‹ Un grand peuple de l'Afrique équatoriale: éléments d'une monographie sur l'Urundi et les WarundiChapitre 91 sur 152 · JUMEAU · texte numérisé non relu

JUMEAU

plaisir des enfants n'\ 04). — Les en-

fants Watwa n’ont pas ce dernier jouet, mais bien tous les autres jeux et jouets décrits jusqu’ici. — Le temps qui n’est pas donné au jeu et aux jouets, est occupé par les garçons à prendre des poissons = kiiroba (dans rUzige), à se baigner dans le lac (■= kwiijii/iaijim), à prendre des oiseaux (— knterf hii/onij, à se moquer des passants, à taquiner les femmes (— kusimla; kiiskir’ isoni), qui, ils le savent, se fâchent vite, etc.

13“. Les petites filles ont aussi leurs jeux et leurs jouets, quoique, en général, elles jouent moins que les garçons. De bonne heure déjà elles aident leur mère dans le ménage, soignent, amusent, dorlotent un plus petit frère ou une petite soeur, le bercent sur leur dos, vont puiser de l'eau à la source, etc. — Leur principal jouet est la poupée (= iintieaiia, Fi;/. O.î). Elle consiste

ordinairement en un certain fruit = //•'(ru, iimuko, itniijanijaiK/e (courge), formant deux petites boules superposées. Souvent elle consiste simplement dans la fleur violette et conique, pendant au bout du régime de bananes (— incjombogomho z' ivitoke, umunumno). Les petites Allés portent cette poupée gravement sur le dos, comme elles voient leurs mères porter les petits enfants. Souvent elles l’habillent avec un tout petit ueuyomjn (habit en franges). Pour imiter les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, etc., elles font de petits trous (= kutoieor’ amaso I/’ wmenna, etc.) dans la petite courge (iruru). — Les petites filles Watwa ont les mêmes poupées.

14“. Les adultes s’amusent quelquefois aux jeux d’enfants, mais ils ont leurs amusements à eux, surtout la danse, le tir à l’arc é= uti.ilielo tu ’ktiÜDthii). On fiche une lance en terre à cent mètres de distance parfois. Alors il s’agit de tirer une flèche dans le bois de cette lance ! (== kiirassa ’mari/iDuu). On s’exerce encore à lancer des lances ou des javelots à des distances considérables (= kntewaniva ’maei/iumij.

15®. Le jeu „inhao’' (= ikisoro, ikiwugnzo, de: kasora, kuwiujuza, fcuto'opùvO, connu dans toute l’Afrique équatoriale, est joué aussi dans rUzige et même dans l’intérieur du pays, chez quelques grands chefs. Les Watwa ne l’ont pas. — Dans une grosse planche à rebords, garnie quelquefois d’un pied sont sculptées en saillie kutoboF iiiei/e — iro\x,

kiueaza, kukorokoshorn) Ireiile-f.leu.c petites cavités sur quatre lignes. On emploie le bois de l’arbre: umuviir/an/jonui, ou du: uiiuivuzo.

Voici la manière de jouer (V. Figure). -- Chacun des deux joueurs a leenie-deu.r) petites pierres ou fruits durs (= iiwusoro, amasoro, h’inganiswa). On commence par garnir la moitié des cavités (~ inege). Chaque joueur met ses 32 pierres dans les huit cavités de la 2-', resp. de la 3« ligne (quatre pierres dans chaque cavité.) 11 s’agit de capturer les 32 pierres de son adversaire et de les faire entrer dans ses lignes, c. à. d. dans la U et la 2e ou la 3e et la 4e. — Les deux joueurs commencent par mettre (=kutëra) chacun dca.r pierres en a, une dans b et e et deu.K en d. Alors celui, qui commence le jeu, ramasse (= kiüiondagiza) toutes les pierres qui se trouvent dans une des cavités de son côté (soit de la 2'?, soit de la 3'ligne), et en met une dans chaque cavité voisine (— kudondagizn, kutéraj. Si la cavité, qui a reçu la dernière pierre, se trouve visà-vis d’une cavité de l’autre joueur, contenant des pierres, on les prend (— knngiiruza), et on commence de nouveau à mettre, dans la cavité où tout à l’heure on avait mis la première pierre, une. à une ces pierres, ramassées chez l’adversaire. On fait cela, autant de fois, qu’on met sa dernière pierre dans une cavité qui se trouve en ligne avec une cavité vide de l’autre joueur. Dans ce cas on prend les pierres, qu’on rencontre dans sa propre (dernière) cavité, pour continuer. Sil n’y en a pas, on cesse et l’autre joue à son tour; e, a m.: on commence en j, on prend dans cette cavité-là les guatre pierres qui s’y trouvent et on les espace. On arrive ainsi en n ; on prend les pierres de k et de /', et on recommence à éparpiller à partir de k. S’il n’y en avait pas, on prend toutes les pierres de n et on continue. Enfin, celui qui aura ramassé toutes les pierres de l’autre, aura gagné (= kune.s/ui ; perdre — knneshwn, kuganzwa : aeaganzislnee, arnneshisinve. Mots se reportant encore à ce jeu: kwitekereza usoro = se recueillir avant de mettre; kwonon' ikiwiigiizo = gâter le jeu; kwitvnna, kuzimbn = tricher • kieononri usumhi, ou: tueosorn = jouer mal.

16®. Dans l’intérieur (à Mugera) les garçons s’amusent n. à kuternn' nimibuge, kuwirika, kuter' ivisinde' b. à danser = j-iza; e. kusimba nkirainende — sauter sur un bâton; d. knsukhrt //’ umuzi : e. kurassana inkenkanga, ou ivifurutu (tir à l’arc). — Les filles y ont leur poupée (mnieana), la danse (=zkuvinü, kutmnbaj-, ou bien elles vont ramasser de la paille = kui/endu kiengh' ubwntsi. Jumeau.

La naissance de jumeaux est un événement, parmi les Warundi surtout où ces naissances sont particulièrement fréquentes.

C’est un événement important et religieu.r, accompagné de rites, de chants, de danses rituelles, qui durent des jours, des semaines entières. Le vulgaire iHt, que, .si l’on omettait ces rites, etc., les jumeaux mourraient sûrement, et même la mère et le père. En

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