‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 129 sur 152 · WA T WA · texte numérisé non relu

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médiévales concernant les pygmées. Ainsi, une révue flamande relevait en 1895 la tradition assez originale, que les premiers habitants connus des Pays-Bas était une race de Nègî^es-pygmétdes (ou Fenlanders) „petits, „mais robustes, habiles et bons nageurs”. Ils vivaient de la chasse et de la pêche. — Ad. de Brême (XI^ siècle), en parlant de cette race (ou de ses descendants?), assure ,, qu’ils avaient de grosses têtes, des visages „aplaties, des nez aplatis et une large bouche”! Ils vivaient dans des souterrains (?) comme des Troglodytes. — Dans le nord de l’Ecosse il y avait en 1443 encore une semblable tradition. — L’évêque d’Orkney (IXe siècle), dans son livre: De Orcadibufi insulis, écrit: y^Istas insulas priniitus Peti et Pape (Pietés et „prêtres celtes?) inhabilahant. Horum alteri, jjScilicet Peti, pa)'^o superantes Pygmaeos staturâ, y^in structuris urbium (Brochs = bourgs) vesjyperè et mane mira opérantes, meridie verô jyCunctis viribus prorsus destituti, in subterraneis jjdomunculis pre timoré la tuer unt P Ces maisons souterraines se voient encore aux îles d’Orkney. A cette époque (IXe siècle), pendant l’invasion de Harold Haarfagrs, les îles Orkney furent conquises. Cette race, dont il est question ici, avait une stature de + l''^'.524. — La „Folklore” écossaise est pleine d’allusions à des races pygmées. Ainsi Campbell {The Fians, London, i89i, p. ^89 — 240) dit: „I1 y „a sur les hauts plateaux beaucoup de récits „ traditionnels de beaucoup d’intérêt, où il „est fait mention de petits hommes à stature „ pygmée, qui sont d’excellents archers, et qui „par leur dextérité dans l’usage de l’arc „tuent des hommes bien plus grands et plus „robustes”. Ils s’appellent en gaél. : Lapanach (Lappois?) — Selon Nilson, dans son ouvrage sur les habitants primitifs de la Scandinavie, les nains, les trolls, les gnomes et les pygmées des montagnes des anciennes légendes étaient simplement des Lappons et les ancêtres des Lappons actuels. — Paolo Giovio (1483 — 1552) raconte qu’au nord de Laponie (entre Varanger-Fjord et Tromsoë) il y avait de vrais pygmées, grands comme un petit gamin italien de dix ans! Il est vrai que Giovio (Gove ou Govius), suspect même à Bayle, mérite peu de croyance, mais Isaac Vossius (1618 — 1689) patronne cette opinion de Giovio. Il est avéré en tout cas, que les Lappons habitaient alors beaucoup plus vers le sud, et qu’ils occupaient les trois-quarts du territoire Scandinave. — La „Folklore” germanique est pleine de récits sur des pygmées („Berggeisten” de Grimm, Silésie:

Sathays des Wallons; V. Niebelunger). On paraît les confondre avec les Huns. Selon Jornandès (ou Jordanès), Goth d’origine et évêque de Eavenne vers 552, Attila était un pygmée. Le portrait qu’il burine de ce fléau de Dieu mérite d’être cité: „Forma y^brevis, lato pectore, capite yrandiori, minutis yyoculis, rarus barba, canis aspersus, simo naso, jyteter colore, originis snae signa restituens.*^ Il

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faut avouer, qu’un anthropoloque du XX« siècle en plusieurs pages ne ferait pas un portrait plus vrai d’un type, que cet évêque du VI« siècle, en quelques traits de plume.

Ce tableau ressemble assez à celui que Ad.

de Brême trace des Fenlanders des Pays- Bas. Les Huns en général étaient-ils petits ou même des pygmées? Le fait est, que tous les anciens auteurs les décrivent comme de petite stature. Est-ce du hasard ou non, que précisément à Châlons-sur-Marne, — • où fut livrée en 451 la fameuse bataille dans laquelle le général romain Aétius défit Attila après une lutte gigantesque, en lui tuant 600,000 hommes, dit-on, — on ait trouvé des ossements (pré-historiques!) de pygmées?

Quant au présent on trouve encore les épaves de ce petit peuple, qui disparaît de plus en plus, dans tous les continents. On peut les classer en deux groupements assez considérables et assez distincts, en laissant de côté, pour le moment, ceux qui se trouvent au dehors de cet aire, p. e. ceux de Sicile (Sergi), de la Russie et de l’Amérique. Ces deux groupements sont les occidentaux ou africains et qu’on est convenu de nommer Négrilles (petits Nègres), et les orientaux ou asiatiques et qu’on nomme Négritos. Ces pygmées orientaux se sous-divisent en continentaux (qui vivent sur le continent même de l’Asie), et pélagiques ou océanéens (qui habitent les îles de l’océan). — On a vu, que les anciens ont positivement connu les Négritles de l’Afrique, et que notre gloire de les avoir retrouvés est fort médiocre. On les trouve éparpillés un peu sur toute la surface de l’Afrique, depuis la Sénégambie jusqu’à Mombasa, et depuis le Soudan égyptien jusqu’au Cap de Bonne-Espérance. On croit qu’ils ont formé, dans un passé très lointain, un peuple homogène couvrant toute la terre et notamment l’Afrique. C’est fort problématique. Mais il est certain à peu près, qu’ils ont été beaucoup plus nombreux autrefois.

Dans un très intéressant article (V. Globus, t. LXXXII, n<^, i6, f902)M.leProf. Dr. Weule de Leipzig, en englobant tous les pygmées, peint d’une manière pittoresque cet état de choses. „Tous ces individus ont quelque chose „de commun et se présentent partout sur la „terre comme une couche ethnique uniforme.

„Ici elle se montre sans voiles; là elle est „subjuguée, presque étouffée: ailleurs elle est „ comme balayée par les flots d’autres races, „ou absorbée ; ailleurs encore elle est chassée, „ anéantie. Ce sont là les misérables épaves „ d’une race ancienne qui s’étendait depuis ,,1’Atlantique jusqu’au Grand Océan; les „ sommets d’anciens monts-témoins (Zeugen- „berge) qui surnagent à la surface d’une mer „où se meuvent des frères plus jeunes” (i. e. plus récemment arrivés, ou plus hardis et victorieux pour le moment) „p. e. les Bantu, „les Aryens, les Malais.” — Dans les ouvrages des Portugais, depuis la fin du X Ve siècle jus-

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qu’au XVII^, on mentionne souvent des nains (à l’ouest et à l’est, et meme à l’intérieur), comme de leur côté les Missionnaires (Jésuites, et autres) de l’Abyssinie et des Gallalânder (XVIe — XVIIe siècle). Le Voyage hist. tV Abyssinie par le P. Lobo (la Haye, 1728), reste toujours très intéressant à ce sujet. — Commençons par ce point de l’Afrique une petite revue des différents groupes de pygmées éparpillés sur le continent, puisque c’est sûrement par ce côté (et, selon Reville, par la vallée du Nil ?) qu’ils sont venus de l’Asie pour se répandre dans l’Afrique. Job Ludolphe (1624 — 1704) dans son Histor. Aethiop, parle d’une race dont les hommes sont des chiens (!) et les femmes des humaines. Ce sont les pygmées de Pomponius Mêla, et peutêtre les Wa-heri-kimo trouvés au royaume de Géra par le P. Léon des Avanchers (connus à Mombasa sous le nom de Wamhili-kimo), les Cèngallès (i. e. San-Galla), les Dokos du Schoa et de Kaffa, les Dume des Borana-Galla, les Tamta de d’Abbadie et du P. Martial de Salvi^c, etc. Leur présence dans ces contrées, entre le Kénia et Djibouti et entre Mombasa et Fachoda, est absolument sûre, quoique des données très précises manquent encore. — De l’Abyssinie nous sautons d’un bond jusque dans .... l’Atlas du nord-ouest de l’Afrique. L’avenir dira s’il n’y a pas, dans ces immensités peu connues encore, des épaves de la race vue par les Nasamons d’Hérodote et bien connue des Egyptiens il y a 4000 ans! Selon Haliburton il y a des pygmées nommés Akka dans l’Atlas au sud du Dra (Maroc du sud) (cfr. Dr. Croze: Les races humaines pygmées dans: Revue des Revues, 1896). — En descendant vers le sud dans le Soudan occidental et au sud du boucle du Niger, Mollien (1818) mentionne les Tenda~Maié entre Sierra-Léone et Fouta-Dyalon (Put, Phuth M. de Escayrac de Lanture (1855) mentionne les Mala Gilagé (velus) au sud-est de Baghirmi, et R. Koelle les Kenkols et Bé-tsanes au lac Riba (Shari). Le nom de ces derniers ressemble à celui des Sân de l’Orange et des Wasanye {Cing allés = Sân Galla) des Waswahili. Selon Mollien et d’autres tous ces pygmées des bassins du Niger, du Rio-Grande et du Golfe de Guinée sont proches parents de ceux d’Herodote, avec lesquels les Nasamons ont été en relation. Faut-il y ajouter aussi les Akka de l’Atlas? — En descendant toujours vers le sud, on peut mentionner plusieurs fractions de pygmées, connus chez les différents peuples sous différents noms:

Akôa au Gabon chez les Mpongwe; Bé-kü ou Bekwi chez les Fans (Pahouins); Bakuya ou Ba-wéya chez les Kombés; Bé~gyel chez les Mékuks; Ba-kula chez les Bakele; ^Benyo chez les Shékés. — Le Globus (t. LXXXIII, iOOS, p. 284 — 285) parle de pygmées découverts au Camerun allemand, au sud du fleuve Sanaga, le long de la côte. Là vivent, cachés dans le „Urwald”, sur les districts Yabi,

Dogotomen, Ndogenbessol, Bassa et Solby occupés par les Bakoko (kir. : ikikoko = bête !), des hommes courts (1"^.50) nommés Boko.

On les caractérise comme un peuple dégénéré, timide, réservé. — En 1625 Battel découvrit au Loango les Matimbas (lisez : Marimbas de Mayombe). Ces derniers sont les Yaga ou Ba-yaga (? les Huns de Zimbo, sorte d’Attila africain) du voyageur hollandais Dapper (C/‘r. Nouv. Géogr., Amsterdam, 1660, 1688). Il faut y ajouter les Wabongo (i. e. grosse tête) de rOgowe (que Dr. Falkenstein nomme les Baponko!), et les Wa-jongo (non point:

Achonga de Chaillu), sur les bords de la rivière des Nkomis près du lac Fernan- Vaz. — Le même Dapper mentionne encore comme pygmées les Mimos ou Bakke-Bakke ou Baka-Baka. Ce sont probablement les Bateke actuels. Sur une carte de 1708, publiée à Paris et citée par Mgr. le Roy, on trouve exactement à l’endroit où Stanley retrouvait ses Wat’wa-pygmées (grande forêt de l’Ahruwimi) cette mention: „Forêtshabi- „tées par les Bakke-Bakke qui sont vassaux „du grand Macoco {Wagogo !)^ et que l’on pré- „tend être une nation de xiains'\ Mukaka est le nom d’un ancien roi de TUshirombo. Ailleurs c’est le nom générique pour désigner le roi. Cosmas Indopleustes (547) parle des Wakwak (Watwa-pygmées) des contrées à l’ouest de Sofala (Ophir = 2(uq)iQ des Septante), nommés aussi Pa-rua-im (= Ba-roa /) En égyptien baka signifie héron, comme tu {atua = divinités) en polynésien. Puisqu’il s’agit de Chamites très adonnés à la zoolâtrie (totémisme), ce nom de Wa-atua (— hommeshérons ou grues) donnerait raison des grues des anciens, mises par eux constamment en rapport avec les pygmées, et si fréquemment représentées sur les objets d’art des Romains. En plus, Xa, Kha, Ku (Ko), Khu ou Hu signifie : Esprit, Nègre (?) {V. infra ubi de Wahutu, Watutsi). — Au sud, et un peu au nord de la rivière Cunéné, il faut mentionner, comme tribus pygmées, les Ova~kwisu (noirs), les Ovakankala, les Ova-sékélé (jaunâtres) ou Ovakivéné. Leur nom générique serait Ova-twa, Ces Ova-sékélé sont les Makasseguere (ou Bakaségéré f) de Serpa Pinto, retrouvés et signalés par le P. Antunés chez les Ambwella entre le Kassaï et le Zambèze (haut. l'»i.20 à l'f‘.50) — Près du lac Ngami il y a les Mkaba de Farini (fraction de Sân?) — ^ Enfin dans le sud-ouest de l’Afrique il y a les Hottentots et les „Bosjesmans” Quant aux premiers (les Khoi-Kho'i comme ils s’appellent eux-mêmes) il reste toujours très difficile de les classer ethnographiquement. On a voulu les rattacher aux Libyens (Berbères) et aux Egyptiens du nord de l’Afrique, voire même aux Juifs- Sémites, ou aux Chamites de l’Inde en tout cas. Rien n’est sûr à ce sujet. Leur nom Khoï-Khoï ressemble assez aux fameux Ko, Ku ou Khu de l’Égypte; ce terme, selon M. Chabas, désigne des Nègres, des misérables, des parias, bref des pygmées.

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Selon d’autres, le nom Khoï-Khoï serait synonyme avec le terme : hantUj abantu, aivantu = hommes en général. Quant aux San (le nom de „Bosjesmans” = hommes des boié est un sobriquet qui leur a été donné par les Boërs) on doit réellement les classer parmi les pygmées, quoique une foule de détails (couleur, etc.) les distingue assez nettement des Négrillesi. e. des petits Nègres. C’est, en somme, un peuple „ inexpliqué” encore. On les appelle aussi (c.-à-d. les Nègres environnants) des Watwa, mais ils ne se nomment pas ainsi eux-mêmes! Malgré cela leur nom (San) resemble d’une manière frappante à celui des Sanyé de Tana et à celui des Bé-shdn du Shari, qui sont réellement des Négrilles. Ce qui complique le problème, c’est que la langue des Sân est proche parente avec celle des Hottentots selon M. Schills. (On voit la même chose dans rUrundi). Ces Sân se disent venus du nord, et en effet on a signalé leurs contribunaux jusqu’au sud du Tanganika. Johnston en a vu au nord du Nyassa. Il est établi aussi, qu’ils ont occupé autrefois toute l’Afrique du Sud. Les noms d’une foule de rivières et de montagnes gardent encore des réminiscences de leur langue (la terminaison quüy p. e. : Kora~qua, iVawiagwct, etc.). Hans quelle di vison de Chamites faut-il les classer .... that is the question. — Les Be-chuana actuels sont des Nègres-Bantu, mais il est curieux que ce nom recèle un élément pygmée.

Dans ce nom il y a simplement un chu ou ku (ko J khuj khdij koan = homme) intercalé. Il reste ainsi Ba~ana = enfants, descendants, homuncuïi. C’est un des noms que les Warundi donnent aux Watwa (A-wana).

Le nom Akowa, ou Ba-kâ-a qui est un autre nom pour désigner les pygmées, a subi une semblable intercalation (ko, ku). Les Ch'svanas eux-mêmes nomment les Sân: Baroa, nom qui est bien identique à Ba-tua, Ba~twa. — Dans l’Afrique sud-orientale il n’y a pas de pygmées signalés. Mentionnons simplement les Mkodos de Madagascar. — En remontant vers le nord à la hauteur de Zanzibar, les pygmées y sont bien connus auprès des indigènes, notamment les Sw'ahili. Ces derniers les nomment: Watwa ou Wasanyé\ les indigènes (e. a. les Pakomo) du Bas-Tana: Waboni] ceux du Haut-Tana: Manyolé\ les Wanyika les appellent : Walangulu et les Somali de leur côté: Wadahalo. Ce sont là autant de sobriquets. — En 1848 déjà, Krapf a signalé les Wambilikimo dans l’Useri à l’est du Kilimanzjaro. Mgr. le Roy, de son côté, a trouvé des pygmées (Bonis, nom génér.) au cours inférieur du Sabaki, à Lamu et aux environs, au sud du pays des Somali, au fleuve Ozi et dans le bassin du Tana (Pokomo), à Mombassa, à Melindi, etc.

(Cfr. Missions Cath. iS97,p. 40, 4i). — Dans la région occupée par les Chamites Massai E. Reclus (N. Géogr. Univ. t. XIII, p. 700) place à l’ouest du Kilimanzjaro les Oua-

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Silikimo! C’est un nom erronné pour les Wa-mbilikimo du P. Léon des A vanchers, c.-à-d. les Wasanye. Il parle encore des Ala, placés par lui entre l’üsambara et le Paré, et qui figurent sur une carte de Ravenstein. Il n’y a pas de pygmées de ce nom (à moins qu’on ait voulu dire: Akka), mais il y a, selon Mgr. le Roy, à la base des montagnes de Paré et partout dans le pays massaï, les Wandarobbo (à remarquer l’élément nda), qui sont à classer positivement parmi les pygmées. Voici le portrait qu’en fait Mgr.

le Roy: „Le type est différent (des Bantu, „et Massaï), la taille élancée, les membres „secs, la tête allongée et régulière. Ils sont „ noirs et crépus, se peignent la figure de „rouge, se frottent de graisse et s’habillent „de peaux:, ce sont les ilotes des Massaï „dont ils parlent la langue, comme les Bonis „le sont des Galla (les Watwa des Warundi).

„Leurs maîtres ne leur permettent pas l’éle- „vage des troupeaux, non plus que le port ,,de la lance. Armés de longs arcs et de „fièches empoisonnées, ils vivent de chasse, „et c’est à eux principalement qu’on doit „ l’ivoire du pays massaï. Dispersés en petits ^groupes dans cette partie méridionale, on „les trouve plus nombreux et plus puissants „vers le nord, sur l’escarpement du Moou, „ au-delà du lac Daringo et vers la base du „Kenia. Ils habitent par villages d’une ving- „taine de huttes en paille, petites, miséra- „bles, jetées sans ordre au milieu des rochers „et entourées d’une faible enceinte de troncs „d’ arbres”. Selon Keane (Man of Past, p. i2i) les Wasandawi seraient peut-être à ranger, parmi les groupes Hottentots-Bosjesmans.

Selon le Dr. Neumann ils ne seraient pas des Bantu, et parlent une langue toute différente. — Dans le reste du territoire de la colonie est-africaine allemande, je n’ai pas entendu parlé de pygmées, mais il y en a dans l’Urundi et le Ruanda (V. ,, Aborigène'^). — Le P. Guillemé dit qu’il y a des Watwa éparpillés dans tout le Haut-Congo depuis le sud du lac Tanganika (ouest) jusqu’au nord. — Pour ma part, je crois que les Wabembe et les Wavira (tribu très étendue), s’ils ne sont pas des pygmées, sont fortement métissés (!) de Watwa et de Bantu. Ils sont généralement d’une stature au-dessous de la moyenne, noirs, trapus, et anthropophages (mais les Watwa, de l’Urundi au moins, ne le sont pas!) — Dans l’intérieur du Congo-Staat au Kassaï, dans le boucle formé par le Congo, etc., le major Wissmann, ainsi que Pogge, Stanley, Dr. Wolff et d’autres voyageurs, ont rencontré et décrit plusieurs groupes de Watwa, qui se rattachent à ceux des PP. Comte et Antunès. Ceux de Wissmann mesuraient + 1 ï^t. 40; ceux de François: 1."’40, et les femmes Watwa: l'^i.20. Miani, Long Bey, Crampel en ont signalé aussi. A propos des noms de ces pygmées, spécialement à propos de celui des Watwa, il règne une déplorable

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confusion dans leur transcription (Rechtschreibung), bien capable de donner le change. Ainsi, M. de Quatrefages était perflexe et avait des scrupules à réunir sous le même chapeau les Batouas et les Vatouas, quoique, selon la spirituelle réflexion de Mgr. le Roy, ils se ressemblent comme les Français et les Frenchmen! Il faudrait s’entendre. Donc: les Vatouas, Batouas, Watouas\ les Vouatouas (assimulés par Stanley aux Fote«/cowangas, Vaouakoumas et Vouakoumous):, les Wakoa, Wakua, Watoa'^ les Wachua ou Achua (de Junker), nommés aussi: Atschua, Watschua, Watwa \ les Batwa (du Kassaï, nommés aussi par Stanley: Akwa, Bazungu de:

few-zwngrw/ca = rôder (?), et Wambuti de: buta, futa, vuta, uta —idiée de chercher, flèche, chasseur), etc., tous ces noms ne désignent que la même race de pygmées, nommés Watwa (avec le préfixe-article A~watwa qui est le pluriel de Mutwa, U-mutwa).

Leur nom ethnique auprès des Bantu environnants est donc: Twa (alias: Tua, Toa).

Rappelions encore une fois, que les pygmées ne se nomment pas: W'atwa mais „/t?s de la pierre*^ ou: ,,du pays de la pierre** (V. Aborigène''). — Dans le centre de l’Afrique, aux.

bassins du Moyen-Congo, de l’Ahruwimi, de rUbanghi et de l’Uelle il faut mentionner les Wa-mbuti de Stanley (Dans les ténèbres de l'Afr., it, p. 95,) qui habitent entre les rivières Ngéyu et Ituri (l’Ituri est le nom du cours supérieur de l’Ahruwimi), et qui se nomment aussi: Batwa, Akwa, Bazungu sçAon le même voyageur. Celui-ci mentionne encore les Wambuti de Ihourou (Ituri?), les Boliaf?) des Mobode, les Watwa du bassin du Tulungu. — On marque encore des pygmées entre le Lomàni et le Congo, au sud de Stanley-Falls. — Quant à ceux de TUbanghi (rive gauche), ce sont de simples W atwa sous le nom de A kula (= noix sauvage comestible) et de Ab'ongo (= grosse tête), deux sobriquets infligés par les Bantu de T al entour. — Les Watwa d’Ituri (Mambuti) sont décidément apparentés avec (ou les mêmes) ceux dont parle amplement le Dr. F. Stuhlmann ainsi que le Dr. Emin Pacha (cfr.

Mit Emin Pacha im Herz von Afrika). Speke vit un pygmée (ou nain ?) à la cour de Kamrasi. — Plus à l’ouest et au nord-ouest Junker à trouvé ses Achua (Wachua) entre l’Uelle et le Congo (moyen). Enfin il y a les Akka (Akwa) surnommés: Tiki-tiki, que Schweinfurth au cours de ses voyages (1868 — 1871) a retrouvé le premier chez les Mambuttu, à la cour de Munza, au sud de l’ Celle supérieur. Voici quelques mesures: un nommé Tebo l'^.42; une femme l'^\36; Saïdal"’.34; varii 1 't’.50 — 1.'t^. 31. Ils sont donc plus petits que les Mincopies. Au naturel ils (Akka) sont courageux, guerriers, cruels, mobiles, timides, impressionables.

Les anciens géographes sont donc justifiés ; la fable est devenue une vivante réalité. Au début du XIXe siècle Feller, dans son Diction.

Hist. (art. Pygmée), n’y croit pas; le sérieux Malte-Brun (cfr. Géogr, I, p. 30) pas davantage; Guérin dans son Dict. des Diction (art. Pygmée) parle encore en 1890 „d’un peuple imaginaire”. Il fallait bien les admettre, car voilà les pygmées des monuments des Pharaons d’il y a 4000 ans, retrouvés péniblement sous le même nom de Akka! Le surnom de Tiki-tiki mérite encore l’attention un instant. On connait les Tiki polynésiens (= esprits, totems, etc.). On sait aussi, que l’élément chamitique dans les langues polynésiennes est parfaitement reconnaissable, comme dans le foyer primitif (Chusistan, Perse, Inde), et les colonies chamito-kushites, p. e. l’Arabie australe, l’Egypte, la Libye, le Chanaan et la Phénicie, etc. Or, selon Viçwa-Mitra (Les Chamites, p. 703 — 707) l’ibis (grue), en ég. hab, habu (d’où Havilah, nom du fils de Kush), était l’oiseau sacré du dieu Thot, Thet (Seth), ou Tekh (Takh).

Ce Tehk adouci est devenu Tiki ; puis redoublé et renforcé il marque la spécialité (ipsissima ibis). Ce mot est donc remarquable, puisque tous les anciens accolent les grues à l’idée (et l’histoire) des pygmées. La môme réflexion a été faite à propos du nom Baka-Baka, Voilà notre revue des groupements de pygmées occidentaux (africains, Négrilles) terminée. Tournons-nous maintenant vers les orientaux (à' Asie et de ses appendices, Mgri^os), et commençons par les continentaux, — Les pygmées de la vallée de l’Euphrate (Elam, Susiane) de M. M. Dieulafoy et Houssay (4 groupements) sont mentionnés déjà. Leur présence, précisément là au vrai foyer des Hamito-Kushites depuis tant de milliers d’années, est excessivement remarquable. On peut voir dans l’ouvrage de Dieulafoy : L'Acropole de Suse, p. i02, ainsi que dans celui de Dessailly: Bace Nègre, p. i 85, 192 — 193, undéfilé de vrais Nigritos, burinés sur les monuments susiens (kushites). — Nous tournant ensuite à l’est-sud-est, nous rencontrous d’abord les Brahouins (Brawi) de M. Rousselet dans le Bélutchistan actuel. Ce sont des individus „à peau noire, taille faible, „ front bas, petits yeux, traits aplatis, nez demi écrasé”, et qui sont très distincts de la population dominante (aryenne), qui est belle et presque blanche. — En remontant l’Indus nous avons dans le bassin supérieur (nord) les Jauts. M. Elphinstone les nomme „ petits, noirs „ et laids”, et affirme qu’ils sont les premiers possesseurs du sol (vieille couche chamite).

Ce sont eux que Ctésias avait en vue, et qu’il décrit si exactement (v, supra ;E. Charton: Voyag. anc. et mod., I, pag, 160). Depuis 2500 ans ils n’ont pas changé! — Plus à l’ouest (Pendjab) et dans l’Afganistan actuel (KdihovA — Havilah?) vivent des populations similaires. Nous voilà près du Hinùw-Kush, étrange nom qui, à travers tant de milliers d’années perpétue le nom de Cham-Kush!

Serait-ce là aussi le foyer primitif des Wahinda? — Jusques sur les plateaux du Pamir

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(Asie centrale), les suédois Olifsen et Phi- Jipsen ont trouvé en 1897 une race très petite (pygmées?).

Plus vers le sud il y a les Khôls à nombreuses ramifications. Ils sont remarquables par le développement de leur système pileux. Ils sont très nombreux dans la presqu’île de Guzarati. Leurs tribus sont disséminées un peu partout^ et elles se constatent à travers Tlnde centrale presque entière, jusques dans le bassin du Gange et à l’extrémité orientale des monts Vindhyas.

On range ordinairement ces Khôls (ou Kolpeuple) parmi les Mélano-Indiens ou Dravidiens, soit du nord soit du sud. Parmi ces Khôls il y a les Ho-KhâlSy ou ceux de Lurka.

HOy hor, ou horo signifie: homme. (On pense ici au Oro polynésien, et au Oro ou Uro [ttr] de la Chaldée). C’est donc un nom qui ressemble à celui de Bantu ou Watwal Une autre fraction, les San^o^s ou Sonthols (Bengale occident, Bhagalpur, etc.), se nomme aussi: Hor. Enfin, il y a encore une tribu de Horo (Nagpur, etc.), qui porte le nom très intéressant de Mitnda. Qu’on veuille bien remarquer ces étranges racines nda, ho f = kho^ khu, Khoï-khoï, toi, t = k), et de San (s = h, Sindhu = H indu). L’analogie avec les racines africaines est vraiment frappante. Au lieu de parler de Dravidiens, on ferait mieux de considérer les neuf dixièmes de la population de l’Inde comme chamite (hamite), voire même kushite. Le rôle des Aryens (et du sanscrit) a été immensément exagéré.

On commence à s’en apercevoir. Du reste, les traditions aryennes elles-mêmes attestent, que l’Inde entière et les contrées qui s’y rattachent (bien au loin ; colonies chaniites jusqu’en Amérique et en Polynésie), ont appartenu jadis aux Nigritos. Cette population petite et crépue possédait, à une époque très reculée toute la péninsule. Les Jakchas, combattus par Eama, étaient sans doute leurs ancêtres. Bref, ils sont partout dans l’Inde, puisque au pied de l’Himalaya on a les Higriio-Doms et Rawat, qui sont tous extrêmement noirs, et dont plusieurs ont des cheveux plus ou moins laineux. Toute l’Inde est pleine du nom de Kush sous des formes très transparentes, p. e. au Népal le Aws- ou Khos tribu, etc., etc.

Aux sources de la Nerbuddah Dr. Hamy mentionne les Puttouas, dans les Ghâttes orientales les Chenchwar*, dans les jungles d’Aznaad les Naikers, les Punnirs^ etc.

En quittant ITnde, et en allant toujours vers l’est, nous trouvons d’abord, sur la presqu’île de Malacca, les Sémangs ou Safuangs (Prichard), les Jakuns et les Sakés (Sakaî, Sakayes, ou Orang-Sakkayes, sud de Kedah), qui sont souvent d’une hauteur inférieure à li^.45. Il y a encore la tribu des Manthras qui conservent une tradition selon laquelle leurs ancêtres étaient maîtres de la contrée toute entière. A cette époque, disent-ils, ils possédaient beaucoup

d'écrits tracés sur des feuilles d’arbre! (Logan). Dans Globns (t. LXX.XII, nfi. i6, p. 252 — 257) M. HrolfVaughan Stevens parle des cérémonies du mariage, et de l’imposition du nom chez les Orang-Tenia. C’est un article fort intéressant. Il y a parmi ces Ténia sept classes (ordres!) de sorciers.

Ko-ho est un de leurs noms hiératiques traditionnels. Le diadème (Kopfbinde) est chez eux (comme dans TUrundi) un distinctif essentiel. Les Ténia se barbouillent la figure en rouge.^ blanc et noir. Ils ont des marques totémiques. Le refrain d’une liymne chantée au mariage reste inexpliqué (haychar-ro-chay-sar ....). Ce hay .... fait songer à une semblable hymne kirundi. — Dans la péninsule annamite on peut citer les Mois, et jusque dans la Chine et dans le Japon on pourrait suivre les traces de pygmées. Les habitants actuels du Japon ont été précédés par une race primitive (chamite !) distincte des Japonais et des Aïnos, et dont on a découvert des vestiges dans le Nippon et le Yéso. Selon M. Ribaud {Miss.

Cath.y 1897. p. 383) les Japonais les nomment : Kobito (= nains, Kobolds !), et les Aïnos de leur côté: Koropogkuru (= troglodytes).

Les Aïnos eux-mêmes, qui leur ont succédé, sont petits, velus (ours! pilosï), très barbus. On les suspecte fort d’être eux-mêmes des pygmées au moins métissés. Le Dr. H. Schwitz dit des Aïnos : „Das Wesen und Dasein dieses Volkes ist ein ungelôstes Râthsel” (démonialité!) C/r. Archiv. intern. d'Ethnogr., t. XI y 1890 y p. 233, et l’ouvrage de Dr. Schiwtz:

A'ino, Brême. — Quant à la population continentale, parmi ce grand T/iat-peuple qu’on distingue en Thos-Muong (Tongking, China), Shans (Haut-Birma), Laotiens (Laos franç.) et Siamois (Siam), il y a des tribus qui portent des noms étrangement chamites.

Nommons les Mans (Lo-Lo), les Minkia (du Yunnan), les Sham-Khamii (Bas-Birma; Deniker nomme ceux-ci: „a very pur race"), les Ah oms croisés de Shams et de Hindus, etc. Lorsqu’on constate ces étranges analogies philologiques, on ne s’étonne plus, lorsque M. de Quatrefages constate chez les Sân de l’Afrique un indice céphalique horizontal qui est presque le même que celui des.... Chinois! Et si les Huns (Attila) étaient réellement des pygmées, alors?

Voilà pour les pygmées orientaux (asiatiques) continentaux! Passons aux pélagiques ou à ceux des archipels. — Les Veddahs (Weddah) de Ceylon se rattachent à ceux du continent. Rama pourchassait les Rakchasas jusques dans l’île. Ces Weddahssont des Négrifcos, mais plus ou moins métissés.

Parmi eux il y a les Nilgala- WeddaSy sur lesquels le Dr. L. Rütimeyer a donné d’intéressants aperçus dans la revue Globus (t.

LXXXIII, p. 201—207y 220—523, 261—267).

Il a néanmoins le tort de conclure hâtivement à l’athéisme de ce peuple, en se basant sur la réponse évasive et très diplomatique

„WATWA”

de quelques individus de Hennebedda^ qui voient peut-être pour la première fois des Wazungu! Dr. K. dit que, dans le tractatus Paladins, un anonyme de Thèbes décrit son voyage à Ceylan au siècle. Il y est tait mention des Weddas. — A l’autre côté du golfe, aux îles Andaman, nous trouvons les Mincopies, qui jouissent d’une certaine célébrité, depuis que M. le Dr. Man et après lui dé Quatrefages et Dr.Lapicque,les ont aussi bien décrits. Ce sont des pygmées bien caractérisés, d’un type très uniforme et très peu mélangé. Ce type se rapproche du terme égyptien (7*®/48 têtes). Ils sont très noirs (noir bronzé), crépus, petits de stature (lnf>.33 — lnn.461) qui tient le milieu entre celle des Lapons (1 1^1.550) et des Sân ou Bosjesmans (1 »t^. 370 — lfïi.220). Les Chinois connaissaient ces Mincopies de vieille date; les Arabes et les Perses au moyen-âge (IXe siècle) également. Marco-Paolo (1273 — 1295) donne quelques détails sur eux. En 1790 les Anglais tentèrent de se fixer aux îles Andaman, ce qu’ils firent définitivement en 1857.

Après les Weddah et les Mincopies on a découvert des pygmées dans les trois grandes îles Sunda: Sumatra (Kubus, tribu apparentée avec les Toala de Célébès), Java, Bornéo (à l’intérieur selon Kienzi, de Lafond de Lurcy, Mgr. Labuan); puis à Flores, Timor, Djilolo, Célébès (sud-est; les Toala des frères Sarasin; île muna\ cfr. Globus, t. SS, 1903, p, 277 ^281,) aux îles Sulu, et surtout aux Philippines; à Formosa (selon M. Schetelig, 1868); au Japon (selon M. Siebold, v. supra) \ à la Nouvelle-Guinée (dans l’ intérieur vers le nord) ; enfin aux îles Mariannes et un peu partout en Micronésie et en Mélanésie, où les pygmées vivent mêlés aux Papuas (métissés). Lorsque Magellan découvrit les Philippines en 1521, et que Philippe II les conquit définitivement en 1564, on trouva à Luçon des hommes noirs, de vrais Nègres, les uns à cheveux lisses, les autres à cheveux laineux, nommés Aigtas ou Inagtas d’où Aëtas, nom sous lequel on les trouve encore installés dans l’intérieur des îles. Dans le sud (Mindanao) il y a les Mamanwa du Dr.

Montano ; ceux-ci ne sont qu’une fraction de la même race pygmée. Les Malais, arrivés payons encore à Luçon avant la prise de Madjapahit par les mahométans (1478), et avant leur adhésion à l’islam, payaient encore tribut aux roitelets nègres pur sang (Nigritos), selon Kienzi (Océanie, t, I, p. 302; cfr. B. de la Fuente, cité par Prichard, t, V, p. 219), L’invasion muselmane leur fut fatale, et peu à peu on les refoulait vers l’intérieur des îles, mais au moment de la conquête aryenne ils étaient encore puissants. Les Aëtas actuels sont „une tribu craintive et excessivement „méfiante” (comme partout, e. a. les Watwa de rUrundi)! Ils bâtissent de petites huttes et ils cultivent le sol. On les pourchasse.

Les Mamanwas de Mindanao se disent éga-

173 „WATWA”

lement les anciens maîtres du sol, absolument comme les Watwa se disent les A (aborigènes, „sesshaft”) de l’Urundi. — Quant aux pygmées de la Nouvelle-Guinée, on les considère désormais comme la base de tout l’édifice ethnique de l’archipel indonésien. On les connaît maintenant d’avantage, surtout après le iravail très sérieux de A. B. Meyer: Bie Nigritos fdans : Verôffentl, des K, Ethn. Mus. z. Dresden, t. IX, 1893). Y oir aussi l’art, de G. Lauterbach dans: Zeitschr. f, Erdk. Z. Berlin, 1898, p. 154, 160 \ le livre de M. Krieger sur la N.-Guinée, p. 143 ; enfin l’excellent article de M. le Prof. Dr.

K. Weule dans: Globus, t. LXXXII, n'\ 16, 1902.

Après cet aperçu sur les pygmées passés et présents, disons quelque chose de leur religion. Pour ce qui concerne les Négrilles de l’Afrique, à part l’excellent travail de Mgr. le Roy, on sait peu de chose sur leurs croyances et pratiques cultuelles. Nous laissons de côté les Watwa de l’Urundi, puisque à travers les difPérentes notices, il a été question souvent et assez amplement de leur culte. Pour ce qui regarder les San et les Khoi-Khoï ou doit beaucoup, dans cet ordre d’idées, au travail du Dr. Hahn, et surtout à celui du vieux P. Kolbe (1675 — 1726) qu’on commence à réhabiliter (Cfr.

Déscr. du Cap de B. Espér., tirée des Mém. de P. Kolbe, Amsterdam, 1142; Walekenaer : Hist. gén. des Voyages, t. XV, p. 238). — Glanons quelques noms de divinités, remarquables à cause des analogies étranges plusieurs fois signalées. Les San ont un dieu mâle Goha (nkha) qui habite au-dessus, et un femel Ko qui demeure au-dessous. Kaanq est le maître de tout. On le prie par la danse (mokoma). Ganna est un esprit mauvais.

Ils vénèrent la chénille ngo (cfr. le ngo kirwana). Les Khdi-Khdi, de leur côté, ont un grand chef divinisé Khourru (mukuru — grand) ou Khub (Kef), et un diable (sic!) Dango/i ou Damoh. Selon d’autres Tsui-goa (ou Tsunigoam, Tsui-goa, Tsui-goab) est l’être suprême, mais .... a été un grand chef mortel d’où descendent les Hottentots! (Gham). Son antagoniste est Gaunab (ciel rouge, ciel noir). Selon Kolbe Gouma-Tigudia est le dieu suprême, sorte dèlmana. On vénère les Pléiades par des danses (gei). „Les mères élèvent alors leurs enfants, et les font tendre les bras vers cette constellation.” Ensuite vient Heitsi-Eibib, nommé aussi Garuheb.

C’est une sorte de Biyangombe. Son incarnation est ainsi raconté: „Une jeune fille ayant avalé le jus d’une plante grasse de saveur douceâtre (hobega) enfanta un fils”.

La lune (ou son esprit) est vénérée sous le nom remarquable de Khâm, Khami, Khàb.

L’esprit nuages (le verseur de la pluie) est Nannà (Nanum, Nanu). Gurub est le tonnerre et Nabas l’éclair, etc.

Voyons maintenant les pygmées orientaux.

Les Mincopies ont un être supérieur nommé PiUu^SL, qui „ressemble à du feu, est invisible”.

„WATWA”

etc. Ils ont aussi des esprits méchants Chol (cfr. les tribus Khôh de l’Inde). CesCAois descendent d’un ancêtre commun Maiac/io/. D’autres esprits du mal se somment: Nila, Juruwin, Eremchawgala(f), Le premier homme créé par Puluga est Tomo = noir. La première femme est Ghana- Eleivadi. Les Binouas de Malacca ont un dieu Pirman et des esprits Jin(!) Bumif etc. V. Quatrefages: Les pygméeSf c. IV, p. iS3 — 21i, et c. F. — Dans le nom Pulu^B. on remarque l’élément bien africain et chamite ng, nk. Ce n’est pas tout. La cordelette-ceinture des femmes Mincopies se nomme: ohun^o, mot qui ressemble au lupin^o der Wanyamwezi. (Les Etrusques avaient de semblables colliers.

V. de Quaitrefages : Introd.^ p. et les fig. ibidem). Leurs frères Chamites de l’Australie ont un être suprême nommé Mi/nganngauer (bienveillant selon Howits). A laNouv.- Nursie (Austr.) le créateur se nomme Montagon. Ci^nga est sou autagoniste et habite le centre de la terre.

Quelgues mots aussi de la morale de ces pygmées sauvages tant calomniés. „Les jeunes filles (Mincopies) conservent dans leurs manières la plus stricte modestie” (Man cité par de Quatrefages). Les Mincopies sont strictement monogames. Le mariage est une chose très sérieuse pour eux. Tout mariage entre parents est absolument interdit, et cela jusqu’au dernier degré reconnu. M. Man fait à ce propos la réfiexion suivante: „C’est „chez les peuples les moins civilisés, que „l’on trouve la plus grande horreur des ^mariages incestueux.” Le meme auteur ajoute: „Les femmes Mincopies sont des „ modèles de constance, et les maris ne leur „ cèdent guère sur ce point. Ce sont des unions „ heureuses. Les rapports mutuels sont em- „preints de courtoisie et d’affection”. Les droits de propriété sont reconnus et acceptés ; les limites des champs, quoique vagues, ne sont jamais franchies. „Pas un Mincopie ne „prendrait, ou ne changerait de place, une „arme ou un outil appartenant à son voisin”.

Ils sont très hospitaliers. Les étrangers sont chaudement accueillis par la communauté toute entière. On les sert les premiers et des meilleurs mets, etc. Ils ont la notion claire du péché et du crime (Leur mot yubba ressemble assez au mot -hi bantu pour

désigner le péché, ou une action mauvaise).

Est déclaré yubba : le vol, le mensonge, les violences graves, le meurtre, l’adultère. Le rapt, la séduction, les vices contre nature sont inconnus. L’adultère est rare. Le sentiment de la pudeur est très développé. Quoique ces insulaires soient peu vêtus, „une femme „qui détache sa ceinture pour en faire cadeau „à une amie (usage), le fait presque avec de „la pruderie; jamais elle ne change devant „ses compagnes, mais elle se retire à part” (Dr. Man).

M. La Giromère dit des Aëtas: „Ils sont „ fidèles dans le mariage, et n’ont qu’une

174 „WATWA”

„femme”. Leur cérémonie de mariage est d’un naturel charmant et pittoresque. Qu’on en juge plutôt. Lorsque le jeune homme demande en mariage une fille, les parents de celle-ci ne refusent jamais, mais ellemême doit consentir. Alors elle se cache dans la forêt, et le jeune homme doit la trouver. Il dépend d’elle de s’y prendre à être trouvée ou à rester introuvable. Le mariage légal se conclut ainsi : les deux conjoints grimpent sur deux arbres flexibles. Un vieillard les fait ployer, et se rapprocher l’un de l’autre. Lorsque la tête du garçon a touché la tête de la fille le mariage est légalement conclu. Les liens de famille sont très étroits parmi les Aëtas. L’affection des parents pour leurs enfants est très vive.

L’adultère est puni de mort, comme le vol ou l’homicide. Ces crimes sont excessivement rares parmi eux. — Selon le Dr. Montano, les Nigritos de Mindanao (Mamanwa) ont beaucoup de respect pour les vieillards. Le mari trompé tue sa femme. L’adultère est rare. „Les moeurs des femmes et des filles 1 „sont fort correctes; le moindre soupçon „élevé sur ce point les empêcherait de trouver „un mari”. La propriété est parfaitement i établie et transmissible par vente ou hérédité. — Selon M. Logan, chez les Manthras (de Malacca) l’adultère est puni de mort. „Les „deux coupables sont couchés dans le plus . „proche ruisseau, et leurs têtes sont main- „tenues sous l’eau à l’aide d’une fourche”.

(C’est comme dans l’Urundi. V, Adultère'*). — M. de St. Pol-Lias dit des tribus Sakayes, que l’adultère y est très rare, et le meurtre ou le vol inconnu.

Voilà la moralité de ces pauvres sauvages qu’on a osé appeler des pourceaux (Mincopies)! De tels faits cadrent peu avec la théorie de Dr. Schultze sur la „ Psychologie der Naturvôlker” ! S’ils sont des Chamites (sans histoire), il faut avouer que voilà des moeurs bien éloignées de celles, trop bien connues, des Chamites historiques, soit dans leur foyer (Susiane), soit dans leurs colonies (Chanaan, Phénicie, Carthage, Egypte, etc.), où le culte de Siva et de son abominable emblème ou blason (linga) s’exhibe avec tant d’effronterie. Mais n’oublions pas, qu’il s’agit là de Chamites ultra-civilisés, raffinés et décrépits, qui — naturellement — ont disparu, étouffés par leur propre corruption; tandisque ces pauvres „ Naturvôlker,” pourvu qu’une autre race (civilisée I) ne les extermine pas, traversent des milliers d’années, inébranlés et inébranlables. Le Dr. Rütimeyp* dit de belles choses des Weddas, chez qui le vol ou le rapt est inconnu; qui sont rigoureusement monogames ; dont les femmes sont très fidèles et les maris fort jaloux ; qui sont réconnaissants, etc. Mais on est stupéfait lorsqu’on entend décréter le même Dr*, que ces mêmes Weddas sont athées: „Kein irgendwie dis- „tinctes Gôtterglauben, kein Ahnenkultus, „kein Geisterdienst, keine Dâmonenfurcht,

„WATWA’’ 175

„keine metaphisische Begriffe. . . . Terminons par un mot de M. de Quatrefages, qui se rapporte à la religion en général:

„ Quelque dégradés que soient ces popula- , y tiens, il n’est pas besoin de les entretenir „de l’existence d’un dieu (esprit), ni de Ipur „ parler de la vie future. Ces deux vérités „sont universellément admises en Afrique „(et ailleurs). Tous les phénomènes que les „ indigènes ne peuvent expliquer par une „ cause ordinaire, sont attribués à la diyi-

„nité Si vous leur parlez d’un mort, ils

„vous répondent, quHl est allé près de dieu^\

Le témoignage est précieux. On peut y ajouter un semblable témoignage du Prof. Dr.Kohler, pour ce qui regarde les idées de droit chez

les indigènes: „ indem ich wiederum

„die oft gehorten Behauptung entgegen trete, „die den Naturvôlker geistigen Leben abzu-

„sprechen geneigt ist Kein Volk ist

„ohne Religion; diese ist überall die Basis „des Rechts.” (Cfr. Arch, intern. d^Ethnogr.

U IX, p. 254, — De ces idées générales le célèbre A. Bastian conclut à l’wm^é d’espèce: „In der Gleichartigkeit allgemeinen durch- „gehender Elementargedanken ligt die Ein- „heitlichkeit des Menschengeschlechtes in- „volvirt” (A. Bastian: Zur Lehre des Menschen in Ethnischer Anthrop., Berlin, 1895, Introd. p. XII).

Le problème du foyer primitif des pygmées (Proto- Nègres) et des Noirs (Deutero- Nègres\ de leurs migrations, etc., reste toujours difficile. Néanmoins, tous les ethnographes sérieux (e. a. Quatrefages, Hamy, Weule, Flower, Allen, etc.) s’accordent à dire, que cette race est originaire de l’Asie sud-occidentale, et qu’elle s’est répandue à Vest et à Vouest, peuplant la Mélanésie et l’Afrique, soit par voie continentale, soit par navigation (mousson) à travers les innombrables îles des différents archipels.

L’Inde et l’Indo-Chine spécialement ont appartenu d’abord aux Noirs. Ils ont été refoulés un peu partout, mais malgré cela, et malgré tant de milliers d’années écoulées,

M. de Quatrefages avoue : „Dans l’Inde tous les peuples sont encore plus ou moins noirs et petits (métissés de Nigritos)”. V. Introduction.

Quelques ouvrages à consulter sur les pygmées: Banier: Dissert, sur les pygmées, dans: Mém. de VAcad. des Inscr. et belles Lettres^ t. y, il20, p. lOi; — Mgr. le Roy: Les pygmées, avec nombreuses figures (dans: Missions Catholiques, Lyon, 1897, N'-^. 1439 — 1477 : étude de grande valeur); — A. de Quatrefages: Les Pygmées, Paris, 1887, 35 p.,31 fig,: (ouvrage classique et excellent); — A. B.

Meyer: Die Nigritos, Dresden, 1893 (v. supra); — E. H. Man: The Andamans Islands (dans: The Anthrop, Instit. t, VII, p. 105 ; t. XI, 1882; t. XIV, 1886, p, 428 (travail excellent); —

La race nigrito dans: Ann, de Géogr. de Paris iV«. 22, 1896', — Lapique: art. dans: Bull, d, l. Soc. d*Antropl., 1894, p, 221; — Roefstorff: art. dans: Zeitschr.y ffir Ethnol,,1882,p. 51 ; —

„WAHUTU”

A la recherche des Nigritos (dans: Le Tour du monde, 1895, 1896); — J. Deniker: The Races of Man, London, 1900, p, 397 — A, H. Keane:

Man past and présent, London, 1899, p, 117 — 168; — Hartmann: Les peuples de V Afrique, Paris, 1879; — Ph. Paulitschke: Die Zwergvôlker Afrika's (dans: Mitth. d. Anthrop. Ges. in Wien, t. XXVI, supplém. 1896, no. 4); — Dr. É. T. Hamy: Les races Nègres, (dans:

U Anthropologie, t. VIII (1897), p. 257—271); — Zoborowski: Les peuples primitifs de V Afrique (dans: Nouv. Revue, 1883, p. 62); — Allen:

The original Rang of the Papua and Nigrito Races (dans: Journ. of the Anthrop. Inst., vol. VIII) ; — de Quatrefages : V espèce humaine; — item : Introd. à V histoire des races humaines, Paris, 1894, art.: pygmées; — Dr. J. Kollmann: Der Mensch vom Schweizerhild, Zurich, 1901; — idem: Die Pygmàen und ihre systematische Stellung innerhalb des Menschengeschlechtes, Basel, 1902; — Über Zwergvôlker (dans: Petermanns Mitieilungen, t. XVII, Gotha, 1871, p. 139); — de Clercq: Ethnogr. d. l.

Nouv. Guinée, holland,, Leyde, 1893; — Pràhistorïsche Pygmàen, et: Pygmàen in Europa (dans: Globus, t. LXXXI, n^. 17,21); — Ratzel: Vôlkerkunde, I, p. 681 seq.; — Peschel: Vôlkerkunde; — Dr. F. Stuhlmann: Mit Emin Pascha im Ilerz von Afrika, Berlin, 1892, p.

436 — 475. (Excellent article. Cet auteur donne aussi une très bonne bibliographie de la littérature pygmée. Une semblable — usque 1892 — donne H. Panckoud, dans: Zeitschr.

des Ges. fur Erdkunde, 1892, p. 75 — 120, ainsi que Meyer dans l’ouvrage cité, et dans: The distribution of the Nigritos in The Philippine Islands and elseivhere, Dresden, 1899); — Rob. Brown: The Peoples of the World, London, 3 vol. 4v, 1898 ; — La légende des pygmées et les nains de VAfr. Equat. (dans: Rey. Hist.

1891, av. carte d’après E. Charton) ; — P. van den Gheyn: Les pygmées; — idem: Ü origine asiatique de la race noire ; — H. M. Stanley : Dans les ténèbres de VAfr., Paris, 1890, t. II, p. 68, etc. ; — Dr. Schweinfurth : Au Coeur de V Afrique (1866 — 1871), Paris, 2 vol,; — Montano: Voyage aux Philippines et en Malaisie, Paris; — J. Ranke: Der Mensch, t. II, p. 114, Leipzig, 1894; — P. u. Fr. Sarasin : Forschungen auf Ceylon, Wiesbaden, 1892 — 93; — Rud. Virchow: Über die Weddas von Ceylon, Berlin, 1881 ; — Dr. Th. W sAiz : Anth7'opologie der Naturvôlker, 2^ div.: Die Negervôlker,

Leipzig, 1860, 524 pages. — V. enfin les articles: Pygmée, Nègre, Négrille, Nigrito dans les Dictionnaires Larousse, Meyer, Brockhaus, etc.

II. Les Wahutu composent le fond de la population de l’Urundi. Ce sont les Warundi proprement dits. Dr. Baumann les classe parmi les Vieux-Bantu. Il n’y a rien qui prouve, qu’ils sont plus anciens ou plus récents que les autres! Le mot Wahutu (sing. : Umuhutu, plur. : Awahutu) est pris ordinairement comme synonyme de serf, soumis, asservi, mais non dans le sens d’esclave

„WAHÜTU”

(iimudzjà). Les fiers Watutsi prononcent parfois avec un certain mépris ce nom, mais les Warundi eux-mêmes non sont pas choqués. Je ne connais pas de nom ou de verbe en kirundi^ qui puisse fournir une signification de ce nom de ~hutu. (Peut-être en existe-t-il un) I J e crois donc provisoirement que le nom est ethnographique simplement.

En égyptien^ Hut est un evôaif^cûv à tête de cheval. C’est pour cela peut-être, que hut signifie aussi: tête, hauteur, cheval (hutr). L’ailé hut était un symbole du soleil. Hutu est la moitié d’un cercle (croissant) Hut signifie aussi, paraît-il : réunir, allier, et . . . oignon ! Alors le dieu des oignons, raillé tant par les fins Grecs! On voit que ce mot ég.

n’éclaire guère la nom Wahutu,

Sur les monuments ég. on trouve une divinité Tahuti, seigneur de \sb lune {U mwezi). Une de ses formes est celle d’un singe à tête de chien (Cynocéphale), Hu était le dieu solaire, le seigneur du ciel, nommé aussi Hut (de hut = oignon — géant!). Huten est le disque ou le cercle. Hutu {hetu, ketu) est la moitié d’un cercle. Dans l’astronomie hindoue la lune à son déclin est personnifiée comme Ketu~Râ,

Les Khuti sont assimulés aux Cotti (Ketti) d’Ammien (c. XXVI, 4; XX FJ/, 8j, et ceux-ci aux Hut, ou Huti. Kêd ou Kud dévient Hud. — Hut signifie aussi: blanc, c'air, l’argent! — A un moment donné il y avait dans le nome de la Basse-Egypte une déesse Khut (forme de Khept), et une autre nommée: Har- Khent-Khuil

Parmi tous les peuples connus du passé et nommés sur les monuments, les Egyptiens reconnurent pour les plus nobles et les plus dignes d’eux les Khita, Kettai, Ketti, pl. : Kittim (les Hittites = Hethaei des Hébreux). Ils étaient un grand peuple, et ils occupaient un grand pays nommé Naharain et des régions plus hyperboréennes encore.

L’Egypte était souvent en guerre avec ces Hittites. Plusieurs rois, e, a. Amenhept et Tathmes y firent des expéditions. Le premier obtint, comme butin de guerre, d’un certain roi Juaa, sa fille Taiu en mariage. En effet, sur un des monuments ce Amenhept est figuré à la figure noire, avec sa mère également noire; sa femme à la face plus claire figure à l’autre côté. Ceci cadre assez bien avec ce que la tradition orientale raconte de Job. Le père de celui-ci était un frère de Phaleg fils de Héber, et aurait habité au nord de la Mer-Noire, dans une région glaciale. Job était le plus jeune de treize fils. Il a pu avoir vécu encore à la naissance d’ Abraham (l’au 2008, ou 2217 av. J. C.). La mère d’ Abraham aurait été une arrière-petitenièce de Job. Celui-ci habita successivement plusieurs contrées, et eut ses malheurs à trois endroits différents. La première fois il habitait bien au nord du Caucase ; la seconde fois plus sur le versant méridional des montagnes du Caucase. Or, d’ici il fit un voyage

176 „WATUTSI”

en Egypte, accompagné d’une grande suite, pour conduire la fiancée du fils du roi régnant de l’Egypte. Car l’Egypte aurait eu à cette époque des rois pasteurs (sémites) de la même race que ceux de la patrie de Job ! Toujours selon la même tradition, ces rois pasteurs furent chassés plus tard par des rois égyptiens (noirs = Kushites?). La tradition a soin d’ajouter, que Job était d’une agréable couleur jaune-brune, tandis que Abraham était plus blanc, et les Egyptiens d’un brun sale.

(L’histoire de Job aurait été écrite par ses deux scribes nommés Hai et Vis sur des écorces d’arbres. Elle parvenait à Abraham [relations de famille], puis à Moïse [par Jacob et Joseph] qui l’arrangea et l’abrégea. Salomon, à son tour, l’aurait complètement remanié en rétranchant et en ajoutant beaucoup). On avouera, que cette tradition est assez remarquable. Toutefois, il y a des divergences. Ainsi, il ne peut pas être question d’un roi de la XVIII^^ dynastie (1645 — 1386). Ensuite, les deux dynasties des rois pasteurs {Hyksos, Ma-Shu), classées ordinairement comme la XV® et la XVII® entre les années 2074 et 1689, paraissent trop récentes; et pour atteindre l’époque de Job, il fondrait peut-être remonter jusqu’à la V® dynastie (2499 — 2301). Enfin, et surtout, l’Amenophis des monuments in casa, ainsi que sa mère sont des noirs (d’un brun sale)! — Ce qui intéresse dans tout ceci, c’est le nom de Hethaei, Hittites^ Huti, Hutu. Les Warundi (Wahutu) se disent aussi venir du nord Ils affirment, que leurs ancêtres étaient plus blancs, et encore maintenant ils sont (leurs

femmes surtout) d’un brun sale De là

néanmoins à leur décerner des relations positives avec les Hittites, il y a encore très loin, assurément! Autant les Watutsi (Watushi) pourraient se réclamer de la ilws”.

Dans la mythologie accadéenne, Nin-dara {Niïiûara) est le soleil de nuit (Typhon), et JJtu celui du jour, le dieu d’en haut. Ce dernier, affirme-t-on, est le même que le Hut ég. (disque solaire ailé) emblème de Hu. En ég. Uti était la déesse du nord(!). Le signe utu (poupe, revers d’un vase) était celui de V étranger, du mauvais, de Typhon. Toutefois, VUtu accadéen est le dieu (soleil) du jour!

Mais il est vrai, que tous ces dii gentium étaient souterrains en fin de compte. Le Tane-Mahuta des Maori est un esprit fort et mauvais. Enfin, le tuta des Zulus, ainsi que le tutu (hu^tu) des Egyptiens est un genius, ou un esprit ancestral. Tut (ég.) signifie : image de la mort, et le tuta était figuré par la momie du défunt. Remarquons encore, que les Zulu-Wangoni, immigrés du sud dans l’Unyamwezi, se nomment euxmêmes Watuta.

III. Le nom de Watutsi (Watussi, Watushi', cfr. Washashi) est parfois confondu avec celui de Wahuma, Wahima, et même avec celui de Wahinda et Wawitu, ce qui est certainement à tort (V. „ Aborigène**). Tous ces „nobles

„WATUTSI" 177 ,WATUTSI"

Hamites” se donnent eiix-mêmes ce nom avec une certaine prédilection. Il est certain, qu’ils portent ce nom dans les parties sud- occidentales du territoire, occupé par ces étranges frères des Galla (Ruanda, Urundi, Usumbwa, Uhha, Ujiji, Unyamwezi, jusqu’à dans PUfipa). — Le verbe ku-tuka veut dire dans un très grand nombre de langues bantu: injurier, offenser. Les (sing. :

Umututai, plur. : Awatutsi) seraient une race d’hommes „insulteurs” (Cham qui injurie son père !). Toutefois^ cette étymologie ne me paraît pas, après tout, tenable; elle serait un peu trop banale ! — Avant tout, c’est l’ég. Shu et l’hébr. Kûsh qui doit attirer notre attention ; puis les fameux Nahsi des monuments. On a reproché, bien naïvement, à Moïse d’avoir oublié les Nègres dans son X® chapitre de là Génèse. On oublie, que le mot Nègre (Noir) est avant tout un terme somatologique (anthrop.), et fort médiocrement ethnographique. Les Nègres (spéc. les Bantu) sont parfaitement désignes par les descendants de Cham, surtout ceux de son fils Kûsh, Partout où la Ecriture (hébr,) emploie le terme de: Kush {„ terra KusK% etc.) elle englobe, d’une certaine façon, les races noires ou brunes kushites.

Dans l’inscription d’Una, attribuée à la Vie dynastie (2499 — 2301) on trouve la plus ancAenne mention faite des Nahsi (= Nègres).

Ces Nahsi (venus du sud par la vallée du Nil en dernier lieu, mais venus d’abord de l’Asie, par l’Arabie, le détroit et l’Abyssinie), auraient occupé l’Egypte avant l’arrivée de Mizraîm, venu lui directement de l’est. Ils étaient sauvages, noirs, petits (pygmées?). Dans l’inscription sus-dite ces Nahsi sont mentionnés comme conscrits dans l’armée égyptienne.

On y cite plusieurs localités (ou pays), et on parle de Nahsi de Nam^ de Aruam, de Uaua (Nubie), de Kau, de Tatam, Una, gouverneur du Sud, y raconte un voyage fait par lui au loin vers le sud, sur l’ordre du Pharaon.

La localité Rumakhu ou Abhat est restée inconnue. Lenormant explique une inscription de Meri-Ra-Papi (VI® dyn.) où des Nahsi Ua~Ua,' Am~am, Tomam et Kaatu sont dits vaincus et refoulés jusqu’à Wadi-Halfa.

(Sont-ils les mêmes que les précédents ?).

Sur la tombe de Seti I (mentionnée déjà), les quatre races d’hommes, connus des Egyptiens, sont énumérés {Nahsi, Hemu, Tamahu, Rut).

Tandis qu’eux se disent des Ruti (Ludim?), les Nahsi sont en général les Nègres ou les Noirs. Na est noir; neh une merle (!): su la personne (origine); nahsu ce sont les noirsnés ou noirs ab ovo! Les Egyptiens disent expressément, que ces Nahsi sont les premiers occupants du sol, créés par SuUNub, SuUHar = le dieu des Noirs, simplement nommé Sut-Nahsi.

Dans le papyrus de Turin, parmi les Pharaons de la XIII® dynastie (2098—1645), collaterale à celles des pasteurs (XV® et XVII®, et la XIV® et XVI®), et qui adorèrent Sebek-

Ra (=le Amen des Typhoniens), on trouve un nom Ra-Nehsi (Cfr Brugsch: Histoire, etc., pl. 8, i58\ Bunsen, vol. 2, p. 624). C’est le soleil noir, le noir (neh) fils {si, su) de Ra. Le nom est écrit avec le signe (hiérogl.) de la noire merle {neh), l’image de V impureté, et le signe d’une poupe (manche) qui désigne tout ce qui étranger. Il s’agit donc bien du dieu des Nègres, méprisé comme eux. A cette époque, si mouvementée et embrouillée de l’Egypte, il n’est pas étonnant de rencontrer des rois Nègres (Kushites) qui, quoique „ nobles” comme nos Watuisi, n’en sont pas moins méprisés et haïs comme conquérants, comme ces derniers le sont par nos Wahutu.

On a vu (V. „Blasphème^\ Juron^'), que les Warundi emploient fréquemment l’expression: Munsi mubi, litt. jour mauvais, malheureux, dies nefastus. Elle est employée dans un sens plutôt blasphématoire que juratoire, comme pour nier. On l’emploie surtout, lorsqu’on est en deuil d’un parent, et en général à la suite de malheurs. Umimsi signifie: jour; mais il est à remarq ler qu’on emploie le terme sans préfixe (article) et comme un nom propre (de dieu?). Or, il est curieux, que les Egyptiens considérèrent les cinq derniers jours de leur année de 360 jours, comme jours néfastes, malheureux, ou plutôt comme néant! En ég. ces jours se nommèrent les iVahsi i. e. jours noirs, ce qui coïncide avec le terme des Watwa de l’ürundi, qui, au lieu de mubi (= mauvais) disent: mwirawura = noir! La coïncidence est vraiment frappante. Serait- ce donc une sorte de blasphème lancé à l’esprit Shi (Shu, Si — Sut-Nhsi), par les TVaïw-ïsi fs AO = les hommes de Shu- Sut (Atum-Imana)f

Personne n’ignore, que le nom des Hyksos a intrigué bien d’égyptologues. On appelle ainsi communément les rois „pastem*s”, qui ont formé la XV® et la XVII® dynastie, qui conquirent une partie de l’Egypte en 2074, et furent expulsés en 1639 par Amosis {Aahmesii) fondateur de la XVIII® dynastie (1645), après une durée d’invasion de 435 ans.

Qui étaient-ils ces Hyksos? D’où venaient-ils? Etaient-ils des Asiates (Semites?), ou bien des hordes de Galla, ou de Wahinda?

Toujours est-il, qu’ils appartenaient à une race conquérante et étrangère, très méprisée par les indigènes (comme les Wahinda- Watutsi le sont par nos Wahutu). On les exécrait comme des étrangers, des Hekshus, des Aamu, des Aperu, des Menât, des Fenekh (Phénicéens?) ou Aati, autant de surnoms et de sobriquets. Quelques auteurs les identifient aux Shus-en-har, adorateurs de Har- Sut = Typhon, l’antagoniste (!) d’Osiris, le dieu principal des autochtones (?). Quant au nom de Hek-shus, quelques-uns veulent le traduire par: rois-esclaves, rois-captifs. Hek en ég. signifie: un roi et un dominateur. On a vu, que kuheka en kirundi archaïque (kitwa ?) veut dire précisément la même chose. Rendre

„WATUTSΔ

Shus ( Shu, Shashu) par esclaves, serfs, ne me paraît pas permis. Isho (plur. : amasho) signifie: un troupeau de boeufs. On a vu aussi (V. que la salutation par: s/? o-masAo

est un acte religieux. Enfin, ce sont précisément les Watu-tshi qui emploient ce mode de salut! Je crois donc, que la traduction traditionnelle de Hyksos par rois pasteurs est la plus exacte, et probablement la seule tenable. Ces Hek-shus donc ont été probablement proches parents avec nos Watu^tshU M^ahuma, ainsi que avec les tribus Galla et Massai*.

Les noms des points cardinaux (V. „Orien~ talion'') sont, en général, fort relatifs chez les Nègres. Or, les Warundi eux-mêmes, surtout ceux de l’intérieur du pays, désignant VOuest par le nom et les occi-

dentaux (plus immédiatement les Wavira, Wabembe, etc. =: anthropophages) par le nom Awashi. Pour eux, c’est le pays des ténèbres (du soleil couchant), des horreurs, du mal, de la mort, la demeure des hommes typhoniens, anthropophages, „qui mangent le soleil” comme ils l’affirment des Wavira. Le terme (-shi) mérite donc d’être remarqué.

Aurait-il du rapport avec l’élément shi dans le nom Watu-si (shi, tsi, tshif). Car il est à remarquer encore, que les Wahha (d’Uyungu), et les Warundi orientaux (de rUyogoma), désignent le massif montagneux Mugamba ou Imbo („Kandgebirge”) par le nom Ututshi (Utusi, ou IwuüUsiJ = \e pays (a) des Watutsi, Ils paraissent englober sous cette dénomination tout l’Ouest. En effet, là sur le „Randgebirge”, ces „nobles” sont plus nombreux, tellement que Dr. O. Baumann a pu parler, quoique à tort, „ de leurs colonies serrées” à cet endroit de l’Urundi.

L’ég. tes ou tsaita (assyr. tzida) veut dire: la profondeur, l’abîme de tout commencement, la place des eaux. Tes signifie encore (en ég.): le moi propre, l’âme (esprit) enveloppée du moi, comme l’assyr. Azi, qui signifie : esprit de vie inhérent, e. a. m. mâne non encore séparé du corps (penes-nos-natus). Nti (ndi) en ég. signifie également ; existence sous forme invisible, fantôme, spectre (mâne).

Sshi en ég. était le nom d’un serpent adoré idolàtriquement comme le verbe sacré (le nachash de l’Eden). Quant à cet élément rn- shi (si), il est assez curieux, qu’il entre dans beaucoup de mots bantu qui désignent le mâle (vir). On le remarque même dans de langues non-africaines. En kirundi nmwsha (plur.: awashSi) ou 'sha est un terme fréquemment employé par les garçons entreeux; il signifie: jeune homme nubile

(puber). Le mot infizï, ou infishi dénote le mâle des animaux en kirundi, p. e. le taureau, le bouc, etc. Les Wanyamwezi (Wasukuma, Wirwana, etc.) ont le terme mgosha ou mgoshh' = mâle, homme fait. La terminaison (8h) est fortement accentuée. Dans le langage familier ils mettent cette terminaison shi ou ishhh ! après tous les mots. — •

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Voici d’autres analogies du mot „vir” ou mâle: mas (lat.), mees (esthon.), mes (voit, olonets), mios (finnois), mish (deer), mesa (silong), musha (shina), masha (kakhyen), mosi (chutia), masaketh (île Pelew), al masz (lapp.), amashe (intibuca), umasoi (betoi), mashyo (pazend), mush (Gipsy). — Les mots suivants, toujours aux éléments m-sh, recèlent encore l'idée de virilité, d’homme fait: masculesco (lat.), musculosus (lat.), mastos (— coq, lat.), masha (= fève (?), sanscr.), masuri (== barbe, sanscr.), mushka (= homme hardi, testic., sanscr.), misz (= mêler, sanscr.), maaiz {= musclé, arab.), mis ha (— être fort, hébr.), mzr (= cohabiter, hébr.), meas (= procréer, irland.). On peut doUc ici soupçonner encore, au fond une sorte d’apothéose, c.-à-d.

de déification de l’hoinme. Triste verbe!

IV. Comme quatrième race on doit considérer les Wahinda (sing. : Umuhinda ;phxr.: Awahinda) dont il a été déjà plusieurs fois question. C’est la race dynastique. (Dans beaucoup de dialectes bantu kuhinda, kusinda, kucyinda veut dire: vaincre.). On les englobe ordinairement avec les Watusi, Wahima, Wahuma, Wawitu, Wakanga, etc., sous le même nom de „Hamites”(!). Comme si les autres Nègres (Watwa-Négrilles, Bantu, Nigritiens, Soudanais, etc.) ne seraient pas des Hamites, des Kushites ou en tout cas les descendants d’autres fils de Cham !

Les Nègres eux-mêmes distinguent nettement entre Wahinda et Watutsi (Wahuma).

(V. ^Aborigène", ,, Dynastie", Histoire" , „Boyauté"). Plusieurs fois aussi la singulière racine nd (nt), contenue dans ce nom de Wahinda, a été rélevée, et plusieurs analogies (ou coïncidences!) fort curieuses ont été établies. Ce ne serait nullement étonnant, si le fond nd des Wa/dnda fut le même que celui de Indu (indhu, India) ou de Hindu (Hindhu, sanscr. Sapta-Sindhu, zend: Hapta- Hendu, pahlavi: Hendo). L’Inde était le

pays aux sept fleuves (sapta-sindhu) comme l’Egypte, et à sept monts. Le Hapta-Hendu du Vendidàd était l’endroit d’où sortirent les sept Hindus (rois, dominateurs). Le Khebta- Khentu désignait l’Egypte totale, nord et sud (khentu).

Les auteurs classiques latins et grecs ont souvent confondu l’Inde actuelle de ce nom et l’Afrique éthiopienne, et on se demande si, parmi les choses qu’ils racontent de l’Inde et des Indiens, beaucoup ne se rapportent à l’Afrique, et notamment à l’Egypte australe illimitée ! Leurs Ethiopiens ce sont les peuples de Kush, les Kushites, dont une si grande fraction habite l’Afrique. Il est bien entendu néanmoins, que même pour eux la terra Kush primitive était ^ l’Asie sudaustrale (Susa-Babylone et environs).

Ainsi Eustathius (f 1198) dit positivement, que les Ethiopéens (de l’Afr.) sont originaires de l’Inde. Le poète. Claudius Claudianus (V^ siècle), parlant dans son Carmen in Eutropium (l. J, 851) de l’Inde, entend

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probablement l’Ethiopie de l’Afrique (l’Abyssinie) qui a réellement subi des infiltrations juives. Virgile {Georg., IV, 293) dit, que le Nil vient du pays des noirs Indiens (Wahindal). Diodore nomme le noir Osiris un Indien, c.-à-d. un Ethiopien (Muhinda) de naissance. Tacite qui, par une singulière méprise, appelle les Juifs „prolem ethiopU cam^% avait en vue peut-être l’Afrique australe. Enfin, l’Ophir de Salomon, qu’on a voulu chercher en Asie, se trouvait très probablement en Afrique. Plusieurs même cherchent l’origine du nom Africa (dont le sens est encore loin d’être établi) dans ce nom d’Ophir. Ce nom d’Ophir subsisterait encore, selon eux, dans l’Africa actuelle, ainsi que dans le nom Cafre, Kafreria (qui ne signifie par du tout: pays à' infidèles). En effet, le mot qoph = singe (les flottes de Salomon en apportèrent) est étranger à l’hébreu selon Max Müller. C’est le sanscr. kapi, le perse kepi, le grec kepos et surtout l’egyptien kafi. Sur une tombe attribuée à la IV dynastie (3001 — 2717), au temps du roi Kufu, se voit un singe kafi (cynocéphale) avec le nom kafi écrit au-dessus. Selon Jamblicus, les cynocéphales étaient honorés dans les temples égyptiens, et cela en connexion avec la lune (ukwezi, MweziJ, Dans l’Uganda Johnston a découvert une bête inconnue okapi dont le profil de la tête répond exactement à celui d’une tête du dieu ég. Set.

Quoique les Egyptiens se réservèrent le nom de Ruti, il ne serait pas étonnant, s’il fallait l’étendre à l’Afrique plus méridionale. Ces Ruti, Auruti, Kafruti (Kafi-ruti), enfin ces Karti auraient donné non seulement leur nom à l’Afrique, mais formé une des premières couches kushites de la plus grande partie de l’Afrique, peu après la dispersion des peuples, entre les années 3390 (ou 3540) et 3001 (IVé dynastie).

Au sud du Bindu-Kush asiatique (nom local singulier, mais intéressant), il y a un peuple, nommé les Shu Paropamiséens. Ce peuple a une légende qui porte, que la source (origine) de Shu (ma-shu ’,cfr. Hek-shUyWatutshi) est sur la montagne ou rocher de l’horizon! Ceci correspond à la légende des Wahinda, qui prétendent aussi venir d’une montagne sainte Igitara. On peut comparer à cette idée d’origine, d’une hauteur, etc., qui a cours chez différents peuples, la tradition d’Orient, concernant le paradis terrestre. Après la chute, lorsque le premier couple humain fut chassé du paradis, et qu’il s’ était enfui, „ l’endroit brillant d’où ils sortirent leur „paraissait déjà comme une chaîne de monstagnes lointaine”. Lorsqu’ils s’enfuirent „le „ paradis paraissait se retirer après eux, „ comme un nuage. Mais il descendait du „ciel un anneau igné qui se posait autour de „la hauteur où avait été le paradis, comme „un halo autour du soleil ou de la lune”.

„Le paradis se voit maintenant comme un „banc de nuages sous le soleil à l’endroit

„où celui-ci se lève. Il se trouve à l’es^dela „ montagne des prophètes, et apparaît comme „un oeuf flottant au-dessus d’une nappe „d’eaie indéscriptiblement claire, par laquelle „il serait séparé de la terre” (C/K Brentano, 4eéd.p.I7).

Les Wahinda se croient une race bien noble, tandis que l’ég. unt (und, undi, -rundi ?) dénote la misère, la pauvreté, le servage, comme les mots un, an, han, hannu ; et les unnu des hiéroglyphes sont des personnages de cordition obscure et de race noire. — Hind (un ou unt = une déesse) signifie anssi: périodicité, e. a. de la lune. On accolait cette déesse à Kafi le singe cynocéphale (Okapi!), animalisant le dieu par excellence des Typhoniens (Nègres).

L’élément nd, nda, ndi dans les noms des pays Ruanda, Urundi, \JgB,nda doit probablement être mis à côté de celui qui se trouve dans HiïlAu, WahinÛR, etc. Il faut y ajouter l’élément nti, ntu du mot mtu, muntu, umuntu, et qui signifie : homme dans toutes les langues bantu à peu près. Or, nt est le même que nd, puisque on prononce également dans certaines contrées: umuûu (homme), et que les Wanyamwezi par exemple, au lieu de:

WaXutsi, prononcent : Wa^utshL Les lettres T et d sont même parfois remplacées par une h dans des mots, qui malgré cela gardent toujours le même sens. Ainsi, les Wirwana et Wasukumu, au lieu de: mun\u, disent :

mun\\u. — Bantu en micronésien (Mintira) est un esprit (khu en ég.). Antu en ég. signifie: clarté, lumière solaire (Wahinda blancs). Andii en cafre est le premier temps, l’origine; hantu en kirundi: le lieu, l’endroit, la place. Nda ou inda signifie : ventre, en-^ trailles (origine), dans la plupart des langues bantu. Les Wahinda sont une race très ancienne, originaire de la vraie Inde (premier foyer des Hamito-Kushites).

Hu ou Khu est un esprit, et in^oka, signifie un serpent et en même temps une divinité chez beaucoup de Bantu: inzoka (ÜTUndi), Suge (susu), Soko (mpe), Sokoa (esitako), Sogei (kisekise), Sokwo (nufi), Tsoka (marav^i), Tshuka(ibu). C’est le Sekhkhu égyptien. — Hamtu est un croissant en galla. — Un des dieux qui figurent sur les monuments ég., et dont les égyptologues avouent savoir peu de chose, se nomme:

Khetu. On l’appelle le dieu des choses (ivintu : Kintul), des types (symboles), des lettres (runes). Teth, Seth, Sut? La forme première de Sut fut Khut, qui à son tour n’est qu’une modification de Kheft (Kéd). — Har-Khuü (Bar-Makhu) est le dieu solaire Bar-Suti. Les rabbins parlent d’un démon dévorant Ketef (de ketf = Qowpex, ÎQHidice = kukata !) — Ketfi (ég.) est un serpent, le même que l’indien Ketu (le démon Sainhikeya). - Hu ainsi que hut signifie: blanc. Aussi, Khu était-il un esprit blanc (!) La grande pyramide portait, comme titre d’honneur, le nom de Khuti — lumières.

On l’attribue à Khufu (le Chéops d’Hérodote). Quelques-uns l’ont considérée comme une

„WAH1NDA”

construction anté-diluvienne I L’arabe Murtadi (1584) l’attribue à un roi Saurid ou Saiuphf le même probablement que Shufu ou Khiifu.

Nti (ndi), enti ou nuti (ég.) indiquerait^ selon quelques-uns, l’idée d’origine (lat. ex), de la sortie de la non-existence. — Nti (mti, muti, umuti) signifie en bantu: la vie végétative (arbre), un être vivant. — Nuti(Neith) est l’écume de l’eau d’où sortirent les êtres (Hathor, Aphrodite) dans la mythologie égyptienne entre autres.

On pourrait multiplier ces rapprochements et ces analogies, pour ce qui concerne ces

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quatre races Watwa, Wahutu, Watutsi et Wahinda, Il est bien entendu, que les sparsa que je viens de donner, n’ont qu’une valeur relative. Ils peuvent néanmoins mettre sur les traces d’autres trouvailles plus importantes. Plus tard peut-être, lorsqu’on aura étudié davantage les langues des Massai'^ des Galla et Somali, et surtout des peuples nilotiques et soudanais (de l’est), il sera possible d’arriver à des données philologiques sûres, et on pourra voir un peu plus clair dans la question de l’origine, de la filiation, et des migrations de ces multiples peuples noirs Hamito-Kushites.

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