‹ Un grand Médecin du XVIe siècleChapitre 21 sur 39 · LA DIGESTION ET LA NUTRITION · texte numérisé non relu

LA DIGESTION ET LA NUTRITION

Les aliments sont repoussés de la bouche dans le

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gosier, lequel les attire par le moyen de ses fibres droites, comme si l'estomac venait les prendre dans la bouche avec le gosier comme main, cette action étant aidée par les fibres transverses qui s'élargissent au-dessous «et se resserrent au-dessus, tellement bien que l'air qui est attiré en mangeant, encore qu’il soit très subtil, peut à peine s'échapper.

Le pylore fermé ne laisse rien passer, si ce n'est quand il est fatigué par un trop grand poids ou qu’il est excité et piqué « par l’acrimonie d’une qualité àcre et mordicante ».

Cette coction dans le ventricule se fait par sa chaleur naturelle et son esprit inné « qui lui sert comme un feu qui est mis dessous un chaudron ». Cette vertu est propre à chaque espèce, elle lui sert à digérer les aliments dont il se nourrit et communique à ces aliments la qualité particulière de celui qui en est nourri.

L’aliment passe de là dans l'intestin qui, d’après Fernel, n’a qu'un, rôle neutre au point de vue digestif ii permet seulement par sa grande longueur à tous les aliments de passer dans les orifices des veines mésaraiques disposées sur sa paroi, et d'arriver ainsi au foie. Tout ce qui n’est pas attiré par les veines äu mésentère est charrié et jeté dans lle gros intestin comme inutile et superflu.

Le rôle du foie. — Le foie reçoit les aliments de l'intestin par la veine porte et fabrique le sang et les humeurs. Le chyle est divisé en très petites par-

celles dans les conduits du foie et acquiert ainsi plus

facilement la forme de sang que s'il était enfermé dans une grande cavité telle que le cœur ou le ventricule.

Une partie du sang formé est utilisé par le foie pour sa propre nutrition, il laisse écouler le surplus dans la veine cave d'où il se répand dans toutes les veines du corps.

Pour Fernel, la formation du sang est analogue à la fermentation du vin, toujours sous l’action de la « chaleur naturelle » de l'organe. Il se forme en même temps des humeurs : la bile dont une partie va à l'intestin, l’humeur mélancholique qui va à la rate, la pituite au cerveau. Toutes ces humeurs sont engendrées ensemble par une seule et même chaleur.

La piluite est faite de la portion froide et crue du chyle; la bile de la portion chaude et subtile; le sang de la médiocre, et l'humeur mélancholique de la froide et de la terrestre,

La NUTRITION

Comment le sang est distribué : « Non pas, dit-il, qu'il coule par les veines ainsi que l’eau par les ruisseaux, de soi-même et de son mouvement, mais il est envoyé et poussé par ja vertu du foie et attiré par la vertu propre de la veine, qui le repoussent une fois nourries, tandis que celles qui n’en ont pas encore reçu l’attirent, incitées et provoquées par eur appétit naturel, et elles retiennent de sa substance ce qui est bon, familier et agréable. »

Les grosses veines perfectionnent le sang qu'elles

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contiennent en elles et la nutrition des tissus se fait par les petites veines comme le dit Aristote (1); leur aliment coule et se répand par des trous très petits et très étroits des veines et tombe sur la chair et les autres parties. La, le sang subit une nouvelle coction, ce qui fait trois successives : la première dans le ventricule, la deuxième dans le foie, la troisième propre à chacune des parties.

LE PouLs ET LA RESPIRATION

Notre chaleur a besoin d'un continuel rafraichissement, aliment et purgation, sinon elle devient languissante et s'éteint. Là est le rôle du pouls et de la respiration qui diffèrent en ce que la respiration procède de la faculté animale et le pouls de la faculté vitale.

L'air est attiré par l'inspiration et remplit le poumon; là il subit une première élaboration; il est attiré de Tà dans le ventricule gauche du cœur où arrive aussi la vapeur du sang qui s’est écoulé du ventricule droit et c’est là que se fait l'esprit vital. La vertu qui, prenant son origine dans le cœur est envoyée et coule par les tuniques des artères, les élève et les abaisse par même moyen et en même temps que le cœur ; quand elles s'élèvent et s'étendent, leurs orifices s'ouvrent, elles attirent de toutes parts l'air qui nous environne et la plus subtile portion du sang qui est

(1) ARISTOTE, De ia génération des animaux, chap, IV.

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roche, car les artères ont des anastomoses les unes avec la peau, les autres avec les intestins, les autres avec les veines, ce qui se voit en ce que la grande artère étant coupée, tout le sang se perd et se répand. Fernel est bien d'avis que les artères en même temps que l'esprit vital contiennent aussi du sang.

DE LA GÉNÉRATION (Livre VID),

La semence est attirée de la veine cave et reçoit dans le testicule son parfait changement de chaleur et de substance. Mais dans la semence propre à la génération, il y a deux choses, la nratière et la faculté ou vertu qu'elle reçoit de l’ensemble du corps.

Par les vaisseaux spérmatiques découle la matière, par les artères l'esprit vital, par les veines du foie lesprit naturel, par les nerfs du cerveau, de la taoelle, de l’'épine du dos, l'esprit animal.

La semence de la femme a quelque vertu similaire, mais beaucoup plus faible et plus débile, c’est ainsi que les môles sont des produits conçus par leur seule semence,

Le sexe provient de la température et de la miodération des agents et des principales qualités qui sont dedans les semences, car si la semence du père et de la mère excelle beaucoup en chaleur et en sécheresse, i! sera engendré un mâle; au contraire, si le froid et l'humide prédomine et surabonde, une femelle.

Et nous retrouvons nombre de préjugés qui ont longtemps survécu à Fernel. Si la femme grosse ne jouit point du tout de la chose qu'elle a fort désirée,

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