III
montagnes! On ignore aussi, dirait-on, qu’entre Adam et Moïse il n’a fallu que t 7 ^ès peu cVorganes de connaissanes primitives. Moïse vécut longtemps avec Lévi, son aïeul. Lévi vécut 33 ans avec Isaac, Isaac: 50 ans avec Sem. Sem: 98 ans avec Mathusalem^ enfin ce dernier 140 avec Adam. Ajoutez à cela que les orientaux, même actuels, ont la mémoire prodigieuse, et retiennent fidèlement d’interminables généalogies contenant des centaines de noms propres. Il est permis de croire que ces gigantesques personnages qui vivaient près de mille ans, avaient la mémoire bien autrement robuste encore!
C est une chose entendue. Parceque au Ch. X®, de la Gén., parmi les Noachides ne sont nommés ni Touraniens, ni Accadéens et Schoumeriens au début de Babylone, ni Amalecites (peuple très antique), ni pré-Chananéens Caïnites ou autres, ni enfin des Noirs, des Jaunes, des Rouges-bruns ou cuivrés, ces peuples n’ont pas péri par le déluge. Ce sont des Adamites mais des Noachides point. Partout ces Noachides en commençant à se disperger trouvèrent des races antiques (qu’eh sait-on?) fixées déjà sur le sol: des Nègres en Egypte, des Dravidiens en Susiane, des Caïnites en Chananée, etc. A ces races historiques il faut ajouter nos Pygmées qu’on trouve partout soit vivants encore, soit à l’état fossile^ fixés comme une race vagebonde et étrangère chasseresse et métallurgiste; qui enfin partout précède, dans les traditions, les races venues plus tard.
Tout cela n’est pas sérieux et ne tient pas debout après quelques minutes de réflexion. On cherche des difficultés là où vraiment il n’y en a pas. Si Moïse aurait voulu, — son érudition étant au moins aussi grande que celle de notre plus érudit ethnologue moderne qui étudie à peine 50 ans, — énumerer tous les noms ethniques, ce n’est pas un court chapitre, mais un immense répertoire qu’il aurait fallu écrire. Même nos savants écrivent des manuels très rudimentaires et qui ne sont pas encore destinés pour tout le petit peuple. — Les fils, petits-fils ou arrière-petits-fils sont très loin d’être tous énumérés. Souvent ou lit la mention: genuit filios et filias'\ Combien, on n’en sait absolument
rien, mais beaucoup^ très certainement. Après une catastrophe comme le déluge les hommes ont dû être très prolifiques. Les statisticiens n’ont-ils pas observé dans nos temps historiques le phénomène dûment constaté mais très étrange, que toujours après une grande guerre, une peste, etc,, les naissances se doublent, se triplent, et que les naissances de jumaux sont alors beaucoup plus nombreuses? — Il n’est donc nullement étonnant, qu’il y ait des tribus et même des peuples dont le nom du premier ancêtre ne soit pas mentionné. — Abraham trouve des pré-Chananéens en Palestine, mais il y avait longtemps que le déluge avait eu lieu. La migration depuis la plaine de Sennaar était-elle si considérable? Des Zulus émigrent en moins d’un siècle du Cap au Nyanza! L’ Attila noir Zimbo parcourt en quelques années tout le Sud-Afrique. Sait-on combien de siècles ces Hivvins ou ces Enacim habitaient là. On admet que Mizraïm en personne émigra en Egypte et Chanaan en Palestine. C’est possible et même très probable, mais il se peut fort bien, que de vrais Chamites, des arrière petits-fils du patriarche maudit aient devancé les autres, et occupé l’Egypte, et une grande partie de l’Afrique, avant que le frère de Kush arriva sur les bords du Nil.
Nos Pygmées d’Afrique et d’ailleurs seraient des Caïnites et non pas simplement des Nègres Chamites, comme les ^^CùnaeV de la Bible sont des Caïnites et non pas des Noachides (Chamites) C’est une assertion absolument gratuite et contraire à la vérité. Et pourtant ces fameux „Cinaei” ont exercé outre mesure la sagacité de quelques interprètes, et ceux-ci ont bâti les hypothèses les plus extravagantes sur cette trouvaille. Mentionnons ces passages où la Bible fait allusion à ces Gen. XV : i8 — parmi les peuples
de la Palestine qui Dieu soumettra à la postérité d’ Abraham, sont nommés en tête les Cinéens (Cinaei). Jnd. IV : i1 , Haber est surnommé le Cinéen et ses frères les Cinêêns. Jud. TV : il. Jahel est nommée Tépouse d’Haber le Cinéen, On y parle de la maison du même Heber le Cenéen. Jud I : iO on mentionne les fils du Cinéen, parent de Moïse. Num, XXIV: '21, 1?^, Balaam voit les Cinéens et s’écrie: „ Quoique ... . vous ayez été choisis de la race de Cin . . . (,^vidit quoque Cinaeum et assumptn parabola, ait: , , , . si fuetHs electus de stirpe Ciîi . . . .”). Jos. XV : 57, une ville au sud-est d’Hébron est nommée: Accaïn (hébr,:
Haqqdin) On croit qu’elle occupait l’endroit du village moderne de Youkin ou Yakin. Du haut du mont Phégor Balaam voyait très bien le rocher sur lequel était bâtie cette ville Au temps des rois ces Cinéens existaient encore puisque 1 Beg, XV : 0. Saul en guerre avec les Amalécites^ fait pitié aux Cénéens. On ne parle pas depuis de leur disparition. Qui sait s’ils n’existent pas encore là, comme nos Watwa occupent le sol de temps immémorial.
Ceux qui veulent à tout prix faire de ces Clnaei des Caïnites antédiluviens épargnés reprochent à la vulgate d’avoir remplacé Caïn (Gain) et Caïnite par Gin et Cinaeus ou le koph hébraïque par le C latin, tandisque toutes les bibles hébreues et samaritanies écrivent ce nom in lacis citatis avec le même orthographe et la même ponctuation que celui du premier fils d’Adam. On reproche de même à la version syriaque d’avoir changé l’orthographe et l’accentuation exprès, et à la Septante d’avoir simplement supprimé les ! Vraiment,
il faut de la hardiesse pour fonder une aussi radicale hypothèse sur le no})i fortuit d’une petite tribu ou peuplade rencontrée par hasard, que la Bible mentionne tantôt mais qu’elle omet dans des passages parallèles (Gen. 111:7; Exod. III: 8, il; XIII :5; XXI[l:''2o; I)euL VII : i ; XX : il ; Jos. III : iO). Si le nom de ces Cinéens est réellement identiquement orthographié comme celui du meurtrier d’Abel, cela ne prouve absolument rien. S'il n'y avait pas d'autres preuves^ il serait aussi logique de conclure à l’identité des Cdinites et les Cinéens qu’à celle des Galla-Ovouio Africains, des Gaulois, des Gâtâtes, des GaUiciens, des habitants de Sinigaglia, de Portugal ou du pays de Galles (Wallis). Pourquoi pas conclure de l’identité du nom de la ville de Paris à celle du fils de Priam (Pâris), ou de la ville de Troyes a celle de Troya! On ne voit pas pourquoi un descendant quelconque de Cham, l’admirateur et le continuateur des traditions caïnites, n’aurait pas choisi ou porte le nom de Caïn. Mais cela se fait sous nos yeux. Les Nègres portent parfois des noms très archaïques. Ils adoptent même nos noms européens. Puisque une noire Cecilia de nos jours porte ce nom glorieux, un archéologue en quatre mille ans d’ici sera-t-il autorisé à conclure à sa parenté avec l’illustré famille romaine des Cecilii ou des Metelli ! La petite tribu de Cinéens qui se trouvait a côté et de ses Amalécites, comme les Watwa se trouvent de nos jours en tribu assez homogène à côté et au milieu des Wanyaruanda ou des Warundi, est probablement un exemplaire de tant d’autres étrangers partout ; qui apparaît en Madian sans être madianite, en Moab sans être moabite, en Chanaan sans être chananéenne, en Palestine sans être Israélite, et qui reste partout et toujours entièrement mystérieuse au milieu d’un monde même très connu.
Dans le chap. XXIV : 17 des Nombres (cité déjà) Balaam dans sa célèbre prophétie
du Messie („Orietur Stella ”) parle des Sethites („ vastabitque omnes ftlios Scheth").
Ceux qui font des Cinéens des Caïnites ne manquent pas de relever cette antithèse (Caïn contra Seth, le fils donné à Adam à la place d’Abel tué par Caïn). Des Caïnites authentiques et des Sethites non moins authentiques demeurant là ensemble encore au temps de Moïse, et si sages les uns que les autres qu’ils ne méritèrent pas la punition du déluge, quelle belle chance I On peut concéder qu’à première vue la chose soit un peu étrange, tellement que certains commentateurs ont déclaré n’y rien comprendre, mais l’analogie est purement apparente et fortuite. Les meilleurs hébraïsants comme M. Pelt traduisent Scheth par: trouble, et en raison des lois du parallélisme, fils du trouble est synonyme avec: habitants de Moab. C. de Kirvan (Déluge, t. II, p. 55 — 50) cite encore d’autres étymologies, qui, pour être assez typiques, n’en sont pas moins improbables. N’oublions pas qu’il s’agit de Chamites, dont les moeurs, au dire de F. Lenormant même, étaient abominables et le culte d’une révoltante obscénité.
On vient d’énumérer un certain nombre de ces petites tribus pré-chananéennes qui portent des noms très suggestifs. On parle des fils d'Enach (géants, hébr. : enaqim) Num. XIII: 29, 34; Deuter. 1:28; 11:10; Jos. XIV: 12: XV: 8; XVII : 15. Les Emim sont mentionnés Gen. XVI: 5; Deuter. 11:10; les Rephaim, Gen. XVI: 5; Jos. XV :8; XVII: 15; les Zouzim, Gen. XVI : 5, etc. (V. Dutripon: Concordantia). Il paraît que ces tribus étaient très adonnées à la magie, à tel point que leurs noms étaient synonymes de démons (p. e.
xuv
les Bephahn, lo« Xep/n/hn = dammUi, curvali, lombeiiles) ou d'hommes-serpents (p, e. les Hivvini).
Voyons maintenant si Moïse a oublié ou ignoré les AV;/re.s. Jusqu'ici toute la tradition a entendu sous l'expression; fils de Kns/,, „/crr« A'a.s/,” etc., (rendue par les Grecs et les Septante par le terme: Elkiopic), expression qu'on rencontre à chaque pas dans la Bible, non seulement les Chamito-Kushites, mais tous les Nègres, même (et surtout!) les Nigritos, les Négrilles, etc. On s’est trompé parait-il! Kush était un Noaohide blanc, assure-t-on contre l'évidence même des choses. — Au début de la Stc Ecriture dans la déscription du paradis Mo'ïse parle déjà de la Koussic („lecra Kush, Ethiopie). „Le Gehon arrose ce pays. ,,hl nomen /hwti seciindi Cchon: ipsc est (jui rircumil onmein ten-am Ethiopiue (Kush)”. C’est bien là une indication topographique ou géographique très positive, d'autant plus que Mo'ïse décrit le site du paradis tel qu'il existait encore à son époque. Les Hébreux le connaissaient parfaitement, comme les Egyptiens qui étaient constamment en campagne en Chananée, en Assyrie, etc. L'Ecclésiastique (un des Septante, croit-on) et ses contemporains n ignoraient pas le Gehon ni la Koussie (Ecclcus. x\ll :,'n). Selon l'opinion la plus vraisemblable et qui peut être nommée humainement si'ire, le paradis était situé sur les bords du Chattel-Arab, large fleuve qui se rend au Golfe-Persique, après un parcours de 36 lieues environ.
Il est le confluent de l'Euphrate (ou Xaru l'urulh), du Tigre (ou PlUjhit, du Géhon le kerka ou l'ri/ndc actuel) et du Phison (le Karottn ou l’asitifjris actuel). Le paradis était j)lacé sur ses rives, à la jonction des trois i)remiers fleuves. L’identité du Tigre et de l'Euphrate n’est pas contestée, car on ne prend pas au sérieux ceux qui ont prétendu placer le j)aradis en Arménie (avec ses petites rivières l’hasi, Koiir, .\.cas) ou au Pamir (avec les I fleuves Jaxarte, Tarim, Oxus et Indus, qui partent du plateau au lieu de s’y réunir). Pour le l‘/nson (Kacnun) on trouve un hidice précieux diins ljuinlus Cuctius (IJisl. I. VJ qui fait arriver l’expédition d’Alexandre „mï /luviiun Pasitujrim incolae cocant”. Aujourdhui encore, et pendant tout le moyen-àge, le Karoun est appelé par les indigènes le petit Tigre. Le radical pasi est manifestement le Phison (hébr.: IHshon). Le Kerka (Géhon) c’est
le yvvôfj de Hérodote, le Gynd, Gynde ou Gyndes des géographes modernes (et non pas le Choaspès). Ce Géhon des Septante et de la Vulgate s’écrit Gichon en hébreu Malgré la différence apparente, l’identité est incontestable. Qu’on ne se récrie pas en disant que le Kerka et le Karum ne sont que des ruisseaux! Mme Dieulafoy (dans son livre: La Perses la Chatdée et la Sasiane, c. XXXVII) nomme le Karoun „l’un des plus beaux fleuves de l’Orient”. M. Binder et Mme D. affirment la meme chose du Kerka. Le Kerka Gynd {VEuloeus de Pline!) est bien historique. Hérodote raconte qu’un des chevaux sacrés de Cyrus s’y étant noyé, le prince irrité voulut changer le cours du fleuve. Les Juifs connaissaient parfaitement ces rivières et les villes célèbres bâties sur ses rives on dans leurs bassins la Medie et la Susiane pouvant passer comme leur seconde patrie. La Kerka est à la fois un fleuve de l’ancienne Médie et de l’ancienne Susiane puisque Susa se trouvait placée sur le Kerka et, par le Ulaï (ou Euloeus de Pline) et le Capratès, sur le Karoun. Ce qui nous intéresse surtout dans la question du site du paradis, aux environs duquel se trouvait également le deuxième centre de diffusion après le déluge, c’est VEthiopie arrosée par le Géhon. L’hébreu ne connaît pas d’Ethiopie, mais parle toujours de Kush, de Kussius = Kushites. Homère admet deux Ethiopies l’une orientale (Susiana, etc.) l’autre occidentale (Afrique): guà sol cadit et qud nascituv illV\ Strabon
veut que Homère entend seulement l’Afrique séparée en deux par le Nil. Mais les Ethiopiens étaient répandus sur tous les bords de l’Océan-Indien {indhu, mtu), mer immense qui touche à l’univers entier, la mer enveloppante {„mare involvens"") des géographes orientaux. La Bible reconnaît, elle aussi, plusieurs Ethiopies, c.-à-d. des territoires occupés par des Noirs, Kushites et autres. Exod. II : i5 Moïse épouse Sephora la madianite et N%im. XII : 1 on la nomme une kushite noire: „Locutusque est Maria e^ Aaron centre Moysen propter uxorem ejus aethiopissam'\ Habac {III : 1) voit les tentes de V Ethiopie et au Psalm, LXXIII : 14 on chante comment les cadavres égyptiens furent rejétés par la mer sur le rivage en pâture des peuples des Ethiopiens. Il s’agit dans ces trois passages de l’Arabie Pétrée, mais l’Arabie heureuse (lémen) était de bonne heure occupée par les Chamites descendants de Kush on de ses fils. La Bible paraît moins parler de la Koussie africaine, mais plutôt de l’Egypte qui du reste à toutes les époques a subi la domination nubienne ou nègre. C’est tellement vrai, qu’on peut sans exagération nommer l’Egypte un état nègre plutôt qu’un état de Noachides blancs. II Parai. XXIV Zara VEthiopien, malgré son million de guerriers et 300 chars de guerre, fut défait en face d’Asa. Ou a voulu nier que ce Zara fut un africain de la H te Egypte, Nubien, Soudanais on même Bantu, parce qu’il avait pour alliés les Libyens. Zara serait simplement le roi égyptien Osorphon I (908). Mais selon cette opinion même il a dû être un Noir. Car ce serait nne erreur de penser que la domination de l’Egypte par les Nègres de la Nubie ne s’exerça que de 727 à 697. Elle existait depuis longtemps déjà. Le règne des prêtres thébains sur toute l’Egypte de 1300 à 1000 a été un gouvernement éthiopien, combattu, il est vrai, au Xe et IXe siècle par les XXIIe, XXIIIe et XXIVe dynasties (928 — 808 — 719 — 713), mais encore assez puissant pour que cet élément ait péri puisque sous la XXIVe dyn. déjà (719 — 713) il reparaît tout puissant!
L Ethiopie orientale est clairement indiquée par le prophète Sophonie II : 12 ; III : 10
{jjUltra ftumina Aethiopiae „ Sed et vos, Aethiopes ”) Ce sont les fleuves de
l’Assyrie, de la Susiane et de la Médie, habitat de l’exil du peuple élu. Mais les Nègres n ont pas été circonscrits longtemps dans la Susiane et le Chusistan. De très bonne heure il se sont lancés au dehors de ce foyer primitif pour envahir d’un côté l’Afrique et de 1 autre 1 Inde, 1 Inde postérieure et les archipels où nous trouvons actuellement les Papua
et les Nigrito, et tout ce fond ethnique noir de l’Inde (Dravidiens, etc.) V. la notice sur les „ Watwa*\
Arrêtons ici ces considératiohs. Moïse, bien loin d’ignorer les Nègres, ou de les passer sous silence, en parle partout. Seulement il les désigne par le nom de Kusirn: Kushites. Comme les Egyptiens il a fort bien connu ces Nhsi = Noirs. S’il désigne ces Chamites aussi souvent par le nom du fils aîné de Cham, c’est que les Hébreux avaient
plus do rapports avec eux qu avec les autres Chamites-Nègres. Si les Egyptiens tenaient les X/isi pour les premiers nés ou créés i. e. arrivés en Egypte et en Afrique, c’est que des bandes sauvages ont effectivement devancé la colonie de Mizraïm. Moïse admet un même état de choses pour la Palestine où il mentionne de petites tribus qui ont pu être parfaitement pré-chananéens Mais ceux-ci (comme ces pré-égyptiens noirs et tant d autres races soi-disant autochthones [Pygmées!]) sont arrivés tout au plus quelques siècles plutôt et non pas dos milliers d'années. Ils ne sont nullement des Caïnites antédiluviens non i)iiiii!< par le déluge. Comme très scélérats (magie, impudicité) les Caïnites prirhemeiil ont mérité d’être englobés tous dans ce cataclysme formidable.
Foyer primitif des Nègres. Première voie de migration.
Des fantaisistes, comme Masseij, placent dans l'Afrique Équatoriale, aux sources du Nil, le premier foyer non seulement des Nègres, mais de toute la race humaine. Les polygénistes vont même plus loin et admettent plusieurs foyers correspondants aux races principales, qu’ils font sortir de terre comme des champignons. — Logan fait tous les Nègres originaires d’Afrique. Selon lui, ils ont pénétré en Asie et on Mélanésie par suite d’une infiltration lente qui se serait effectuée par ma- (Madagascar). — Le Prof. Secieg admet que la race Nègre occupait jadis une bande de terre, aujourdhui submergée (Le muria’?) et qui s’étendait depuis l’Afrique jusqu’en Mélanesie. — De Quatrefages veut
que l’homme a commencé dans le not-d de l'Asie (Pamir!'?). Les froids glacières le firent irradier. A ce moment, ou même avant, les premiers essaims humains se groupèrent autour ou à l’intérieur du massif central de l’Asie. Là auraient pris naissance les Irois types physiques et linguistiques (Pourquoi éviter les noms dos trois „types” Noachides:
Sémites, Chamites, Japhetides’?). Le type noir apparut dans le sut! de l’Asie entre le massif central et la mer. Ses représentants pressés entre les jaunes du nord et les blnrirs do l’ouest, ne purent s’étendre sur les ronlinciils (et l’Inde, et l’Indo-Chine!). Ils devaient s’enfuire par mer vers l’as; et l’ouest. Ainsi se peuplèrent les archipels orientaux et ceux do la mer do Bengale, ainsi que VAfri</ue par le détroit do Bab-el-Mandeb et le Golfe d’Aden, en plusieurs flots successifs: d’abord des Negrillos et des Nigritos, puis des Nègres-faits et des Papua, enfin des „Mischvôlkcr" (Galla, etc.). — Selon Flower la petite race Nègre s’est développée dans la région méridionale de l'Inde; puis elle s’est répandue à l’c.s/ et à l’imc.s; peuplant ainsi la Mélanésie et l’Afrique, De cette petite race sortirent les Nègres de grande race (A-t-on jamais vu (jue d’une race très abâtardie et très dégénérée - Kümmor rasse — sort une race robuste grande et presque athlétique! L’expérience prouve le contraire!). — Allen à son tour tire les Nègres africains do l’Asie (Cfr. Allen: 7'/»' original Rang of the Papua
arid Nigrito Races dans: Journ, of the Anthropological Tnst. vol. VIII). — Enfin le Prof. Dr. K. Weule (Globus, t. 8^2, No. i6, i002) place également le foyer primitif des Nègres dans l’Asie méridionale. ranger parmi les Noirs (Nègres) les pygmées de
^l’Afrique, de l’Asie méridionale et des archipels, quoique les Bosjesmans se distin- „guent notablement des négroïdes (couleur jaunâtre). Pour expliquer la démarcation „des Nègres d’avec les Mélanésiens à l’intérieur de cette superficie, l’ethnologie „ admet une poussée du nord au sud qui refoulait le Nègre de son foyer primitif „sur le bord méridional de l’Asie et vers le sud-ouest i. e. l’Afrique, tandisque les Méla- ,,nésiens, venant du même foyer primitif, furent lancés par une semblable poussée „hors l’Asie sud-orientale sur le vaste monde insulaire”. — On voit donc, que tous les savants sérieux mettent le foyer des Nègres dans l’Asie sud-occidentale. Il y a néanmoins des divergences assez notables. On peut même affirmer, que l’indication du foyer est très vague. La science est-elle donc impuissante à préciser ce foyer d’une façon plus concrète ? Non, mais elle n’ose pas. Elle a peur de paraître trop biblique. C’est bien dommage, puisqu’elle a là sous la main un document historique absolument sûr, et d’une étonnante précision. Ce foyer c’est la Susiana, la Roussie de la Bible, arrosée par le Phison-Karoun. Voilà le foyer des Noirs, sinon unique, du moins un des principaux, puisque les autres fils et descendants de Cham ont pris leur essor non loin de là, dans des foyers secondaires, si l’on veut. La science indépendante approche donc de la vérité, mais ne paraît pas la désirer toute entière à son détriment. — Néanmoins, des hommes comme de Quatrefages, ont assurément dit de belles choses sur le sujet qui nous occupe, et qui cadrent parfaitement avec ce que nous savons de connaissance sûre, en' la complétant même. Ainsi l’auteur cité, après avoir établi dans son Introd. à V étude des races hum. (p. SSi J, que les Noirs n’ont eu qu’nn seul centre primitif de formation, ou de caractérisation, d’où ils ont irradié, à l’est et à l’ouest, il accentue cette proposition dans son remarquable travail sur les „Pygmées (c, II, p. 74 seq.). Ce centre de caractérisation primitive est évidemment „situé dans l’Asie méridionale. Ces premiers Nègres ont sans aucun doute occupé seuls „tout ce territoire, ainsi que les archipels, et cela successivement. Ils en étaient incontesta- „blement les premiers habitants. Ils allèrent jusqu’aux extrémités de la Mélanésie et „leurs frères, en longeant les côtes, jusqu’en Afrique”. Bien plus; l’origine indonésienne (chamite) des Polynésiens est hors de doute. Les Nègres Mélanésiens y ont précédé les Maori. C’est pour cela que les langues dravidiennes ressemblent tant à celles de l’Afrique et de l’Australie (toutes agglutinatives). On admet même, quoique cela ne paraisse pas fort probable, que les langues dravidiennes sont greffées sur de plus anciennes, dont l’organisme serait fourni pas les idiomes australiens. Nous croyons que cet organisme chamite vient de la Susiana. C’est plus près, plus logique et plus sûr.
Dans l’Inde tous les peuples sont plus ou moins noirs. Tous sont métissés (?) de Nigritos; ces derniers, qui n’ont pas voulu être absorbés par le métissage (auquel il ne faut pas trop croire quand il s’agit de ces parias, refoulés partout vers l’intérieur des terres), ou qui ont été exterminés, constituaient un fond commun chamite homogène et uniformément départi. Des invasions blanches et jaunes ont morcelé cette masse noire qui jadis était continue. Cette lacune, ce hiatus, a été occasionné par les Chinois entre le Japon et l’Inde. Là où les envahisseurs n’ont pas détruit la population primitive, ils en ont modifié, et altéré le caractère. Ainsi, parmi les Dravidiens l’élément ethnique noir est incontestable, et les Noirs forment encore le fond dd la population métisse. Selon de Lacouperie de petits Nègres ont habité jadis la Chine orientale et méridionale. Il n’y en a point (?) entre Malacca et l’île Florès, mais il y a les Aithalo à Sumatra selon Rienzi. A Java même cette antique race chamite a existé (haches en pierre trouvées), mais elle a été exterminée. Il y a eu ailleurs mélange de jaunes et plus tard de blancs. Au temps de Ctésias (500 a. Chr.) ce mélange plus ou moins réussi se voyait déjà. Il dit: „Ce n’est „pas le soleil qui les rend noirs, mais ils le sont naturellement. Il y a parmi eux des jjhommes et des femmes très blancs”. Le fond ethnique chamite est commun en tout cas depuis la Nouv.-Guinée jusqu’au Golfe Persique, et depuis le Japon jusqu’aux archipels