerfs du goût, du palais, l'auditif, les rameaux qui vont à l’œsophage, à la trachée,

äu poumon ef au cœur, et enfin les nerfs des muscles \ de la langue,

Le livre IT traite des Eléments.

Le livre III des Tempéraments.

Le livre IV des Esprits et de la Chaleur naturelle. Le livre V des Facultés de l'Ame.

La partie médicale et vraiment physiologique ne réapparaît qu'au livre VI où il est question des fonchons et des humeurs. \

Fernel est cependant d'avis que tout cela fait partie des connaïssances nécessaires au médecin. « Ceux qui, dit-il, étant peu et légèrement versés en la Philosophie qui est la mère de tous les arts, entreprennent d’apprenidre ou d'enseigner l’art de la médecine, estiment avoir assez et beaucoup fait, si après avoir lu et considéré l’anatomie du corps humain, ils s'emploient à l'instant dans la connaissance de la cure de toutes les maladies, lesquelles se disposant ainsi pour abréger et se rendre l’art facile et court, se jettent précipitamment dedans une abîme perpétuelle d’obscurité, et s'ôtant ainsi la lumière de l’esprit, ils couvrent leurs yeux d'une nuit et de ténèbres très épaisses, car la Raïson est la lumière de l'esprit, et ceux qui la méprisent ne peuvent connaître les causes des choses.

Ainsi le corps humain ayant été par l’anatomie divisé en ses parties qui sont apparentes aux sens, il faut ensuite passer à celles qui se connaissent seulement par la pensée, et voir de quels éléments chacune est composée, quel est le mélange des éléments, quel est leur tempérament, quelles vertus et facultés y sont

— 56 — LS * cachées, par quel esprit et par quelle chaleur elles sont conservées. »

Les ÉLÉMENTS sont des corps simples absolument dépourvus de forme. Au nombre de quatre : la terre, l’eau, l'air et le feu; ils possèdent des qualités qui permettent des combinaisons presque infinies produisant tous les objets de l'univers. Le corps humain luimême est formé de ces éléments et il renferme quatre humeurs qui jouent le rôle d'éléments secondaires : le sang, la bile, l’atrabile et la pituite.

« Cette doctrine, dit Figard 4), qui nous paraît eujourd'hui si artificielle, était ingénieuse et en rapport avec les connaissances chimiques des savants qui la professaient. Elle expliquait d’une façon assez vraisemblable un certain nombre de faits d’observation et, d'autre part, elle permettait ces rapprochements symétriques où se complaisait l’esprit grec.

Quatre éléments dans le monde, quatre humeurs dans le corps, quatre saisons dans l’année, quatre âges dans la vie humaine, l'homme offrant en raccouréi une fidèle et complète image de l’univers. »

LES TEMPÉRAMENTS. Les éléments ne se combinent entre eux qu'en vertu d’affinités qui résultent de l’opposition de leurs qualités. Les qualités élémentaires s'opposent deux à deux: il s’ensuit qu’une com-

(1) FIGARD, ouvr. cité,

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binaison où tous les éléments ne seraient pas représentés serait forcément caduque, car il manquerait à l’un d’entre eux son contrepoids.

Le tempérament peut donc se définir « un équilibre parfait de quatre qualités premières dans une combinaison fournie par tous les éléments ».

Si l'équilibre est parfait, le tempérament est dit tempéré.

Tous les autres sont intempérés et peuvent être simples ou composés.

Il y a quatre tempéraments simples qui dérivent des quatre qualités premières : le tempérament chaud, le tempérament froid, le tempérament sec et le tempérament humide.

Si deux qualités prédominent au lieu d'une seule, on a les quatre tempéraments composés : chaud et humide, chaud et sec, froid et humide, froid et sec.

Pour Fernei et pour son époque, le mot tempérament n’a pas le même sens que nous lui donnons aujourd’hui. Sa signification est beaucoup plus étendue; ainsi, non seulement les êtres vivants, mais tous les corps composés ont chacun leur tempérament respectif qui sont une combinaison de leurs qualités.

PHYSIOLOGIE PROPREMENT DITE. — Klle fait l'objet du livre VI.

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