PARFUM
ordinairement. Les Wazige toutefois l’ont pointu^ en imitation des Wavira. Fig.
n‘K 05. — Les Watwa en portent aussi, mais moins soignés, jamais ornés. Au lieu d’intembe en bois, les gens riches d’Uzige en ont en cuivre massif (— umuringa)^ qui pèsent quelquefois plusieurs kilos et sont des chefsd’oeuvre des forgerons Wavira. Ils n’ont pas d’entaille {= izuru) pour passer le bras.
b. Ikidanga, ikiyombera. C’est un bracelet en gros fil de cuivre, en spirale, faisant plusieurs fois le tour du bras. Les femmes des gens aisés de l’Uzige en ont souvent aux deux bras. Fig. no. 99.
c. Umuringa. C’est un bracelet ou anneau en fil de cuivre jaune ou rouge, de différente grosseur (‘/^ a 1 c.M.). Fig. n". 96a.
d. Umurinda. Bracelet en fer ; carré — arjiatonde\ avec dessins = uwusaruro. Ces bracelets sont de la même grosseur que les précédents. Tout le monde, hommes, femmes enfants, en porte, souvent plusieurs à la fois. Fig. WK 96.
e. Indmga, ururinga, inyambarwa. Ce sont des anneaux minces, faits des poils de la queue d’une vache (=uwushenza w'* inka. urutahe), entourés de fils de cuivre jaune ou rouge, et portés au bras en guise de bracelets.
/*. Unninonij iminyonif tmiushiswa. Ce sont des anneaux tressés en paille dorée, que les filles (et quelques femmes) aiment à porter aux bras et aux jambes. Elles les tressent elles-mêmes. D’autres (— umuddgdrà), faits de jonc, sont portés par les petits enfants. Fig. no. 91. Les petits Watwa ont des anneaux en terre c,vdi& — utiiwumbiva, ou en corde tressée = amalzina.
g. Inyerëre z’ indinga^ z’ urukayamha, urusambo. Ce sont des anneaux minces comme les indinga, et faits de la même manière. On les porte aux jambes, au nombre de plusieurs centaines quelquefois.
11®. Les enfants Warundi, garçons et filles s’ornent souvent le cou avec de petits fruits qui de loin ressemblent à des perles. Noms:
ivUwetwe (= fruit blanc, ressemble aux:
amazura, recherchés par les filles) ; indïbi, ou indibu (fruit brun); ikiyambaha'j uwuyarutoke; kiriwuriwuj etc. — Les garçons portent au cou un morceau de bois arrondi (— iruru, ururu = arbre du même nom), attaché à une ficelle, de la sorte que Vuraru pend sur la poitrine.
Palmier.
Le palmier à huile (élaeis) n’existe pas dans l’intérieur de l’Urundi. Par contre dans l’üzige, et le long du lac Tanganika, on les compte par milliers. Tous les Warundi notables en possèdent un certain nombre, plus ou moins grand. Ils ne constituent pas un domaine réservé aux chefs. Les Watwa n’en ont pas. S’ils veulent faire de l’huile de palme, ils achètent les fruiti^mûrs chez les Warundi. On en plante rarement. Les noyaux, jetés ou tombés au hasard, poussent d’euxmêmes. La plupart de ces jeunes arbrissaux
sont arrachés à l’occasion. On en laisse quelques uns pour remplacer les vieux qui tombent ou qui sont épuisés. (V. „ffMiïe”).
Panier.
Les Warundi se servent d’un grand nombre de paniers et de couffins. Il y en a de toute grandeur et de toute forme. Quelques uns sont grands, comme le umutemere, umwiba^ etc.; d’autres petits, p. e. les inkoko, etc. L’imbungo est fait de bambous, est assez élevé et plat en bas. h^kikeka est rond en haut et carré en bas. Jjikiuumvu est une espèce de van. — A peu près tous les paniers sont ronds, ainsi que leur couvercle, qui est égal à la partie inférieure (fond) et s’ajuste précisément sous les rebords en poussant légèrement. (Fig. na.5^, 55, 55a). Ils servent pour conserver et transporter des effets, et pour servir les mets, en guise de plats. Dans ce dernier cas, on met au fond une feuille fraîche de bananier, pour ne pas le salir, et pour que les rats ne mangent pas le panier, engraissé qu’il devient, sans cette précaution. — Ce sont presque exclusivement les femmes qui tressent les paniers. Elles emploient pour ce travail une aiguille en fer. (Fig. no. 58). Les herbes ou pailles employées principalement sont les : imirara, urwafu, ingori, etc. On se sert aussi de lamettes de papyrus, de bambous, de palmier, de „raphia”, etc. — Les Watwa n’ont pas, ou peu de paniers tressés. S’ils en ont, c’est qu’ils les achètent chez les Warundi. Ils préfèrent se servir de leur poterie, là où les Warundi emploient ces paniers, pour conserver leurs effets, etc. (V. j^MeublF) ^^Tressage’^).
Parfum.
Tous les Warundi (Watutsi, Wahutu, Watwa) aiment à s’oindre le corps de matières odoriférantes, parfumées, et d’en enduire même leurs habits. C’est le beurre et V huile de palme qui sont généralement employés pour ces onctions. On y mêle (= kutakka 'mafuta) une ou plusieurs des matières odoriférantes (= imimôsi) suivantes: imbazi, ou imbawageni (feuilles d’un arbuste de ce nom), umuwavu, ivikku (arbuste), intake, akoba, urucyenane, urutoke, urugoro, icyôterô (ce dernier se joint au umuwavu), etc. Ces matières (feuilles, racines ou écorces) sont réduites en poudre, puis mêlées au beurre, à l’huile ou à la graisse. Le umuivavu, au quel on joint le icyôtéro, est brûlé sur le feu (— kuturïrâ) pour emprégner les habits de la fumée de ces snhstsinGes (~ ktvos^ impuzu), et les parfumer ainsi. — Le beurre seul, sans parfums, est souvent employé. Les riches, hommes ou femmes, ne manquent pas de s’oindre ainsi chaque matin tout le corps de la tête aux pieds. D’autres sont déjà contents, s’ils peuvent s’oindre au moins la tête et le buste. Quelquefois on met au beurre une matière coloriante, de la poudre d’une pierre rouge ( — akahama). Alors, après l’onction, l’individu paraît tout rouge. Plus l’onction est abondante, mieux cela vaut..
FAEflTM
m pastoeal (métïbb)
Il faut que 1© beurre ruisselle le lông des meuoibres. Les Watwa s© fretteut d’huile de palmé* Le» Wairuudi ne s’em servent qu’à défaut de beurre^ et eneore rarement. Quoi* que eette eoutume d© s’oindre ainsi, nous paraisse nauséabonde,^ et que ees fats, oints et parfumés de la s^a^te^ répandent une odeur insupportable, il est sûr néanmoins, que ces onctions assouplissent les membres^ conser* vent à la peau sa mollesse, et surto-ut qu’elles protègent le corps (la tête en particulier) avaiïtageusenaent contre les ardeurs du soleil tropical. — Pour le vulgaire cet Usage n’est qu’une affaire de mode, de luxe, d’hygiène, miais il est certain* qu’il s’agit ici, au fond, d’une pratique religieuse. Tous les anciens ’ peuples avaient des onctions rituelles. Il est superftu de rappeler ici des exemples bibliques (Patriarches). Il s’agit d’un figuratisme purificateur, régénérateur, fortifiant, d’un bain mystique, dégénéré comme tant de choses, provenant du fond inépuisable de la tradition, ou plutôt de la révélation primitive. — Quoique tous les Warundi (tout les Isègres) aiment ces onctions, ce sons pourtant les Watutsi qui les emploient davantage. Ij© F. M. de Salviac {Galla, p. 160—161) a observé la même pratique chez les Oromo- Galla-Gaulois, race qui est sûrement apparentée à celle de nos Watutsi. Le grande prêtre (Abba-Mouda) de ce peuple se nomme précisément père de Vonction^^ et la cérémonie essentielle de la visite annuellà ce haut dignitaire consiste dans une onction au beurre aromatisé. Les awafumu de rUrundi pratiquent également ces onctions rituelles. Elles sont encore en usage pour e ^sacre” d’un roi. La veuve oint la tête de son mari défunt. La mère oint la tête de son enfant nouveau-né, etc. Il n’est donc pas douteux que ces onctions ont eu, à l’origine et au fond, une cause religieuse, de même que certaines ablutions rituelles, par exemple api’ès un deuil, la lotion matinale avec le ^utuzi tw' Imana” (=: l’eau d’imana), etc.
Pastoral (Métier^.
Si les Warundi proprement dits, les Wabtttu, sont agriculteurs et les Watwa chasseurs et industriels, les Watutsi sont pasteurs. Le métier pastoral a toutes leurs préférences. Ils ne pensent, ne rêvent que boeufs et vatcbesl Ils y tiennent bien plus qu’à leurs femmes, ou à leurs enfants. On peut dire, qu’ils ont un vrai religieux pour la race bovine.
Ces bêtes sont des êtres quasi divins pour eux. Ainsi, le roi Mwezi~Kisabo possède un troupeau de vaches, dont une moitié est blanche, et l’autre moitié noire entièrement sans une seule tache (marque du „bo8 Apis'% zoolatrie d’Egypte). Ce troupeau est religieusement gardé dans un des f,ingo'' {— kraals), ou plutôt près d’un des bosquets sacrés = sépulcre» des anciens rois de TUrundi, transformés en demi- dieux.. Én 180S ce troupeau s© trouvait à Musangana, Ces vaches portent le nom
de : ingabe^ ingorore^ imitoni y' umwami — épouses favorites du roi I (efr. bouc de Mendès, les mystères de Bubastis, etc.). Lorsque la peau du tambour sacré du roi (palladium • du royaume) est usée ou déchirée (signe de mauvais augure), on tue une de ces vaches sacrées et sa peau sert à réparer le tambour (— kukann’ ingorna). Certains boeufs ou vaches sont chansonnés et deviennent historiques.
Voici la légende d’une semblable vache merveilleuse, appartenant au chef Kiyogoma d’Uzige.
Karenzo Karogori^
Belle petite Karogori (son nom),
irenza (de : kurenza = surpasser) wakaherere. elle aura le dessus lorsqu’on
voudrait lui jeter un sort.
Ikikamwa ni kera^ rC izüru
Elle se fait traire le soir, et son nez rihuha ifuro. Indende
jette de l’écume blanche. (Vache) grasse yo Mudengera, y' ihôrôrôj ey ^amaivondo.
de Mudengera, blanche, au gros ventre.
(pays).
Inyange yo Kwirambo
(Comme) l’ibis de Kwirambo
inyagirwa (= kunyagirwa) ntitunde {— ku~
tunda = être blanc), mouillée par la pluie elle ce cessa pas
d’être brillante.
Un poète Murundi composa cette poésie, assez énigmatique, à la mort de la vache Karogori. — Tous les boeufs et toutes les vaches ont, du reste, un nom propre, p. e.
celui d’un ancien roi de l’Urundi : Mwambusa, Ntare, Mudaga, etc.
Avant la terrible épizootie de 1890 — 1892 les Warundi avaient beaucoup de boeufs.
Les simples Wahutu en possédaient, et même les W atwa, paraît-il, qui n’en ont plus du tout. Le roi en a encore un nombre considérable, éparpillés dans ses différents „ kraals”. Les grands chefs (— awaganwa) et les sous-chefs (— awatware) ont des troupeaux plus ou moins considérables. Les simples particuliers en possèdent un, deux ou trois> quelquefois. En général les Watutsi (particu- Mers) en ont davantage. Une grande partie du bétail paraît être „Stammguf\ ou plutôt bien indivise de famille. — La race bovine de rUrundi est très belle. Cette race („Sanga” „ Wahima-Rind’^ se distingue par ses cornes immenses, dépassant souvent un mètre de longueur. Elle est noble, svelte, mais délicate Le bos Zebu („Buckelrind”) n’est pas représenté. Il est bien évident que les Watutsi ont importé cette race, lors de leur immigration, du nord-est (Galla-Lânder, Abyssinie, Egypte ou même l’Asie !) Sur les : anciens monuments d’Egypte on remarque le même animal aux longues cornes. — Poux bien faire pousser les cornes on enlève chez les jeunes veaux ou génisses les écailles des cornes (— irvyanna, imbwyou), avec les dents! Puis, on les froite avec du beurre (— kusîga
PASTOEAL (METIEE) 98 PATATE
mahembe akomere), pourqu’elles durcissent et grandissent. — Les boeufs et les vaches portent plusieurs noms d’après leur âge, leur couleur, leur provenance, etc. (V. „Boeuf). — La castration (= kushâhürâj n’est pas en usage. S’ils sont nombreux, on les garde à part. — Si une vache ne laisse pas sucer le veau (~inka irenze), on frotte le pis avecun„dawa”, nommé umworekêro (= kworekëra). On en fait boire aussi à la vache. Le veau est frotté encore de la même substance. Ce „dawa” contient du sel. La vache, qui en est friande, commence alors à lécher (— kurigata) sa progéniture, se laisse téter et „aime son enfant”, disent les Warundi, „ encore plus qu’un autre”. — Beaucoup de croyances superstitieuses sont mêlées à ce culte des vaches. Ainsi, celui qui a une plaie à la jambe ou ailleurs, et qui verrait une vache vêler, peut être sûr que sa plaie s’agrandira démesurément (= kurenga ikikomere). — On se garde bien de chauffer le lait, ou de le bouillir.
Si l’on le faisait, la vache, d’où provient ce lait, recevrait des plaies au pis, qui se fendrait (= kugatagurika^ atagurika), si même elle ne le perdrait complètement ! /cwcÿ a,
kucylha amawërej. — Il est défendu encore (=n' umuziro) de manger des arachides, ou de petits pois, et de boire ce jour-là du lait. Si l’on le faisait, la vache — in casu — aurait des abcès au pis. — Si une vache retient son lait, on la frotte avec la poudre umivorekëro (= kworekëra inka), et on lui en fait boire (= kunywesha). Le veau est également frotté avec cette poudre. — Pour sevrer les veaux ( = kticyutsa inyanna ) et les empêcher de sucer encore, on enduit les tétons du pis (=z ktihomera ’mawere) avec de la bouse (:= amasëj ou: amatawiso)^ etc. — Ce sont les hommes seulement et non pas les femmes, qui doivent traire les vaches (~ kukamma).
On se sert pour cela d’un vase en bois blanc ( = icyanzi, ikikamisho ), garni d’un couvercle (=umutemere iv’ icyanzij. Ce vase est caractéristique, est le même chez tous les Watutsi et Wahuma (Oromo et Galla ?), et a la forme non équivoque des genitalia d’un taureau, comme si cet emblème était inséparable de leur culte et de leur plus banales habitudes ou occupations! (Fig. 15, i6). Tandisque les autres vases sont toujours en terre cuite, celui-ci est toujours en bois, de l’arbre umuviro, sculpté (~ kuwaza) par les Watwa. On l’entretient avec soin, et on le frotte souvent avec une des herbes nommées: ishinge,umuseno (= kwoz’ icyanzi). On le lave avec de l’urine de vache (= kioogesK aynaganga).
Selon le Dr. Stuhlmann, les W atutsi se servent, pour nettoyer Vicyanzi, de l’urine humaine, et même d’une autre chose plus dégoûtante encore et innommable, et la mêlent au lait. Le fait paraît certain. Du reste, le lait qui a passé par les mains des Watutsi, a toujours une odeur „swi generis'\ — On trait deux fois par jour, à midi et le soir. Si la vache bouge trop, on lie les pieds de der-
rière ensemble avec des cordes (= kudzjisha). Avant de traire, on amène le veau, et on le laisse sucer un peu. On le laisse sucer le restant, lorsqu’on a fini de traire. — Les vaches qui ne vivent que de la maigre herbe des montagnes, donnent peu de lait. Deux à trois litres le midi et le soir pour une bête qui vient de vêler, est un rendement considérable. On boit le lait frais ou caillé. La grande partie est conservée pour en faire du beurre (— amavuta), servant à oindre le corps et les habits. On le verse dans un pot en terre cuite ( = inkonOj ikisüko^ Fig. i 7). Il y reste quatre à cinq jours, jusqu’à ce qu’il soit caillé (—urubu). Alors on le verse dans une grande calebasse (= ikisabo, ikitererwaj Fig. no. i4), servant de batte. (V. „Beurre'\) ■ — Les Warundi sont tous très friands de la viande de boeufs. Ils la mangent cuite, crue, palpitante encore. Tout y passe, les boyaux, etc. Ils sont encore plus friands du sang de boeuf (= ikiremve). Pour en avoir ils périodiquement (3 mois) les taureaux kurassa inka). Voici comment ils procèdent.
D’abord la fièche (— irago) qui sert à cette opération, est fabriquée d’une façon toute spéciale (Fig. WK iOO). La pointe consiste en une lame courte et large a. qui est entourée d’étoupe ou de ficelles kutûtirà irago n' imisürüsüru, b.) y en ne laissant’ à découvert qu’un petit bout pour que la lame (—umunwa w' irago) ne pénètre pas trop dans l’artère du cou. Lorsque tout est préparé, plusieurs hommes saisissent le taureau par les cornes (= kusëgürà inka)y et un autre lui tire, à bout portant presque, avec son arc cette flèche iragOj ou irirastua, dans le cou. Avant de tirer, on a soin de lier fortement une corde autour du cou (= kuteza mw' inzozi), pour que le sang jaillisse fortement. On retire la flèche (= kukura) et on récueille (— kutega, ou: kureza ikiremve) le sang dans un petit pot (= ipeyo, uruho), contenant deux à quatre litres. Une partie de ce sang (—ikiremve) est bu avidement (= kunywa) et tout chaud. La plus grande partie est bouillie sur le ien(=kutek' ikiremve) jusqu’à sa solidification complète (— kûvürày wivuze). On le mange avec du sel et des haricots. — Il faut en convenir, que les Warundi (Watutsi) s’entendent au métier pastoral, à l’élévage du bétail- Ils soignent très bien leurs bêtes, et ont beaucoup de connaissances pratiques et traditionelles qui s’y rapportent. Ils font certaines opérations nécessaires, et traitent les maladies de leur bétail. — Quoique les boeufs jouent le plus grand rôle dans leur métier pastoral, ils ont aussi des chèvres y des moutons, des chiens, des poules et des abeilles (V. ces mots). Patate.
Ou n’en cultive que peu, de préférence dans les bas fonds des vallées. On les mange cuites dans l’eau (— kuteka)y ou (rarement), grillées sous les cendres kwotsa mu ^mu^riro ).