III. — DEGRES DE COMPARAISON
Le comparatif, chez Jean Bouchet, comme dans la vieille langue et la langue moderne, est marqué par plus: plus heureux, plus fort, plus grand ;[e superlatif relatif par le comparatif précédé de l'article : le plus lointain ; et le superlatif absolu par très suivi de l'adjectif: très bien, très heureux: généralement notre auteur ne sépare pas très de l'adjectif, et les écrit en un seul mot.
On rencontre quelques comparatifs ou superlatifs synthétiques : pirement ( l Mor. XII, f° 30 b, et Ep. fam. LXXVI, f«o2 a) ; nos 7naieurs pour nos ancêtres [Triumphes, f'^ ci v°) ; grigneurs, pour plus grands (2 Mor. II, f'* 10 c) (1). Le vieux superlatif /jresme {proximu?n) est devenu chez notre auteur un substantif avec le sens de prochain :
Qui aymêt Dieu sur tout et puis leurs presme
l Mor. XIIII, fo 41 c.
Enfin il forme des superlatifs français sur le modèle des superlatifs latins :
le suis certain docteur prudent issitne Interpréteur des droictz consultissime.
Ep. fam. LXXVII, fo 52 b.
(1) On trouve aussi greigneurs (2 Mor. III, f» 16 c).
Je ne crois pas à une plaisanterie de sa part ; Rabelais, quand il employait de semblables expressions, avait peut-ôtre l'intention de s'amuser, ce qui n'est pas évident, Jean Bouchet me paraît avoir été fort sérieux. Il dit encore : crime nephâdissime [Triiimphes^ f" ccclxxxiiii r°).