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tralisés jadis par ramirauté (1). » « Les nations les plus jalouses de notre gloire, déposant leurs préjugés, leurs haines même, l'adoptaient à l'envi comme un monument éternel de sagesse et d'intelligence (2). » Au moment le plus tragique des guerres napoléoniennes, l'Anglais Marshall oubUait toute rancune pour le glorifier. Le droit russe enfin s'y réfère comme à une autorité décisive (3) .
Du chef-d'œuvre, le ministre partageait la gloire avec de plus modestes artisans, avec Le Vayer de Boutigny, un des
(1; F. Maitrejean, la Flotte sous Colbert et l'Ordonnance maritime de 168 1. Bordeaux, 1868, in-8% p. 33.
(2) Valin, Nouveau commentaire sur l'Ordonnance de la marine. 1760, in-4**, t. I, p. 3. — Commentaire sur l'Ordonnance de la marine du mois d'août 1681, par R.-J. Valin, avec des notes par V. Bécane. Paris, 1841, 2 vol. in-8». — Pardessus, Collection de lois maritimes antérieures au XVIIJ* siècle. Paris, 1837, in-4», t. IV, p. 325.
(3) Pardessus, t. IV, p. 239.
défenseurs de Fouquet, Barillon de Morangis et Henri Lambert d'Herbigny, marquis de Tbibouvilie. Lambert d'Herbigny réunit pendant dix ans « les statuts, règlernens, ordonnances et arrêts dont les officiers de l'amirauté s'étaient servis jusqu'alors (1), » et, pour se documenter, lut « tous les traictez de marine et visita avec grand soin tous les papiers des greffes. " L'idée dont il devait se pénétrer, selon les instructions de Golbert (2), c'était de « délivrer tous ceux qui na-
(1) Commission du 8 janvier 1671 (Pardessus, t. IV, p. 243).
(2) Des 4 et 25 septembre 1671 (Depping, t. III, p. 588). — De leur côté, les lieutenants généraux de l'amirauté avaient ordre de » faire des extraits fidèles de tous les jugemens rendus depuis 1660 pour raison des contrats d'affrètement, connoissemens, obligations à la grosse aventure, polices d'assurances, avaries, jet, naufrages, » etc., en vue u d'un corps d'ordonnances de marine. » 13 avril 1679 {Lettres de Golbert, t. III, 2« p., p. 153).
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viguent et qui font commerce dans les ()orts du royaume, de toutes les vexations qu'ils peuvent souffrir par les juges, et de régler la jurisprudence de telle manière qu'ils puissent recevoir justice avec diligence et sans beaucoup de frais. »
Les rapports de Lambert d'Herbigny étaient examinés cbaque semaine par une commission de trois avocats, Gamont, Billain et Foucault, présidée par Barillon de Morangis (1). De ces enquêtes (2) et de ces délibérations sortit TOrdonnance de 1681.
Le préambule en indique parfaitement l'objet. C'est de « fixer la jurisprudence des contrats maritimes, régler la juris-
(1) P. Clément, Histoire de la vie et de l'administration de Golbert ^1846), p. 386, note 2,
';!) Nous avons un spécimen de ces travaux pn'paratoires dans un nis. de peu postérieur .1 U)7() . Conférence des ordonnances et loix de la marine" (chez M. Gougy, libraire).
prudence des officiers de ramirauté et les principaux devoirs des gens de mer, établir une bonne police dans les ports, côtes et rades » et réglementer la pêcbe. Même amputés du droit de nommer aux offices de guerre et de finances, les , pouvoirs de l'amiral restaient encore considérables, puisque la justice était rendue en son nom par des tribunaux d'amirauté dont totis les magistrats, avocats et sergents relevaient de lui. Interprètes, courtiers, maîtres d'hydrographie et consuls étaient sous sa dépendance.
Dixième des prises et des rançons, tout ou partie des amendes, tiers des épaves, droits d'ancrage, de tonnage et de balisage lui appartenaient. Constructions navales, frets, polices d'assurances, naufrages, congés, pêche, guet et garde des côtes, délits commis en mer étaient de son ressort. Et de tous ses justiciables, l'Ordonnance fixait le statut, de chaque