‹ Un grand rhétoriqueur poitevinChapitre 32 sur 67 · CONSONNES · texte numérisé non relu

CONSONNES

B. Le b étymologique disparu de la prononciation s'est conservé dans l'écriture: debteur (1 Mor. V, f°24 a) ; doublant [Triiimphes^ f" cLxvni v°), feburier, fiebure [Ann. d'Aq., f° XXI r**) ; fnablement [Triiimphes, f° clxviii v°) ; obmettre (2 Mor. X, f*' 46 b) ; soiibz., subiect, siibiection (2 Mor. VI,

P'àOa).

C. Le c étymologique vrai ou supposé apparaît partout : effect,

faict, infaict, sainct, scauant, scauoir, scet (2 Mor. VIII, f° 36 c et d, et 37 a et b). Tous ces exemples sont pris dans une seule page, on pourrait facilement les multiplier.

On trouve écrits par un c au lieu de 55, face [Ep.fam. GXXII, f°82 b) et blecé (2 Mor. IX, f" 40 a). L'ancienne orthographe cercler (chercher) se retrouve [Ep. fam. l,î'^\d et23/or.I, f " 6 b); mais la formesercher existe aussi (2 Mor. VIII, f''37 a). Il faut encore signaler arceveqiœ (archevêque). [Ann. d'Aq., f° xxir°, 1 Mor. I, f" 7 c).

Souvent, devant la terminaison que, on rencontre c ; angelicque,celicque (1 Mor. IIII, f" 17 c) ; ca?iticçues, pudicques

(1 Mo7\ IIII, f*^ 17 d); catholicqiie, eiiangelicque [Ann.cVAq., f" XXIX v°); prouocque {{ Moi\ IIII, £"16 a); parfois les voyelles ne, et môme la syllabe entière que sont supprimées, ca7iticqs [Ep. fam. XLI, ^ 32 c) ; cantics [Ep. fam. XLII, f° 32d).

C apparaît au commencement de certains mots où nous mettons s : cirop [Triiimphes^ f° cxxvii v") ; cf courroucer [Triiiniphes, f" cccxxvii r°) ; il c'est tousiours... [Ep. fam. LXXIX, f» 54 a) ; mais on trouve aussi : se seroit long propos [Tinvmphes, f° cxxxir°.) C est redoublé dans le mot siiccre [Triumphes, f" cxxvii v"),

mais on lit aussi 5z/cre (-Ejo. /am. XL! I, f'*3oa). C remplace t dans pacient [Triwnphes^ f" cccxxvii v°). D. Admis {Ep. fam. YII, f° 1 1 a) ; advocat (2 Mor. Y, f« 28 a) ; nud (1 Mor. XII, f" 31 a) ; verd {Ep. fam. VII, f 11 b). J'ai trouvé aussi mewdrii' pour meurtrir {Ep. fam. XXXVII, f° 31 a).

F. Cette lettre est redoublée dans mundiffier {Triumphes y i" CLXiii v") (au recto du même folio on lit mundifier) ; prouffiter {Ann. dAq., f" xxi v°); toiiteffois {Ann. d'Aq., f° xix v"). F demeure au féminin de certains adjectifs dont le masculin se termine par cette lettre : briefue, griefve {Ep. fam.l,{°^c) ilemotveuve f^'écril v et/ fue{\ 3/or.VI,M9d). G que les auteurs estiment être le signe d'un son nasal amène l'orthographe vng {Ep. fam. I, f"* 3 b) ; besoing, loing, soing (£;/?./«m.CXXII,f°72a); iuing {mois de) {Triumphes ^ f" cxxvii r°).

On trouve encore pugnir{Ep. fam. XLVl,f° 35 a) ;pugnition {Ann. d'Aq. f° xxi v°) ; gectant {Ann. d'Aq., f" xx r") ; magesté {Ep. fam. XLII, ^ 34 b.) H. Non content de rétablir h au commencement de certains mots où le vieux français l'avait supprimé, histoire, hostel, il ha {îorme assez rare), Jean Bouchet écrit encore habandonner {Triumphes, f° clxxviii r°) ; Belisabeth {Triumphes, f^CLXxxi r°) ; Rester {Triumphes, f<' clxxxii r°) ; hestomach {Triumphes, f° cxxxi r°). Il se sert aussides formesaôAominable {Triumphes, f° clxv v°) ; autheur {Ep. fam. Xhl, f» 33 b); îieuhes (nues) {Ann. d'Aq., f° xxii r") ; traihstres

[Triumphes, î^ m r°), mais il écrit aussi arengue (harangue) (£■/?. fam. IX, f° 11 d), autentique [Ep. fam. I, f° 3 a).

L. L latin appuyé sur une consonne s'était changé en t<, il reparaît : aultier (autel) [Ann. d'Aq., f° xxii r°) ; aultre [Triumphes^ f" clxxx r°) ; oïdtre [Triumphes, f» cxxvi v°).

L latin devenu r après un ^réapparaît tiltre{Ann. d'Aq. f" x v°) ; il se rencontre même là où d'aucune façon il n'est étymologique, il peult (2 Mor. IX, f" 42 c).

L est redoublé dans certains mots à l'imitation du latin, et puis dans plusieurs autres où rien n'autorise ce redoublement : estoille [Triiimphes, f° vu r°) ; appelle, escar telle ^ exillé [Ep. fam. I, f"* b c) ; malladie (Ep. fam. CXXIl, f" 82 a). Jean Bouchet faisait parfois sonner les deux l:

Pleine de grâce après il Tappella, Femme onc ne fut, qui vn tel appel a.

Ep. fam. CXXI, fo 81 a.

On rencontre fréquemment : ou mettra Ion... a lo7i veu... ; on trouve même :

Et se doit Ion de ce fol iurement Se repentir.

2 Mor. ï, fo 5 a.

et doit lo7i manger [Trùonphes, f" cxxxvi v") ; doit Ion faire

diligence [ibid.).

L remplace / dans celle pour cette ; celle maiddicte vieille

{Triumphes, f°cLxiiii v°).

M. Au XVI* siècle, les imprimeurs remplacent souvent la

lettre m par un trait placé au-dessus de la voyelle qui

précède ; tëps, home, sômes, etc.

M est parfois redoublé, dommaines [Triumphes^ î^ clxviii v") ; Rommains [Ann. d'Aq. f° xxv r°) ; Romme [Ann. d'Aq.., i° xcvii r°).

N. Cette lettre est souvent aussi remplacée par un trait placé

au-dessus de la voyelle qui précède :

Aucuns...

Ont biê failli, nôobstât quilz soiêt chiches.

^jj./rtm. XLI, fo 32d.

ORTllOORAI'IIE 34u

Très souvent devant n mouillé (gn),et après la voyelle o il se trouve un « ; Boulo?i(/7ie, grongne [Ep, fam. I, f" 6 b) ; congnoistre [Ann. d'Aq., f** xxii v°) ; Gascongiie [Ami. d'Aq., fo y j.0^ . song?icux [\ .}for., II, 12 d),

]N étymologique reparaît dans jom et ses composés, ie prms (1 Mor. IX, f° 2o d) ; apprins, comprins (1 Mo?'. XIIII, f" 37 d), surprinse [Ep. fam. I, f° 4 c).

Dans le mot fain, n remplace m (1 Mor. XIIII, f" 42 b), et il est redoublé dans 7nennere7it [A7m. dWq., f" cxi v°), ar)iennee [A7i7i. d'Aq., f° xxii r"), Da7iiwis {An7i. d'Aq., ï" xxii, r*>). P. hep étymologique reparaît : achapter [2 Mor. I, f" 5 d) ;

escript [Ann. d'Aq., f'^ v r°) ; iiepiteu (1 Mor. V, f" 20 b) ;

7iopces{\ Mor. V, f° 20 b) ; sepTnaine (2 Mor. I, f°3 a); et

par analogie on trouve calit7njmier [2 Mor. IIII, f" 17 d) ;

compte (comte) [A7î?i. d'Aq., f** xxni r°) ; coTitempTier

{Triumphes ^ f" clxvii r°) ; hi/mp7ies [Ep. [am. XLI, f*' 32 d). P est souvent redoublé : apparceuoir [Ep. fam. CXXVI,

f" 81 b) ; deppoasa[A7in. d'Aq.^ f** lxxcii v°) ; oppinion [A7m.

d'Aq., {° Lxxvi r'').

Q. On trouve q pour c dur :

1°) au commencement des mots : Quaresme (Table des Epistres familières). Dans le titre de la LIP Epistre, on lit Karesme.) et dans cette môme Epistre parlant du carême dont il fait un seigneur menant à sa suite Jeune, Abstinence, Sobriété, etc., Jean Bouchet écrit ce vers :

Le nom du chief se commance par Q ;

2°) au milieu des mots : vesquu [Ann. d'Aq.., f" xxi r°), on trouve quelques lignes plus bas vescu, vesqiiit (2 Mor. III, Mo c) ; vesquire7it (2 Mor. V, f" 20 c). R. R vem^\diQ,& 71. Au denier de 7nes a7is [Ep. fa7ii. CXXVI,

f° 82 a), et /, maleraz (matelas) [A7in. d'Aq., f" xx r°) ;

merencoliques [Ep. fam. XXXIV, f° 30 a) ; on trouve aussi

melencoliqiies [Ep.fam. XIIII, f° 19 a). S. S étymologique qu'on ne prononce plus depuis longtemps

s'écrit pourtant toujours, cÂa5cz<;i [Triiunphes, f° ci,xiii v'') ;

escolier, esc7it, maistre, mestier [Ep. [ain. LXIX, f^ 48 b),

7iostre, tesmoignage [Ann. dAq., î° v r'*). Dans nombre

d'autres cas 5 n'existe que par analogie : fliiste {Ep. fam.

LXX, f°49c) ; maisgre [Triumphes, f° ccxyii r°) ; traihstre

{Triicmphes, f'^iiir").

Au lieu de c on trouves entre une consonne et une voyelle: farseur [Ep. fam. LXI, f" 41 c); gai^son [Ann. dAq , f° xx\i r°); et ss entre deux voyelles : menasses (2 Mor. YII, f" 34 c); nasse lie [Ep. fam. XXII, f" 23 d).

Le pronom ce est parfois écrit se : se seroit trop long [Triumphes^ f° cxxxi r°), s'estoit la fortune [Ep. fam. XI, M4d).

On trouve encore sercher (chercher) (2 Mor. I, f" 4 a); reserches [Ann. dAç., f° viu a) ; durans [Ep. fam. I, f°3c) ; encores [Ep. fam. LXX, f° 48 b) ; iusqiies [Ann. dAq.., f° Lxxxviii r'^) ; riens (2 Mor. I, f<^ 7 b). T. La lettre T disparaît devant s au pluriel des mots qu'elle

termine au singulier : abondans [Ep. fam. XXIIII, f^ 26 b) ;

chantans., composans^ cytharisans [Ibid., î^ 25 d) ; enfans,

pensemens [ibid., î° 26 d) ; signalons aussi prouffiz [ibid.,

Vn millier de bons tours Que m'auez fais ev loyalles amours ;

Ep. fam. uni, fo 38 c.

les desers [Triumphes, f° clxviii r°).

T dans le corps des mots remplace souvent s : delitieux [Ep. fam.Xl, fM3b); gratieux [Ep. fam. LIIII, f° 38 c ; ibid. X, fMl d, et XXIII, f° 25 d) ; à la tin des mots on le rencontre souvent à la place de d : chault [TriumpheSy f° cxxvii r'') ; froit [ibid., f° cxxvii r"); Edouai^t [Ep. fam. I, f° 4 b) ; ort [Ep. fam. XI, f*' 12 c) ; on trouve également 07'd [ibid., f" 13 b) ; grant [Triumphes, f*^ clxv r°) à côté de grâd [Ep. fam. I, f° 2 a).

Entin on rencontre court (cour) [Ep. fam. I, f" 2 a), et neantmoins [Ibid, f" 2 c).

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