CHANSON
qu'une simple ficelle, autour les reiris^ sur le corps nu. C’est plus qu’un simple ornement;, quoique très souvent on pretexte ce motif. Les perles, qui ornent quelquefois la ficelle, sont réellement un ornement, mais non pas la ceinture elle-même. Elle a un sens aphrodisiaque très caractérisé, chez la femme surtout („incitare ad Venerem, Venus- Gürtel). Des amulettes sont suspendues souvent à cette ceinture, pour renforcer son action, ou pour d’autres motifs^ p. e. écarter des maléfices, l’impotence, le nouement de l’aiguillette. Les hommes (dans l’Uzige surtout) portent autour les reins plusieurs fils de fer minces (= imitahé). Dans l’intérieur du pays, la ceinture se compose presque toujours d’une simple ficelle, garnie ou non d’aiguillettes (= imiti). C’est le ,,umufumu'\ qui doit imprégner la ceinture d’une influence par ses incantations. — Les femmes Warundi ne portent pas, comme celles de toutl’Unyamwezi, un igupi attaché à leur ceinture, c.-a.-d. un petit tablier^ en toile, de 10 à 15 c.M.
carrés, garni presque toujours de perles de différentes couleurs, et rangées toujours en triangles avec la pointe en bas. C’est le j^Cteis'' symbolisé, à n’en pas douter. Dans l’Unyamwezi, même les petites filles portent déjà cet jjigupi” et professent ainsi inconsciemment leur culte de Venus, comme une vulgaire Bacchante Les femmes Warundi ont toujours leur ceinture (,^ipote” chez lesWanyamwezi) sans tablier, mais le motif n’en est pas meilleur pour cela. Cet ipote s’appelle en Kirundi ,prumbi’\ ou jjivipambà^\ si elle se compose d’une double raie de perles. Les petites filles portent également de ces ceintures (— imikanda^ inshe cy’awabobwa). Si elles sont ornées de perles, on les nomme ivisango. Au lieu de perles (qui sont assez rares), les plus pauvres (les filles surtout) attachent à cette ceinture-ficelle d’autres objets en guise d’ornements, p. e. des noyaux de fruits indibuy des minuscules tabourets sculptés intebej etc. Tout cela se fait pour s’orner, pour être, „belle”, dit-on. — Une autre sorte de ceinture, ce sont les umweko des hommes (pour serrer leur habit autour les reins en travaillant ou en dansant), et les ikitsïbô des femmes (même but). Quelques unes de ces ikitsibo, larges de 2 à 3 c.M., sont joliment tressées de ficelles de „ficus” et garnies d’une boutonnière. Après cela, les femmes ont encore des u/munoni^ intunda^ umushiswa. C’est un bandage très artistement tressé d’herbe fine, dorée, et qui est portée au-dessus des mamelles pour comprimer celles-ci, et serrer en même temps l’habit. V. „Ornemenff\ Fig.
no. 22, 23, 94.
Célibat.
L’Etat célibataire est méprisé par les Warundi. Une fille virophobe (= ikimaze), qui refuserait de parti-pris à se marier, serait tuée, assure-t-on.
Cérémonie.
On se tromperait, si l’on croyait, que les
W^ arundi ne possèdent pas une certaine politesse, s’affirmant dans un cérémonial assez compliqué, mais scrupuleusement observé. Il y a des cérémonies pour un mariage, une demande de mariage, un enterrement, l’offrande d’un cadeau, la naissance de jumeaux, une installation de jjmutivare”j l’ouverture des cultures, etc. etc. (V. ces mots; puis:
,jPolitesse'% ,, Salut'').
Champignon.
Les Warundi (comme tous les Nègres) sont très friands de champignons. Ils en mangent beaucoup. Ils savent fort bien distinguer les bons des mauvais et rendre même ces derniers mangeables. Il est inoui, que quelqu’un meurt empoisonné par les champignons. On les fait sécher au soleil : après cela on les fait cuire et recuire. On les mange avec du sel (si l’on en a), ou avec de l’huile de palme (dans l’Uzige).
Chanson.
Quoique les Warundi ne soient pas des grands chantres, ils ont pourtant un certain nombre de chansons, qu’on chante surtout en dansant ou en travaillant. En voici quelques spécimens. (Cfr. ^Berceau", ubi 2 Wiegelieder).