‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 105 sur 152 · Fourmis {—urushwa, urugorogoro · texte numérisé non relu

Fourmis {—urushwa, urugorogoro

Sel (= umunyu), — 20. Miel (— uwuki). V. tous ces mots. — Les Watwa mangent tout ce que mangent les Warundi. Pour eux, comme pour ces derniers, „manger c’est la vie” ! Ils mangent en plus : la viande de chèvre {= impené), de mouton {— intama) d’antilope et de gazelle (= ingeregere, inzohé), de perdrix (= inkivare, icyezi)^ de pintade (= inkanga, indoyï), de canard (— ikisaffu), etc. Ils ne mangent pas non plus de viande de poule. Toutes ces viandes sont rôties au feu, à la broche, enfilées à des bâtonnets fichés au sol à côté du feu.

Ombrelle.

Pour arbriter les petits enfants, portés sur le dos, contre les ardeurs du soleil (ou de la pluie), les mères Warundi ont une sorte d’om&reZZe, tressée de feuilles (branches) de palmier ou d’autres plantes. En marchant elles tiennent cette ombrelle primitive sur une épaule, de la sorte qu’elle abrite le petit être ficelé sur le dos. (V. Fig, no. 90).

Ordalie.

L’usage des ordalies est assez fréquent, surtout pour découvrir si un accusé est sorcier ou non. Une lance est rougie au feu kwots' ikküoho) et l’accusé est piqué au bras. S’il n’est pas brûlé, il est innocent areze; kivera) et il est innocenté, blanchi f— tocomtweseye^ wawamweshëye ; kumwokora: on l’a calomnié). Si le sang jaillit, s’il sent la brûlure (—arahlye^ ikiwobo kiramufashye), il est déclaré coupable. — Les Watwa frottent avec une lance rougie au feu, sur la paume de la main (—umuhe umuyogo). S’il sent la brûlure et se retire aussitôt, il sera coupable. La lance rougie au feu est d’abord poudrée avec une poudre magique — umukundamazo, ou umuvuba (arbre de ce nom).

Sur la main on met une autre poudre = umugo, uriizino. — Les Warundi emploient encore l’eau bouillante (= kwotsa mu 'mazi ashushye). L’inculpé y met la main. S’il est brûlé et qu’il se retire, il est reconnu coupable.*

Orientation.

Les Nègres en général, et les Warundi en particulier, savent fort bien s'orienter, sans boussole, et sans nos moyens à nous Placés au milieu d’une forêt et ayant perdu le sentier, ils se trompent rarement de direction pour en sortir ou pour aboutir, chance que n’aurait probablement pas le Blanc, dans la même situation. — Les Warundi, vu leur pays complètement déboisé, savent s’orienter toujours et avec une grande précision. — Ils n’ont pas de mots généri-

ques pour désigner nos points cardinaux:

nord, sud, est et ouest. Les désignations qu’ils emploient sont relatives, et varient selon la contrée qu’ils habitent. Ainsi, les Warundi du lac Tanganika désignent l’est par mugamba (Randgebirge) et les orientaux par nwanyaruguru = ceux habitant en haut des montagnes. Par les habitants du centre le sud est généralement désigné par le mot mosso, ku 'mosso et les méridionaux par : «wamosso ; — le nord par : iivüsîgâ, ku 'nkiko (9), et les septentrionaux par : awavvedzjurü = ceux qui descendent d’en haut; — V ouest pBX v uruguru, iimishi, uwututsi, uwutûrU, ikirengarügürü, uwurcngerô iv' izuba (— où descend le soleil), imbo (umugamha), les occidentaux: awanyaruzi (les hommes de la grande eau, lac); — Vest par le mot: ebfo, hebfo, inkiko, uwuteruko^ ou: uivuturtiko iF izuba (d’où sort le soleil), etc. — L’est-sud-est est désigné aussi par le mot: uwuturuko iv' izuba’, un point cardinal se dit = mit 'mbavvu.

Ornement.

Les Warundi, tant hommes que femmes, aiment à s’orner le corps, à porter des ornements, Ils y mettent souvent de la coquetterie. On peut même parler de la mode, car le choix, la préférence de certains de ces ornements varie selon l’époque. Les Watwa, étant trop pauvres, ont moins de ces ornements que les Warundi.

1^. Umuhare, umuharisho, mvugômôrà. C’est un petit ornement en cuivre jaune et rouge ou en fer, de forme conique, d’entonnoir ou de petite clochette, porté au cou (= kwambara mu 'sozi). Sa longueur varie de 2 c.M. à 6 ou 7 c.M. On en porte toujours plusieurs (5 à 10) au cou. S’ils sont très petits, il peut y en avoir de 30 à 40. Ce sont les forgerons, tant Warundi que Watwa, qui les font (= kûcyürà). C’est un ornement d’homme. Très peu de femmes en portent.

Dans ces imihare on serre souvent des poudres magiques, avec de petits grains rouges — uwurunga, de l’arbre: umurinzi. Il sert alors en même temps d’amulette. Du reste, la forme, toujours la même, paraît bien phallique. Fig, n<K 9i.

2®. Ikirezi, ou inono, ikinono, icyambarwa (= écaille de la bête: intimba)', le trou — umwenge, où passe la ficelle = kutüngirâ; l’extrémité inférieure = umunwa ; la partie intérieure rayée de la ,, concha” = biü' ikwezi. C’est un coquillage blanc, conique, assez large, coupé en deux et porté au cou. On Vimporle dans l’Urundi (du sud:

Wamosso, Wazaza) et il coûte assez cher (en échange d’un mouton). Il y a aussi des ivirezi ronds, en demi-cercle (coquiUage), ou des isenge, qui dans l’Unyamwezi sont le signe de l’autorité royale. Les Warundi tiennent beaucoup à leurs ivirezi. Ils ne s’en défont pas volontiers. Ils sont assez rares. Dans certaines contrées de l’intérieur du pays, les grands seuls les portent; Leg femmes (Watutsi surtout) en portent aussi

ORNEMENT

ORNEMENT

quelquefois. On affirme que Vikirezi est exclusivement ornement et qu’il n’a pas de sens religieux. Toutefois, il ressemble au jjhipingo'^ des Wanyamwezi qui a sûrement un caractère religieux. Il y est même le signe essentiel de paganisme (nécrolatrie) selon le P. Lombard, puisque les mânes (pénates) sont censés y résider. Le père en mourant, le transmet à son fils. Ces ,jlupingo^^ sont toujours triangulaires, limés exprès pour leur donner cette forme; comme les ivirezi ils figurent le „mons veneris^' ou le cteis. Cela revient toujours au même emblème ou blason infernal. Les Watwa portent peu d'ivirezi. Actuellement ce coquillage est importé de la côte orientale, mais il se pourrait qu’il venait anciennement du nord par la voie du Nil. Dans le musée du Louvre on remarque le même coquillage- ornement, trouvé dans les tombaux des anciens rois d’Egypte. Fig. no. 92.

3®. Inzogera, uruzogera, iyugi, uruvugisho, umudende. Ce sont de petites clochettes en fer, forgées par les Wavira, Warundi et Watwa. Les hommes aiment à les porter {= kwamhara) à la cheville des pieds pendant la danse. Dans l’Uzige on remarque de ces clochettes en cuivre, importées de la côte et portées en bandoulière. Fig. no. 89.

4®. IsengCj irikika. C’est une dent d’hippopotame (—invuhu) polie et aplatie, portée par les hommes au cou, de telle sorte que la pointe dépasse un peu sur l’épaule. Dans rUyogoma on voit aussi de ces isenge en cuivre, plats et larges, et très bien travaillés. Si cette dent se détache par hasard et tombe, c’est un signe de mauvais augure.

C’est donc plus qu’un pur ornement. Elle a du reste la forme d’une corne. Fig. no. 93.

5®. Les amulettes (— imiti) sont souvent ornées, et servent en même temps de moyen de coquetterie. Ainsi, les cornes (— amahembe) de certains chefs, awafumuy etc., sont souvent couvertes d’une fine peau noire, qu’on prendrait pour du marroquin, et qui est très artistement travaillée.

6®. Umunoni, intunda, umushiswa. C’est un bandage ou ceinture de femme, artistement tressé (= kudzjisha) d’herbe fine et dorée. Les femmes, de l’Uzige principalement, le portent au-dessus des seins comme ornement, et aussi pour y fixer l’habit et l’empêcher de tomber.

7®. Couronne = urugori, ingori, nrutamji, uru~ goreko. Elle est tressée d’épis de maïs et portée par les femmes Warundi et Watwa nouvellement accouchées, pour que l’enfant prospère ! = umwana akure. Lorsqu’elles sont en deuil, elles mettent autour de la tète deux bandes d’écorce de bananier. — Les filles portent souvent sur la tête une couronne (Stirnband) finement tressée, ronde, ou plate (= umuhiri, akadidunsuzo). Fig. nc. 98. — D’autres en ont une spécialement pour la danse, tressée de fibres de raphia, avec une longue queue, pendant sur le dos (—umu-

wanga). Fig. n<>. 138. — Dans TUnyamwezi les femmes Waswezi (Bacchantes) ont de belles couronnes ou diadèmes, ornés de pierres. Fig. n^. 136.

8®. Ceintures. Beaucoup d’hommes et toutes les femmes et filles portent des ceintures, ornées ou non. (V. „ Ceinture”). Celle des hommes dans l’Uzige, consistant en plusieurs tours de mince fil de fer, se nomme umutahe. Celles des femmes et des filles s’appellent: irumbi (y^ipote”), ingage (tressée), ivi~ pamba (double raie de perles), ivisango (ceint, garnie de perles), inshe i/’ awakobwa, umukanda y' inshe (ceint, retenant le tablier des filles), intebe (c. garnie de minuscules tabourets), indibu (c. garnie de fruits durcis de ce nom), etc. etc. Ces ceintures sont ornées souvent de perles rouges, blanches, etc. — Comme Vumuwanga ressemble à la , y taenia” ou ruban passé dans les cheveux chez les filles grecques, la ceinture avec le tablier ou Vuruyonga rappelle la zona des mêmes Grecques et Romaines. Elle existe déjà chez les anciens Egyptiens. Qu’elle fonctionne aussi chez les Warundi comme „ ceinture de Venus”, la réponse ordinaire donnée à la question: pourquoi la porte-t-on? = tushazze — pour être jolies, fascinantes, le prouve. Fig. wk 22, 23, 97.

9®. Perles. Elles sont l’ornement favori des hommes et surtout des femmes. Les petites perles rouges semsem {:=zuruna, laouna, urusaru, mvuhembe) sont portées, enfilées en chapelets, au cou. Dans l’intérieur les femmes seulement en portent. Celles des chefs en ont souvent 20 à 30 chapelets pendant sur la poitrine. Le long du Tanganika les hommes aussi portent des perles rouges. La perle nakkas oblongue (= inganga, inyonga, indâmbikâ, inyambarwawami) est très aimée aussi, et portée partout au cou. Elle est rare encore dans l’intérieur et passait pour l’ornement royal. Le long du lac elle est assez répandue. Les riches en portent 5 à 6 raies autour du cou. — Les perles blanches selani (— uwuzuru, urwambarwa, imisanya, ivamukogeragowe(Ÿ), utunyanza ^wera) sont très appréciées au lac par les femmes, qui en portent plusieurs colliers descendant sur la poitrine. Au centre on n’en veut pas. Les perles noires, roses, bleues, dorées, argentées, etc., ne sont pas acceptées. Toutefois, le long du lac on en accepte des grosses bleues, dont on fait des ceintures. (Femmes Wavira et Wabembe).

10®. Anneaux et Bracelets: a. Ikitembe, intembe, ikirinzi, ikisaiùnge (Fig. n^. 95)', sculpter un tel bracelet en bois = kuwaza, garnitures en fer, cVLYvre — umurunga, utuma, nyerere', ouverture pour passer le bras — izuru. Tous les Warundi (hommes) portent ce bracelet en bois au poignet gauche. Il sert à empêcher la corde de l’^rc de blesser le bras, en rebondissant (= kugombora). Il est de bois dur, luisant, bien poli, orné souvent de petites plaques de cuivre, ou de fer. Il est rond

OENEMENT

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