CEINTURE
(= mvatwaré), soit pour obtenir un jugement favorable dans un procès, soit pour avoir une concession de terrain (= ishikanwa ry'uhwatsi), soit pour tout autre motif. Un chef ne ^visitera (= kugenda kuramutsa, kuramukanya) pas un Blanc, sans se faire accompagner par un cadeau, en forme de boeufs, de chèvres, de bière, de bananes, etc. De son côté, le Blanc doit nécessairement se conformer à cet usage invétéré et donner de temps en temps des cadeaux. Les Watwa échangent aussi des cadeaux, mais ils offrent à leurs chefs Warundi des pots, des pipes, du bois de chauffage, et jamais de la bière ou des vivres, sachant bien, que ceux-ci ne les mangeraient ou ne boiraient pas. L’offrande d’un cadeau est accompagnée de tout un cérémonial. Le tout est d’abord placé aux pieds de celui qui reçoit le présent (= kwereka ishikanwa).
Un des porteurs, ou le donateur lui-même, vient goûter, ou sucer, un peu de bière de chaque pot. Si c’est du miel, il y enfonce un bâtonnet et le lèche. Cela se fait, pour prouver que les choses offei’tes ne contiennent pas du poison, et surtout, qu’el'es ne sont pas maléficiées (= kurogôra: ndarogoyé). Après cela, il s’assied et fait un „ speech” en règle (= kushikiriza ishikanwa). Dans ce discours il dit en substance: „ qu’il offre un présent,-qu’il vous aime beaucoup,-que vous l’aimiez à votre tour, -que vous soyez content, et que vous lui donniez beaucoup en retour” (= ,^ungabirej ushimire'^). C’est du bon ton, et nullement impoli, de demander beaucoup et même démesurément (= nanzje nkire). Alors celui qui a reçu le cadeau doit prrler à son tour (— kwishura idzjamho)^ déclarer qu’il est content (= ndashimye)^ promettre quelque chose, et le donner tout de suite {= kumugabira rimwé), ou le remettre à plus tard (— kumuha umivenda, umu~ hongo). L’offrant se lève, court chercher de l’herbe (= kukura ubwatsi), se met à crier à tue-tête qu’il à reçu (— kuvuga 'mazina^ kuhimbariva: ahimbawe), à sauter, à bondir comme un forcené. Cela fini, il dépose l’herbe aux pieds de celui qui a reçu le cadeau (= kumukurira ubwatsi), en frappant dans les mains (= kukoma amashi). L’usage veut, qu’on rende un peu de ce qu’on a reçu (— kuwa~ rogoza), p. e. une cruche de bière sur trois qu’on vient de recevoir. Des cadeaux s’échangent spécialement à certaines occasions dans la vie: naissance, (sp. des jumeaux), mariage, (V. ce mot) etc. V. ,jSaluf\
Carquois.
Les carquois sont .assez rares dans l’Urundi. Les Wahha s’en servent d’avantage. En voyage, et même en guerre, le Murundi emporte à la main 4 à 7 flèches. Quelques-uns en ont à la maison, pour conserver les flèches. Le carquois est tressé, assez artistement, de paille fine, ou bien, un morceau de bois est creusé et garni d’un couvercle qui s’y adapte. Le dehors est orné de rayures et de triangles. Cè sont les Wahha surtout, qui fabriquent
cette dernière sorte de carquois. Les Watwa n’en ont pas. V. Fig. n^. 19.
Carrefour.
Les Warundi attachent un sens superstitieux aux carrefours (= amahira awiri, z’aniU’ kika, z’inkika). Si nos sorcières d’Europe y font leurs simagrées, les ,jAwafumu” de TUrundi font de même. Lorsqu’il s’agit de débarrasser un malade d’une maladie, il va à un carrefour, y verse de l’eau et y dépose certaines herbes magiques. Alors celui qui y passe par mégarde attrapera cette maladie.
La maladie, étant attribuée ordinairement à un maléfice, on veut ainsi la transférer sur un autre. Cela s’appelle kuhagira uniuzira. — Souvent on remarque aux carrefours des épis vides de maïs, d’ écosses d’arachides, etc., qui sont jetés là à dessein, surtout par les femmes. En agissant ainsi, elles croyent que le maïs, les arachides, etc., qui sont dans les champs, ne „ pourriront” pas, mais que la récolte sera bonne. — Une influence salutaire et bonne est donc censée sortir de ce chemin croisé. L’attribuent-ils à la croix"?
C’est probable, puisque la croix a son rôle dans d’autres pratiques. V. ,jGiiérisseiir'’ = ,^umufumu’\
Casse-tête.
Les casses-tête sont fréquents chez les Warundi. Il est plutôt une arme de parade que de guerre. On aime à se promener un casse-tête à la main. Il est façonné d’un seul morceau de bois, bien poli. La tête est à trois facettes (à deux dans l’Uzige). Les Watwa et les Warundi les fabriquent. Fig. n'\ 20.
Castration.
Les Warundi ne castrent pas leurs boeufs.
On accuse les Watutsi de castrer leurs ennemis prisonniers.
Cautérisation.
La médication par le feu est fort en usage.
Tous les Warundi savent faire des points de feu (= kudomâgnrd, kwotsa). Souvent on brûle sur le front (= ku "misaya = tempes).
Il y a deux procédés; 1^. A l’endroit du corps, où l’on veut cautériser, on met d’abord un peu de cendres, pour restreindre et limiter la brûlure. Puis, on rougit (— kushushya) au feu une aiguille à tresser des paniers (= uruhindu), fixé dans un morceau de bois; ou bien, on se sert d’un simple tison enflammé (= ikisirira), ou charbon brûlant. On touche légèrement avec ce fer rougi l’endroit marqué de cendres. Pour calmer la douleur, on frotte un peu de beurre sur les brûlures (=kuslga: hunuke: kuvva ku ^mikuba, ku ’vishishwa). — 2®. Un morceau de bois dur, p. e.
une vieille flèche sans pointe urusingo), est frotté très vitement sur un autre bois tendre (— umusabiro, kukanda umukizekize).
Le bois prend feu, et avec ce bois on touche les endroits marqués de cendre; puis on frotte du beurre dessus. V. „Tatouage'\ Fig. n'>. 21. Ceinture.
Les Warundi, comme tous les Nègres à peu pjès, portent des ceintures^ ne fût ce