CONCLUSION
it Le passé s'oublie, le présent s'échappe et r avenir touche trop faiblement pour engager à des recherches pénibles dont le mérite paraît incertain. Les affaires, diton, ont changé de face; ce qui était bon alors, Jie vaut plus rien à présent; il faut vivre au jour le jour ; un bon esprit vaut mieux que toutes les vieilles maximes. » Ainsi concluait mélancoliquement, il y a deux siècles, l'avocat Pidansat de Mairobert, après avoir tiré des dépêches de Colbert un traité de Principes sur la Marine. Et son pessimisme avait tort.
Ces principes, loin d'être dès lors surannés, resteront d'une éternelle actualité, tant ils contiennent de vérités bonnes à redire : Pour une marine l'esprit de suite et l'art de
tirer de l'étranger d'utiles leçons, pour un ministre la nécessité d'un apprentissage, pour un chef le devoir de se faire un excitateur d'énergies, pour des officiers l'esprit d'offensive, à tous les degrés de la hiérarchie la responsabilité et la discipline, l'horreur des recommandations et des intrigues, point de paperasserie ni de « galimatias » administratif, voilà la doctrine colbertine.
Et quoi de plus moderne que ses institutions : les primes aux constructions navales, les écoles de canonnage, la frégateécole pour les futurs officiers, la caisse des Invalides alimentée par des retenues sur la solde, ou le service obUgatoire des inscrits avec livret militaire, en un temps où l'armée de terre était soumise aux aléas du recrutement. Nos arsenaux actuels datent de là : et la plupart d'entre eux portent la signature d'un homme de génie : Vauban.
A la marine, aux colonies, Colbert donne pour statuts deux chefs-d'œuvre