INDUSTRIE
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métiers de potier et de forgeron sont héréditaires dans les familles, et on se les transmet religieusement, pour ainsi dire. (V. „Métier’^).
Interjection.
lîn dehors des formules j aratoires et blasphématoires {„umunsi muhi, ns were mania, etc. V. „Blasphène'* et „ Juron’'), les Warundi ont un certain nombre de mots, et même de phrases, interjetés dans le cours d’une conversation ou d’un discours. Chaque ,, speech” s’ouvre et se termine par la phrase: „ngir' ümwami" (V. „Salut'’). Dans le cours du discours on répète ^uvent les phrases interjetées suivantes: „mnuhire w' akarienda, ou:
umukunzi muhire w' akarlenda, ou : . . . . wa mutaga" \ idzjambo rikatringümi" , ou:
„ni 'g* ingingo yakatungamC' ", (pour affirmer: ivawurana kuvuga, nkokonge avug' ifkuri). La première formule paraît un serment par- ou une invocation au tambour sacré royal (= akarienda), i. e. au génie royal, national, dont ce tambour est le symbole. — Les Warundi aiment à flatter dans leurs discours et ont une foule d’épithètes ad hoc. Ex:
umukama wanzje (seigneur), mnufianiji, umutware wanzje {cheï), umivami w’ uvurundi (roi), umugabo iva -marna, imiugabo w' iviheko, data, uri data uri -marna uranvyeye, etc., etc. — Les autres interjections sont les suivantes e. a.: hagarara, iiivanz' urekereho, uwanz' ureke, uwanz' uhore (attend!); sahwe (oui); crekli (non); dû (sindawizi) ; nna (bref, >v>’ô); oyiyo, oyawo, oyizo, oyivyo, oytinvo, oijuko (laisse! ça suffit); imbega 'wayobe, i-mbcse wewe, éwé muyobe, ou: naka, ou: nt-uze (entre femmes:
tiens, toi donc, etc); (sing. : =
ntuze, entre garçons), etc.
Invulnérabilité.
Les . amulettes pour se rendre invulnérable (—impumvyo) à la guerre sont nombreuses.
La principale est une corne (= U(e)}ihe), remplie de poudre magique et dans laquelle sont enfoncées de petites pointes en fer f—luiyondo), représentant les flèches ennemies.
Les Watwa ont la même amulette. Ceux-ci se lavent en outre avec la décoction de l’écorce de l’arbre umusanyi, pour se rendre invulnérables. Cette pratique est connue de la plus haute antiquité. Les géants, les Cyclopes (leurs ancêtres, au moins en démonisme, forgerons comme eux) en faisaient autant. (V. ^Guerre").
Ivresse.
Les Warundi sont certainement un peuple sobre, mais ce n’est pas précisément par vertu. S’ils sont sobres, c’est qu’ils n’ont pas suffisamment de quoi boire ou manger selon leurs appétits. Ils avaleraient un boeuf entier, et si on leur donnait de la bière à discrétion, il est à craindre qu’ils ne s’enivrent du matin au soir. Quoique la bière de bananes soi assez capiteuse, on voit rarement des personnes réellement ivres (= kuworeriva).
L’ivresse n’est pas un vice ou un défaut aux yeux des Warundi, à moins qu’on ne commet des excès, des torts à autrui (rixes.
batailles, adultères, etc.) Au contraire, ils croyent nous flatter en disant p. e. : „mon enfant a été tellement bien traité chez vous, il y a tellement bu de la bière qu’il est revenu ivre.” La bière (= inzoga) enivrant peu, le „delirium tremens” (= imborerwa) et les autres maladiés occasionnées par Talcool (névroses) sont rares dans l’ürundi.
Toutefois, beaucoup de meurtres sont commis à la suite de l’usage immodéré de la bière. Les Wat"ïva, qui aiment également la bière à la folie et qui par nature sont déjà très irascibles, sont vraiment terribles lorsqu’ils ont bu abondamment et qu’ils se mettent en colère.
Jeu.
Les Warundi, peuple simple, de grands enfants, aiment à jouer, à rire, à s’amuser et à se divertir. Cela n’empêche qu’au besoin leurs awagabo et leurs matrones sont très sérieux. Ils ont un proverbe qui dit: Kukenura /^’ ukuvina = „travailler c’est jouer”.
Même le travail est un jeu pour eux. — Comme partout, ce sont les enfants qui jouent. Les enfants des WaWa (dont les campements, composés de peu de maisons, sont assez éloignés l’un de l’autre, et qui ont peu d’enfants), jouent moins que les enfants Warundi. Ils n’ont pas de camerades ! de jeu; car jamais un petit Mut^va jouera avec un petit Murundi. Aussi, de bonne heure déjà les jeunes Watwa aident leurs parents à faire des pots. S’ils jouent, ils ont les mêmes jeux que les enfants Warundi.
Ceux-ci ont une grande variété de jeux et de jouets (= ivikinisho).
1^. Ils font la petite guerre, se divisent en deux camps, s’exercent à tirer de l’arc et à lancer le javelot.
2^. Kuterana, kucyana = guerroyer. C’est un jeu favori. Une troupe de garçons se divise en deux bandes. Tous s’arment d’épis (vides) de maïs (— ivitiritlri, ivigogorya), ou de pierres, qu’on se jette. La bande qui réussit à mettre l’autre en fuite à force de coups heureux, est victorieuse. La joie est encore plus grande si l’un des adversaires vaincus a le nez en sang ou un oeil crevé à moitié. Ce n’est que pour rire. Si l’on se bat sérieusement, ce n’est plus un jeu : c’est un vrai dnel = kurwana, kukuwitana. Les petits garçons s’y provoquent assez souvent à la suite d’une insulte reçue ou d’un tort commis. Chacun s’arme d’un bâton (=inkoniJ; on s’éloigne à l’écart sans témoins et on se rosse en règle, jusqu’à ce que l’un demande grâce, ou se déclare vaincu (— kuneshwa).
Après le duel on s’en va en bons amis. Les Watwa, encore plus irascibles par nature que les Warundi, sont grands batailleurs.
Presque à chaque dispute, il en viennent à la lance, et alors il y a souvent des morts.
3®. Les petits Warundi jouent souvent avec des armes fabriquées par eux-mêmes.
Dans rUzige ils font ainsi des fusils en bois
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assez bien réussis. Au milieu d’un bambou creux ils fixent un ressort (tige de feuille de palmier) et^ à l’aide de ce ressort, ils lancent des flèches (Fig. no. 50j.
40 . D’autres tâchent d’imiter le bruit que fait le fusil en partant (—kuvuz^ imbundn).
Un bambou est fendu à l’un de ses extrémités. Au milieu on place horizontalement un bâtonnet, qui, poussé en avant par une espèce de chien improvisé, fait sortir une flèche placée verticalement à l’extrémité des deux bouts fendus du bambou. Cette flèche étant partie, les deux bouts se réunissent avec un bruit sec et aigu. (Fig. n<>. 60). — Les petits Watwa s’exercent surtout à tirer de l’arc et à faire des pièges à oiseaux. — Les petits Warundi se font encore des épées avec des tiges de palmier, et des gaines en feuilles de bananier. A l’intérieur, où le fusil est inconnu, les enfants jouent avec de petits arcs, des flèches, etc.
5*^. KiiteF urmvangwe^ kushukunga. C’est un jeu très aimé, même par les personnes adultes. Il consiste à attraper avec une corde un cerceau roulant, lancé à toute force. On se met deux parties. Chacune lance le cerceau à son tour. Celle qui a attrapé le cerceau (=z kurass' imbwa) cinq fois, a gagné le jeu (= kuneshaj, et prend la place de la partie vaincue (= kimeshwa)^ qui va se mettre du côté opposé (= kunyuramty kunyurantva). La corde (= imbwa, uruseko) qui sert à attraper le cerceau (~ uruwangwe, urushukunya) se bifurque. A chacune des trois extrémités (— amashammi atatu) est attaché un épi vide de maïs (= ikitiritiri). Pour lancer ou prend la corde à la main, en réunissant les trois épis (—kufumbaf imbwa). Le cerceau est fait d’une branche d’arbre dont on rélie les deux bouts. (Fig. n'>. 6i).
6*^. Un autre jeu, très intéressant, c’est le kafinda, ufindo, ou : kuhurika. Pour ce jeu on prend le grain rouge de l’arbre nommé:
uwiirunga, uwutorwa. On s’assied par terre, on amasse du sable et on en fait un petit tas (= kuwundika utuwari, akawuri)\ on y cache (= kafinda) le grain rouge, et on divise le petit tas de sable (— kusctmbôrâ utuwuri) en cinq ou six parties, dans l’une desquelles doit se trouver le grain. L’art consiste à pouvoir effacer le tas en laissant le grain dans la dernière des cinq ou six parties de sable kufinda). Celui qui y réussit a gagné (— kuturira, litt. ~ brûler, incendier: ndamuturlye), l’autre perd (= kushya: arahïye, litt. — est brûlé, incendié). Si l’on n’y réussit pas, l’autre cache de nouveau le grain. — Les filles également aiment à jouer ce jeu.
7^. Toupie = irehe, umusongwa. Elle consiste en une petite citrouille (— irebe) ou coque de truit, séchée, creuse, dans laquelle un petit bâtonnet (= akati) est fixé. On lance (=z kurass' irebe) la toupie à Taide d’un petit arc (= amuheto w* irebe, ou: uniugeg en wa, de: kugegena), consistant en un morceau de bois avec une longue fente au bout (b. r.). Autour
du bâtonnet fa.a.J on tourne une ficelle (= kuzingiF umugozi). On prend le bois b., on passe la ficelle par la fente c. (— kuwanga), on presse fortement (~ kngumya) la toupie contre le bois, on tire la corde (= kufora) en lançant (— kurassa) en même temps la toupie qui tourne assez longtemps (~ kwF zingurizn), en faisant du bruit (= kuvumëra). (Fig. '}p>. 6^),
8<^. Kiitakka, kusama. Ce jeu, connu dans rUzige et dans l’intérieur (Mugera), ressemble au jeu aux osselets. A la place d’osseleis, on a de petits jpuits très durs (= insJmcyu. uriiyagwa). On en met sept à huit par terre; on en lance un en haut (= kutera hêcizjdru) et, avant de le rattraper, on doit saisir (= kiitakka) un de ceux qui se trouvent par terre. Si l’on manque (inF(a) irafuye, litt. le boeuf est mort), l’autre joue à son tour ('= kuc.yângürà \vundi).
9®. Imblriko, inyegwe, kiiwïrïkà. Dans ce jeu, connu dans l’Uzige et à Mugera, et qui ressemble un peu au jeu de quilles, chaque joueur a deux bâtonnets imbïrïkô, ivigegene = bouts courts = iningo. L’un après l’autre les lance devant soi par terre (=: kuwlrikâj, de telle sorte, que la pointe en touchant terre, rébondisse deux à trois fois. Si tous ont jeté leurs bâtonnets, celui qui a jeté le plus loin, prend (mange = kuryana) le bâtonnet de celui dont le bâtonnet vient après le sien. Le joueur du troisième „mange” le quatrième en arrière et ainsi de suite.
Le dernier n’aura plus ainsi quhm bâtonnet (= 1 : airmeshwa). Celui qui a „mangé” ainsi toutes les quilles, a gaLgné (~ kunesha). Fig. 7i'K 63. (1 mange 2, 3 mange 4, 5 mange 6, 7 mange 8).
10®. Jeu de cache-cache = kunyegeza, kuwunda, kwiwunda. L’un se cache (z=: kuhisha), l’autre cherche. Celui qui découvre (~ kuhishura, kunyegurara: arumunyegüye, aramuhishuye), peut se cacher à son tour.
11®. Ikiwonowono, ikifarahinda, ikitwetxve (ku ^rnutioetwe = cime). Pour ce jouet on a un bout d’écorce d’arbre, qu’on écaille (— kuhôtÔrâ) de l’arbrisseau ou de la branche, sans la déchirer. Dans ce tuyau d’écorce on pousse une bourre de feuilles mouillées (=amaràbir b, uwuganga, imitant la poudre), de la sorte que le tuyau est bouché d’un côté. A l’autre bout on met une bourre aussi. En poussant vivement (— kusunïkâ, kurassa, kuwundura, de: imbundn) avec un bâtonnet l’une des bourres, vers l’intérieur, l’autre sortira avec bruit (= kutaruka).
12®. Uruwâgàwcigà, ikisakkasakka. Ce jouet est très aimé des enfants d’Uzige. On réunit ensemble plusieurs tiges de sorgho, aux deux extrémités desquelles on attache deux minces bandes d’étoffe ou d’écorce de „ficus”. Cet objet, qui doit servir de drapeau ou de banderole (= uruhunge), est lié ensuite avec une ficelle à une longue perche fixée en terre. Au moindre vent la banderole flotter et sautiller é= kuhungawana), au grand
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