VOYELLES ET DIPHTONGUES
A et AA. Le mot âge est toujours écrit aa^e. (1 Mor. IX,
A et E (1). On trouve : accidentale (1 Mor. II, f'ii b) ; achap-
teur [2 Mor. X, f° 43 d) ; dauant [Ep. fam. I, f^ 2 b) ;
(i) « Tu ne trouveras fascheux, si j'ay quelquefois changé la lettre E en A, et A en E... Si quelqu'un par curieuse opinion plustost que par raison, se colère contre telle honteuse liberté il doit apprendre qu'il est ignorant en sa langue, ne sentant point que E est fort voisin de la lettre A, voire tel que souvent, sans y penser, nous les confondons naturellement, comme en vent et autres inOnis. » (Ronsard, Œuvres, t. Il, p. 17.)
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essentiale (1 Mor. II, f-^ 14 bj ; imparfeclion (2 Mor. Mil, f°38 c) ; planiere (2 Mor. I, f " 1 c) ; rachapter [Triumphes delà noble... f" clxiii r°) ; et aussi cherme (2 3/or. IIII, M 9 c) ; chermeur (2 3/o;\ X, f° 47 a); perfaict {Ep. fam. XXXVII, f« 31 a) ; Pernasse [Ep. fam. YIII, f" H b) ; ruberbe (2 Mor. VIII, 1° 39 b).
AN et EN. Jean Bouchet, nous l'avons vu, n'admettait pas que ces deux diphtong^ues pussent rimer ensemble ; l'orthograpbe hésite entre les deux formes : randue., rendez (2 Mor. YI, f°33 d) ; contant [Ep. fam. I, f°2 a) ; melencolie [Ep. fam. YI, f» 10c).
Al, El et E. Halaine [Timimphes, i° clxxviii r°) ; paincture [2 Mor. X, f"^ 4o c) ; plain (2 Mor. YI, f° 34 a ; Triumphes^ f" cLix v" et CLxi v°) ; cleirement {Triumphes, f° cxxxu r") ; seigne [Ep. fam. I, f** 1 à)\seine (saine) [Ann. d'Aq., f° xx r"( 1) ; engressent [Triumphes J" cxxxii r°j ; rezi?i {Triumphes^ f" cLxxxii r°), /i/ 5cez. [Triumphes^ î° clxvv"). Parfois e est ajouté à certains mots, chamberiere [Trium^
jihes, f° CLXxxi v°), et il est supprimé dans d'autres :
Qu'aimois ie donc? son esprit tant subtil Tant inuentif, tant bening, tant fertil.
Ep. fam. LVII, fo 40 b.
l-acil, difficil (2 Mor. YIII, f 38 c) ; labyrinth [Ep. fam.
XLI, f°32c).
E. I. Foemenin {Ep. fam. I, f° 3 b) ; cymitieres {Ann. d'Aq., f'^xx r") ; garniniës [Ep. fam. YI, f° 10 c) ; medicins [Triiimp)hes.^ f° cxxxi v") ; purité {Ep. fam. GXXI, f° 81 a).
El. Meillieu {Ann. d Aq. f*' xx v") ; je feiz {Triumphes, f° CLxxxi r°) ; il feit et il feist {Ann. d'Aq., P xix r° ; Ep. fam. I, f» 2 a) ; il veit [Ep. fam. XI, f» 13 b).
ES. La plupart des noms propres en es gardent leur terminaison étrangère : Achilles, Socrates, Vlixes {Ep. fam. XXYII, f°27 d) ; Diogejies {Ep. fam. XX, f° 21 d) ; Empedocles,Parmenides (2 Mor. YIII, f" 40 a).
EU- D'après la loi qui exige « que la voyelle latine o soit re-
(1) Je citerai toujours dans ces remarques l'édition des Annales de 1531.
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présentée en français par eii^ quand elle doit porter l'accent Ionique qui repose toujours en français sur la dernière syllabe sonore (1) », nous lisons très fréquemment je treiiue, il trémie^ nous Ij-ouuons^ il desqueuure (1 Mor. IV, f" 18 c.) Certains participes ont encore la diphtongue eu : deu (2 Mor. V, f° 28 a) ; pounieues (2 Mor. IIII, f" 19 a). Malgré la tendance du dialecte parisien qui tend à simplifier cette môme diphtongue eu, on trouve armeure (1 Mor. V, i" 19 c) ; asseurance (1 Mor. 11, f" 12 a) ; asseuré (1 Mor. IV, f° 18 d) ; dieuturnité [Triumphes, f" clxx v") ; veue (substantif) (1 Mor. IX, f* 27 a) ; mais on trouve aussi bruuages [Triumphes., f" cxxvu v°) ; laydure [Triiimphes, f° CLX v°); iusner et iusne (1 Mor. 11, f" 9 c), à côté de ieuner (2 Mor. VIII, f** 38 d) et ieusne [Ep. fam. LU, f" 38 b).
IN. Vindra {Ep. fam. I, f*» 2 a) .
O. AU. La lettre simple se rencontre dans les mots poure {Ep. fam. CXXVII, f 83 d), et potireté (2 Mor. I, f» 2 b) ; mais on trouve aureilles {Triump/œs..., f« CL\niv'*), au.sa [Ep.fam. 1, f" 3 b).On lit dans lalX^Epître familière (f« 11 c d) exteriore, interiore, superiore, et dans les notes marginales de cette même Epître extei^ieiire.
0. OU. La prononciation au xvi' siècle, nous l'avons signalé, hésite entre o et ou, il en est de même de l'orthographe; à deux vers d'intervalle on trouve voustre et vostre {Ep. fam., CXXVII, f° 83 c) ; on lit encore oiista Lbm. d'Ag., f^'xxii r") ; vous oreilles, vous pareilles (1 .}for. X, f° 28 b), voz entendez {Ep. fam. CXXVI, f'' 83 a) ; beaucop (1 Mor. V, f° 21 b), pouoit {Ann. d'Aq., f" xxi v"), vigoreux {Ep. fam. X, f° 12 a). Le verbe oser dont nous signalions à l'instant l'orthographe auser, s'écrit encore oitser : Hz ousere7it {Ann. d'Aq., f° xx v") et l'on rencontre au lieu de rasoir, razouer (2 Mor. X, f° 44 b).
01. Il faut signaler sans y insister les formes «z/ozV, congnoit, viuoit, scauroit, verrait; les substantifs, adjectifs ou verbes à l'infinitif qui ont o/, là où depuis Voltaire nous mettons
(1) A. Darmesteter et A. Hatzfeld, k Seizième Siècle en France, p. 204.
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ai, sont aussi très fréquents, cong}îo{st7'e, recongnoistre, congnoissance y français, monnoye. On trouve balloier (balayer) {Ann. c?'^ç'., f" xxii r").
ON. Au seizième siècle cette nasalité existe dans une foule de mots qui ne l'ont plus aujourd'hui, cojignoissance, congnoistre, recongnoistre, que nous venons de citer, besoyignes {Ep. fam. LXIIII, f° 43 d) ; grogne (1 Mor. XII, f" 29 c) ; songneux (2 Mor. I, f° 3 c); vergonge [Triumphes^ f° cLxxxi V") ; yiirôgne (2 Mor. XII, f° 30 b).
U. Nous trouvons vueille (qu'il) [Ep. fam. XVII, f** 20 a); viiide (1 Mor. IX, f° 25 d); immunde, mwide (pur) [2 Mor. Y, fo 21 a), mundifier {Triwnphes, f° clxiii r«) ; il tumba [Ann. d'Aq., f" xxu r") ; iimbre [Ep. fam. LUI, f" 28 c). Les formes ombre et tomber existent aussi (E;?. fam. LXXVII,. f** 54 b et Triiimphes, f" ccxlviii r°). Enfin on rencontre mitigué ^o\xv mitigé [2 Mor. I, f" 4 d.)