SUE
L’ÜRUNDI ET LES WARUNDL
Abeille.
Les W arundi ( W atutsi, W ahutu et W atwa) aiment le miel et s’appliquent à Fapiculture surtout dans TUyogoma et rUzige, puisque là le pays est plus boisé qu’à l’interieur. Les ruches sont placées en haut des arbres {= kwëgëkà ku ^mugogo, ku ’muti) ou sur des pieux. Ces ruches ^ont cylindriques, d’une longueur de 1»'.50 et de de diamètre, creusées (= kuwaza) dans un tronc d’arbre, de palmier (== à Uzige), ou tressées de papyrus (= kud~ zjisha ikltibà) en rond (à l’interieur de l’ürundi). Des rondeaux tressés en paille servent pour boucher les deux extrémités (uruwiga); l’une d’elles est percée d’un trou {= impuzo) par où les abeilles entrent et sortent. Devant ce petit trou est fixée une tablette (— w'ukangiriro). Lorsqu’une jeune reine entreprenante (= umuhinga) quitte la ruche-mère (= kivïmürà) et que cette colonie nomade, cet essaim, est aperçu par un Murundi, il cherche à le capturer (= kutora inzuki). Il commence par crier de toutes ses forces:
jjturürâ! turürâ! umwami wHnzuki, turUrâ!’* (= kuturürcL = descendre). Tout en criant (= kutururuza) il tâche de jeter de la poussière (= kumiza ivvu) et de l’eau {== kutôtâ) sur l’essaim pour le faire tomber plus vite.
Aussitôt l’essaim tombé, quelqu’un, bien habillé par tout le corps (— kwifuka), porte la ruche près de l’essaim (= kwinzjizHnzuki, met du feu près des abeilles et un pot plein d’eau dont il prend une gorgée de temps en temps pour cracher sur les abeilles (— kuhuhèra inzuki). Entre-temps il cherche à saisir la reine (= kurôndërà umwami). La reine prise et fixée au milieu de la ruche (= kwinzjiza) il s’en va. Toutes les abeilles ayant rejoint leur reine, il porte la ruche à l’endroit choisi (— ahantu h'intiha). Les abeilles délient (= kuwohora) leur reine, et s’installent. Lorsque les abeilles ont travaillé quelques mois et que l’on veut prendre du miel (= kuhakürâ uwuki) on ouvre la ruche la nuit et l’on y introduit de la fumée (— kwotsa umotsi). Les abeilles alors se blottissent dans un coin (= kugümïrà) et lâchent le miel que l’on enlève (= kwakürâ uwuki). On coupe les rayons en
morceaux (= kiihimagura ivimamarra) et on les met dans une cruche. — Kurondôka = les abeilles deviennent trop nombreuses dans une ruche. Kudaha uwuki = les abeilles vont glaner du miel ~ kunyohwa.
Voici comment les Warundi racontent „rHistoire naturelle” des abeilles: ,jMu^mu~ jjZinga ariJio umtvami umwe, nHngawo ziwe^ izina j^ryawo impingwe wHnzuki. Umwami ntàgïràikijjkorwa, aricyara gussa mu^nzu yiwe; impingwe ,.ziricyara ku ^ruhande rw^ umwami ; inzuki ziraj^genda kusuma. Zikaheza, impingwe zikagenda jjkuraba inzuki mu ’kisanzsj zikarwana^ zikakujjWita inzuki, zikaziyaga (= kunyohwa) uwuki, „zikatwara, ku^mwami, zikayimamara (— kwi- „mamara mu mashi). „Impingwe ziravyara im- „pingwe; inzuki ziravyara inzuki zagwire)^
Aborigène.
Les WatTva se considèrent comme les vrais aborigènes du pays, et disent TUrundi (Ugumiriza) leur pays. Le nom: „Urundi” vient-il de la racine mdi = autre, comme pour dire que ce pays est peuplé par des gens venues d’ailleurs? Ou du mot „umu~ rundi” = „tibia”, parce que, réellement, les Warundi se distinguent anthropologiquement par des jambes minces, élancées! — Trois races, bien tranchées, occupent le sol. lo. Awatutsi (= kutuka, ututsi — insulte, attentat à la pudeur = Hamites-Cham !) ou:
Awahima (~ kwïma, kwimira, kwimika — être roi). Les Watv^a les appellent: „ Awahima’* ou: „Awa7^cmgàrâ” (— wagenz’umunyu = marchands de sel). Ce sont des Hamites, (Gaulois?) originaires des Galla-Lânder, occupant très longtemps le sol. Ce sont de beaux hommes, de haute stature (jusqu’à 2i^.00, 2^.10, 2^.16 1), souvent au profil Grec. Noirs dans l’Urundi, ils sont plus clairs (bruns, „ Bronze statuen”) dans le Kuanda. Leurs femmes sont souvent d’une rémarquable beauté. — Il ne faut pas confondre les Watutsi ou Wahima avec les Wahinda. Ceux-ci sont d’origine differente (Egypte?) et forment la famille régnante (dynastie) dans l’Urundi, le Kuanda et ailleurs. C’est une race superbe, vrais fils d’Enac, dépassant en beauté les Watutsi ordinaires. — Ces Hamites sont inteiliquents,