‹ Un grand peuple qui se relèveChapitre 11 sur 17 · DN GRAND PEUPLE · texte numérisé non relu

DN GRAND PEUPLE

Tel est donc le budget de la charité volontaire aux États-Unis^. Il s'élève à cinquante ou soixante millions, sans compter les dons trèsconsidérables destinés à l'instruction publique, sans compter (ceci est immense) le soulagement des pauvres et des malades. Vous ne découvrirez peut-être pas aux États-Unis un village qui n'ait son comité de bienfaisance, et la bienfaisance individuelle, qui est la meilleure, y fait aussi son œuvre, indépendamment des comités. Je ne connais pas de contrée où les actes de grande libéralité soient plus fréquents; tel homme riche fondera un hôpital, tel autre un observatoire. Des asiles ont été ouverts à toutes les infortunes humaines, aux aliénés, aux aveugles, aux sourdsmuets, aux orphelins, aux enfants abandonnés.

I. Il paraît que je suis resté au-dessous de la vérité. Mais j'aime mieux cela; je tiens surtout à éviter l'exagéralion.

N'avais-je pas raison de dire que c'est là un grand peuple? Quels que soient ses vices, il ne nous est pas permis de parler de lui avec dédain. Si les Américains savent faire fortune, ils savent aussi faire un noble usage de leur fortune ; eux qu'on accuse avec raison d'être trop souvent préoccupés des questions de profit, on les a vus retrancher beaucoup de leur luxe lors de la crise commerciale, et n'opérer que fort peu d'économies sur leurs charités. Le budget des Églises et des sociétés religieuses est demeuré intact, à l'heure même où la gêne était partout. Il y a, je ne puis m'empêcher de le croire, des bénédictions particulières attachées à tant de sacrifices volontaires qui reportent la pensée au premier siècle du christianisme. Soyons-en sûrs, la religion qui coûte quelque chose est celle qui rapporte quelque chose aussi.

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