ABORIGÈNE
rusés, hypocrites, fiers, très superstitieux, sont une race de pasteurs, forment une espèce de „Hirten-Adel”. Leur proportion dans le chiffre de la population est de i sur iO. 2o. Awarundi ou : Aivahutu ou : Awagumiriza. C’est la race des aborigènes proprement dits, des vaincus, des soumis comme leur nom (=r umuhutu ou : umwiru = serf, esclave) l’indique. Ils sont à classer parmi les Vieux-Bantu, se disent venus de l’Est et du Nord-Est, rUzinzja, en contournant le Nyanza à l’Est. — Ils sont cultivateurs, de taille moyenne, noirs, maigres, secs, nerveux, agils, actifs, irascibles, vindicatifs, voleurs, menteurs. Leur nombre est de 85 sur iOO h peu près. So. Awatwa ou:
awayanda = Pygmées, race de vrais parias, éparpillés un peu par tout l’Urundi, surtout dans les parties boisées et le long des rivières. Ils sont cinq sur cent habitants. Ils sont chasseurs, forgerons, potiers, e. u. m. les industriels du pays (en vrais fils de Tubal-Caïn). Ils sont très nomades, timides, cruels, irascibles, très adonnés à la magie, très noirs, maigres, de stature au dessous de la moyenne (1>^«.30, l'^^.40), poilus (= „pilosi” d’Isaïe). Les Warundi les méprisent beaucoup et ne les considèrent pas comme des hommes*, mais comme des bêtes (— ivisukka, ivikoko = singes. Satyres, race de maudits, de Caïn?) Le mot Awatwa renferme la particule diminutive comme pour désigner ces „homunculi” = „cobolds”. — Entre eux, les Watwa s’appellent: ,,Awakeme'^ et dans leurs chants religieux ils s’intitulent: y^awahiingu wHwahuye” — fils des hommes-pierres. Ce nom singulier rappelle la legende de Deucalion, les Cyclopes etc. Les Wanyaruanda les nomment :
waivatwa^\ Les Warundi leur donnent encore les noms suivants: a) Awayovu — fils d’élephant, chasseurs d’éléphant, ou : ^^awatamayovu’’ ; b) = enfants, synonyme de
Awatwa^ à cause de leur petite stature ou bien, parce que les Warundi les traitent en enfants; car jamais un Murundi entre dans une maison de Mutwa, pas plus qu’on père- Murundi entrera dans la maison de son fils; c) jjAtvakeme** ; d) j^Awayehé” ] e) ,jAwawicya^^ = égorgeurs, massacreurs, terribles dans la guerre (fils de Caïn qui tue Abel); f) „Awaharra” (= kuharra ~ préparer, tanner les peaux). Les Watwa se vêtent volontiers de peaux et savent fort bien les préparer (=: „pilosi”, Onocentaures; les Watwa sont en effet poilus, cfr. Stuhlmann). — Parmi les Warundi il y a plusieurs tribus, portant les noms des provinces qu’ils habitent, p. e. Wamosso (S. E. près de l’Uhha), Wayogoma, WayungUj Wayangayanga (S.), Wazige^ Wayenze^ Wanyamugambaj WanyakB'imira (à Mugera), Wanyekihïgzrô, Wanyekinga, etc.
Abstinence.
lo. Les Warundi s’âbstiennent (par motif religieux = kùzïràj ivintu vyàzirâ) de manger la viande de chevre, de mouton (?), de poule, les oeufs, le poisson (ceux de l’interieur) et la viande d’un tas d’animaux im-
mondes (illégaux). 2o. Ils ne boivent pas toute l’eau qui se trouve dans leur hutte le soir, mais en laissent toujours un peu {utuzi tw imunct = l’eau d’Imana !) au fond d’une cruche, pour que les Mânes rôdeurs de la nuit s’en servent, la bénissent (sic). Avec cette eau toute la famille se lave le corps le matin. 3o. Un pêcheur qui n’attrappe qu’un seul poisson, doit le jeter dans le lac. 4o.
Une femme enceinte s’abstient de viande, d’haricots, „d’amateke”, de patates, de sel. 5o. Le père de famille étant mort, la femme et les enfants doivent s’abstenir de sel jusqu’à la fin du deuil et on ne se coupe pas la barbe ou les cheveux. 6o. Le charmeur de poisson (=: umufumu wHmhoga)j ne peut pas manger de poisson; autrement son art deviendrait vain. 7o. Les jeunes msxiéB, s^ abstiennent un jour.... 8o. On ne passe pas une rivière sans se signer le front avec de la boue.
9o. On évité avec soin les „iviheko” fichés au milieu des sentiers. lOo. Le père n’entre pas dans la maison de sa belle-fille, llo. Une fille mariée, qui n’a pas encore d’enfant, ne se montre pas à son père, sinon voilée; elle reste voilée aussi devant son mari le premier temps de leur mariage. 12o. Celui qui a une plaie à la jambe s’abstient de voir une vache vêler ; sans quoi sa plaie grandirait démesurément. 12o. On s’abstient de chauffer et de bouillir le lait, autrement les vaches perdraient leur pis. 13o. Celui qui mange des arachides ou des petits pois, ne boit pas du lait ce jour; autrement la vache recevrait des abcès au pis. 14o. On ne touche pas aux coques d’oeufs jetées aux carrefours (parce que la poule mange les oeufs ou tue les poussins); autrement on gagnerait une maladie. 15o. Une femme accouchée ne doit pas sortir avant le 3^ jour. 16o. Si, à la naissance des jumeaux, on s’abstient de danser etc., ces enfants mourront sûrement et la mère aussi. 17o. On s’abstient avec soin de tuer le serpent ,jisato^% de toucher aux „ivigabiro”, etc. 18o. On n’entre pas dans la maison d’un Pygmée (= Umutwa); on ne mange, on ne boit pas avec lui. 19o. On ne s’assied pas sur un „ingatta” (= coussinet à porter sur la tête); on doit cracher dessus, la jeter au loin, sans quoi on aurait des malheurs. 20o. On ne tue pas la bergeonnerette, oiseau sacré. 21o. Generatim Nigri omnino non coëunt cum praegnantibus (inde scelera multa!), non ita vero Warundi; abstinent tantum très quatuorve dies post menstruas. Etc. etc.
Accoucher.
La femme étant à terme (= ari mu kuvyaruy ari hafi y^ukuvyara, inda yakuze), le mari appelle quelques femmes voisines pour prêter secours (= kumufashya), ce qui pst rarement necessaire. Les hommes n’y assistent pas (waravvaho). Le mari sort ou reste pour encourager sa femme, si elle a peur.
Pour un cas difficile on appelle une femme experte (= umuvyeyiy kuvyaza). Le yjiimufumu”