EZ
Sémito-Hamite.s.
Libyco-Berbère.s.
„Misohvôlker”.
Xègres-Soudanai.s.
Nègre.s-Baiitu.
Khoï-Sân.
+ Négrilles-Pygmées.
de longs siècles, l'Afrique du Nord. Les dolmens et les autres monuments mégalithiques sont leur oeuvre. Vers 1100 ils fondèrent Tumbuktu (Tu,aregs). A un moment donné, ils s’emparèrent de la Sicile, des îles Baléares, de la moitié de l'Espagne, et presque de la France. — On distingue deux types de Berbères ; les uns bruns (c'est le type commun), les autres blonils (dans l’Aurôs, ceux du Riff.) Parmi ces blancs Berbères on distingue les groupes suivants: u. Tiiurrj/s (Sahara): b. /rmu/n (Maures, Trarz,as, Brakuas, Doua'iches, habit.ant à l’extrémité S. O. des déserts le long de la rive droite du Sénégal); r. C/ællouh (Maroc); <(, Cluiouius (Aurès); e. Kubi/les (grande et petite Kabylie).
Voici une autre division des Berbères: u. Clioullali (Figuig, Hf Athas, Atlas soptentL du Maroc, partie occidentale du dép'. d’Oran); b. Kabi/Irs et M'zubUr.s-^ c. Tvarcf/s (désert du Sahara); d. Tibbous (gr.and désert do Libye entre Pezzan et l'Egypte). Il faut y attacher (peut-être ‘f) les JUtrubru de la Nubie et du golfe d’Aden. — On distingue les dialectes berbères (à fond c/utuii/r) suivants: a. Airiazi;/h (Maroc); b. Chrl/du (dans les montagnes maroccaines et en Algérie); r. ('.huwiuh (Kabylie, Tunisie); d. Tuiylii (Tripol); c. Tibbuu (E.st du Sahara et Sud de Fezzan); /'. dialecte des M'zubHrs. D'autres distinguent : u. le vrai Kabyle (Algérie); b. le Tamachet des Tuaregs; r. le Zeiiiu/a du Sénégal; d. le Guancho (anciens habitants dos Canaries), etc.
La race blunr/ir est représentée: H. Par les Sémites Ar<d/rs et Jui/'s. Les premiers sont assez nombreux. Ils commencèrent à envahir le Nord do l'Afrique au Vil» siècle,
et surtout entre le Xl^ et le XlIIe. Les uns sont sédentaires et passablement européanisés ; les autres (Bédouins) sont pasteurs et nomades. On peut ajouter comme race blanche de FAfrique : G. Les Indo-germains Hollandais-Boers au sud, y compris les Anglo-Saxons Anglais. Si Ton considère Madagascar comme une île africaine, on doit ajouter encore: D. Les Hovas d’origine malaise, selon les uns, hamite (Wahuma!) selon les autres.
2o. Les Ethiopiens (Noirs mais distincts des Nègres proprement dits). — Ce sont des races kushito-hamites mêlées de sang sémite et nègre (chamite). On les appelle aussi des races noires (rougeâtres!) mixtes. On distingue: a. Les Nubiens (en partie); b. les Abyssins \ c. les Danakil ou Afar\ d. les Somâli; e. les Galla ou Oromoj f. les W^ahinda^Wahuma-Watutsi des Grands-Lacs; g, les Massai] h. les Mambattu] i. les Nyam-nyam à peau rougeâtre du Bahr-el-Ghazal ; j. les Sotms (Adamaoua) ; k. les Peuls ou Foulbe (Sénégal, Gambie) ; L les
Pahouins ou Fan. Ces peuples remarquables dont les ancêtres (lesquels?) ont régné sur FEgypto, présentent malgré leur aspect de confraternité, des nuances somatologiques assez dissemblables. Ainsi, leur peau est tantôt très foncée (Somali, Watutsi, etc.) et tantôt assez claire et presque rouge („Bronzenstatuen”) p. e. chez les Wahinda. Leurs cheveux sont tantôt frisés (Watutsi), tantôt longs (Massaï). Leurs traits sont fins et souvent très beaux ; le nez saillant, etc. — Quant aux langues de ces races mixtes, on les appelle provisoirement hamites. C’est un mot qui — in casu — dit peu de chose. Il est évident qu’ils parlent tous africain ! Beaucoup parmi eux parlent bantu. — En attendant des recherches plus exactes, on s’est contenté de mentionner ces langues comme: a. Somali; b. Galla; c. Bedja; d. Dankali ; e. Saho(9); f. Agaou ; g. Bisharin ; h. Hadendoa ; i. Charatin ; j. Shilluk et autre Nilotiques, etc. — L’ensemble des langues vulgo hamites du Nord et du N. -Est de l’Afrique se présente en trois groupes: A. Egyptien, sous-divisé en : a. égypt. antigue, et: b. Copte. — B. Libyen ou Berbère (v. supra). — C. Ethiopien ou mixte {v. supra).
3'\ Les San et Khoî-Khof. On n’est pas d’accord s’il faut compter ces deux peuples comme appartenant à une même race, ou bien s’il faut les distinguer. La première opinion est admise assez généralement aujourdhui. M. le Prof. G. H. Schils a établi l’affinité de leurs langue s (F. Compte-rendu du Congr. internat. 1894, Bruxelles, O. Schepens). Selon lui „ce ne sont „pas des dialectes d’une même langue mais des filles d'aune langue pro-ethnigue^ qui a „ disparu à jamais, et qui restera toujours inconnue. Elles se sont séparé de bonne heure „et les deux nations se sont développées sur leurs territoires respectifs, les Khoi comme „pasteurs, les Sàn comme chasseurs . . . .” Ce serait alors un phénomène analogue à celui que je soupçonnais pour le Kitwa et le Kirundi, et que j’ai mentionné dans mes ,jÉléments cVune Gramm. kwundi, p. 79, 86, 106 — 108. Quoiqu’il en soit, ce groupe humain reste passablement énigmatique. On les range parmi les pygmées ou néjrilles africains malgré leur couleur jaunâtre. Ils constituent certainement une couche ethnique fort ancienne qui, a occupé autrefois (au moins) tout le sud-africain, et qui a été refoulé par les Bantu puis par les barbares Européens, de la sorte qu’ils subiront le sort des Tasmaniens. D’où viennent-ils? On a voulu y voir des Juifs, des Egyptiens, des Malais, des Mongols, etc. (V. Notice ,, Watwa'' -Pygmées).
A. San ou Bosjesmans, Le dernier nom (= hommes des bois) est une épithète qui leur a été infligée par les Boers. Eux s’appellent: Sân i. e. hommes {—awantu). On les trouve encore par groupes isolés sur une grande superficie de l’Afrique australe occident al e. Au sud ils dépassent la rivière Orange, mais au Nord ils ne sont pas signalés (?) au-dolà de l’Okovango. Ils sont principalement parqués dans le grand désert du Kalahari. Les Chwana à l’est, les Griqua au sud, les Namaqua et Damara à l’ouest les cernent ou le:; pénètrent. Leur taille est + de l'«.40; leur crâne est dolichocéphale (indice : 73.02 ; capacil 0 crân. : 1.250 o.M.). Ils sont connus par deux particularités corporelles abnormales: la stéatopygie et le „tablier”. Leur langue (agglutinante) se remarque par ses „clicks” particuliers. Comme les Watwa ils sont essentiellement chasseurs. — On sait peu de chose sur leur distinction en tribus. M. de Quatrefages mentionne les Huzuana(f). On parle des Bà,n-Ovikuangara, Kaikaibrio, etc., mais ces noms ne sont peut-être que des sobriquets. D’autres auteurs en font simplement une fraction des Hottentots.
B. Khoï-Khoï ou Hottentots. Cette race, proche parente des San, comme on vient de le voir, mais très métissée avec du sang nègre et même indo-germain (Boers), occupe encore un grand aire à peu près depuis le Cap jusqu’au Walvisch-Baai et même au-delà. On distingue parmi eux: a. Namaqaa; b. les Korana, Koraqua(f); c. les d. les Bosjesmans (selon
quelques-uns); e. les Bakuratses(f) ; f. les Qaaqiiaf (de Quatrefages) ; r/. les Gonaqua ; h les ^^Bercf- Damara. — On a toujours représenté cette race comme très abrutie. C’est faux. Elle a donné des preuves de courage (Witbooi), et d’intelligence remarquable. Il est vrai qu’alors elle était métissée. Les Hottentots sont petits. Ils ont les yeux un peu bridés, les pommettes saillantes, la chevelure laineuse et frisée. Ils sont bruns ou jaunâtres. Ils sont sujets à la stéatopygie et leur langue a des „clicks” comme celle des San.
4'*. Les Pygmées ou Négrilles (Watwa). — Bans notre dernière Notice il a été parlé assez longuement de cette race. Inutile d’y revenir ici.
5*^. Les Nègres-Soudanais. — Ce sont les vrais Nègres de l’antiquité classique, bien connus des Romains, des Etrusques et des Grecs d’Alexandrie qui les représentent souvent sur leurs objets d’art, comme les Egyptiens de l’ancien empire sur leurs stèles, et dans leurs tombeaux. Ce sont absolument les mêmes Soudanais-Nubiens très noirs que nous voyons de nos jours. Le portrait tracé d’une Négresse soudanaise par un poète latin anonyme s’applique toujours à la race. Le voici:
Afra genuSj tota patriam testante figura.
Torta comam, labroque fumens et fusca colorem :
Pectore lato, jacens mamniis, compressior alvo,
Cruribus exilis, spatiosa prodiga planta,
Continuis rimis calcanea scissa rigebant.
Ils sont robustes, élancés, à peau très noire, à cheveux très crépus, au crâne haut et allongé, à face très projetée, à nez fort épâté, à lèvres très volumineuses. — Leur habitai primitif était, en général, l’Afrique au sud du Sahara. On ne sait pas jusque où ils s’étendaient vers le sud. Actuellement ils occupent: a. leur habitat primitif en exceptant le pays des Abyssins, Galla, Somali, Massai, Wahuma, etc.; b. à l’état sporadique: la Tripolitaine, la Mauritanie, l’Egypte. On en a transportés, au nombre de 30 millions ou de 50 millions selon d’autres, en Amérique ou ils sont nombreux dans quelques Etats du Sud des Etats-Unis, aux Antilles (Haïti, San-Domingo), à la Guyane, dans quelques parties du Brésil et du Peru. Parmi ces déportés il y avait néanmoins beaucoup de Nègres-bantu aussi. On peut délimiter leur habitat, en Afrique, de la manière suivante: depuis l’océan atlantique on suit la rive droite du Sénégal jusqu’au rencontre du 15'^ longitude. De là on tire au nord du grand boucle formé par le Niger vers Tumbuktu. De Tumbuktu on oblique dans une direction sud-est vers la lac Tchad. De ce lac la ligne de démarcation va droit à peu près vers Khartum au confluent du Nil-Bleu avec le Nil-Blanc. D’ici il y a encore des groupes nègres isolés (Base, Barea) par le nord de l’Abyssinie jusqu’à la Mer-Rouge (Massuah), mais la ligne continue de démarcation des Nègres a fait inflexion depuis des siècles vers le sud le long du Nil-Blanc jusqu’à la rivière Sobat. Elle suit (S. E) le Sobat jusqu’au lac Albert-Edouard, gagne le Somerset-Nil et aboutit au N. E. du lac Nyanza pour se terminer, en décrivant un grand boucle, pour contourner les Massaï, à l’Océan- Indien à la hauteur environ de l’Equateur. Tout Vimmense pays au nord de cette ligne est habité soit par les blancs-Berbères et Sémites, soit par des races mixtes noires kushitohamites. Tout le territoire qui se trouve au-dessous de cette ligne irrégulière (jusqu’à la frontière des Bantu, V. infra) est occupé par les Nègres Soudanais. Toute cette masse, groupée à l’ouest, à l’est et au sud du lac Tchad, paraît assez homogène. Elle est néanmoins très mélangée par des croisements innombrables et des interpénétrations qui durent depuis tous les temps connus.
On les distingue ordinairement en trois groupes, en attendant une spécification plus exacte qui fait défaut, et qui n’est pas facile à faire. .1. Nègres-Soudanais de l’O/a^sù Tribus ou variétés: a. Mandingo, divisés en: a. Mahinkès\ /?. Bambara] y. Soninkès; —
b. Wolofs (Sénégal); — c. Soussous; — ci. Timanijès; — e. Landoumanes- — f. Nalons, etc. Tous ces derniers sont refoulés par les Mandingo (occupant selon M. Hamy 15^ géogr. du nord au sud et 15“ de Touest à l’est) qui ont été très puissants autrefois. En suivant le littoral de Sierra-Léone au Dahomey on rencontre: çj. \esKru; — les Sierre-Léonois ; — i. les Libériens; — j. les Ashanti; — k. les Minas] — /. les Gèfjes (Dahom.); — m. les Nagos (Dahom.); — n. les Yoruba; — o. les Yebu. Plus vers l’intérieur: p. les Agnis-; — q. les Vei (qui ont une écriture^ Grebof). Ajoutons-y: r. les Felup; — s. les Timmi; — t. les T'shiy 0dshi(9), Tchivi(f); — u. les Eive; — v. les Iho: — w. les Efik; — x.lesBotyu; — y. les Mossi; — les Tombos; — aa. les Mellis; — bb. les Sang his(?), Bulom^ etc. — P. Nègres- Soudanais du Centre (Sud): a. Sonrhay^ Sony haï; — b. Haussa; — c. YJosgu; — d. Kcinembu; — e. Kanuri; — Bagkirmi; — g. Yedina; — h. Bornou, etc. — C. Nègres- Soudanais de
VEst: a. Maba; — b. Fur; — c. Nuba; — d. Shilluk; — e, Dinka ou Denka; — f. Barï; —
g. Abaka; — h. Bongo; — i. Yanghey ; — j. Mangbuttu; — k. Zandeh^ Sande, ou Nyamnyam; — l. Momfu; — m. Base; — n. Borea; — o. Nuer; — j). AkkraffJ^ etc. Quelques-uns y rangent les Tibbu (Teda. Basa). D’autres parlent simplement de Nègres de Waddai, de
Darfour et du Kordofan! M. le Prof. Dr. Hamy de son côté^, prend pour type le Nègre
Nouba-Haousa qui comprend, selon lui: a. à l’ouest: les Bertha, Fazogl, Akbds~Gcdla(9),
Nouba (Ht Sennaar), Takalès; — b. au sud du Kordofan: les SImngatlah du Bahr-el-Abiad, Fertit, Nyam-nyam ou Sande ; — • c. à l’est: les royaumes: Haousa, Baouou^ Daoura, Geber^ KanOj BanOy Katsena et Zegzeg !
On voit qu’on n’est pas encore arrivé à une classification définitive. Beaucoup parmi ces noms de peuples et de tribus sont peut-être purement géographiques^ voire même politiques, ou des sabriquets, mal transcrits encore (comme pour les Watwa!)^ sans être rigoureusement ethnujues. Puis, quelle confusion de termes! On entend les noms: Ethiopiens, Nigritiens, Soudanais (le mot Soudan signifie: noir), Nubiens, Nègres,,
Négrilles, Bantu (= hommes)^ Hamites, Kushites. Tout cela est encore bien vague. Il faut des recherches beaucoup plus minutieuses, surtout pour ces peuples soudanais aussi enchévrêtrés et pénétrés e. a. par les Fulbe (Fellah, Fellata), Fan, etc. Dans cette voie les cartes ethniques (et linguistiques) rendent d’inappréciables services. Il faudrait en faire un usage beaucoup plus fréquent et systématique. M. de Quatrefages dans son ,^Introd. à Cétud. des rac. humN , le Dr. F. Stuhlmann dans son bel ouvrage: Em. Pascha im Herz
von Afr(( le P. Torrend dans son: ,,.4 Comparative GrammaF\ le Dr. K. Barthel dans son travail excellent: ,^Vôlkerbeivegungen . . . Y , le Prof. Dr. Ratzel dans son ouvrage classique: Vôtkerkunde, t. I p. W — éd., 1885, et d’autres ont bien commencé dans cette voie.
Quant aux langues parlées par ces Nègres soudanais elles sont loin d’être bien^
connues (à part quelques-unes: p. e. le Bambara, le Wolof; plusieurs de la côté de Guinée) Elles sont très peu homogènes, paraît-il, et elles gardent, selon M. Hamy, les traces de leur contact avec les langues éthiopiennes des envahisseurs (Fulbe, e. a.) venus de Vest.
6 '. Les Nègres-Bantu. — On admet que ces Bantu ont occupé primitivement la partie de l’Afrique qui comprend la région des Grands-Lacs, et s’étend jusqu’à l’Océan-Indien, tandisque les Négrilles auraient occupé toutes les forêts intertropicales et les Sdn-Khoï l’Afrique australe depuis le Tanganika jusqu’au Cap. Actuellement les occupent, d’une
façon générale, l’Afrique depuis la frontière soudanaise jusqu’au Càp; les Négrilles quelques zones forestières de l’Afrique occidentale (Congo, Kamerun, etc.) et orientale; enfin les Sdn-Khoi sporadiquement le Namaqua, le Kalahari, la région du lac N’gami, le bassin de l’Orange, etc.
Il est très difficile de tracer une frontière ethnique rigoureuse entre Soudanais et Bantu (Existe-t-elle?). La limite linguistique peut être tracée à peu près cômme il suit: On commence par le cours inférieur du Rio-del-Rey, qu’on suit jusqu au 5“ N., et d ici on suit le plateau qui sépare les eaux du lac Tchad de celles du Congo. De là la frontière court au sud-est, le long des bords méridionaux des territoires occupés par les Zendeh et les Mangbuttu, pour aboutir à l’Equateur et à la vallée du Semliki entre le lac Alb.-Edouard l’Alb.-Nyanza. Ici le cours devient irrégulier. Il remonte d’abord vers le nord le long
de la rive orientale du lac Alb.-Nyanza jusqu’aux montagnes du Somerset-Nil. Cette rivière est suivie jusqu’à Mruli. Ici le cours poursuit le long de la frontière orientale du pays Usoga jusqu’au Victoria-Nyanza (Baie de Kavirondo). Alors la direction devient orientale. On atteint les sources du Tana et enfin, le long de cette rivière, l’Océan-Indien. Cette ligne néanmoins est rompue, e. a. à deux endroits, dans la vallée du Semliki par des Soudanais, et entre le Nyanza et l’Océan-Indien par les Massai*, les W^andorobbo, etc. Toute l’Afrique au sud de cette ligne de démarcation est occupée par des Nègres-Bcfn^w. Au nord d’elle il y a, à l’ouest et au centre les Soudanais, et à l’est des Hamites
ou plutôt des peuples (noirs) mixtes. Dans certains endroits la frontière n’est pas bien distincte. Ainsi, au Tana les Massai* sont mêlés avec les Wapokomo (Bantu). Ailleurs la limite est brusque et bien tranchée, p. e. au plateau central. Là les Bo?ïjo-Bantu vivent tout à côté avec les Bandziri qui sont une branche des Zendeh.
M. de Quatrefages divise les Nègres africains en: A, Négrilles : a. Gahoniens (Akoa) ; h. Ouelliens (Akka). — B. Nubiens: a, Kanuri (Burnu) ; b. Nouba (Nuba). — C. Nigritiens: a. Gahoniens (Pongwe, Bakale, etc.); b. Congolais’^ c. Gumcms («. Malinke : Mandingo ; /?. Timaney : Sousou; y. Fay: Wyddah; ô. Yebu; e, Balonte; Wolof; Ashanti); — d. Soudanais {a. Tchadiens (Sanghi); (3. Nilotiques (Shilluk) ; e. Mozambiquiens (Tarnetan, Banya'i, Nyambane, Makua). — - D. Cafres: a, Bantu: ce. Mantati; (3. Matébélé; — b. Chwana (Makalolo, Bakalahari). — - Il ajoute une classe aberrante austro-africaine: E. Saab: a. Quaqua: a. Hottentots (Bakurutsé) ; (3. Namaqua (Korana); — b. Houzouana (Bosjesmans). Ce tableau n’est évidemment plus de mise. Il amalgame les vrais Nègres (Soudanais et Bantu) avec les „Mischvolker” (mulattes de Nègres et de Sémites, Malais ou autres?) Les Bantu ne sont qu’une variété de Cafres (Kafirs) pour lui. Le contraire est plus exacte. Du reste, le nom de „Cafre” n’a rien à faire avec l’ethnologie stricte et particularisée. Il signifie: infidèle ou plutôt: j^Chamité” et ricain'' en général. (V. ad. IJ. Il faudrait donc bannir ce terme des classifications.
Tout en rejetant une classification, il n’est pas plus commode d’en donner une autre, plus rationnelle. Provisoirement la classification linguistUjue est encore la meilleure à mon avis. Les différentes tribus bantu sont encore trop peu démêlés en ce moment, pour qu’on puisse fournir une division définitive. Le meilleur tableau linguistique, et partant ethnique des Bantu, que je connais, est jusqu’à ce moment celui du P. Torrend, s. j. Je le fais suivre ici. La plupart des noms propres sont des noms ethniques de tribus. Le P. Torrend divise les Bantu en trois groupes, un maître-groupe, un groupe Kua et un groupe Pernandien (très restreint). Les deux premiers se sous-divisent en groupe oriental et occidental. Dans chacune de ces divisions sont ensuite rangés plusieurs circonscriptions de langues (tribus), spécifiées à leur tour en différents dialectes ou idiomes, qui néanmoins peuvent ne pas être complets ou absolument définitifs.
A. Maître-Groupe. I^. Oriental: a. „ Ca/rcs” : a. Xosa (Cafrérie, Transkei). — /?. Zulu (Natal. Zululand). — y. Mfengu (Swaziland). — ô. Tébélé. — b. Karanga: a. Vumbe ou Sekalaka (Sud du Matebeleland). — /?. Shona (Est du Matebeleland). - y. Wange (Nord du Zambèsemoyen: Karanga proprement dit). — ô. Yeye (Riv. Zouga, lac N’gami). — c. Tonga: a. Tonga proprement dit (entr-e le Kafwefwe et le Zambèse). — (3. Lea (Est des cataractes- Yictoria). — y. Subia (Ouest des mêmes cataractes. — (5. Bwe (au Zambèse, au N. E. des Mumba). — s. Kova (entre le Kafwefwe et la R. Loangwe). — f. Bisa (entre le Loangwe et le Chambezi). -- 'rj. Bemba (N. O. du Chambezi). — 0. Nyassa Tonga (Est du Loangwe). — d. Senna: a. Senna proprement dit (Senna). — Shire (R. Shire). — y. Sofala (Sofala). — d. Tete (Tete). — ô. Zumbo ou Ntsua (Zumbo) — Nyassa (lac Nyassa). — y. Gindo (depuis le Rufidji au Lindi). — e. Viti: a. Ngoni (O. du lac Nyassa: tribu Zulu). — /?. Viti proprement dit (HL Rufidji). — y. Bunga (N. E. du lac Nyassa). — /’. Gangi: Gangi (proprement dit), Ziraha, Kwenyi, Nkwifya, Ndunda, Bena, Sango, Kimbu, Nyaturu (tous au Hf. Rufidji et ses affluents). — g. Ungu: a. Ungu. — (3. Fipa (S. E. du lac Tanganika, lac Rukwa. — h. Sagara: Kaguru ou Sagara proprement dit, Itumba, Kondoa, Kami, Khutu. — i. Gogo (Ugogo). — j. Hehe (Uhehe, H'. Rufidji). — k. Nyamwezi: a. Takama (Tabora). — /?. Rwana (Msalala). — y. Sukuma (S. du Nyanza.) — ô. Kimbu (Ituru). —
XXTV
(p. Sumbwa ou Fyoma (üshirombo, etc.). ~ l, Rundi: a. Eundi proprement dit (Urundi).
Hha (Uhha). y. Euanda (Ruanda). Jiji (Ujiji). — m. Nyoro: a. Ny or o proprement
dit (Unyoro), — /?. Ganda . (Uganda). ~ y. Ziba (Kiziba). — ô, Mweri, Nyambu? (Usui, Uzinzja,. Karagwe, etc.). — n. Taïta: a. Pare (Kilimanzjaro). — (3. Tambb Teri, Jiri (entre Mombasa et le Kilimanzjaro). — o. Nika: Daruma, Rabaï, Giriama, Digo (environs de Mombasa), — p. Pokomo (Tana-R.). — g. Kamba (entre le Kenia et Kilimanzjaro), — r. Swahili: a. Lamu (île Lamu). — /î, Gunya (île Patta). — y. Mvita (Mombasa), — d.Pemba (île Pemba). — f. Ungudya (Zanzibar). — Kiamu (Mombasa, Comores?). — <9.Vumba.— t. Mrima (Zanguebar). — s. Shambala: a. sliambala proprement dit. — Boondei (entre la côte et les collines Shambala). — y, Zegula (intérieur de Zanguebar, vis-à-vis de Zanzibar). — <5. Nguru (O. de Zegula). — t. Ibo (île) et Lima, ~ v. Zaramo. ~ v. Ronde (Bas-Rovuma). — iv. Yao (entre le Ruvuma et la R. Lujenda).
2‘>. Groupe occidental: a. Herero : a. Herero (Damaraland). — /?. Ndonga (R. Kunene). — y. Lojazi (près des sources du K^vando). — b. Benguela: a. Bihe (Ht. Kvranza). ~ /?. Nano (Benguela-district). — c. Mbunda. — d. Rotse : a. Rotse (HL Zambezie). — j3. Nyengo (Nyengo-R., O. des Rotse). — e. Boko: a. Boko (entre le Kwanza et le Hb Kasaï). — /?. Yakka? (N. du Kwango). — f. Angola: a. Angola, Mbamba (St. Paul du Loanda). — /?. Mbangala (Kasanje). — y. Sertâo (Ambaka). — g. Fiote (Bas-Congo, environs de St. Salvador). — h. Lunda (entre le Ht. Kassaï et le Ht. Lualaba). — i. Guha: Guha, Rungu, Rua (Est du Ht. Lualaba). — j. Nyiuema: a. Bamba (Est du Lualaba, N. du Lukuga). — (3. Kusu (p. de Nyangv^e). — k. Luba (Bas-Kassaï, R. Lulua). — L Vira. — m. Rembe. — n. Regga. — o. Yansi : a. Teke (environs de Stanley-Pool). — Yansi.
B. Groupe Rua: lo. Oriental: a. Chwana : a. Tlhaping, Rolong, Mangwato (Chwanaland, Transvaal). — /î. Suto (Basutoland, État-Orange). — y. Kololo (Zambèse au-delà des cataractes). — b. Nyambane : a. Gwamba (S, O. du Bas-Limpopo. — /?. Nyambane (aux environs d’Inyambane. — y. chiloane (îles). — c. Mozambique : a. Kilimane (R. Kwakwa). — /?. Tugulu (île de Mozamb.). — y. Gunda, Mbwabe, Medo (île Ibo, Lukugu?). — d. Masasi (N. du Bas-Rovuma). d. Bjagga: Gweno (près du Kilimanzjaro). — e. Comoro : a. Hinzua (île Hinzua). — /?. Angazidja(?). — 2*^. Groiipe occidental: a. Buma (Congo, Bolobo). — b. Mpongwe: a. Mpongwe (Bas-Ogowe, Gabon). -- §. Bulu ou Shekiani. — c. Dualla : a.VisAi ou Kele (R. Bembo). — /î. Benga. — y. Dualla (monts Camerun). — d. Subu (N. de Dualla). — ô. Fan ou Pahouin(?).
C. Groupe Fernandien. Il ne renferme que les dialectes Banapa, Banni, üreka, parlés dans Tîle de Fernando-Po.
Il y a évidemment encore bien d’autres noms ethniques d’autant de tribus qui ne figurent pas dans cette liste nécessairement incomplète et provisoire. Ainsi, on peut y ajouter, e. a. les Bonjo, Waya, Wagiryma, Vashilange, Walolo, Wakalcti, Watanga(f), Wateke, Woubangui Ovambo, Lobale, Wagindo, Songo, Wakuba, Wasoko^ Abongo, Washi'congo, Sakalawa (Madagascar), Mantati, Wasimba, Masitu, Landin (Ÿ), Luchaze^ Yagga^ Makalaka, Watovana, Warolonge^ Umetwa, Ivili, Wanaka^ Wakele^ Umbete, Ovambandj eru^ Mohumbe, Kioko, Mansboë, Watoka, Muemba, Wabisa^ Wamwera^ Watuta (ou Wangonï)^ WaktkuyUy Wakumu, Wagenia^ Wakete, Walunga^ Mussorongo, Tupende, etc. Dans la liste du P. Torrend il y des noms qui figurent plutôt des dialectes que des tribu bantu.
5^*. L6s peuples de rEst-Africaln Allemand. — Le Dr. F. Stuhlmann, dans son beau livre: ^^Mit Emin Pascha im Herz von Afrika'% donne sur une belle carte jointe à l’ouvrage, un tableau des peuples de la colonie allemande de Est-Africain et des territoires limitrophes, avec les migrations présumées de plusieurs tribus bantu dans les temps récents. Quoique ce tableau de l’éminent et consciencieux savant puisse être d’ores et déjà complété, retouché et même rectifié, il n’en reste pas moins excellent. Je ne puis mieux faire que de le donner en substance en renvoyant à la carte-même. On distingue cinq peuples assez dissemblables dans cette partie orientale de l’Afrique.
I. Bantu. — Ils se laissent assez bien classer en six groupes A. „Vieux'' Bajitu — Parmi ceux-ci on distingue: l'\ Les tribus côtières (Wazaramo, Waseguha, Wasagara,
Wagindo, etc.) — 2 . Les soi-disant Wanyamwezi avec les Warori, Wafipa, Wasuknma et peut-être les Luemba. — B. Bantu inter-lacustres, habitant entre ou aux environs des Grands- Lacs Nyanza, Tanganika, Kivu, Alb.-Edouard. On y distingue : lo. Ceux qui parlent la langue primitive (le Kirundi selon le Dr. S.), et qui se sous-divisent : a. en population primitive sans mélange (Wakondjo); b. population primitive gouvernée par des rois Wahinda (Urundi, Ruanda, Uhha-Uyungu, Ushingo, Heru, Ruguru, Ujiji). Ceux qui parlent kinyoro : a. sans rois Wahinda (Washashi, etc.); b. avec des rois Wahinda (Unyoro, Toru, Nkole, Karagvre, Mpororo, Usui, Uzindzja, etc. 3 \ Les Waganda. — Je crois ces „Zwischenseeen”-Bantu plus anciens, c.-à-d. plus anciennement fixés sur le sol qu’ils occupent, que les Wanyamwezi entre autres. Ces derniers se disent venus du sud dans des temps pas très reculés encore, surtout les Wasukuma (e. a. les Wakumbi). Les Warundi ont dominé jadis bien au delà de leurs frontières actuelles (e. a. à l’Est). Les débris de langue kirundi qu’on rencontre encore dans l’Unyamwezi, semblent le prouver. —
a. ,, Jeunes'' Bantu. 1-. Groupe du Nord: Wakamha, Wakikuyu, Wataïta, Wadjaga, etc. — 2'^ Groupe du Sud: Wagogo, Warangi, Wanyaturu, Wambugv^e, Wakaguru, etc. Dr. S. croit que leurs langues se rapprochent de celles des Bantu inter lacustres. J’ai parcouru un vocabulaire Taïta du P. Hémery. Comme dans toîUes les langues bantu, il y a des ressemblances avec le kirundi, mais j’avoue que ces langues sont, au contraire, fort dissemblables. Le kirundi me paraît beaucoup plus ancien et plus pur. Du reste, le Docteur dit lui-même que ces peuples aiment à singer les Massai (e. a. dans leur habit), et qu’ils ont sûrement du sang hamite (i. e. sémite) dans les veines. Ils sont donc de formation moins ancienne. — D. Bantu méridionaux: 1^. Makua, Wanyassa Wanganya, etc. — 2o. Tribus Zulu : Wayao, Watuta-Wangoni, Mafiti, Wahehe. ~ E. Bantu forestiers. Sous cette dénomination originale mais heureuse le Dr. S. englobe: 1^. Les Wavira, Wawamba, Wabembe, Wakumu, Walengole, etc; 2o. les tribus au sud-ouest du Tanganika, apparentées probablement aux peuples Lunda (Warua, Waguha, Warungu, Wanyema, etc.) — Plusieurs de ces tribus anthropophages d’assez petite stature (Wabembe, Wavira) se trouvent, assez près des Pygmées- Watvra. — F. Tribus occidentales: Wakussu (apparentés avec les Fan?).
II. Nilotes. Ces peuples sont très mêlés, ce qui n’est pas étonnant puisque le bassin du Nil a dû voir, depuis des milliers d’années, des flux et des refiux nombreux de peuples conquérants et conquis. On peut y distinguer: l®. Les Shilluk, Lur, Shefalu, Shuli. 2o. Les Madi et beaucoup d’autres tribus d’origine incertaine, p. e.: a. Les Lendu et Drugu; b. les Mangbuttu et Walumbi; c. les Nyam-nyam (Fullah?). — Les derniers (6. c.) sont vraisemblablement mêlés avec des Hamites, ou, comme nous pensons, des Sémites.
III. Kushito-Hamites ou plus exactement: ^Mischvôlker" (Sémüo-Chamites). Ce sont des mulattes ou de vrais Nègres in fieri, selon la théorie du jour qui distingue les Hamites des Nègres Quoique noirs ils sont évidemment apparentés avec certaines tribus sahariennes et soudanaises. Parmi ces Hamites orientaux on distingue: I'\ Les Somali 2'. Les Oromo ou Galla, Borana, Wahinda, etc. Les Wafiome et Wambulu (Iraka) sont probablement leurs parents. 3*^. Bantu-Hamites(I): a. Wahuma, Watutsi, Wahima, ect.;
b. plusieurs tribus de Jeunes” Bantu (Wanyaturu, etc.). 4^. Peuples Massaïtes, mêlés avec des Nilotes et parlant des langues nilotiques (Hamito-Nilotes): a. Wataturu (Mangati, Tatoga); b. Wakwafi et Wambugu; c. Massai; d. tribus ressemblant aux Massai' : Wandorobbo (Pygmées?), Suk, Burkenedji, Lango-Wakidi; e. Latuka, Turkan, Lirem. Ces derniers se rapprochent davantage des Nilotes.
IV. Pygmées ou Négrilles: 1^. Pygmées purs (Watwa, Ev^e, Wambwonilehi, etc.). — 2". Pygmées mêlés avec: a. Bantu (Wambuba, Walesse); b. avec Nilotes (Momfu). — 3 ". Incertains (Mabode).
V. Population Swahili de la cote. Cette race est depuis longtemps mêlée avec des Sémites (Arabes) et des Perses, et garde malgré cela, avec une étonnante persistance, son cachet franchement nègre.
N. Il*
Age pré-historique en Afrique.
La gcologie et 1 archéologie ont fait dans les temps tout récents quelques progrès vraiment appréciables^ mais dont quelques „ fanfarons” abusent énormément, pour vieillir 1 histoire du globe et de 1 homme outre mesure. Au lieu de se contenter de faits et de résultats sûrs, positifs^ vraiment acquis, on acculume les hypothèses l’une encore plus fantaisiste que l’autre, jusqu’au moment qu’un démenti froid et cruel vient abattre cet orgueil enfantin. Qu’on réfléchisse donc au mot sa,ge que Villusire Br.Wei^ {WeltgescMchte : Orient J t. 7, p. LXVIjj a pu dire, aux applaudissements de tout le monde scientifique, au début de notre XX^ siècle: „Die atteste Geschichte unseres Geschlechtes ist selir dunkel, sie
„gleicht einer grossen Trümmerstadt, die wir bei Mondlicht durchwandern In der
j^Geschichte g Ut die Théorie wenig, die tjberlieferung hingegen wiegt schwer. ^Vir besitzen eine „Überlieferung, welche uns alte Erinnerungen der Menschheit wiedergibt, und es wàre „sonderbar, wenn sich solche Erinnerungen über die âltesten Zustânde und Wanderungen „in der Menschheit nicht sollten erhalten haben. Im I Bûche Moses ist die erhabenste, jjtiefsinnigste und atteste Darstetlung von den Urzustànden erhatten'\
On sait que les géologues divisent l’histoire du globe d’abord en 4 âges (géol.):
1. Primaire (paléozoïque). 2. Secondaire (mésozoïque). 3. Tertiaire (néozoïque). 4. Quaternaire (pléistocène). Pendant ce dernier V homme existe! Ensuite suivent d’autres âges: 1. dubois;
2. de l’os; 3. de la ^pierre (ou site = Steinzeit). Celui-ci se divise: a. en patéotithique (de la pierre éclatée, taillée) qu’on jspécifie: a. en paléol, des attuvions (rivières); en celui des cavernes (renne), — et h. en néolithique (de la pierre polie, très fine et même artistique !). D’après les lieux de certaines trouvailles (squelettes, crânes, etc.) on parle d’un âge: a. Magdalénien; /?. Solutréen; y. Moustérien; d. Chelléen {= quaternaire f). Selon M. de Mortillet, — mais qui est par trop fantaisiste et qui n’est pris au sérieux que de peu de monde — , l’âge néolithique (ou Robenhausien!) suit après le quaternaire géologique, et avant l’âge tertiaire il y avait déjà des silex travaillés par l’anthropopithèque érect du Dr. Dubois, être risible s’il en fut jamais. Lors de la récente excursion dans la Hollande (9 — 14 Août 1902) de la ,jDeiUsche Gesellschaft fur Anthropol.j Ethnologie u. Urgeschichte”^ le Prof. H. Klaatsch de Heidelberg voulait faire à la Haye la connaissance du Dr. Dubois et voir le ,,Pithecanthropus”. Il n’y eut pas moyen, et le Prof. Kl. s’en plaint, d’une manière humoristique (V. le Compte-rendu du Dr. J. D. E. Schmeltz à Leyde, p. 27). — Après ses âges d’énormes pachydermes, d’une époque glacière, de grandes inondations, de cavernes, de troglodytes armés d’armes en pierre, etc., arrive enfin l’âge des métaux: 1. du Bi 'onze^ 2. du Cuivre, 3. du Fer.
On ne possède aucune notion historique et sûre, ni même de légendes établissant ces âges, et surtout leur gradatioyi^ mais on n'a rien que quelques outils et armes, quelques crânes etc., trouvés isolément. Ainsi, selon de Mortillet il y a eu entre l’âge de la pierre et du fer deux phases : a. Morgienne et : b. Larnandienne (plus récente). C’est seulement après celles-ci que commence l’âge de fer ou c. Hallstattien, qui serait ainsi l’âge le plus proche des temps historiques! C’est de la pure fantaisie. Si cette a un peit de vraisemblance pour l’Europe
(exceptée l’Italie) elle est fausse pour l’Amérique où la pierre — le cuivre — le bronze se suivent, et où le fer n’apparaît qu’avec les Espagnols. Elle est fausse aussi pour l’Asie ou l’usage du fer est très ancien (C/>. Gen. 111:22 — 23). Lord Loftus a trouvé du fer dans des tombes kushites très anciennes au sud de Babylone. Dans le palais de Sargon à Ninive on a trouvé des blocs d’excellent fer qui resonne comme de l’acier ! Les Chinois aussi emploient le fer depuis les temps les plus reculés. Selon Lenormant le fer a précédé le bronze en Asie. Au temps d’Homère les Grecs avaient des armes en fer, tandis que les Massagètes en avaient en bronze et en or! Selon Tacite le fer était encore rare en Germanie; en Danemark il n’est pas antérieur au 1er siècle de l’ère chrét. On admet même, que dans toute la Scayidinavie et
chez les Finlandais le bronze a été employé à l’exclusion du fer. Ce n’est certainement pas le cas de la Gaule, de l’Italie, et de la Grèce. Rarement on y rencontre le bronze seul, mais toujours mêlé au fer. Bref, cette gradation n’existe pas. „I1 est certain que l’emploi de la 'pierre polie a subsisté très longtemps en Gaule à titre d’objects de supers tition'\ Ainsi parle M.-H. Guilgars (Cfr. VÂnthropol, t. IX, (1800), p. 675). On en a trouvé dans une „villa” gallo-romaine. On élevait encore des menhirs dans les temps très historiques. Beaucoup de sauvages en sont encore, sous nos yeux, à l’âge de la pierre, et même du bois! Il est étonnant qu’on n’ait pas réfléchi davantage en présence de ces objets en pierre ou en fer (amulettes, objets de luxe, outils, armes) à la croyance générale et très antique, persistante chez les „ sauvages” et même en Europe, que les géants, les sorciers, les spectres, etc. avaient le fer en horreur, que les premiers n’avaient que des armes en pierre (Watvja- Iwubuge!), qu’un goète n’était blessable que par une pointe en fer, etc.! Enfin, qu’on scrute les folklores européennes, et on verra que l’emploi et le ndte de la pierre n’y sont pas abolis. Ensuite qu’on n’oublie pas, qu’une race en se dégénérant devient primitive et rentre, si l’on veut, à l’âge du bois, de la corne, de la pierre! L’homme tombé en se dégradant, bien loin de commencer en „singe”, peut parfaitement /imr en „ brute”. L’histoire a de ces exemples. Disons avec le Dr. Weiss à propos de cette „Urgeschichte”: „Hier sind ,,Râthsel schwerster Art. Die Wanderungen der Vôlker sind nicht leicht zu erklâren. „Überhaupt sind die Anfânge dunkel. Es hat noch kein Mensch geredet, der nicht zuerst „angeredet worden wâre”.
Après ces considérations générales, voyons ce qu’on a trouvé en Afrique, et spécialement en Egypte, en fait de vestiges pré-historiques. Dans la Cafrérie et aux environs du Cap M. M. Cooch et J. Sanderson ont trouvé d’ énormes quantités (?) de hachettes, de couteaux et de grattoirs paléolithiques d’un type très rude, ainsi que d’autres spécimens d’un genre plus néolithique. Le même M. Cooch découvre au Natal chez les tribus actuelles chasseresses des haches grossières, des pointes de sagaie, des couteaux et des grattoirs en pierre, mais pas de squelettes ! Impossible donc de déterminer l’âge. — Dans le pays des Somali M. Seton-Karr a fait des trouvailles paléolithiques (silex, pointes de flèche: „chipped flints”), en tout semblables à celles du dép. de la Somme en France! — Dr. Emin Pacha mentionne des pointes de flèche en pierre ferrugineuse chez les Mombuttu.
En Algérie (Tlemcen), dans le Sud- Algérien (El-Golea), à Tiimbuktii et un peu partout dans le nord de l’Afrique (Sahara), on trouve des outils et des armes nombreux en pierre de types variés paléolithiques assez fins, ainsi que des hachettes néolithiques. — La Tunisie présente une série d’outils paléolithiques tout à fait semblables à ceux de l’Europe. On en a découvert e. a. à Gufsa, à l’ouest du golfe de Gabès. — On a fait des trouvailles (outils en silex) encore dans la H ^ Guinée, au Gabon, à la Côte d'ivoire, dans le Ht Sénégal, dans la Guinée portugaise, à Angola, aux cataractes du Congo, dans le bassin du Nyari, chez les Nyam-n'yam,
On avait déjà découvert un âge de pierre dans la Phénicie (ÜAnthrop., t. VIII, iS07) M.-G. Zumoffen croit en conséquence, que la Phénicie était occupée, comme l’Egypte, le centre et le nord de l’Europe, avant les Phéniciens-Chananéens, par des peuplades chamites plus anciennes. En effet M.-J . de Morgan et M. Flinders Petrie ont fait en Egypte dans .les derniers temps (1896 — 1897) des découvertes paléo- et néolithiques assez intéressantes, mais dont on a bien exagéré les conséquences (P. ÜAnthrop., t. VIII, 1801 p. S^ll seq.; Bull. d. l. Soc. d'Anthrop. de Paris, t. VII, 1806). L’Egypte aurait eu un âge paléo-et néo-lithique. Les objets trouvés seraient les dernières vestiges de l’industrie d’une population autochthone, conquise et soumise par une race étrangère, qui apporta la métallurgie suivie par toute la civilisation grandiose égyptienne. Ces conquérants venaient de l’Asie, car, dit-on, la métallurgie est originaire de l’Asie centrale si non de la Chine méridionale! A part la dernière hypothèse, c’est parfait et plus vrai qu’on pense. Lorsque Mizraïm avec sa bande (un millier I) arriva en Egypte (vers l’année 3406) il trouva en effet sur place des peuplades noires venues du sud et de l’Asie (Susiana)
par Bab-el-Mandeb. C’étaient des essaims chamites chasseurs, qui avaient simplement dévaiicé le débandement général après-ou même peut-être avant la construction de la tour de Babel. Il s’agit donc d’une antiquité modeste et relative. Du reste „ l’usage des outils en silex se constate dans l’Egypte historique jusqu’à la XVIIIe dynastie (1645 — 1386)” (Reinach). On peut ajouter que cet emploi a duré bien plus longtemps. Le silex a été employé concurremment, avec le cuivre de la IV^ à la Xlle dynastie (3001—2098). On en garnit les faux sous la X Ville dyn. Dans les grottes de Beni-Hassan (XID dyn.) on voit des Egyptiens occupés à fabriquer des outils en silex (comme font les Tuaregs en ce moment!). Enfin, c’est un lieu commun parmi les Egyptologues, que l’usage de la pierre a survécu indéfinément au métal. Il est radicalement impossible de déterminer l’âge de ces gisements en pierre, et ceux-ci n’ont aucune valeur chronologique tant qu’ils ne sont pas caractérisés au moins par la faune. Mais M. de Morgan veut à tout prix en Egypte une ,, civilisation” néolithique et autochthone qu’il place modestement à 15000 ans; il ne laisse arriver les conquérants (Misraïm) de la Chaldée, que vers l’année 5000 a. Chr. Il faut que l’homme quaternaire (quisf) ait vécu en Egypte, puisqu’on a trouvé des stations paléolithiques à Toukh, à Thèbes, à Abydos, à Dahchour, puis à Esneh, à Gizeh, etc. Entre l’homme quaternaire et les dynatises M. de Morgan place sa longue période néolithique à laquelle appartiennent les objets (en pierre, schiste, os, etc.) trouvés par Flinders Petrie à Kahoun (1890), à Meïdoun (1892), à Neqadah ou Nagada et à Ballas (1894—1895). M. Maspéro néanmoins croit les tribus, qui eqiploiaient ces objets, contemporaines des dynasties. Il croit a une infiltration lente de Libyo-Berbères dans l’Egypte, infiltration qui, selon lui, se continue jusqu’à nos jours. M. Petrie, de son côté, fait de' ces tribus du désert „une nouvelle race” (Libyens) qui envahit l’Egypte, et qui vient du N. O. de l’Afrique, peut-être de l’Europe. Tous les deux croient, que nul objet (soi-disant néolithique) est antérieur à l’époque historique. Ils sont dans le vrai; seulement il ne s’agit pas de Libyens mais de hordes sauvages chamites et nègres venues par le sud. Aussi, M. Schweinfurth (Zeitschr. fiïr EthnoL, '1891 f Verhandl, p. 263) est très près de la vérité, lorsqu’ü Tes fait venir, par la vallée du Nil et par la Nubie, de VArahie (Hadramat) et plus loin de la Susiana, Mais pourquoi en faire des Sémites purs? Les outils trouvés chez les Somali seraient d’eux. D’autres prétendent que les Libyens ont dû venir quand même du N. -O. dans la période paléolithique, tandisque les tribus de Syrie (?) et de la Mésopotamie seraient arrivées tout bonnement pendant les temps historiques, ce qu’on veut prouver par les „Hyksos” des annales égyptiennes et par les tablettes cunéiformes de Tel-el-Amarna (H^e Egypte).
Si déjà pour l’âge de la pierre on n’a en Afrique que quelques trouvailles isolées, Eest bien pire encore pour les âges(I) des autres métaux, C’est même devenu un lieu commun (mais gratuit) que l’âge du bronze n’a pas existé en Afrique (en dehors de l’Egypte). Cet alliage (de cuivre et d’étain) varie en degrés chez les différents peuples (83 : 17 jusqu’à 93 ; 7). L’étain très abondant dans l’Inde et en Bretagne, était rare dans l’Asie antérieure et plus rare encore en Afrique. Selon Gladstone on peut parler d’un âge de cuivre en Egypte, Les Egyptiens tiraient le cuivre de la péninsule sinaïtique où ils possédaient des mines de cuivre à Wadi-Maghara entre la IVe et la XYIIIe dyn. (3001 — 1886). A cette époque on avait des outils en cuivre pur non seulement en Egypte mais en Syrie et en Palestine parmi les Amorites. On a établi de même l’existance de mines de cuivre en Babylonie. La Chaldée, selon M* Berthelot possédait également le cuivre peu après le déluge (3540). On se demande si une période de cuivre indépendante (!) n’aurait pas existé parmi les Nègres-Ban tu du Katanga (Congo-Staat) et ailleurs, où parfois le cuivre se rencontre à fleur de terre. C’est une question bien naïve. Evidemment les Nègres ont utilisé, s’ils en ont senti le besoin, les ressources du sol. Les ornements en cuivre sont très fréquents parmi les Warundi. J’ai toujours cru que tout ce cuivre n’est pas importé récemment de la côte orientale, puisque l’Urundi n’est ouvert que depuis peu. D’où vient-il? Le fait est, que actuellement encore les Wavira de l’Uzige et les Watwa forgent admirablement le cuivre. Quelques chefs, (ou rois) ont le privilège d’avoir une lance en cuivre. Dans les légendes des-Waganda les féroces guerriers Wakedi sont vêtus
en ,yiron armoiir*\ — Pour arriver à l’âge du bronze, il faut, on le dit au moins, une transition lente (antimoine). Toujours est-il, que les Egyptiens de lalV® dyn. avaient déjà du bronze de la plus fine qualité (9 : 1 étain). Selon M. Maspéro on vit passer à Babylon tous les âges des métaux: d’abord le cuivre, puis le bronze, enfin le fer (Le sait-on?) Vers 1500 a. Chr. l’âge métallique (sic!) florissait déjà parmi les Micoenéens.
Résumons. On établit en théorie une gradation. Les faits lui contredisent souvent. Quant à l’âge de la pierre, les trouvailles sont tellement isolées et rares, que rien n’autorise à y asseoir un système. On trouve de nos jours des peuplades très primitives qui n’ont pas d’instruments en pierre, p. e. les Watwa, ces „Urmenschen” de l’Afrique, dit-on. Ensuite, si ceux-ci (ou des civilisés!) emploient des objets en pierre c’est pour un motif religieux (superstitieux). Que conclure de cet âge de pierre sporadique? ou de l’absence du bronze (hors de l’Egypte)? ou du fait que les Africains paraissent avoir passé de âge de l’os, ou du bois sans transition à l’âge du fer? Qu’en conclure! Le simple bon sens le dit: que les théories préconçues ne valent rien. Nous savons positivement, non seulement que la métallurgie est anté-diluvienne, mais que l’humanité avant cette date jouissait (sic!) d’une „ civilisation” matérielle colossale mais dégradante, qui précisément occasionnait le cataclysme du déluge. L’humanité, au sortant de l’arche, n’avait pas perdu ses aptitudes artistiques, architecturales, métallurgiques et autres. La preuve, c’est que 130 ans après ils mènent à fin la gigantesque construction qu’est la tour de Babel, et que les fils de Mizraïm 236 ans après leur arrivée en Egypte (3406 — 3170) se mettent à construire des pyramides! Il y a des Pharaons noirs (Nègres) grands constructeurs. Pourquoi ces Chamites-ci bâtissent-ils des pyramides, et pourquoi nos Chamites-Nègres restent-ils stationnaires (?) depuis 6000 ans, et s’obstinent-ils à ne bâtir que des cases en paille? Mystère- C’est que les peuples subissent de ces poussées bien difficiles à définir. „La vie de l’humanité ressemble à celle de l’Océan ; elle est un fiux „et reflux perpétuel. Elle a commencé par la civilisation, elle est descendu à la barbarie „et à l’état sauvage, pour remonter de nouveau à son état premier, et subir ces oscillations „ jusqu’ au dernier jour de sa durée” (Dessailly.) On pourrait se demander aussi, pourquoi les Coptes ou Fellah de nos jours ne recommencent pas ces constructions, ou pourquoi nos Japonais ne commencent que maintenant à bâtir des „ cuirassés” et à s’armer comme il font. C’est que ces Coptes le feraient si l’„ow” les y poussait, comme nos Nègres, et que les Japonais le font parce qu’ils y sont poussés. Jamais un peuple (déchu) ne se lèvera de lui-même et sans un apport étranger, de l’état barbare ou sauvage (oii il est déjà tombé) à l’état civilisé. Au lieu de raisonner à perte de vue — et en pure perte — sur ces âges problématiques, on ferait mieux de faire un peu de la philosophie de l’histoire en face de ces vestiges (silex, travaillés ou non) qu’on doit quand-même soigneusement receuillir et même rechercher.
Les Races primitives de i’Afrique.
Il y a des auteurs (e. a. Massey) qui placent le foyer primitif du genre humain dans l’Afrique Equatoriale, vers les sources du Nil. Livingstone y plaçait même le paradis terrestre. L’équateur aurait été, avant le déluge, le pôle (nord) et c’est de là que les anciennes traditions orientales font descendre les humains. C’est là qu’elles placent leur montagne sainte (Meru, etc.), peuplée d’esprits, de sorciers, etc. L’Italien Sergi admet au moins une race méditerranéenne (pygmée?) qui a eu pour centre de difiPusion un territoire du Haut^Nil, au sud-ouest de l’Abyssinie (pays des Galla-Wahinda-Wahuma), et qui aurait occupé la plus grande partie de l’Europe. Selon plusieurs archéologues le fer serait importé en Europe de l’Afrique. Zoborowski affirme sans sourciller, que la civilisation ^^yptienne est autochthone et essentiellement africaine dans ses origines et dans ses principaux éléments. Tout cela n’est guère sérieux. La science anthropologique admet généralement, que le globe a été peuplé par migration. „Le nier serait une folie” (de
Qiiatrefagos : Intr., p, i47). Du rest©^ l’autochthonie est absolument repoussée par la science moderne: „Gânzlich auszuschliessen ist die Autochthonie, die hauptsâchlich nur noch als wissenschaftliche Trope verwendet wird” (Prof. Dr. Katzel: Anthropo-Geog. 2« éd. 1899, p. 174). L’Afrique (BO millions de K. M. carrés ; Europe 10 millions K. M. carrés) a été envahie de bonne heure, mais graduellement, par des Chamites noirs, turbulents, hardis chasseurs qui ne sont pas nécessairement des Kushites, mais qui avaient pour père ou ancêtre un (ou plusieurs) des nombreux fils du troisième fils de Noé. Ce mouvement migratoire a dû commencer assez vite après le déluge (3540 ou 8890), peut-être avant la construction de la tour de Babel, à laquelle les Sémites ne prirent pas part, et en tout cas peu après la dispersion des peuples et le commencement des plus anciens empires (3406 ou 3266). L’empire (!) de Mizraïm (i. e. les débuts de cet essaim chamite) ne remonte pas plus haut que l’année 3215. Alors il y avait déjà des peuples noirs (petits) qui étaient venu de l’Asie par le sud. Une tradition orientale, au contraire (V. Brentano^ 4^ éd. p. 35) identifie ces Noirs avec Mi.szaïm : „Als die Spachverwirrung entstand, rissen sich viele Stâmme von ihm „(Nimrod) los, und die v^ildesten zogen unter Meszaïm nach Aegypten”. Ils ont donc été bien pressés ces barbarisés d’occuper la terre. Ils continuèrent manifestement les traditions (par Cham) de Caïn ,yprofu(jus saper iermm’\ Donc, si ces hordes ont pris le chemin du nord (de l’Egypte) il est probable, et tout à fait plausible, que d’autres bandes aient évolué vers le sud (de l’Afrique) et de l’ouest, soit qu’ils aient pris le chemin de terre, soit celui de la mer, par navigation côtière ce qui est très facile. Il est naturellement impossible d’assigner une date précise à cette première occupation, mais il faut la placer entre 3540 et 3215. La parole de Deniker (Race of Man, p. 4'28) reste bien vraie: „Historic data are „lacking in regard to most- of the peoples of Africa, especielly for remote periods, except „in Egypt”. En combinant les données historiques et les résultats des recherches philologiques et anthropologiques modernes on admet ceci: le substratum primitif des peuples de l’Afrique est formé par une race noire, petite, pygmée dont les Négrilles actuels de l’Afrique centrale et les Négritos de l’Asie et des archipels, ainsi que les pygmées négroïdes d’Europe et d’ailleurs, seraient les plus directs descendants.
Deniker veut, que ce premier substratum fut composé de Nègres très élancés et très noirs au nord, de pygmées brans au centre et de Bosjesmans jattnes au sud. C’est admissible en partie si l’on entend par ces Nègres-géants du nord des Caïnites anté-dilu viens qui, selon quelques-uns, ont bâti entre autres choses la grande pyramide que Chéops (3001—2792) n’aurait que restaurée ! (dégâts du déluge). Ceci expliquerait la colossale puissance mécanique et le génie scientifique de cette race, supérieure à la race amoindrie sortie du déluge. N’oublions pas, que Noé a appartenu 600 ans au monde anté-diluvien et que ses enfants (Cham e. a.) y avaient atteint l’âge de 100 ans déjà! Et la main d’oeuvre n’était pas difficile à avoir. Des statisticiens comme Schubert, Oppert, e. a., ont prouvé que dans l’an du monde 420 il a pu y avoir un milliard d’hommes sur la terre. Que les Négrilles forment la prémunie couche ethnique de l’Afrique, c’est en ce moment l’opinion générale parmi les anthropologues et les ethnographes, opinion énoncée récemment encore par le Prof. Dr. K Weule (Cfr. Globus, Bd. LXXXII n.iô, 1902). Le fait que les pygmées d’Afrique diffèrent actuellement de couleur, ne peut pas — per se — être un argument pour ou contre leur plus ou moins grande ancienneté. Les Négrilles présentent des différences d’après la tribu à laquelle ils se rattachent. Encore en ce moment on peut distinguer en Afrique, ©. a. les pygmées des Libyens, ceux des Massaï, des Galla, des Nigritiens (Soudanais), des Bantu, des Hottentots, etc. Ainsi, il n’est pas nécessaire de considérer les Sàn-Klw'i comme la deuxième couche ethnique superposé© au substratum premier. De l’autre côté, il y a de fortes raisons pour croire, que les Hottenf ots (courts, jaunes, stéatopygiques) sont les descendants d’autres immigrés (Malais, Atlantides?) qui se seraient mêlés avec des Noirs. Kolbe, comme on sait, fait des Hottentots-Troglodytes des Juifs, ou au moins il voit en eux les descendants d’autres peuples sémito-hamites, carthaginois ou autres. De telles migrations ne doivent pas étonner. Nous en voyons sous nos yeux de bien autres. De tout temps les peuples ont beaucoup plus voyagé qu’on pense. L’Afrique surtout a été — et est encore — le théâtre des plus
inextricables migrations. Ajoutez-y les influences du climat^ du croisement^ etc., et on comprend que le Dr. Hamy parle d’un „ fouillis de peuples” lorsqu’il envisage spécialement les Nègres-Bantu. C’est incontestable. Malgré cela, on constate chez ces derniers une grande unité (homogénité) de langues, phénomène qui indiquerait que ce „ stock” de Nègres est relativement récent! D’autres prétendent que c’est là une preuve d’une grande ancienneté. En effet, chez les Nègres-Soudanais, qui présentent des signes évidents de mélange et de croisement avec des peuples non-nègres jusque dans des temps récents, il régne au contraire une confusion linguistique incroyable. Malgré tout, on peut considérer les Bantu comme la deuxième couche ethnique, qui repousse, subjugue et extermine même les premiers aborigènes {Cafirs — KafrUy Kafruti, Kaf, Khah — Khoi = natus dé). Nous voyons cela sous nos yeux. Partout ces parias finissent par être parqués dans les endroits inhabitables. Au sud p. e. l’énergique tribu zulu e. a. les a balayés en les refoulant vers l’ouest. Les Bantu, tels que nous les voyons, sont des métissés déjà. Selon M. de Quatrefages ils représentent un croisement de Négrilles avec des Hamites (lesquels ?). Frobenius en fait des métissés Malais et les fait aborder en Afrique au sud-est (Delagoa-Bay), venant de l’Inde méridionale à travers les îles (Lémurie!) De fait, bon nombre de Bantu (Wanyamwezi) se disent venir du sud. Il est neanmoins plus probable qu’ils soient venus du nord-est; c’est au moins la tradition assez commune parmi les tribus bantu. Une autre couche, plus récente (?), formerait les Nègres-Soudanais (Guinéens, etc.), quoique d’autres ethnologues les considèrent précisément comme une fraction très ancienne de la descendance de Phuth (Futa-Djalonl) Il est incontestable en effet, que le vrai type nègre abruti (très noir, très prognathe, grosses lèvres, etc.) n’est nulle part mieux caractérisé que dans ces pasages.
Ceci néaamoins ne peut pas légitimer des conclusions chronologiques. Par contre, dans ce Soudan (Nubie, Nigritie, Ethiopie) il y a un mélange hamite (sémite) évident, mélange qui se perpétue de nos jours (Fulbe Fan, Berbère, etc.). Ces Nègres-là ont dû être Jes modèles que les classiques (Romains, etc.) avaient sous les yeux. Ils occupaient tout le Sahara et formaient le fond de la population dans l’Afrique du Nord et dans l’Egypte. Il ne faut pas diminuer leur rôle I Ils passèrent les Alpes avec Hannibal et très près de nous ils furent battus avec Mac-Mahon à W^Ôrth! En parlant trop de Hamites blancs. Européens même, on s’expose à de graves méprises. On se figure toujours les Egyptiens, constructeurs des pyramides, comme de beaux hommes civilisés assez blancs. Qui nous prouve que les gens de Mizraim fussent des blancs? Le peut-on affirmer de Sem ou de Noé même! C’étaient de beaux hommes rouges ou rougeâtres, devenus bruns et même noirs. îSur les monuments et dans la statuaire égyptienne c’est le type nègre qui domine. En présence de certains Pharaons on pense involontairement aux „schôn gebildeten Menschen” (Herder) ou aux „Bronzenstatuen” (Dr. Stuhlmann) qu’on rencontre fréquemment parmi les Wahinda, Wahuma, Watutsi, Galla, Somali, Abyssins, Nubiens, Fulbe (Fellata) et même parmi les Mandingo, Haussa, etc. Il est vrai, qu’à côté de ces beautés rouges-brunes, il y a des Pharaons (Amunophis III) „mit stark ausgeprâgter Negerform”. Alors on pense au type dahoméen par exemple! Et c’est le cas pour toutes les colonies chamites, comme de leur patrie-mère. Ainsi Rawlinson (The five yreat Monarchies, vol. II, p. 500, éd.) parle d’un bas-relief de Susiana qui offre „un type du plus pur Nègre”. Darwin lui-même en présence de la statue d’un Pharaon du British Muséum (Amenhept III?) ne pouvait s’empêcher de penser à un Nègre africain, Kushite il est vrai, mais Nègre quand-même. Tout le monde est d’accord que, dès les temps les plus reculés. Sémites et Chamites ont fusionné volontairement, et malgré cela on restreint l’élément sémite, dans le métissage des peuples, notamment de ceux de l’Afrique. Ces deux éléments se sont conpénétrés surtout dans l’Afrique (au nord de l’Equateur), comme dans l’Indo-Chine, etc. Parmi tous ces „Mischvôlker” de l’Afrique, il y a autant de sang sémite que hamite. Tout cela n’empêche pas d’admettre, surtout dans le nord de l’Afrique, des infiltrations blanches (européennes) ou japhétiquGS. Toutefois, il y a d’autres indices plus sérieuses que celles tirées du crâne du homo Cro-Magnon du Périgord, exhumé par Christy et Lartet, et dont le prognatisme dans la région sous-nasale (62">.8) est aussi considérable que chez le Nègre! Seulement,
il est d une taille élevée (Caïnite anté-diiuvieu i), JEt les Guanches des Canaries ? Quelques-uns croient qu’ils sont les descendants des submergés de la fameuse Atlantis, comme les Berbères ! La tradition veut, que ces Africains du nord étaient séparés jadis des Nègres par une mer saharienne. Ce qui est sûr, c’est que le nord de l’Afrique a été, de tout temps, un vrai rendez-vous de peuples. Actuellement encore certaines tribus se disent descendre des Chananéens, des Philistins, des Ammonites, des Moabites. On affirme que 2000 ans a. C. une race blonde européenne, fuyant devant les Celtes, aurait fait irruption dans le nord de 1 Afrique sur la côte du Maroc. On identifie cette race, bien témérairement, à la race Cro-Magnon (et le prognatisme ?). Cette race-là aurait construit les menhirs, et les mégalithes en général, de 1 Afrique du Nord. La tribu Lenhadja descend d’elle. C’est fort bien possible a la rigueur, puisqu il y a une opinion qui fait des Galla-Oromo (et des W^ahinda) simplement des Gaulois! (Y. infra). Puis il y a eu des immigrations de Perses, de Mèdes, d’ Arméniens qui se sont mêlés à la race atlantique. Enfin sont venus les conquérants Phéniciens, Carthaginois, Romains, W^andales, Grecs, Arabes, Turcs, etc. Il est exact de dire que les Nègres proprement dits ont été refoulés davantage vers le sud à la suite de ces nombreuses invasions de races japhétides, sémites et hamites métissées déjà. Toutefois, il ne serait pas exact de dire, comme le font quelques ethnologues, ^^que ces Nègres poussés au sud jjfurent obligés (!) de se mêler avec des Négrilles, des Ethiopiens, des Hottentots-Bosjesmans „pour donner naissance au BantiY. Les Egyptiens parlèrent avec mépris des Nhsi (Nahshi)^ „de la sale race de Kush”, ou „de la peste du Sud”. Il est probable qu’il faut entendre ici les ancêtres de nos Watwa actuels, qui sont réellement détestés par les Bantu comme de vrais parias. Pour ce qui regarde l’ürundi, jamais un Murundi, même Muhutu, consentira à se marier avec une Mutwa! Je crois que le môme „tabu” existe dans les autres tribus. Comment croire alors à un croisement, ou qu’ils (Négrilles et Bosjesmans) seraient „ absorbés en grande partie” par les Bantu ! Qu’ils soient refoulés et même exterminés graduellement, cela se conçoit, on le constate même; mais qu’il y ait eu métissage en masse entre ces parias maudits et les Nègres-Bantu, j’ai de la peine à le croire. Il y a certaines races qui paraissent destinées à périr sans être assimilées. Qu’on pense ici aux Tasmaniens, aux Australiens, aux Indiens de l’Amérique!
On a vu que Zaborowski e. a. fait naître sur place la civilisation égyptienne, théorie qui est une folie aux yeux de M. de Quatrefages. D’autres (Dr. Keane, e. a.) veulent bien admettre une occupation par migration; seulement ils la reculent dans la période pleistocène (quidf). En plus, dans les temps paléolithiques il y aurait eu en Europe, en Asie et en Afrique (pourquoi pas ailleurs?) une race homogène (pygmée!). Cette première arrivée en Afrique et cette dispersion générale des Nègres, on veut les placer à tout prix à l’âge de la pierre. Le type bien spécialisé du Nègre, tel qu’il est figuré sur les momuments égyptiens, il y a d’ici 4000 ans, existait déjà à cette époque réculée, et ce type s’est conservé rigoureusement jusqu’à nos jours. Quelle persistance! Oui, nous admettons une dispersion de Caïnites, principalement avant le déluge ; nous en admettons une, mais qui soit graduelle quoique assez rapide, après le déluge. Seulement au lieu d’admettre naïvement des chiffres fabuleux et incontrôlables (16000 à 2000 ans, Oppert), nous nous contentons des données historiques vraiment sérieuses indiquées plus haut.
L’opinion de Frobenius quant à l’origine des Bantu, à été signalée (V. jjUrsprung der Afrikanischen kulturen’'). Puisque dans cette théorie l’île de Madagascar a dû jouer un grand rôle, il est intéressant de dire quelques mots des Malgaches. On sait, que la grande île est quasi divisée en deux par deux races bien nettement tranchées, les Hovas et les Sakalaves (Noirs). Selon M.-A. Bloch la race malgache primitive aurait été noire; elle serait apparentée avec les Nègres océanéens. Les Hovas ne seraient pas des Malais (métissés), mais ils seraient issus de la race primitive, comme les autres populations de Tîle. Ceci est contre l’opinion assez commune. Selon le P. Abinal (, Vingt ans à Madagascar) Paris J iHHb) la tribu des Wazimba était jadis (avant l’arrivée des Ho va) maîtresse de tout le pays. On dit des Hovas qu’ils rendent un culte aux ancêtres Vinzimba, ancien peuple habitant autrefois l’Imérina. M. Froberville (1839) de son côté a remarqué des ressemblances
entre les Wazimba et les GalU, Les Sakalaves, selon M. Bloch, ressemblent aux Watutsi et ont, comme ceux-ci, une vraie passion pour la viande de boeuf. L’argument est peu solide, mais le Lt. Colonel Mentonnet signale d’autres détails, qui font réellement penser aux Wahuma. Selon M. Letourneau les Ho vas ne sont pas des Malais métissés, mais des Coptes, et peut-être (selon lui) des Libyens, puisqu’ils érigent des mégalithes (menhirs, dolmens, etc.). Comme s’il n’y avait que les Libyens qui érigent des mégalithes! Mais le globe en est couvert! (V. Bull, de la Soc. d' Anthrop, de Paris, l. VII, 1896).
Bans une des Notices il a été fait mention des quatre races d’hommes figurés sur une tombe de Seti I par quatre personnages de chaque groupe. C’étaient les A a/? si = Nègres (Négrilles?), les Hemu aux yeux bleus, les Tamahu blonds. Européens, et enfin les Ruti, nom sous lequel ils se désignaient eux-mêmes. Quelques étymologistes font entrer cet élément (ruti) dans la composition du nom Kafruti, Afruti (Africa) ou dans celui de Auritaequi n’est qu’une variante du premier. (Ludim = Rudim == Rutim 1). Solon les Egyptiens eux-mêmes les Nahsi sont créés les premiers, i. e. ils ont occupé l’Afrique les premiers. Quoiqu’il soit difficile de savoir de quelles races il est question ici, on pourrait y voir les représentants des trois fils de Cham, si l’on admet que les Nahshi — Chamites = Nègres constituent une fraction scélérate détestée même par leurs propres cousins, chamites comme eux, mais plus moitié Semites, raisonnables et peut-être moins pervertis (au début) et moins turbulents.
On le voit, il n’est pas commode d’arriver à savoir beaucoup de chose sur les races primitives de l’Afrique, Il reste quand même acquis, que cette première race (qui dure encore telle quelle, après plus de 5000 ans = Négrilles- Watwâ^ a été une race noire, probablement de petite stature, turbulente, e. a, m. une race vraiment chamite (hamite). Il est sùr aussi qu’elle vient d’Asie (vallée de l’Euphrate? Susiana?). De bonne heure déjà l’Afrique nous montre un vrai fouillis de peuples, tellement enchévrêtés avec le temps, qu’il est radicalement devenu impossible de discerner les différents éléments ethniques. On ne peut que saisir quelques traits généraux, un peu saillants. Peut-être que plus tard, par des études comparées de linguistique, d’anthropologie proprement dite et celle d’autres sciences auxiliaires, on arrivera à quelque chose de plus satisfaisant. Mais il ne faut pas se faire des illusions. Il restera assez de problomes ethniques à jamais insolubles. Malgré tous les efforts, a-t-on été beaucoup plus heureux pour discerner p. e. les premières origines des peuples du Balkan ou du Septentrion!
La table généalogique du Xe chap. de la Génèse et l’Afrique.
Le dixième chapitre de la Génèse a été considéré de tout temps comme un document d’inappréciable valeur pour la connaissance des premières origines des peuples. Il n’y a absolument rien dans l’antiquité qui lui est comparable. A côté de cette table généalogique, les dynasties „ divines” de l’Egypte et les fanfaronnades généalogiques de l’Inde, etc., non seulement pâlissent, mais n’ont que le charme que procure un enfantillage naïf. Voici ce qu’un homme compétent, le Dr. Weiss, dit de la table généalogique du X« chapitre: jjUberhaupt erweist sich die Vôlkertafel als ein unschatzhares Denkmal. Sie ist noch alter „als Moses; denn als der grosse Gesetzgeber schrieb, waren die Vôlkerverhâltnisse schon „andere. Die Vôlkertafel beruht auf Erinnerungen, die Abraham aus dem Herzen Chaldàas, „aus dem alten Ur mitbrachte, und die sich von Geschlecht zu Geschlecht unter seinen jjNachkommen fortpflanzten. Kein Vôlkerverzeichnis aus der alten Welt reicht weiter hinauf, „ist so umfassend und wird durch das Studium dèr Sprachen und der Vôlker so gy^ïndlich jjbestàtigt. Mit recht wird das zehnte Capitel der Genesis von Prof. Dr. Haneberg der einzige, „in seiner Art unvergleichliche Heïmatschein der Vôlker genannt”. — „ Die mosaische Vôlkertafel „wird also allenthalben durch die alten Classiker, durch die neueren Entdeckungen „bestàtigt und zeigt sich demnach als die wichtigste aller alten Urkunden über die Verwandtschaft „der VôlkeP* (Weltgeschichle, I, p. LXXVIII). On se demande, non sans quelque naïvité, comment
tant de noms (+ 75) ont pu être conservés fidèlement dans la mémoire, pendant des siècles. C’était excessivement facile. D’abord ces tabelles ont dû exister par écrit, ou même gravées dans l’airain. Soyons-en bien sûrs. On écrivait avant Moïse, et avant le déluge, et même beaucoup, paraît-il! Même Zaborowski avoue que, ^l’ancien alphabet runiqiie remonte à la première époque du fer’’ {Nouv. Rev., 1888, p. 02). On connaît ces terribles runes des anciens Scandinaves encore plus ou moins paléolithiques. C’étaient des caractères renfermant des incantations magiques, par la vertu desquelles ils commandaient à toute la nature (esprits). Ces runes permettaient e. a. d’accomplir des métamorphoses. Ils étaient révélés par les esprits-mêmes à leurs ancêtres. — On écrivait donc; mais sans écriture même, c’eut été facile de conserver ces noms ethniques sans allitération, sans parallélisme, etc. Qu’on pense aux Walisois qui retiennent par mémoire d’innombrables généalogies; à la conservation fidèle et mot-à-mot, uniquement de mémoire, des anciens Sôgur de l’Islande; aux généalogies des Arabes, etc. Jules César déjà a fait la réflexion que, depuis l’invention de l’écriture, la mémoire des hommes s’est affaiblie. Chacun de nous a pu constater autour de lui des phénomènes de mémoire prodigieuse, parmi le peuple rural analphabétique. Dans la jeunesse de l’humanité, - — où l’on vivait presque un millier d’années — , toutes les forces étaient plus énergiques, plus fraîches: c’était le cas aussi pour la mémoire.
Après ces considérations générales, voyons un peu de près le contenu de cette précieuse liste ethnique pour ce qui regarde l’Afrique et la branche chamite, puisque cette terre a été de tout temps nommée le pays classique des Chamites. Nous ne parlons pas en ce moment des deux autres branches noachides: les Japhétides et les Sémites, quoiqu’elles aient livré leur contingent dans la constitution des races africaines. Nous suivrons les indications de Rawlinson, du Dr. Weiss et surtout de Knobel. Tout le monde sait, que b eaucoup de noms propres de la table sont purement ethniques, plutôt que personnels.
On fait ordinairement des Chamites des hommes à peau noire (de chaman — être chaud, noir, rhum = noir; vieux ég. : ha^n et kama). Le nom du patriarche devînt le nom même de l’Egypte {terra Kham, Khemi). On ne sait absolument rien de la couleur des trois fils de Noé. Ils étaient probablement rouqes, couleur qui dans leurs fils et leurs petitsfils tournait graduellement au jaune et au blanc d’un côté (Japhétides et Sémites) et au brun et au noir de l’autre côté (Chamites). Effet de climat, de lieu, et d’autres causes ambiautes et mystérieuses.... Cham continuait les traditions des Caïnites; puis une formidable malédiction pesait sur lui et sa descendance. Tous les Nègres, passés et présents, descendent de lui et de ses fils (qui sont loin d’être tous nommés dans la table!) Les pygmées (Négrilles, Nigritos, etc.) sont même un restant archi-ancien d’une première couche chamite; car pour les autres Nègres (Bantu, Soudanais, Papua, et surtout les „Mischvôlker” p. e. du N. E. de l’Afrique) il faut admettre un métissage sémite, métissage qui a commencé de bonne heure, déjà aux bords du Tigre et de l’Euphrate. Parmi les Chamites il faut nécessairement distinguer deux grandes fractions. La première, représentée surtout par les Kushites, les Mizraïmites, les Phéniciens, etc. a une histoire, même colossale. L’autre n’en a pas. Ce sont les pygmées, les Nègres, les Australiens, etc.! Pourquoi pas? Mystères de l’histoire .... Pourquoi tous les Japhétides n’ont-ils pas une histoire comme celle des Grecs, des Latins ou de nos Européens actuels ? Pourquoi tous les Sémites n’en ont-ils pas une comme celle des Hébreux (ceux-ci très à part et pour des grandissimes raisons), des Chinois (?), etc.? Pourquoi certaines de ces histoires finissent-elles brusquement avec le peuple qui Ta veçue et écrite? (Aztèques, Inca, Perses, Carthaginois, etc.) ? Pourquoi d’autres histoires surgissent-elles tout d’un coup avec de nouveaux peuples, qui ont un rôle à jouer selon les desseins insondables de la Providence? Mystère pour la plupart du temps. — Quoiqu’il en soit, de nombreuses bandes de Chamites se sont lancées sur le monde austral, à l’ouest et à l’est, occupant l’Afrique, l’Inde, les archipels, même l’Australie et la Polynésie. C’étaient des hordes perverses, très vite replongées dans la barbarie pour avoir vitement oublié et méprisé les leçons du Seigneur. „Daher sind die Zustânde der Verwilderung zu erklâren: es sind nicht Urzustànde, „sondern Zustànde der Entartung’^ (Fr. von Schlegel: Philosophie der Geschichte; cfr. Fick: Aphorismen, II, 2 — 3).
Les Chamites historiques (des monuments) habitaient principalement l’Asie antérieure, puis l’Afrique (Nord et Est). Ici ils sont représentés en particulier par les Ethiopiens ( terra Kush)y les Egyptiens et les Libyens. Hérodote compte l’Egypte encore à l’Asie. Les premiers sont les plus noirs, les seconds plus clairs (Wahuma!) et les troisièmes encore plus clairs (Wahinda/ Galla!). Les Phéniciens se sont mêlés avec les Sémites, ou plutôt ces derniers avec les Chamites et même avec les Nègres („AVilden-Chamiten”). Voilà pourquoi leurs langues sont si embrouillées, à tel point qu’on n’est pas d’accord, même de nos jours, pour savoir si p. e. le libyen, le punique, le berber, le vieux égyptien et le copte, le phénicien et l’hébreu, etc., sont des langues sémites ou chamites. On finit par décréter qu’elles sont
sémito-hamites ! C’est fort sage et très exact.
Le nom du fils aîné de Cham est Kusli. Il a joué, lui et ses fils (Nimrod), une énorme rôle dans l’histoire de la branche chamite des Noachides. La S ^ Ecriture (texte hébreu) entend toujours sous ce nom (terra Kush) V Ethiopie (AizLO'ip^) nom grec employé par la Septante. Selon Homère, les Ethiopiens sont les hommes les plus mériüionaux et divisés en deux. C’est très exact, puisque il y a la section africaine et l’autre indonésienne et océanique. Il est vrai que, selon Strabo, (I, 35) Homère (Iliad. I, 423; Odys. I, 28) entend le Golfe Arabique comme démarcation ; mais selon d’autres tout le sud de la terre est désigné par lui comme l’Ethiopie. L’Inde surtout passe pour le foyer des Kushites ou des Ethiopiens (àjvoiycoc ^Iv6(ùv, yevog ^ Iv6l%ov). De l’Inde à l’Afrique la présence de Kushites est prouvée. Les Ichthophages étaient et sont encore de couleur noire. A l’ouest de l’Indus on rencontre à chaque pas des noms ' ethniques où l’élément Kush est visible (Kousha-duipa ou Kouça-duipa, Hindu-Kush, etc.) A Persépolis des Noirs sont représentés sur les monuments, La Susiana (Chusistan) paraît même être le foyer des premiers Kushites, fV infra.) Ee Mernn on Niger, qui menait son armée d’Ethiopiens en aide à Priam, venait non de l’ouest mais de l’est ; car Memnon signifie: fils d’Eos = rougeur matinale! Susa est nommée yfj Kioairi et ses habitants Kiooioi ou KvaoiOL = Kushites. D’autres y placent un yévog Kovaalov = des Kossées, Les monuments parlent de Kassites, et les inscriptions distinguent deux pays de Kossi (Kashi, Kashu; cfr. Amashu). L’un est situé dans la Basse-Chaldée, et a pour capitale Dur-Kasha forteresse des Kashu, qui est une des premières cités de la Chaldée. Vers 1400, Kara-Hardas étant roi de Babylone, „les hommes de Kassi se révoltèrent et le tuèrent”. Vers 1330, le roi d’Assyrie, Rimmon-Nirari, se vante d’avoir battu les armées des Kassi, Gutium, Lulumi, Subari”. Vers 1120 Nabuchodonosor I dit avoir „anéanti la puissance de la contrée des Lullubi, subjugué la Phénicie, dépouillé les Kassites''-, et vers 879 Assur-nasir-habal dit avoir vaincu „les armées du vaste pays de Kassi. — Le second groupe des Kassi (Kiaatoi) est en Elam (Susiana). Le célèbre roi de Babylone, Hammurabi (2394—2339 ?), serait originaire du pays de Kassu (i. e. serait un Kushite). Vers 1800 une dynastie élamito-kassite occupe le trône de Babylone, et son premier roi Agu-Kak-Bimi prend le titre de roi de Kassu et d’Accad, roi de Babylone, roi de Padan, d’Alman, roi des Guti. (Cfr. Viçv^a-Mitra: Les Chamites, p. ilO). Que la Susiana actuelle ait été leur foyer primitif, cela est un fait absolument sûr. L’Inde antérieure du reste est littéralement pétrie de l’élément chamite (kushite) ou noir. Quelques-uns veulent que la population actuelle encore a pour neuf dixièmes de sang chamite (noir) dans les veines. V. le bel ouvrage de M. Dieulafoy: L'Acropole de Suse, Paris, (Hachette), où il y a p. 192 une représentation d’un défilé de vrais Nègres, ou même de Nigritos. Le dieu Kousha, divinité de premier ordre, passé au bramanisme, ne serait-il pas, au Kausha-duipa, le fils de Cham divinisé? Chose curieuse, dans l’ouvrage de G. Smith {The Chaldeans, p. i'25) il est question du dieu Anou, qui envoie le dieu Lubara i. e. peste, qui dévasté tout de.vant lui. Les Waganda eux aussi, ont des esprits mauvais Lubari ou Lubare! — On vient de parler des Kassi à Babylone. Bien mieux: c’était un fils de Kush, Nimrodj qui fondait cette ville mémorable, et qui y avait son siège (V. infra). — La tradition classique fait de Kepheus, fils de Bel, un Chamite. Les Chaldéens auraient été nommés primitivement: des Céphènes ou Képhénes (Kef, Kefa, Siva, Cham). On croit avoir retrouvé la trace de ces Képhénes depuis l’Inde jusqu’à la Méditerranée (Joppe). C’étaient des hommes très bruns. Dans l’Arabie on a eu des Ethiopiens (Chamites). Les mêmes noms
de tribus {Chavila, Sclieba, Dedan) se rencontrent dans les généalogies éthiopiennes et arabes. L usage de la circoncision serait venu des Chamites aux Arabes. Plusieurs usages perverses sont également d’origine chamite, et se rencontraient chez les Nasamons (Libye) et ailleurs. La partie de l’Afrique qui se somme actuellement l’Abyssinie (Habesch — mélange, métissage, bâtard, nom de mépris) et la Nubie ont été toujours un grand centre de Chamites.
La table généalogique énumère comme fils de Kush: Seba, Chavüa, Sabla, Raema et Sableka. Sous le nom de Seba (Saba) il faut entendre les Blemmyens, aujourdhui nommés: Bhharye qui habitent entre l’Egypte et Meroë. Ils s’appellent aussi: Seba, et un nom semblable se rencontre vis-à-vis dans l’Arabie. — Les Chavila, ces ^Ethiopiens d’une grande longévité”, étaient, selon Hérodote, les plus grands et les plus beaux des hommes. Une tribu semblable se trouve aussi dans l’Arabie. — Sabla doit être cherché dans l’Arabie, dans le Yemen et dans le Hadramaut. Là il y avait une capitale Sabata, grand entrepôt d’encens. Le nom de Sabla rappelle involontairement le Sapla-Sindhu ou Hapla-Hmdhu (Wa/iiuda, aivanta, cuvandhu, awanhu, etc.) des Egyptiens et des Nègres équatoriaux. — Raema habitait à l’est de Sabla, dans la partie sud-orientale de l’Arabie (l’Oman actuel). Encore de nos jours on trouve leurs descendants (?) dans les individus étranges, à couleur noire, parlant une langue qui n’est pas sémite, se nourrissant de poissons et de dattes, habitant le désert, les trous et les ravins, séparés du reste de la population, qui se trouvent dans ces parages-là. — Seba et Dedan habitaient au Golfe Persique, et sont comptés parmi les Abrahamites, parce qu’ils se mêlèrent avec les Sémites. — Les Sableka se retrouvent, selon Knobel, dans les Ichlhyophages qui vivent encore aujourdhui à Test du Golfe Persique.
Le deuxième fils de Cham, nommé dans la table, est Mlzraim (Mizrajim). Il devient la souche des Egyptiens et envahit l’Egypte de bonne heure avec ses hordes, ce qui n’empêchait pas que d’autres bandes chamites l’y avaient déjà précédé (V. infra). — Les fils (ou peuples issus de lui) sont d’abord les Ludirn du nord-est de l’Egypte. On croit qu’ils représentent un mélange de Hyksos (Helhaei!) et d’Egyptiens proprement dits. Ne seraient-ils pas les Ruli (Rudim, Ludlm) des monuments? — Les Lehabim sont des Lubim, i. e. des Egyptiens-Libyens, habitant la partie occidentale de l’Egypte. Depuis les temps les plus reculés la Libye forme, avec la Thébaïde et l’Egypte proprement dite une des trois grandes provinces d’un même empire. L’oase de Jupiter Ammon est comptée par Ptolémée parmi le nome de la Libye. Ce petit peuple néanmoins se compose d’Ethiopiens, d’Egyptiens et de Libyens. Le mot liib signifie: avoir soif, ce qui cadre parfaitement avec cette triste terre. — Le nom Anamin est appliqué par quelques-uns seulement aux habitants de la delta ég. : Isanemhil — reyio septenlrionis). Mais tout indique, qu’il faut
étendre le rôle de ces Anamim, qui sont les Anous des hiéroglyphes. D’abord ce nom est bien asiatique et vraiment chamite, avant de se spécialiser en Egypte. Le temple pyramidal d’Erech („maison du ciel!”) se nommait é-unna ou éa-anna. Le monstre oannès de Bérose porte le même nom que celui du peuple des Annous habitant le nord-ouest des Indes, et adorant un dieu ichthyoforme. Bien ne prouve que l’ancêtre An (A.nu) soit engendré par Mizraïm en Egypte. Bref, il y a un peuple Anou en* Egypte qui y joue un grand rôle. An (synonyme de Siva, Cham) signifie en ég. : pointe, phalL, poisson comme huna on polynésien, andhi (ndu, mlu!) en sanscrit (? = chamite). Selon Yiçwa-Mitra (Les Chamites, p. W4, seq.), „ces Anous se répandirent dès l’origine dans la vallée du Nil, et donnèrent „leur nom An au XXI« nome de la Basse-Egypte, ainsi qu’à plusieurs villes importantes: „ Héliopolis (1’ A nu du Nord), Tentyris ou Dendérah dite également An, Hermonthis ou „An-Rès dans la Thébaïde (l’An du Sud). Un rameau vécut longtemps dans la péninsule „du Sinaï, un autre en Nubie”. — Les Naphlhuchim doivent être cherchés dans l’Egypte- Moyenne, avec la capitale Memphis, le siège du culte de Phtha (d’où Hephesios). Les Naphthuchim seraient : les ol vov cpdà — les appartenant à Phtha. Memphis signifie: la demeure de Phtha, Thèbes celle de Amun. La ville de Memphis était longtemps le siège des rois pasteurs sémites, et les habitants de l’Egypte-Moyenne semblent être de formation plus récente que les autres fractions du peuple égyptien.
Un autre peuple (ou tribu) issu de Mizraïm^ sont les Patrusim. Patros = Thébaïs est traduit par les Septante: Hadovçfjg. Dans la Thébaïde occidentale on trouve un nom semblable. Raes en ég. signifie selon Weiss: le midi, et pat-raes: le méridional, l’austral, (le Sud). — Les Kasluchim (sixième fils de Mizraïm) habitaient le long de la mer depuis l’embouchure orientale du Nil vers la Palestine, dans le désert torride Kassiotis où le Mons caskis sépare l’Egypte de la Palestine. Kaes en ég. signifie : mont ; lok ou roc ™ iiri — mont désert. Puisque dans cette Kassiotis il y eut fréquemment des inondations, on veut qu’une fraction de ces Kasluchim émigrèrent vers la Mer-Noire. La Colchis serait une colonie de Chamites-Kasluchim. Depuis Hérodote les anciens considèrent les Colchiens comme des descendants des Egyptiens, et ils se basent sur la couleur de leur peau, leurs cheveux frisés laineux, leur langue, l’usage de la circoncision etc. — Les Kaphtorim enfin émigrèrent de l’Egypte pour occuper la Crète. Selon un mythe très ancien, Amon assailli par Saturne et les Titans, se serait enfui dans l’île de Kreta.
Le troisième fils de Cham est Pat ou Phut C’est l’ancêtre des Les Egyptiens
le nomment: phet ou pU = arc, ou: phaiad. Quelques-uns prétendent, que ce nom de Put se conserve dans celui du peuple Futas dw Sénégal. Dans la Mauritanie occidentale une rivière, qui se jette dans l’Océan Atlantique, porte le même nom. Les rabbins, les Septante et Flav. Josephus désignent toujours les Libyens comme la descendance de Put. Alors toute la partie septentrionale, à l’exception de l’Egypte, est comptée dans la Libye. Au sud des Libyens habitent les Ethiopiens ou les Nègres, Kushites et autres, innommés.
Le dernier (ou le premier) fils de Cham est Kenaan ou Kanaan^ le père des Chananéens. Ces Chamites ne seraient pas les premiers possesseurs du soj; avant eux il y aurait eu „cme t/r-rassc”, dont les „Cinnaei” = Gsaniies anté-diluviens du temps de Moïse, auraient été les derniers représentants. Certes, il peut y avoir eu, comme en Egypte, déjà une horde avant-coureuse de Chamites, mais il n’est nullement nécessaire d’en faire des Caïnites non-submergés par le déluge. La persistance du nom de Caïn n’a rien d’insolite. Il est même naturel, que parmi les petits-fils de Cham une fraction ait porté le nom du grand ancêtre, dont Cham (et surtout ChanaanI) continuait si dévotement les traditions. Nos Nègres (et surtout leurs rois) portent des noms très archaïques. — Aux Chananéens il faut ajouter, comme Sémito-Chamites les Phéniciens (7. Infra). Il faudrait y ajouter encore les Polynésiens et bien d’autres (Aztèques. Inca ?), mais nom nous sommes contenté de l’Afrique.
La Bible et l’Afrique.
Je ne crois pas, qu’on ait jamais essayé de réunir, et de présenter dans un ensemble tout ce que la Ecriture contient sur l’Egypte et sur l’Afrique, et tous les passages
qui s’y rapportent. Ce serait certainement là un travail intéressant à faire, mais qui demande des loisirs qui me font défaut. Rappelons quelques faits bibliques, en nous reservant d’y ajouter après quelques autres, tirés de traditions très respectables. Abraham voyagea en Egypte, selon M. de Moor, en 2136 pendant la Xlle dynastie (2258—2098). Joseph est vendu en Egypte en 1985, (gouverneur 1972); la famille de Jacob s’y rend, s’y multiplie pendant 450 ans et en sort sous la conduite de Moïse au nombre de +2.000.000 (683.550 guerriers en plus 22000 lévites). Moïse, élevé à la cour de Pharaon, très instruit (eruditus omni scientïa Aeyypiioram), devient le grand législateur du peuple élu. On se figure parfois ce grand homme comme un pâtre madianite (Jethro) ignorant, un bédouin ordinaire. Grave erreur! On peut difficilement agrandir trop cette grande figure. Il connaissait mieux l’Egypte (et l’Afrique!) que tous nos égyptologues réunis.
On aime à parler des „ emprunts” faits par Moïse à l’Egypte, visibles à travers tout le Pentateuche, même en ce qui concerme la religion; ou d’„ infiltrations de coutumes, et d institutions égyptiennes dans la vie du peuple hébreu”; enfin le Pentateuque ne serait qu „un recueil égyptien écrit en langue hébraïque” (Ebers). C’est manifestement erroné.
Certes^ nous constatons parfaitement les ,jsimillima simulacrcC\ signalés^ il- y ^ longtemps déjà^ par Clément d’Alexandrie qui, connaissait bien lui aussi l’Egypte! Tout dépend vovetur'\ avons-nous dit. Chez Moïse tout est orthodoxe; chez les Egyptiens presque tout était hétérodoxe. Ce fond commun (bon et mauvais ou plutôt souillé et profané) n’était pas plus égyptien qu’il n’était hébreu. C’était le fond traditionnel, antique et très antique ou plutôt primitif. N’oublions pas, que les Egyptiens étaient simplement des colons chamites mélangés avec des sémites. S’il y a emprunt, c’est à peu près comme qui dirait que les Européens ont emprunté leur civilisation au Yankees. Tout au plus pourrait-on affirmer, que dans la S Bible il y ait des mots égyptiens, et encore! Car ces „égyptianismes” sont plutôt des „chamitismes”. Personne n’ignore, et Gesenius lui-même n’en disconviendrait pas, que dans l’hébreu il y ait des racines chamites (plutôt que sanscrits !) e. a. les noms des mois, puisque l’antique calendrier paraît bien chamite et archi-ancienne. Citons quelques noms propres et communs. Pharaon (ég. : piru aa) = grande porte ; — Mitzrdim = les deux Egyptes ; — Moise (ég. : rmt: eau, udjet: sauver) = sauvé de l’eau; — Nil (ég. : awr) = rivière, fleuve, Gén. XLI:1; — Joseph, Sauveur du monde (ég. : djfent paan/c/?) — donnant la vie (hébr. : tzafenat paeneah); — Asenet (ég. : as = siège, Neith = de Neith; — Putiphar (ég. : p: le, tu: donner, pa : le, ra: Rà = dieu soleil) = le donné à Bd; — Thèbes (ég. : Nouit-Amon : ville d' Amon) = No- Aman, Nahum III: 8; — boeuf (ég. akha) = aJm, Gén. XLI : 2; — bords du Nil (ég. : se/ai, spel = lèvre) = Gén. XLI : 17 ; — tissu (ég, shes: tisser) = sliesh, Gén. XLI: 42; — abrek (ég.: ab: gauche, er : à, k: toi) = à gauche, Gén. XLI: 43; — nacelle de joncs (ég. : tep) ~ tébah, Gén. VI : 14; Exod. II : 31 ; — roseau (ég. : neck) — qack, Exod. V : 12: XV :7; — l’acacia épineux: rubus (ég. : c fient). = seneh. Ex. III: 2; — tambour de Marie, soeur de Moïse (ég. : teb) = ioph, Exod. XV : 20 — vase à manne (ég. : sennu et tennu : vase, mesure) = tzlntzenet, Exod. XXVI : 33 ; — pots de viande (ég. sera, seri : grand vase) = srr, Exod. XVI: 3; — corbeille à offrande (ég. : tennu) — tenu, Deutér. XXVI: 2; XXVIII: 5; — chef, seigneur (ég.: aden) = Adon: Seigneur.
Le mot Israël (Isiraalou) se trouve sur la stèle de Mînephtah, découverte par Flinders Petrie à Amenophium, à l’ouest de l’ancienne Thèbes. — Les Egyptiens connurent la circoncision (Hérod II, 104), mais il est évident qu’elle n’est pas d’origine égyptienne mais plutôt un usage chamite, d’après qu’il paraît. On admet assez généralement, que Jacob arrivait en Egypte et que ses descendants s’y multiplièrent sous les fameux Hyksos — roifs pasteurs qui forment la XV^ et la XVIIe dynasties féodales et collatérales (avec la XIV*^ et la XVI^) à la XIII*^ dynastie qui fut vraiment nationale (2098 -1645). L’invasion de ces bédouins, pillards, nomades (ég. hik: chef, s/iausu) durait 435 années. Arrivés en 2074 ils furent déflnitivement exuplsés en 1639. Les Egyptiens les haïssaient, et les appelaient: shemau, shamamu, aiti, jait, jaditi: pestiférés, etc. — On croit que le Pharaon, sous lequel l’Exode des Hébreux eut lieu, est le Minephtah de la stèle de Flinders Petrie.
On peut rapporter ce qui précède à la première période que les Hébreux eurent des relations avec les Egyptiens et leurs noirs rois de l’Ethiopie. Plus tard, sous les rois David, Salomon (sa flotte africaine) et surtout pendant la période des rois de Juda et d’Israël, ces relations furent assez fréquentes. On connaît le célèbre jugement de Salomon raconté 111 Bey., c. 111:10 — 28. Les Egyptiens, toujours fanfarons, ont accaparé ce beau trait de sagesse et de justice, et ils l’attribuent à Bocchoris, roi de la XXIV^ dyn. saïte (719 — 713). Une fresque, décrite par Lumbroso, représente cette sentence rendue par Bocchoris (V. Maspero: Hisi. anc. des peuples de l’Or., t. III, p. 245). — Passons aux rois du royaume divisé. Dans III Bey., c. XIV: 25 — 26‘ on nomme Sesac qui est Sheshank, ou le Senonkhis de Manéthon, le fondateur de la XXII** dyn. (928 — 808). — IV Bey., c. XVII :1 — 0 il est relaté, que le roi Osée expédia des messagers à Stia (hébr.: Sâ, gv. Séyâr) roi d’Egypte. Il paraît assez probable, qu’il s’agit de Shabak, le Sabacon des Grecs (de la XXV^^ dyn. (713—673). Selon Oppert c’est le Shibahi, Shabi, Shabé des inscriptions de Sargon. Pour d’autres, il ne s’agit que d’un roitelet du Delta, tandisque le vrai roi d’Egypte de cette époque aurait été Bocchoris. — IV Beg. c. XIX: 9, 10 il est parlé de T haraca = roi
d’Ethiopie. C’est Tirhakah, le 3® Pharaon de la XXYe dyn. Ce ,^mélek Kusir = roï des Kushites-Nègres paraît avoir été un puissant roi, vainqueur des Shosn (Arabes), des Héta (Syriens du Nord), des Aratu (Phénic.), de Naharain (Mésopotamie?) — Un autre roi bien connu de la Bible, c’est Néchao (V. IV Reg., XXIII : 29, 30; II Parai., XXXV : 20—24). Hérodote (II, c. LIX) le mentionne, mais il parle de Magdolos à la place de Mageddo. Sa campagne (608) fut la ruine de Juda. Josias périt à la malheureuse bataille de Mageddo. C’est Néchao II dont il s’agit. — Le prophète Ezéchiel (XVII :15J dit, que le roi Sédécias appela au secours Apriès (ég. Ouahibrij successeur de Psammetichus II). Au musée du Louvre on peut voir la tête de ce roi, couchée sur un beau sphinx (V. Pierret: Calai, d. 1. Salle histor., n'‘. 267, p. 57). En lui s’accomplit la prophétie de Jérémie (XXXVII: 5 — 10). Battu (?) à Gaza (Jér., ibid.iG), il périt, étranglé par la populace de Sais (Jér. XLIV : SO), sous la règne de son successeur, l’usurpateur Ahmasis (569). — Tout le monde connaît les prophéties terribles des prophètes sur l’avenir des grands empires de l’Orient, prophéties accomplies à la lettre au jugement même d’un Volney (Ruines). Jérémie (625 — j' après 588) sous les rois Josias, Joakim, Jéchonias, Sédécias) visait principalement l’Egypte et l’Afrique. Le grand homme de Dieu y finit sa vie en exil, et y mourut, lapidé, croit-on, à Taphnès. (1er. XL—XLIII : 1; XLIII:8 — XLIV). Au chap. XLI :il^ 18 est raconté le commencement de cette fuite de Juifs en Egypte. Il s’y formait plus tard, comme on sait, sous les Grecs et les Ptolémées, une importante colonie (Septante, sous Ptolémée II ou Philadelphe 285 — 247). — Au
chap. XLVI:9. Jérémie parle de quelques Africains bien connus: „ procédant fortes,
Ethiopia et Libyes tenentes scutum, et Lydii arripientes et jacentes sagittas'\ — Le passage célèbre d’Isaïe (LXVI : 19, dans lequel est prophétisé la conversion du continent noir, est le seul où le nom ,,A/>?Va” est mis en toutes lettres: ,jEt ponam in eis signum, et mittam
ex eis, cjui salvati fuerinl, ad gentes in mare, in Africam, et Lydiam tendentes sagittum ”
L’hébreu porte ,jPuV) il est vrai, et selon Fillion, il sagit d’une tribu africaine restée inconnue. D’autres croient qu’il sagit d’une faute de copiste et qu’il faut lire: Pulh ou Phnth (cfr. Gén. X : 6), mais la vulgate traduit résolument par le nom „Africa”.
La Bible mentionne un nombre considérable de noms géographiques, se rapportant à l’Egypte (et l’Afrique). Citons les principaux : Africa, Is. LXVI : 19; — Rubasüs, Ez. XXX : 17 ; - Cyrcne, I Mach. XV : 23; — Egypte (Mazor, Mkraïm), Gén. XII : 10; Tobie VIII : 3 (Hte Egypte = Pathros); — Gessen (Goschm), Gén. XLV : 10; — Hauts, Is. XXX: 4; — Héliopolis (On, An), Gén. XLI :45; XLVI:20; Ez. XXX : 17 ; — Libye (LouEim), II Par XII: 3; — Ludim, Gén.
X:13; — Magdalum, Exod. XIV: 2; Jér. XLIV:1; — Memphis (Nof, Mof)^ Is. XIX: 13;
Jér. II : 16; XLIV : 1 ; XLVI : 14, 19; Ez. XXX : 13, 16 ; Osée, IX : 6; — Mizraim, Gén. X : 6; — le Nil (Ye’or), Is. XXIII : 3 ; — No-Amon (Thèbes) Nahum, III: 8; — Noph (i. e. Memphis), Is. Le.; — Ophir, Gén. X:29; — Phithom (Pithom), Exod. 1:11; — Phut (Pout), Gén. X : 6; — Puf Is. LXVI : 19; — Ramessts (Rclam sts), Exod. 1 : 11; XII : 87 ; Gén. XLVII : 11 ; Num. XXXII: 3; — Regma, Gén. X:7; — Sabatha, Gén. X:7; — Saha (différ.) Gén. X:28; XXV : 3; X : 7; — Syène, Ez. XXIX : 10; XXX : 6; — Syrte, Act. XXVII : 17; — Tauis (Tso\in, Savj, Num. XIII: 28; Ps. LXVI1I:12; Is. XIX : 11, 18; XXX: 4; Ez. XXX : 14 (hébr.); — Péluse, Ez. XXX : 15, 16; -- Socoth, Exod. XII : 27; XIII : 20; Num. XXXIII : 5, 6; — Etham, Exod. XXIII : 20; Num. XXXIII : 6, 8; — Phihalnroth, Exod. XIV : 2; Num. XXXIII : 7, 8; — Taphnès, (Thahhpanhhes) Jér. 11:16; XLIII : 7, 8, 9; XLIV : 1 ; XLVI: 14; Ez. XXX : 18; — Pathurés, Jér. XLIV:1; Ez. XXIX: 14; XXX : 14. — On peut y ajouter quelques autres noms ayant rapport à l’Afrique, ou à ses peuples: Kedar (Gédar) Is. XXI: 16; — Kittim, Gén. X:4; — Gham, Ps. LXXVII : 51 ; — Chus (Kush), Gén. X:6; — Cinnéens (génites),
Gén. XV : 19; — Inde, Esther 1:1; — Suse, Néhém. 1:1; — Troglodytes, II Par. XII : 8.
Si la Bible contient pas mal de choses concernant l’Afrique (Egypte), et les Africains, il y a une autre source dont le nom seul fera hausser les épaules à certains savants qui se contentent d’arguments et de preuves humains, mais qui pour le croyant a une très réelle valeur. Pour les premiers les Opéra d’une St‘" Hildegardis (1098 -- 1180), la célèbre abbesse de Ruprechts-Burg, n’ont aucune valeur scientifique, mais pour la deuxième catégorie de personnes ils en ont beaucoup. Ce sera aussi le cas e. a. pour l’humble nonne de Dulmen
A. C. Emmerick (1774—1824). Toutefois, si des hommes comme Overberg, Stolberg, Gôrres; J. P. Wittmann, F. von Kerz, Dom Guéranger, les P.P. Clarke, Faber, Schlechter, Euland, Prof. Windischmann, Dr. K. F. Krabbe, Dr. J. B. Heinrich, Dr. A. Eobling {Med. Theol. Mor., Annot. p. 590), les savants Jarke, Phillips, Florian Kiess, Urbas, etc., etc., prennent au sérieux, et attribuent une réelle valeur scientifique au travail sténographique de Clém. Brentano (1778—1842), on peut faire comme eux. — Je vais donc énumérer quelques sujets (ou noms) glanés dans: „Das arme Lehen'' (4e éd. populaire, in 4^, Katisbonne, Pustet, 1896), et dont la manière dont ils sont traités jetent une singulière lumière sur certains points obscurs de l’histoire primitive des peuples, notamment de la race noire. Le lecteur est stupéfait d’y lire une foule de choses, que la science n’a découvert que tout récemment après de laborieuses recherches, p. e. sur le peuplement de la terre, l’usage du fer, les constructions en pierre, le physique de ces races antiques, V origine de Vififidélité (idolâtrie), des débuts de ces formidables civilisations kushites (Nimrod, Derketo, Sémiramis), etc. Eclater tout cela, même très en abrégé, me conduirait trop loin. Je vais donc simplement citer quelques passages qui se rattachent à notre sujet. Le livre en question du reste est entre les mains de tant de milliers de personnes que la transcription serait bien superflue. Sur Abel voir p. 18; — Ahrahayn, 14, 25, 44, 47, 52; — Adam, 4, 80, 93; — Arphaxad, 31; — Aseneth, 28, 33, 58; — Balaam, 152; — Belus, 34; — Cham, 19, 21, 26; — Derketo, 34; — Dina, 57, 59; — Djemschid, 27; — Eva, 5, 47 ; — Hai, 46; — Heber, 31, 44; — Hénoch, 20, 27; Hom, 22, 25, 27; — Jacob, 14, 53, 58, 62; — Japhet, 22, 26; — Job, 36, 44, 48, 56; — Joseph, 28, 39, 57; — Isaac, 53; — Isis, 39, 59; — Caïn, 18; — rois, 36; — Laban, 47, 55; I^oth, 49; — Melchisedech, 12, 25, 30, 34, 40, 48; — Muraïm, 35, 38 ; — Mithras, 839 ; — Moloch, 484 ; Moses, 15, 47, 63, 70, 73, 95 ; — Mosoch, 22, 26 ; — Nemrod, 34; — Ninus, 35; — Noé, 18, 21, 29; — Osiris, 39, 59; — Phaleg, 44; — Pharao, 38, 48, 58, 63; — Putiphar, 58; — Bachel, 47, 56; — Bebecca, 53; — ■ Salomon, 47; — Sara, 58, 53; — Segola, 64; — Sem, 25, 48; — Sénnramis, 21, 34, 35, 40; — Sephora, 64; — Seth, 18, 40, 47; — Thubal, 22, 26; — Thubalcdin, 20; Uis, 46; — Zoroaster, 22, 30, 36. — Voilà pour tin certain nombre de personnes. Ajoutons encore les titres de quelques autres sujets: Chronologie, p. 39, 65, 141 ; — pierres, 141, 229, 910, 917, 1019, 1097; — row pasteurs en Egypte, 45; — plante hom, 22, 28, 60; — races d hommes, 19, 26, 29, 31, 38, 40, 44, 47, 149, 152, 449, 512, 716, 748, 786, 809, 833, 996, 1011; — pyramides, 39, 41, 62; — géants, 20, 49, 450; — écriture, 30, 46, 59, 108, 308, 357, 369, 449, 817, 851, 877, 937, 1029, 1108; — sfinx, 34; — villes d^ Egypte, 58 — 64, 181 — 190, 843; généalogie, 48, 112, 133, 281, 717, 827; — tour de Babel, 26 — 30, 44, 504; — déluge, 20, 23, 37; culte des morts en Egypte, 63, 639; — religion primitive, 450; — sciences, 198; — habitations avant le déluge, 18, 21, 27; — - Egypte, 35, 38, 45, 86, 93, 140, 152, 843; — Chamites, 31, 1011; — Heth, 448; — Inde, 1121; — Caïnites, 20; — Chanaan, 26, 225, 449; — Memphis, 38, 41, 61, 64, 186; — Nil, 30, 61, 64, 182, 186, 844 ; — ^inive, 34, 37, 281; — Semites, 31, 34, etc.
Nègres Chamites ou Caihites?
Les savants qui rejettent l’universalité traditionnelle du déluge, et qui le restreignent zoologiquement et géographiquement sont absolument forcés, s’ils veulent rester logiques et conséquents, d’admettre la restriction ethniqtie. Non seulement le deluge n’a été qu’une inondation locale plus ou moins babylonienne, mais l’arche n’a sauvé que huit représentants de la tribu noacïndel Le reste de l’humanité, notamment les Caïnites, et les races noires, jaunes, rouges-brunes ou rouges-cuivrées, n’ont eu rien à faire avec ce déluge. Non seulement Moïse, e. a. dans le Xe ch. de la Génèse, ne parle que de la filiation des Noachides (Sémites, Chamites, et Japhétides) tous blancs{\), mais cet homme prodigieux n’aurait même pas soupçonné l’existence des races jaunes, brunes, cuivrées. C’est à peine s’il aurait connu les Noirs] Et, puisqu’on est bien forcé d’admettre qu’il avait des Nègres
journellement sous les yeux^ qu’i/ avait une femme noire kushite, on dit qu’il n’a rien su de l’origine des Noirs^ on s’il en a su quelque chose^ qu’il l’a tu exprès, de propos délibéré t T out cela est lamentable, et à l’ opposite de la science sérieuse. Mais il faut avouer que ces auteurs sont conséquents. S’ils restreignent le déluge, ils sont forcés à en venir là. Ils ne voient pas, qu’alors tous les arguments à peu près du monogénisme leur échappent. N’importe, ils lâcheront bien le monogénisme aussi, quoique les plus grands savants leur crient, que l’unité de l’espèce humaine, non seulement adamique mais noachide, est une vérité fondamentale de l’ethnographie moderne.
La théorie de la restriction, même ethnique, du déluge, a été avant 1880 assez timidement formulée. Entre 1880 et 1890 il y eut d’assez vives discussions à ce sujet Depuis cette époque, la théorie impossible est patronnée avec assez de désinvolture et beaucoup de naïvité. Le moment n’est pas loin, qu’elle sera honnie publiquement par la science. On peut lire chez C. de Kirwan {Déluge, t. I, p. i — W) un court aperçu de cette évolution. Disons-le sans crainte: toutes ces mesquines théories sortent d’un fond commun, c’est le naturalisme, rationaliste ou matérialiste peu importe. C’est la peur du surnaturel; c’est la manie de ne voir dans la création et dans la vie et la marche de l’humanité que le jeu fortuit des forces (!) de la nature. Le déluge en particulier n’est tout au plus qu’un événement providentiel, mais non pas un fait miraculeux colossal d’une portée énorme, vraiment mondiale. On se demande en vain, comment un fait, même providentiel, concernant une tribu noachide quelconque, ait pu s’égarer dans un livre qui remplit le monde, et qu’il ait pu occuper le souvenir et l’esprit de toute l’humanité!
Moïse donc ne fait aucune allusion à la race noire \ il passe sous silence les Nègres; ceux-ci n’existent pas pour lui; il les élimine en tout cas soigneusement de son ch. Xe de la Génèse. On l’excuse et on dit „qu’il ne savait pas auquel des fils de Noé rapporter l’origine de ces peuples”; puis on trouve cet argument (!) tellement topique qu’on ajoute crânement: „Toute la difficulté tombe devant cette solution qui est sans réplique” (P Brucker). Mais l’Egypte regorgeait de Nègres. Les Egyptiens employaient en très grand nombre les Nègres comme esclaves concuremment avec les Hébreux. Sur les plus anciens monuments on voit des Nègres, Il y eut des dynasties Nègres en Egypte, etc. On veut bien admettre encore que Moïse était un homme d’une haute culture intellectuelle, initié à toutes les connaissances des prêtres égyptiens. Cet homme, adopté comme fils par la fille du roi, a pu être avant sa mission providentielle un brillant général égyptien ayant été vice-roi de l’Egypte supérieure, et ayant conduit des expéditious militaires jusque dans les plaines du Sennaar, et peut-être jusqu’aux sources du Nil ou dans le Sudan, n’importe il ne savait rien d’ethnographie. Les vulgaires Egyptiens classaient les hommes en quatre grandes divisions où les Nahshi = Nègres avaient parfaitement leur place, mais Moïse les posse sous silence ! Il ne mentionne (et pas encore tous) que les Noachides blancs (et les Hamito-Kushites noirs!), parceque . . . . le peuple élu hébreu n’avait rien à faire avec eux, n’avait aucun contact avec eux. Mais le malheur veut que les Hébreux étaient partout en contact avec des peuples, caïnites ou non, inconnus de Moïse: p. e. Abraham lors de la guerre de la Pentapole; les Israélites vers la fin de leur, séjour dans le desert; et même encore lorsque Josue opère le partage de la terre promise entre les douze tribus. Et Moïse les connaît fort bien, puisqu’il les nomme p. e. les pré-Chananéens : Bephaïm, Zouzim, Emim, Enacim, Néphilim, Horim, Avvim, Amalecites, Kenizites, Partout il est question des Kushites on Ethiopiens synonymes de Noirs. Mais non, les Chamites, Kushites on non, sont des Noachides blancs! On s’en tire, de ces contradictions flagrantes en disant que le grand législateur hébreu ne connaissait par voie traditionnelle et divine que l’humanité issue de Noé, et par la légende populaire (sic!) l’ethnologie des peuples de race différente mais antique, ayant de beaucoup devancé les premiers descendants (Chananéens) des sauvés du deluge. Ce mot de „légende populaire^' est vraimant charmant. On ignore, paraît-il, qu’à cette époque on ne se contentait pas de légendes orales, mais qu’on écrivait énormément en Egypte, en Assyrie et bien ailleurs, et bien avant. On possédait des bibliothèques en briques écrites grandes comme des