‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 22 sur 152 · VII · texte numérisé non relu

VII

OVI

paroi orientale de l’hypogée n<^. 75 des pyramides de Gizèh, IVe dyn. (cfr. Lepsius: Denkiiiciler^ t. 3, sect. iij pi. 0) on remarque entre autres choses: deux troupeaux d’ânes^ un troupeau de moutons, un de chèvres, et un de boeufs. Ces ânes sont de la race africaine ou nubienne, comme ceux du tombeau de Séü de la Ve dyn. (2717—2499). C’est la seule race qu’on voie figurée sur les monuments anciens de l’Égypte. En disant que cette race est africaine, on n’affirme pas pour cela qu’elle est autochtone en Afrique, mais que sa présence en Afrique est excessivement ancienne. Les moutons et les chèvres au contraire sont d’une race qu’on rattache à une pareille trouvée dans l’Asie déjà. Les boeufs de Gizèh sont de race asiatique, nommée la grande race grise et race des steppes. C’est elle précisément qui se remarque par ses énormes cornes en lyre, et c’est la seule que l’Égypte paraisse avoir jamais possédée. Le zebu (à bosse) est d’origine asiatique lui aussi, mais il est naturalisé en Égypte (cfr. Champollion: Monuments de VEg et de la Nubie, t. IV,pl.427). Donc dès les premières dynasties, du vivant peut-être des descendants directs de Mizraïm, on constate la co-existence du boeuf, du mouton et de la chèvre, tous d’origine asiatique au milieu d’une faune domestique égyptienne ou africaine qui paraît venue du sud avec les premiers occupants du sol, des noirs chamites arrivant par Bab-el-Mandeb. La chèvre des plus anciens monuments provient (!) de la chèvre soi-disant de la Thébaïde à oreilles pendantes et sans barbe. Le chien appartient à toute l’humanité. Il est partout le compagnon fidèle de l’homme. Celui qui est le plus fréquemment représenté sur les monuments est un grand lévrier à oreilles droites, le caberu ou chien sauvage d’Abyssinie. C’est le premier chien sur les anciens monuments consacré au culte d'Anubis. Les prêtres de ce dieu sont figurés à tête de ce lévrier. Le chat de l’ancienne Égypte (Bubastis!) provient, croit-on, du chat ganté qui vit encore dans la vallée du Haut-Nil. Dans l’Afrique équatoriale il y a partout de pareils chats sauvages. Les chats domestiques y sont rares. Ceux qu’on y remarque sont importés de la côte par les Arabes. Les gazelles étaient des animaux domestiques chez les Égyptiens. Elles sont essentiellement africaines. L’âne (domestique) vient d’Asie, peut-être par les Hyksos. Les poules et les chèvres à formes multiples („Zwergziege”) sont répandues partout en Afrique. Ce sont les animaux les plus appropriés au Nègre, quoiqu’ils ne lui soient pas indispensables, puisqu’il est essentiellement agriculteur. C’est autre chose pour les tribus plus pastorales. Quoique ces animaux ne soient pas indispensables aux Nègres primitifs, on ne peut pas avancer pour cela, que jadis les pintades (sauvages maintenant) auraient été ses premiers animaux domestiques. — La poule est arrivée relativement tard. En effet, il y a encore des contrées en Afrique (p. e. l’Urundi) où elle est encore très rare. Elle ne serait pas venue vià l’Egypte, mais directement de l’Inde. C’est une chose remarquable, que les Nègres Bantu en général ne la mangent pas, tandisque les Wamrima et Wangwana musulmanisés en sont des mangeurs enragés. La voie d’importation de la chèvre, du mouton et du boeuf a été le nord-est (golfe d’Aden, Mer-Rouge) et peut-être l’Égypte. On se demande pourquoi la charrue, qui paraît aller ensemble avec le boeuf, ne soit pas adoptée par le Nègre? C’est que de temps immémorial il s’est courbé sur la pioche, qu’il à été toujours un excellent agriculteur tellement que, selon Mackensie, l’européen peut encore appendre de lui! L’introduction de la charrue (chez les Bantu) n’est pas rendue impossible par la présence des „Mischvolker” (peuples plutôt pasteurs) qui se sont glissés comme un coin entre les Égyptiens et les Nègres, mais par leur esprit de suffisance et d’incroyable conservatisme; car les images si ethnologiquement fidèles des Egyptiens prouvent qu’ils avaient à faire avec de vrais Nègres. Ils auraient pu importer la charrue; il n’ont pas voulu. L’espèce bovine n’est pas entrée comme partie essentielle du métier agriculteur. Elle est plutôt un facteur politique. Aussi, les migrations tant volontaires que forcées des tribus pastorales sont à étudier parallèlement à celles des boeufs. Les boeufs en effet sont un objet de propriété; ils représentent la richesse; ils servent d’article d’échange, de dot de mariage, de matière de sacrifice, d'objet de culte, etc. (V. chez Ratzel, Vôlkerkunde, t. /, p. 203 la carte figurant la diffusion du boeuf, de la charrue, etc.).

Un mot aussi des espèces végétales utilitaires. Selon Schweinfurth (Arles Africanae, s, VIII) l’Egypte est un pays de culture asiatique transplantée sur le sol africain;, tellement l’importation de cette culture est manifeste. Une connaissance plus profonde des éléments africains dans la culture égyptienne est néanmoins très utile pour pénétrer davantage celle-ci, et vice versâ ! M. Maspéro croit que le froment^ Vorge^ le sorgho^ la vesce, le lupin^ le pois chiche f la lentille^ la vigne, V épéantra, etc., que toutes ces plantes ont été cultivées très anciennement en Egypte. Selon Dekandolle, Kôrnicke, etc., le durrha (sorghum) est indubitablement d’origine africaine. Le fait qu’on le cultive maintenant dans l’Inde, au sud de l’Europe, au Japon, en Amérique, etc. n’infirme pas cette opinion, au dire des auteurs cités. Le fait est qu’on trouve une variété d’orge dans les plus anciens monuments. Elle serait indigène non seulement en Egypte, mais dans toute l’Afrique équatoriale. Elle vient néanmoins d’Asie, et affirmer que les Égyptiens l’ont importée en Asie serait contraire tout à fait à tout ce que les monuments asiatiques à leur tour enseignent. — Parce que les animaux domestiques sont d’origine asiatique et les plantes utilitairs africaines (?) on voudrait conclure à l’autochtonisme de l’agriculture en Afrique! Ce serait par trop illogique. La diffusion de certaines plantes sur d’énormes superficies du globe peut être très rapide et. exige parfois fort peu de temps. Qu’on songe au tabac et à la pomme de terre, et cela malgré la résistance des Européens à la pomme de terrer Alors le Nègre est plus pratique et plus sagace 1 On lui reproche de n’avoir aucune intelligence de mécanique. C’est peut-être vrai; mais il a vite compris que le mais et le manioc américains lui seraient, à lui agriculteur, très utiles. Alors il les a adoptés avec une admirable célérité. On trouve en ce moment le maïs et le manioc répandus partout en Afrique, et cela en moins de 400 ans! Cela prouve qu’il faut être prudent à tirer des conclusions trop vastes de semblables imports. Puisque le maïs vient d’Amérique, on ne peut pas conclure que le Nègre en vient aussi! Puisque une arme congolaise paraît mélanésienne il serait absurde d’en conclure qu’il y ait là des Papua d’échoués. Pour les animaux domestiques c’est autre chose. De leur présence on peut conclure (et pas encore trop exclusivement) à la communauté d’origine, de foyer, etc.

Statistique de Nègres.

Malgré mes recherches, je n’ai pas réussi à trouver une statistique des Nègres qui habitent sur la terre. Je ne crois pas qu’elle existe. A vrai dire elle est bien difficile à faire. Que faut-il entendre sous la dénomination de nègres c.-à-d. d’hommes „à peau brune foncée „plus ou moins noiref' (il n’y a pas d’hommes complètement noirs) „à cheveux laineux, à ^grosses lèvres, à système dentaire et oculaire très développé” (Quatrefages) ? Ou bien faut-il englober sous cette dénomination les hommes qui ont seulement quelques-uns de ces caractères (p. e. la noirceur) et non pas tous, par exemple les „Mischvolker” de l’Afrique : Massaï, Galla, etc. ? Puis, la statistique est difficile à faire parce que les opinions sont passablement divisées lorsqu’il s’agit d’assigner le chiffre de la population totale de la terre, et celle de V Afrique.

En 1826 il y avait selon Balbi, 737.000.000 d’hommes sur la terre. Dès 1856 M. Oinalius d’Halloy en admettait lOOO.OOü.OOO, chiffre qu’il porta à 1200 millions en 1869. Depuis Hübner et Petermann ont donné resp. les chiffres: 1392.500.000 et 1397.000.000. Selon le même Hübner il y avait sur ces 1392 500.000: 400.000.000 Chrétiens et 992.500.000 non-chrétiens. Les Chrétiens se répartissent selon lui en 200.000.000 Catholiques; 110.000.000 protestants ;

80.000. 000 grecs-schism. ; et 10.000.000 varii-, les non-chrétiens dé leur côté en 500.000.000 bouddhistes ; 150.000.000 brahmanes; 80.000.000 mahométans; 6.500.000 israélites; varii connus:

240.000. 000; id, inconnus: 16.000.000. Selon le même il y aurait 1000 religions et sectes. Burnouf lui admet cinq grandes religions professées par 1136.500.000 hommes sur 1392.500.000. Les 256,000.000 sont divisées entre les sectateurs de mille petites religions. Prof. Hickmann,

comme on sait, admet 1000 langues ou „Hauptmundarten”. — En 1883 il y avait selon Wagner et Behm 1436.197.000 hommes sur la terre, et en 1891 selon H. Wagner et A. Supan 1480.000.000 (cfr. Die Bevôlkerung der Erde'’ dans: Dr. Petermanrb's Mitth, Gotha 1891, Ergânzungsband XXII, Heft 101-104). Ces 1480 millions se divisent ainsi: Europe (sans 1 Islande et les îles atlantiques): 357.379.000; Asie (sans les îles polaires) : 825.954.000 ; Atrique (sans Madagascar): 163.953.000; Amérique (sans les régions polaires): 121.713.000; Australie (continent) et Tasmanie: 3.230 000; îles océaniennes: 7.420.000; régions polaires! 80.400. -- Brockhaus (1900) donne pour toute la terre : 1587.000.000 ; pour l’Asie: 875.000.000 (plus que la moitié!) et pour l’Europe: 392.000.000. — Le Prof. Dr. Katzel admet le' chiffre global de 1500.000.000, et pour faire voir la disproportion graduée, il en place 1350.000.000 dans l’Eurasie- Afrique; 130.000.000 en Amérique; 5.000.000 en Australie ; 3.500.000 à Madagascar; 500.000 à la Nouvelle-Zélande; 140.000 à l’île Ascension et 97.000 à Tristan-da-

Cunha. Selon de Quatrefages la population totale de la terre donne les proportions suivantes: Blancs: jaunes: **/ioo *5 nègres: ”/,oo; océaniens: ^/joo; américains: ‘/loo- — La surface

des terres est occupée par ‘^^/|oq de blancs; ^*/too jaunes; de nègres; d’océaniens, ^®/ioo d’américains. — Selon le même (se basant sur les chiffres d’Omalius d’Halloy) il y a 479.900.000 hommes qui parlent des langues à flexion', 360.550.000 qui se servent de langues agglutinatives, et 359.000.000 qui ont des langues monosyllabiques ou isolantes (Chinois). L aire linguistique à flexion comprend *'/ioo la surface de la terre; celle des langues agglutinatives ^t celle enfln des langues monosyllabiques ^/loo- — Omalius

admet 507.009.000 blancs; 518.991.000 jaunes; 27.200.000 océanéens, 10.100.000 américains; enfln 136.150.000 hommes de races noires plus ou moins pures. — Le Prof. Hickmann, le statisticien bien connu, évalue (1903) la population de la terre à 1600.000.000, dont 270.000.000

cath.; 170.000.000 protestants; 110.000.000 grecs; 220.000.000 musulmans ; 10.000.000 Israélites ; et 820.000.000 polythéistes. Le même admet les chiffres suivants pour- ce qui regarde les langues: 35.000.000 parlent des langues malao-polynésiennes; 410.000.000 des langues isolantes (Chinois); 20.000.000 des langues hamitiques (quidf); 30.000.000 des langues .sémitiques (Hébreux, Arabes, etc,); 30.000.000 (?) des langues bantu ; 90.000.000 des langues central- africaines (!) ; et 50.000.000 des idiomes dravidiens (i. e. hamites).

La population de V Afrique est loin d’être fixée. Ravenstein évaluait la population à 127.038.370 juste c.-à.-d. 4, 2 sur 1 K. M.^. — Supan et Wagner admettent en 1891 le chiffre de 164.000.000, et placent 5 habitants sur 1 K. M.^ (superficie: 29.207.100 K. M.-). — Le Prof. Hickmann, qui donne le chiffre de 29.825.000 K. M.’^, adopte (1903) le chiffre de

177.654.000, c.-à-d. 6 habitants sur 1 K. M.2. — D’autres auteurs varient entre 150 et 180 millions. Schrader parle de 200.000.000. Les chiffres de Ravenstein sont certainement trop bas, et ceux de Schrader ne sont pas trop élevés probablement. La population de l’Afrique s accroît au fur et a mesure qu’on découvre tous ses recoins! Ainsi W^agner. et Supan donnaient en 1891 pour la colonie de Deutsch Ost-Africa le chiffre de 2.900.000 (3 hab. sur 1 K. M.2). Le Prof. Hickmann (1902) donne celui de 5.800.000 (sur 995.000 K. M. 2), tandis que le rapport officiel paru en 1903, fait déjà monter le chiffre de la population de la même colonie au delà de 6.750.000.

On a vu que M. Omalius d’Halloy admet 136.150.000 Nègres sur la terre, divisés en deux groupes: africo-américains, et asiato-océanéens (Larousse parle de 128.000.000 dans l’Afrique seule). ~ Le Dr. E. T. Hamy (Cfr. UAnthrop., t. VIIT, 1897, p. 257—271) établit

qu’il y a un Nègre sur dix habitants de la terre, (1480 millions selon lui) et qu’il y a donc

à peine 140.000.000 Nègres ou Négroïdes sur le Globe. Il les répartit ainsi; 128.000.000 dans l’Afrique au sud du Sahara; — (0.000.000 aux États-Unis, aux Antilles, au Brésil, etc. (il y en a >u 50.000.000 d’exportés dit-on?); — quelques millions (!) au sud-est de l’Asie et aux îles adjacentes (et des 50.000.000 Dravidiens assez noirs qu’en faire, et des 260.000.000 Hindus qui sont noirs pour les dit-on I); — enfin 1.500.000 en Océanie (Mélanésie). Donnons quelques chiffres pour ces différentes aires.

A. Afrique. — Selon le Prof. Hickmann il y a en Afrique 30.000.000 de Sémites (! J (i. e. Abyssins, avec ceux du Geez, du Tigré, etc., Nubiens); puis 20.000.000 de Hamites (i/wid?)

p. e. Berbères, Maures, Kabyles, Touaregs, Coptes, une partie des Abyssins, Dongala, Bedzja, Soho, etc., enfin les Galla-Oromo, Somali, etc. Sous la dénomination de Nègres ou Ethiopiens il entend des hommes (tant en Afrique qu’en Océanie), à peau brune allant jusqu’au noir très foncé, et à cheveux noirs raides ou laineux”. Alors il admet

90.000. 000 de Nègres proprement dits dans l’Afrique septentrionale et centrale, e. a. les Fulbe, Haussa, Sontaï, Fullah, Niam-Niam, Ashanti, Dahoméens, Fan, Tibbu, Wadaï, Massaï, Joruba, Mandingo, Wolof, etc. (On voit que l’auteur confond d’une façon lamentable les „Mischvolker” (Hamites!) avec les Nègres soudanais). Puis viennent les Nègres-Bantu et Bunda dans le sud et le sud-ouest (Cafres, Zulu, Chwana). Enfin la division orientale. (F. infra).

Au Maroc il y avait, en 1880, 200.000 Nègres sur 8.000.000 hab. et 812.400 K. M.2 et en Algérie (798.000 K. M.2), en 1886, sur une population de 3.805.684 (4.740.000 en 1903) seulement 8145 Nègres! Il y en a certainement davantage, comme aussi en Tunisie (2.000.000 hab. sur 100.000 K.M.2). — On évalue la population de la Tripolitaine à 800.000 (1.033.400 K.M. 2). Impossible de dire combien il y a de Nègres dans le „ Hinterland” surtout. — L’Egypte a une superficie de 988.300 K.M.2 et 10.000.000 d’habitants; le Soudan égyptien 20.000.000 d’hab. sur 2.899.000 K. M.2. La grande majorité de cette population est noire (25.000.000?). — L’Abyssinie (540.000 K. M.2) a 4.000.000 ou 4.500.000 hab. — Les Somali, Galla, Massaï sont évalués à 10.970.000. La population du nord-est africain est évaluée à 28.422.000; celle du Soudan moyen à 27.30(\000; celle des régions équatoriales (!) à 16.000.000. — Zanzibar a 2Q0.000 habitants nègres selon Schmidt, ou 150.000 selon Zôller (i. q. 10.000 Arabes, et 7000 Indiens), ou 210.000 selon d’autres. ~ Le Mozambique a 800.000 habitants, et toute la région du Zambèse l.350.000(?). — Le Mozambique avec Angola (2.126.130 K.M.2) a 8.000.000 d’habitants et Angola seul, selon d’autres (Weber) 12.400.000 ou 11.460.000 ! — Au Natal il y avait en 1884 361.766 Nègres, en 1891 459.288. L’évaluation du Prof. Hickmann montant h 5.000.000 pour tout le „Capland” avec Natal (2.500.000 K.M.2) est trop superficielle. — Dans le Transvaal il y avait sur 1.000.000 d’habitants (308.560 K. M.2) 299.749 Nègres en 1886, 774.930 (?) en 1879 et 560.064 en 1891. - — Dans la république d’Orange (131.070 K. M.2) il y a 207.503 ou 210.000 habitants. Combien de Nègres? — Madagascar (599.350 K, M.2) a 3.800.000 habitants, dont un bon tiers est noir (Sakalaves). — Le Zoulouland héberge 139.261 Nègres, et le Basutoland 175.000. — Swaziland (18.140 K. M.2) compte 64.000 ou 60.000 habitants, Swazi-Tongaland 91.000! — Toutes les possessions anglaises du Cap (colonie du Cap) ont une population évaluée à 2.570.000. — Le Bechwanaland (angl.) comptait (en 1891) 4351 Nègres-Bantu, et 3124 Hottentots et autres Nègres! En prenant toute la population noire on arriverait à un total de 43.000! D’autres parlent de 15, 18, 20.000! — La population du Cap se composait en 1891, selon Weber et Supan, comme il suit: régions côtières 7907 Nègres-Bantu et 149.933 Hottentots et autres Noirs! Le pays montagneux de Fest: 320.411, resp. 51215 Hottentots, etc. Karru (?) : 12027 Bantu 76.579 H. Griyualand de l’ouest: 36.436 et 17.210 H. Acquisitions orientales: 470.624 et 5636 H. Nouvelles acquisitions à l’oue>st: 77 Bantu et 710 Hott. On voit combien ces évaluations sont provisoires. — La colonie allemande du sud-ouest (1.417.300 K.M. 2 ) a selon Schinz (1889) 199.800 — 200.000 habitants. Selon Hickmann 6.200.000. — Le Congo belge (2.252.800 K.M.2) a 14.100. 000 habitants (c.-à.-d. 6 sur 1 K.M.2). Ce chiffre est certainement trop bas. — La population du Congo français (5.790.000 K.M.2) est évaluée à

28.000. 000; d’autres parlent de 6.700.000. — Le Kameroun aurait 480.500 et Togoland 2.250.000 habitants. Pour Liberia (85.350 K.M.2) on donne le chiffre de 2.000.000, pour Sierra-Leone 60.000 (Nègres et 163 Européens), pour le Soudan occidental et la Guinée supérieure 33.034.000. D’autres donnent pour le Soudan et la Sénégambie (2.275.000 K.M.2). 13.460.000! Enfin, on évalue grosso modo la population de l’Afrique centrale à

42.000. 000. Combien y a-t-il de Nègres parmi les 2.500.000 habitants du Sahara, qui le dira !

On a vu que la population de „Deutsch Ost-Afrika” évaluée d’abord à 2.900.000, puis à 5 800.000, enfin à 6.750.000, s'est bien accrue. En 1900 il y avait 1243 Européens

ex

dont 955 Allemands; puis 2648 Arabes et 3420 Indiens. En 1901, il y avait 1247 Européens dont 965 Allemands, 2994 Arabes et 5526 Indiens. — Les plus récentes données (juin 1903) portent le chiffre de 6 . 874.000 pour toute la population nègre de la colonie. Elle se répartit de la manière suivante :

„Bezirksâmter”: Tanga 57.000.

Pangani 81.000.

Bagamoyo-Saadani. . 65.000.

Dar-es-Salam . . . . 120.000.

Rufiyi 63.000.

Kilwa 91.000.

Lindi-Mikindani . . 200.000.

Langenburg .... 240.000.

Kilossa 44.000.

Wilhelmsthal . . . 73.000.

„Militâr-Stationen” : Moschi-Gross-Aruscha 160.000.

Kisaka 35.000.

Kilimantinde. . . . 162.000.

Mpwapwa 120.000.

Kondoa-Irangi . . . 55.000.

Tabora 500.000.

Muanza-Shirati . . . 500.000.

Iringa 60.000.

Ujiji 1.250.000.

Songea 166.000.

Mahenge 30.000.

Bismarckburg . . . 220.000.

Uzumbura 2.225.000.

On remarquera que la population de la partie occidentale du nord (Ujiji, Uhha, Urundi, Ruanda) monte déjà à 3 . 475 . 000 . Il y a quelques années on l’évaluait à 1 million. Le temps viendra où l’on sera obligé de doubler le chiffre actuel.

B. Amérique. — Dans les possessions britanniques de l’Amérique du Nord il y avait en 1884 21.394 Nègres et 108.547 Indiens (1890: 122.585). — Dans les Etats-Unis on comptait 6 . 996.166 Nègres en 1890 (et 336.599 Indiens). — Pour l’Alaska on donne (1880) 13,623 Indiens, 13.735 en 1890 et 82 Nègres. — La population du Mexique s’élève (1890) à 11.395.712. On ne donne pas le nombre des Nègres. Quant à l’Amérique centrale, Werner et Supan donnent pour le Guatamala (1880): 844.774 indigènes(?); pour le Honduras (1887) : 68.872 d^"; pour le Nicaragua: 30 000 Indiens, et pour Costarica (1882) 3500 Indiens. On ne spécifie pas les Nègres. L’île de Cuba comptait (1877): 489.249 habitants. Nègres? — Les deux républiques nègres Haïti et Domingo avaient (1887), la première 960.000 et la seconde 360.000 (ou 504 . 000 ?) habitants noirs. Les chiffres ne paraissent pas rigoureux, car on donne aussi pour les deux 1 . 320 . 000 . — Au Jamaïca il y avait en 1881, 580.804 habitants, à Puerto-Ricco en 1877 79 . 235 , et à l’île Bermudas 9591 Nègres. — Passons à l’Amérique du Sud. Dans la Guyane hollandaise on compte 12.000 „Boschnegers”, dans la G. anglaise: 7656 , et dans la G. française: 500 ou 4350 (en 1890) selon Brunetti. — Il y a des Nègres à Curaçao et dans le Vénézuéla. Combien? — Pour le Brésil on donne (1887) 600.000 Indiens. Le nombre des Nègres est inconnu. — C’est le cas aussi pour l’Argentine qui compte (1888) 39.900, ou selon d’autres 50.000 Indiens. Le Pérou a 350.000, l’Ecuador 200.000 et la Columbie 220.000 (ou 78.000!) de ces Indiens, mais on n’a pas pris la peine de faire une statistique des Nègres.

C. Asie. Pour ce continent et les îles adjacentes il n’y a pas de données statistiques pour connaître le nombre des Nègres. On assure que toute la population est tant soit peu noire! Il y a un peu partout des Nigritos (petits Nègres), mais on ne sait rien de

leur nombre, p. e. pour- ceux de la Perse. Aux îles Andaman il y a +6000 Nigritos. D’autres parlent de 2 à 10.000. — A Ceylan il y a 2.000.000 de Singhalais mélangés avec des Dravidiens. — Ces Dravidiens chamites sont évalués à 50.000.000 sur le continent. — Au Kafiristan (y compris le Tshitral, Swat, Indus) et à l’Hindu-Kush, il y a, selon une statistique militaire de 1868, 1.000.000 d’hommes noirs vêtus et infidèles. Selon Biddulph (1880) il y en a 160.000 seulement; selon Mc. Noir (1883): 600.000 et selon Wagner (1891) 600.000 également!

D. Océanie-Australie. — En Australie (continent) il y a encore 31.700 indigènes chamites. Dans la Nouvelle-Guinée (et les possessions allemandes de la mer du Sud?) on donne les chiffres de 450.000, 460.000, 837.000 Nègres-Papua, sans qu’on distingue les Nigritos (superficie: 244.063 K. M.s). — On évalue la population noire de la Mélanésie à 642.300; e. a. aux Nouvelles-Hébrides 87.300 à 95.500, et à la Nouvelle-Zélande (1889) 620.061 parmi lesquels 41.774 Maori. Ces mêmes Maori seraient en Mélanésie 44.097 en 1880, et 41.969 juste en 1884. On distingue même 39.679 Maori purs et 4.212 métissés. — La population plus ou moins négroïde de la Micronésie est évaluée en 1891, à 9400 et celle de la Polynésie à 115.600 (e. a. 2350 aux îles Fidji).

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