POUR SE FAIRE ARRÊTER
Un jeune homme de dix-huit ans, qui passait hier soir, vers huit heures, rue de Bellechasse, a lancé son couteau ouvert dans la vitrine d’un restaurant, situé au n* 35 de la rue, et tenu par M. Noirot, La grande glace a été brisée.
Le jeune homme, qui était resté sur le trottoir, a été arrêté par le patron de l’éiablissement et remis aux mains des gardiens de la paix.
Cet individu est un nommé Eugène Lejeune, tailleur, sans travail ni domicile. Il a déclaré à M. Prélat, commissaire de police, qu’il n’avait pas mangé depuis deux jours et qu’il avait brisé la glace du restaurant pour se faire arrêter.
Eugène Lejeune a été envoyé au dépôt.
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sa poire ». A Mazas, on fait déshabiller la bande. Le préposé à la visite inspecte les prisonniers, leur fait ouvrir la bouche, leur introduit à tous, les uns après les autres, le doigt quelque part pour s’assurer qu’ils n’ont pas caché là quelque pièce de monnaie et, entre chaque opération, néglige de se laver les mains. Si l’un de ces misérables est infecté de quelque maladie contagieuse, tant pis pour le suivant. Pendant toute la cérémonie, les souteneurs rigolent et font des plaisanteries obscènes ; mais, pour l’autre, quel supplice ! La torture ne valait-elle pas mieux?...
Nous a-t-on assez rebattu les oreilles, depuis un siècle, depuis cinquante ans surtout, avec les grands mots de philanthropie, de réformes philanthropiques ! Chaque année, les journaux annoncent qu’un congrès pénitentiaire s’est réuni quelque part. Il n’y est question que de l’amélioration du sort des détenus, de la nécessité de respecter la dignité de l’homme même prisonnier. En fin de compte, rien ne change. Probablement les congressistes ne savent rien de ce qui se passe dans les prisons. Les jours de la visite officielle, ils ne voient que l’endroit de notre système pénitentiaire : l’envers leur est soigneusement caché. Quant aux détenus, leur situation leur permet rarement de pouvoir saisir l’opinion de ce qu’ils ont vu et subi. Lorsqu’elle le leur permet, ils n’en parlent pas pour cela davantage. Leur dette à la justice ou à l’injustice une fois payée, ils ne demandent qu’une chose : oublier. Ils écartent systématiquement de leurs préoccupations tout ce qui pourrait leur rappeler l’horrible cauchemar. Ils n’ont plu»; ni la force, ni le courage, ni l’envie de protester
Dans son tombeau de Mazas, le prévenu attend un temps plus ou moins long — temps d’inexprimable angoisse — toujours sans rien savoir de la marche de l’instruc’*
tion. Les policiers appellent cela : « le laisser mariner
On vient enfin le chercher pour le conduire à l’instruction. On commence par lui mettre les menottes, puis on Tenfourne dans la voiture cellulaire dans laquelle, pour peu qu’il ait de rembonpoint, il ne peut même pas s’as* soir. Entre deux gai'des, tenu en laisse par un brin de ficelle, il est amené dans le couloir du juge, où il attend longtemps, livré en spectacle à la curiosité méchante du public. Un tas de gens qu’il connaît, les rédacteurs et les employés de son journal, s’il est journaliste, défilent devant lui, presque tous sans le saluer, d’autres en ricanant insolemment, quelques-uns en lui disant bonjour d’un air de pitié protectrice.
Le prévenu s’est toujours cru un honnête homme. Sauf dans ces polémiques passagères de journal, — s’il est journaliste, — il s’est toujours vu traiter comme tel. Toutes les personnes avec lesquelles il était en rapport lui témoignaient de l’estime.
Au milieu de ces terribles épreuves, une seule pensée le soutient : il va enfin savoir au juste de quoi on l’accuse. Ce premier interrogatoire si impatiemment attendu, si ardemment désiré, va lui permettre d’éclaircir tous les malentendus, de dissiper toutes les équivoques. D’un mot il se justifiera, il prouvera son innocence, il sortiiu de chez le juge la tête haute.
Si le juge chargé de rechercher impartialement la vérité et de faire la lumière s’appelle M. Dopflfer, voici exactement comment les choses se passeront :
Dès l’entrée du prévenu dans son cabinet, avant môme de lui demander ses noms et prénoms, le juge lui dira :
« Ah ! Vous voilà I Vous êtes un scélérat. Vous allez payer tous vos crimes.
— Mais...
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— C’est bon! C’est bon! Taisez- vous. Votre nom? — Votre âge ? — Avez-vous déjà été condamné ?
— Non.
Le juge alors a un sourire ironique qui veut dire clairement qu’il n’en sera pas longtemps ainsi.
— Vous êtes inculpé de ..
Le prévenu veut répondre : « Monsieur le juge... »>
Le juge l’interrompant : « C’est effrayant ce que je reçois de plaintes contre vous... (souvent le juge n’en a reçu qu’une, comme dans l’affaire des cercles, ou n’en a pas reçu du tout, comme dans l’affaire de la Transatlantique).
— Monsieur le juge...
— Vous niez? Très bien. Greffier, écrivez qu’il nie. »
Le juge n’interrogera pas. Il n’attendra pas les
réponses. Vous niez? Greffier, écrivez! Quand le greffier aura écrit, le juge dira : « Gardes, emmenez cet homme! »
En vain le prévenu demandera qu’on lui donne connaissance des prétendues plaintes portées contre lui, qu’on le confronte avec les témoins, qu’on lui lise leurs dépositions, Peine perdue! « Gardes, emmenez cet homme! « Là-dessus le prévenu, qui n’a pas pu placer un seul mot, est reconduit à Mazas, toujours avec les menottes et en voiture cellulaire. Il rentre dans son tombeau, affolé, abasourdi, se demandant s’il rêve et si vraiment il n’est pas un grand criminel.
Le même jour ou le lendemain, la femme du prévenu, tout en pleurs, ira demander au juge le permis exigé pour voir son mari à travers les grilles de la cage qu’on décore du nom de parloir. Elle sera reçue de façon bourrue, et le juge, en lui remettant le permis, lui dira : “ Votre mari, madame, est dans une bien triste position. ?» .
« Rien, écrivait Linguet en 1782, n’est mieux imaginé que le régime de la Bastille pour faire passer un homme
par toutes les gradations du désespoir, surtout s’il a le malheur d’avoir une de ces âmes fières et actives que le sentiment de l’injustice révolte, pour qui l’occupation est un besoin et l’attente un supplice (^). «
.« L’homme vieux ou jeune, dit Emile Gautier plus d’un siècle après, en 188^, qui, n’étant pas un malfaiteur de métier, franchit pour la première fois le seuil du purgatoire pénal, n’est pas loin de se croire irrévocablement perdu. C’est un écrasement, un anéantissement moral et physique qui broie le cerveau, détend les nerfs, ramollit les muscles et fait du plus crâne une sorte de chiffon inerte (^). «
Quoi d’étonnant si dans ces conditions on assiste à des scandales comme celui auquel a donné lieu le procès de la Transatlantique?
Ouverte à la fin de novembre 1894, l’instruction de cette affaire avait, comme je l’ai dit, duré sept longs mois et la date du procès avait été enfin fixée au 26 juin 1895.
J’emprunte à des journaux de nuances opposées et en commençant par les plus hostiles au XIX^ Siècle la description de l’état auquel sept mois de prison préventive avaient réduit M. Girard.
Le Petit Journal :
M. Girard comparaît blanchi, cassé, la voix tremblotante, ayant de la peine à articuler ses mots : un moribond.
Le Figaro :
M. Girard est dans un état de santé déplorable : complètement blanchi, les yeux éteints, les mains tremblotantes, presque courbé en deux et obligé pour se soutenir de s’appuyer sur l’épaule d’un garde, il excite la compassion générale.
(i) Mémoires sur la Bastille, par Linquet, 178Î. (2 Le monde des prisons, par Émile Gautier.
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Le Journal :
Deux gardes soutiennent M. Girard et l’installent à son banc. Le régime de Mazas a amolli, distendu sa chair, ses joues sont molles et tombantes, sa pâleur est extrême, son regard éteint.
U Éclair :
M. Girard apparaît enfin. Deux gardes doivent le soutenir, il s’effondre sur le banc; avec ses yeux éteints et ses joues tombantes, d’une pâleur livide, il ne semble plus qu’une ombre.
La Libre Parole :
Tout courbé et comme brisé, le teint pâle, le prévenu semble anéanti : c’est une ruine, il fait pitié.
La Petite Répuhliqm :
Enfin, M. Girard arrive, mais dans quel état! Il n’est plus que l’ombre de lui-même. Deux gardes le soutiennent par les bras : la tête est tremblante, les yeux sont sans regards, la voix est éteinte. C’est véritablement un moribond, qui fait pitié .
Voici maintenant d’après les mêmes journaux le compte rendu de l’audience :
M. le président Couturier demande à M. Girard s’il se sent capable de répondre à l’interrogatoire.
— Oui, oui, répond M. Girard d’une voix fébrile, oui. qu’on me juge, voilà assez longtemps que cela dure, je veux en finir!
M. le président Couturier procède à l’interrogatoire.
C’est avec une extrême difficulté que M. Girard parvient à s’exprimer, son corps est agité d’un tremblement convulsif.
— Il serait inhumain, dit M. Couturier à -es assesseurs, déjuger un homme dans cet état.
Le tribunal ordonne que séance tenante M. Girard sera examiné par le médecin du palais, qui déclarera si le prévenu peut sans danger pour sa vie suivre les débats du procès.
L’audience est suspendue pendant une demi-heure.
A la reprise de l’audience, M. le docteur Karl, suppléant du docteur Floquet, qui a examiné M. Girard, s’avance à la barre.
— J’ai constaté, dit le témoin, que le prévenu est, d’une part, affaissé physiquement d’une façon très marquée et que, ^ d’autre part, ses organes sont profondément atteints. Son exci- ' tation nerveuse est très grande. Bref, je ne crois pas que le prévenu puisse supporter les débats de l’audience.
, Le prévenu, interrompant. — Si, je suis en état I si, je suis en état! Je veux être jugé!
Le témoin. — Je crois que la prévention que subit le prévenu ne peut qu’aggraver son état actuel.
Le prévenu. — Ne l’écoutez pas, je veux en finir, jugez-moi ! jugez-moi !
M. le substitut. — Je m’en rapporte à la sagesse et à l’humanité du tribunal .
Le tribunal ordonne la mise en liberté provisoire de M. Girard.
Et le FigM.ro ajoute :
Pendant que les gardes emmènent M. Girard avec toutes sortes de difficultés et de précautions, on l’entend encore supplier *» qu’on le juge, qu*on en finisse » !
Cette scène navrante a profondément impressionné l’auditoire.
M. le député Rouanet écrivait le soir de l’audience dans la Petite République (*) ;
C’est une obsession. J’ai toujours dans l’oreille et dans le cœur l’accent désespéré de ce misérable, joignant les mains dans l’ardeur d’une adjuration dernière et criant, avec des sanglots qui s’étouffaient dans la gorge : Laissez-moi parler! Jugez-moi, interrogez-moi, je vous répondrai.
J’ai surpris chez le président Couturier lui-mème un mouvement de pitié, tôt réprimé dans le geste de off qui lui est habituel. Oui l ce malheuioux émouvait jusqu’aux jugée .
{}•) P etiU République f' ' .
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Pitié suprême î Puis l’inexorable nécessité a repris ses aroits et le procès Girard a été renvoyé sine die.
Ah! je comprends maintenant, ajoute M. Rouanet, les plaintes de Félix Martin racontant que DoptFer avait brisé toute volonté en lui pour l’amener à dénoncer Ferrier... >»
Le lendemain, M. Camille Pelle tan écrivait dans le Bappel (^) :
Le tribunal allait juger un homme que je n’ai nulle envie d’excuser. Mais un homme reste un homme, et je ne sache pas que nous puissions accepter pour personne le rétablissement de la torture. On avait donc extrait ce malheureux de sa prison pour l’asseoir de nouveau sur le banc des accusés. Les spectateurs virent arriver un cadavre. Quelqu’un qui était là, et qui assurément n’a aucune sympathie pour les journalistes de sa sorte, me disait qu’il avait le cœur serré à voir ce vieillard n ayant plus qu’un souffle pour voix, presque défaillant à chaque mot qu’il prononçait; et pourtant, comme le juge renonçait à l’interroger et voulait remettre l'affaire (était-ce par commisération ? vous allez le voir) : ** Non, je vous en supplie, s’écriait l’agonisant, interrogez-moi I Qu’on en finisse par pitié! Je sens que je pourrai répondre jusqu’au bout! Ne prolongez pas mon supplice! *»
On consulta un médecin, et l’affaire fut remise.
Maintenant, qu’est-ce qui a tué ce malheureux? De longs mois d’instruction secrète entre les mains d’un magistrat...
• vertueux ♦». S’il faut en croire des témoins qui ont été, je crois, confrontés avec lui, le magistrat « vertueux »» a pendant de longs mois joué avec lui comme le chat avec la souris. Sans cesse, il le faisait extraire de son cachot, ramener devant lui. Et alors, c'étaient d’aimables railleries. — Eh bien! mon bon monsieur Girard, vous avez encore cette affaire-ci; vous en avez d’autres : j’en ai encore un certain nombre contre vous. Oh! nous sommes gens de revue, mon bon
Ra'onel dti juin 18^.
monsieur Girard I Nous causerons encore pendant deux ou trois ans 1 t» Etrange langage pour un homme qui représente la loi dans ses rigueurs, assurément, mais aussi dans sa sérénité, et pour qui un accusé ne devrait, à ce qu’il semble, pas être un jouet dont il se divertisse. Qui croirait cette énormité, que ceux auxquels sont livrés, au nom de la sécurité et de la morale publiques, l’honneur, la liberté de tous, peuvent devenir des sortes de dilettantes savourant les souffrances des coupables qu’ils manient? N’est-ce pas révoltant? N’est-ce pas odieux? Imaginez un homme, qui a encore des fibres humaines pour souffrir ; imaginez-le tombant de la situation d’un journaliste parisien dans cet enfer, dont il ne voit pas l’issue, et où une figure implacablement ironique s’acharnera sur lui, le traînant de poursuite en poursuite, d’interrogatoire en interrogatoire, d'angoisse en angoisse... Mais non : cette torture ne se prolongera pas, la mort sera plus clémente que le magistrat, elle mettra le malheureux en liberté.
Voilà ce que l’encellulement préventif dans la nouvelle Bastille peut faire d’un accusé jusque-là très robuste. . .
Et c’est ainsi que, pour le malheureux que le caprice d’un ministre, la rancune d’un ennemi bien en cour, la plainte d’un tenancier de tripot, la dénonciation hypocrite d’un puissant financier ou une malechance quelconque fait tomber sous la main de la justice, il n’y a plus de justice. Privé de tout moyen de défense devant l’opinion, il se trouve le plus souvent, le jour de sa comparution devant le tribunal, dans l’impossibilité morale et même physique de lutter contre l’accusation. ^
Autrefois, *« le juge d’instruction était tenu de rendre compte, au moins une fois par semaine, des affaires dont l’instruction lui était dévolue, à la chambre du conseil composée de troiâ jn<?;es au moins »». Le second Empire trouva cotte r1‘c]io«ition tcop libérale. En 1856, il fit voter I'av ion Corps légisiatil cl par son Sén^t le nouvel
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article 127 du code d’instruction criminelle qui permet au juge d’instruction de prolonger les instructions aussi longtemps que bon lui semble, et de maintenir indéfiniment l’accusé en détention préventive. Qui pourrait dire combien de temps la loi du second Empire restera encore en vigueur ? Dans notre pays, les lois restrictives de la liberté sont indestructibles. Contre les autres, contre celles qui lui sont favorables, c’est, au contraire, une conspiration permanente.
Conclusion.
Le duel de Tempereur Commode. — Un grand juge criminel.
— La séparation des pouvoirs. — Le président • solide »».
— Extraction de témoignages. — Le réquisitoire. — Les plaidoiries. — Les droits de la défense. — Le compte rendu des journaux. — L’éloge de Tavocat. — M. Thévenet juge d’honneur. — Nos petits Marats. — Danger de la dictature judiciaire. — Une note d’infamie. — Le globe est trop petit. — Examen de conscience. — Il y a eu erreur sur la personne. — Un défi. — Ma faute, ma très grande faute. — Fausse conception des droits et de la liberté delà presse. — Un coup de Jarnac. — Le bouc d'abomination. — La gredinerie et la peur. — La consolation de l’ancien ministre Baïhaut. — Défense aux morts de ressusciter. — Les menaces du Petit Journal, — Le chantage parlementaire. — L’armée des croupiers. — Les obligés de la Transatlantique. — Le dernier mot aux tenanciers. — Advienne que pourra !
Quand l’accusé est amené entre deux gardes comme un dangereux malfaiteur dans l’étroite salle d’audience, déjà trop pleine, une atmosphère épaisse chargée de passion hostile le prend à la gorge et, dès son entrée, le suffoque.
Tout de suite, le duel commence entre le président et l’accusé, duel à la manière de l’empereur Commode qui, armé d’une excellente lame, forçait son adversaire
CONCLUSION
à se battre avec un simple fleuret garni de liège (^).
C’est le procureur de la République qui distribue les affaires entre les différentes chambres correctionnelles. Il est le représentant du pouvoir exécutif, il agit d’après les instructions du ministère de la justice. Il est le manager du procès. Il met son amour-propre à ce qu’il se termine par une exemplaire condamnation. Dans une affaire comme celle des cercles, où sont intéressées des personnes et des questions touchant à la politique, il choisira la chambre devant laquelle l’accusation a le plus de chance de triompher, et il ne se fera pas faute de styler le président qui, neuf fois sur dix, est à lui seul le tribunal, les assesseurs n’étant là, en général, que pour opiner du bonnet.
Bien plus puissant que le président des assises qui ne fait que donner la sanction légale à la décision du jury en prononçant l’acquittement ou en fixant la peine, le président de police correctionnelle est juge du fait et du droit. Nul dépositaire de l’autorité ne détient un pouvoir aussi formidable. Avec l’excessive incertitude des preuves admises en matière criminelle et avec l’indéfinie élasticité des lois, il dispose, à peu près selon son bon plaisir, de l’honneur, de la liberté, de la vie même des accusés qu’il peut faire enfermer vivant dans un tombeau pour cinq années, une éternité. Et comme la magistrature, encouragée par le législateur, s’efforce sans cesse de restreindre la juridiction du jury en correctionnalisant — comme on dit — le plus grand nombre d’affaires possible, le président de police correctionnelle tend de plus en plus à devenir, dans ce pays, le grand juge criminel.
A qui donc sont dévolues d’aussi hautes et d’aussi redoutables fonctions?
(q Voir le55 notes écrites en prison par Camille Desmoulins sur le rapport de Saint-Just, rapport au sujet duquel il disait : « J’ai mis Saint- Just dans un numéro rieur et il me met dans un numéro guillotineur, où il n’y a pas un mot de vrai à mon égard. »
Sans doute à des hommes dont la vie tout entière aura été consacrée à l’étude de la criminologie ? A des magistrats parvenus au sommet de la hiérarchie judiciaire? A des juges qui, n’ajant plus rien à espérer de la faveur des gouvernements ni rien à craindre de leur colère, puissent conserver, sans trop d’efforts, au milieu des luttes des partis une imperturbable impartialité ?
Erreur. Pour tout magistrat qui se respecte, les chambres correctionnelles sont un purgatoire qu’on traverse quand on ne peut pas faire autrement, mais dont on a la plus grande hâte de sortir pour aller juger dans les chambres civiles, les beaux procès de murs mitoyens, les nobles causes dont l’enjeu est la divine pièce de cent sous ou une parcelle de la sacrosainte propriété, ce qui, au dire de tout le monde judiciaire, demande beaucoup plus de lumière, d’expérience et de science, et ce qui est beaucoup plus honorable que de statuer sur la vie et l’honneur des gens. Le président de police correctionnelle est un criminaliste d’occasion : il ne l’était pas hier, il ne le sera plus demain. C’est, en général, un nouveau venu dans le ressort, ce n’est jamais qu’un passant qui, en distribuant à droite et à gauche des années de prison, des flétrissures et des amendes, continue sa route vers les places plus considérées de président d’une chambre civile ou de conseiller à la cour (^). Les ministres tiennent son avenir entre leurs mains et les notes du parquet ont pour son avancement une capitale importance.
(1) On en peut dire autant des magistrats du parquet. « Pour les substituts de la Seine, dit M. l’avocat général Jean Crupni dans son étude sur la cour d’assises de la Seine, les services correctionnels sont, en général, la corvée imposée aux derniers venus : on leur préfère les services civils, même aux audiences qu’on dit muettes... A la cour d’appel, il en est de même : le substitut, l’avocat général traverse avec impatience la chambre des appels de police correctionnelle. »
CONCLUSION
Ainsi tout procès correctionnel, depuis le commencement jusqu’à la fin, est l’insolente négation de ce grand principe de la séparation des pouvoirs tant prôné par nos pères, si scrupuleusement respecté dans les pays libres et si dédaigneusement mis de côté maintenant par nos jeunes politiciens comme une vieille défroque usée, démodée, inutile et gênante.
Il y a cependant des présidents de police correctionnelle, j’en ai connu et j’en connais, qui montent au tribunal avec le ferme propos d’examiner sérieusement l’affaire qui leur est soumise et de se former par eux-mêmes une opinion; mais il y a aussi des présidents qu’on pourrait appeler des « solides », comme on appelait, en 1793, les jurés du tribunal révolutionnaire qui suivaient aveuglément l’impulsion du comité de salut public et de l’accusation. Le président solide croit que son devoir est d’assurer quand même la victoire du ministère public. Ce président-là n’est pas un juge, ce n’est même pas un accusateur, c’est l’exécuteur. Il n’interroge pas l’accusé, il n’attend pas qu’il lui réponde, il lui dit : « Vous avez fait ceci, vous avez fait cela. »• Avec le président solide, tous les efforts que fera l’accusé pour repousser une accusation odieuse tourneront contre lui. Plus il se défendra, plus le président solide le rudoiera, comme ces chasseurs qui se mettent en fureur quand la pièce de gibier qu’ils viennent d’abattre se permet de gigoter encore.
Après l’interrogatoire de l’accusé, vient ce que M. l’avocat général Jean Cruppi appelle non pas l’extorsion, mais l’extraction des témoignages (^), de même qu’on dit l’extraction d’une dent pour exprimer l’action de l’arracher.
(i) Revue des Deux Mondes du !•' janvier, p. 140. « D’après la loi, dit M. Cruppi, t* ite déposition doit être spontanée; on entend un témoin, on ne l’interroge pas. »
Si le témoin ne répond pas exactement dans le sens de l’accusation, le président solide le terrifie par quelque apostrophe menaçante et, s’il veut s’expliquer, le président solide lui ferme la bouche par la traditionnelle injonction : • Allez vous asseoir! »
Après l’interrogatoire, le réquisitoire. On a vu ce qu’il devrait être et ce qu’il est quand le siège du ministère public est occupé par un substitut comme M. Thomas.
Enfin, pour la première fois depuis le jour où il a été frappé d’anathème par le juge d’instruction, une voix s’élève en faveur de l’accusé, celle de l’avocat. Rude tâche que la sienne ! Dans l’affaire des cercles, les ordonnances de renvoi sont du 5 et du 6 février 1895. La première audience a eu lieu le 13. C’est seulement le 6 pour les premières affaires, le 7 pour les autres, que les avocats ont pu avoir communication du dossier contenant le réquisitoire définitif, l’énumération des charges, les dépositions des témoins qui, d’après la nouvelle méthode, ne sont plus confrontés et dont les témoignages sont totalement inconnus de l’accusé. Il a fallu alors faire copier les innombrables pièces de ce volumineux dossier.
L’avocat, enfin, a souvent d’autres affaires qu’il lui est impossible de négliger entièrement. Pour conférer avec son client, il faut qu’il aille à l’autre bout de Paris, à Mazas, à des heures déterminées. A peine lui restera-t-il quelques heures pour se préparer à lutter contre une accusation qu’on aura mis trois mois à édifier et qui a pour elle l’invincible préjugé. C’est à ce minimum que se réduit ce qu’on appelle emphatiquement les droits et la liberté de la défense.
Les juges écoutent les plaidoiries d’une oreille plus ou moins attentive et en tiennent plus ou moins compte Quant au public, hormis celui très restreint qui suit jusqu’au
CONCLUSION
bout l’audience, il n’en aura jamais connaissance, car les journaux ne rendent pour ainsi dire jamais compte que des interrogatoires et du réquisitoire. Il est excessivement rare qu’ils donnent même un résumé sommaire de la défense. S’ils sont bienveillants, ils diront : « Maître un tel a prononcé en faveur de l’accusé une très belle plaidoirie >• , — on fait toujours l’éloge de l’avocat, c’est le style, — s’ils sont malveillants : « Maître un tel a fait de vains efforts pour blanchir son client »», et c’est tout.
L’avocat s’assied. Le tribunal prononce son jugement. Parfois même, s’il acquitte, à plus forte raison s’il condamne, ce jugement est une note d’infamie. Quel est donc le retardataire qui prétendait que les jugements de police correctionnelle ne déshonoraient que dans les pays où les juges étaient honorés? Jamais en France les juges n’ont été aussi peu honorés, jamais le pouvoir de déshonorer ne leur a été aussi unanimement reconnu.
Je suppose qu’un législateur fantaisiste ait obtenu du Parlement la création d’une nouvelle judicature spécialement chargée de prononcer sur l’honneur des gens et que le gouvernement ait nommé à ce poste redoutable un des hommes publics qui à tort ou à raison sont chaque jour accusés d’avoir fait commerce de leur vote, de leur éloquence, de leur influence, un de ceux que la presse socialiste appelle des non-lieu », celui par exemple avec lequel M. Jacques Meyer se vantait d’être de mèche » (^)
(1) On connaît l’histoire qui a été souvent racontée et n’est pas de celles qui puissent être démenties. En janvier 1888. M. Jacques Me, er, avair entrepris une grande spéculation à la baisse sur les actions de la Banque de France, A ce moment, M.Thévenet déposa sur le bureau de la Chambre une proposition de loi interdisant le remploi des biens d’incapables et de mineurs en actions de la Banque de France pour cause d’insécurité.
M. Denécheau, aujourd’hui député de l’Aisne, alors chargé des informations au journal le Matin^ voulut interviewer M. Thêvenet au sujet
dans sa campagne contre la Banque de France, Tavocat du Petit Journal y M. Thévenet. Quel éclat de rire ce sera par toute la France! Quelles huées! M. Thévenet juge d’honneur! Ce flétri flétrissant les autres. Vous voyez d’ici tout ce que les journaux intransigeants, socialistes et révolutionnaires broderaient sur un pareil thème. Mais que l’on donne au même M. Thévenet le droit de nommer des juges, qu’on lui jette sur les épaules la simarre du garde des sceaux, ceux dont il fera des juges auront le pouvoir de prononcer sur l’honneur de tous. Chacun s’inclinera. Les juges nommés par M. thévenet ne verront que par les yeux de M. Thévenet. Ils jugeront exactement comme M. Thévenet aurait jugé et la presse la plus ennemie de M. Thévenet s'empressera de reconnaître aux créatures de M. Thévenet le droit de flétrissure que certainement elle lui dénierait à lui-même.
On avouera bien qu’à une époque où les plus grands ambitieux rêvent d’être de petits Marats, ce fétichisme de la décision de justice auquel n’échappent pas les esprits les plus dégagés, les plus frondeurs, rend particulièrement effrayante la perspective dont je parlais au commencement
de sa proposition, maisM. Th'^venet était à Lyon, M. Denécheau se rabattit sur M. Jacques Meyer, dont il connaissait les relations avec le futur garde des sceaux, et M. Jacques Meyer dit à M. 'Oen-^cheau : « Je vais vous faire l’interview au nom de M. Thévenet. Soyez sûr qu’il ne me démentira pas. Nous sommes de mèche. »
M. Arthur Meyer a raconté d’autre part, dans le Gaulois du 22 juillet 1889, que M. Jacques Meyer était venu un jour le trouver et lui avait tenu ce langage :
« Vous savez que je suis l’un des chefs et l’un des principaux intéressés dans la campagne contre la Banque de France.
« Je commence à être effrayé moi-même de la tournure que prend cette affaire. Elle me déborde, mais je ne suis pas seul. J’ai derrière moi des membres du Parlernenr,. des avidités.
« Vous n’ignorez pas que c’est moi qui ai inspiré la proposition de loi de M Thévenet contl e la Banque de France, proposition qui a amené une baisse de 50 francs sur les actions; dites donc aux grands financiers, près de qui vous avez accès, qu’il faut terminer au plus vite cette affaire, sinon, ça deviendra vilain. »
CONCLUSION
de ce mémoire, d’une dictature judiciaire qui se mettrait tour à tour au service de toutes les passions politiques dans leurs luttes implacables et féroces.
L’homme flétri par la justite est frappé de mort civile. Il est privé du feu et de l’eau. Il n’a plus qu’à s’expatrier. Et encore, où aller? Le monde, à présent, est si petit! Quel est le coin du globe où on ne lui reprochera pas d’avoir passé en police correctionnelle ?
Souvent, depuis mon départ, pendant les longues heures de l’exil, j’ai fait mon examen de conscience. J’ai, sans doute, apporté parfois dans mes critiques trop de vivacité, trop de passion, trop de ténacité. Quel que fût mon désir d’être juste — et c’était ma constante préoccupation — il m’est certainement arrivé d’être injuste... Que le journaliste qui ne l’a jamais été me jette la première pierre!... Peut-être aurais-je dû, dans plus d’une circonstance, m’imposer à moi-même et recommander à mes collaborateurs, aux rédacteurs judiciaires, aux reporters du XIX^ Siècle plus de circonspection, plus de modération, plus d’indulgence ; mais, à part cela, je n’ai rien à me reprocher. Je ne suis pas l’homme que les juges ont cru condamner. Il y a eu erreur sur la personne. Je n’ai jamais fait de chantage, et si j’étais libre, si seulement j’obtenais ma liberté provisoire, comme l’ont obtenue MM. Flageolet, Hemerdinger, Sarda, de Soubeyran, Ferrier et tant d’autres, je défierais bien aucun de mes anciens collègues du Syndicat de la presse parisienne, ni aucun de mes anciens confrères de l’Association des journalistes républicains, d’oser soutenir en face de moi que j’en aie jamais fait.
Le lendemain du jour où un mandat d’amener avait été lancé contre moi, M. Henri Bauer écrivait, dans VÉcho de Paru du 24 novembre 1894 : « Il avait attaqué de puis-
santés personnalités dont la coalition devait tôt ou tard l’atteindre. >» La faute, la très grande faute, l’unique faute que j’aie commise, mais dont je n’aurai jamais le courage de demander pardon à Dieu ni aux hommes, c’est de ne pas avoir admiré le génie de M. Dupuy, la bonne foi du Petit Journal y la probité des tenanciers de tripot, les capacités financières et maritimes de M. Eugène Pereire. C’est pour cette faute que j’ai été traqué par la police, accablé d’humiliations, de chagrin et d’outrages; c’est pour cette ‘faute que j’ai été condamné par défaut à cinq ans de prison et que j’ai déjà subi dix-huit mois d’exil ; c’est pour elle qu’on a tué mon journal, qu’on m’a dépouillé, au point que je n’aurais pas aujourd’hui de quoi payer un avocat et que si, après avoir fait opposition, j’étais de nouveau condamné, je devi*ais me résigner à rester en prison non seulement pendant la durée de ma peine, mais jusqu’à l’expiration du temps fixé pour la contrainte par corps, car je ne saurais pas, en vérité, comment je pourrais solder le montant de l’amende et les frais du procès. %
J’avais une fausse conception des droits et de la liberté de la presse. Je croyais bonnement qu’en attaquant ou en laissant attaquer certains procédés de publicité, certains hommes politiques que leur situation désigne aux critiques des journaux, certaines entreprises financières et les tripots, un directeur de journal ne s’exposait qu’à des polémiques de presse, à des duels et peut-être à des procès en diffamation. Je ne prévoyais pas que les « puissantes personnalités dont a parlé M. Henry Bauër se coaliseraient pour me frapper traîtreusement et lâchement par derrière avec un procès de chantage. Je ne m’attendais pas à ce coup de Jarnac.
Tout le monde sait très bien, dans la presse, que si le
C50NCLUS10N.
ministère Dupuy était tombé six semaines plus tôt. je n’aurais pas été poursuivi. C’est à ces hasards parlementaires que tiennent les réputations. Question de jour et même d’heure. On est un voleur ou un honnête homme, selon le ministère qui règne.
On a fait de moi le bouc d’abomination de l’Écriture, et tandis qu’on me chargeait de toutes les imprécations que peuvent inspirer la gredinorie et la peur; d’autres qui se sont fait des rentes en commettant ouvertement le prétendu délit pour lequel j’ai été poursuivi et que je n’ai jamais commis, continuaient à tenir le haut du pavé, étaient comblés d^honneur, jouissaient de l’estime générale, et on les voyait dîner à la môme table que les ministres les plus à cheval sur la vertu.
Celui qui est coupable a, au moins, comme l’ancien ministre Baïhaut, la consolation du repentir et de l’expiation. Cette consolation, je ne l’ai pas. La douleur de ma ruine et de ma défaite est, au contraire, à chaque instant avivée par le sentiment de l’iniquité dont je suis victime, iniquité monstrueuse, bien plus monstrueuse encore que le lecteur qui a lu ces pages ne peut le supposer.
Maintenant, j’ai fini. J’ai dit non pas, certes, tout ce que j’avais à dire, mais tout ce que je voulais dire.
Je ne me fais pas d’illusion. Un condamné qui fait appel de sa condamnation devant l’opinion, devant la presse, devant les juges qui l’ont prononcée, c’est comme un mort qui s’aviserait de ressusciter : « Malheureux, lui dirait-on, que viens-tu faire parmi les vivants ? Il n’y a pas de place pour toi. Ton nom est rayé de la liste des convives. Hâtetoi de rentrer dans ton tombeau ! »» Je compte peu sur les hommes politiques. Il est rare que l’affectation de passer pour incorruptibles ne les rende pas sourds, aveugles et lâches. Se rendre complices par le silence des pires infa-
mies leur semble souvent plus habile et plus honorable que de s’exposer en protestant au soupçon de céder à Tamitié. La publication de ce mémoire pourrait bien en revanche avoir pour conséquence de rallumer la haine de mes ennemis. Leur vengeance pourtant devrait être satisfaite. Je suis à un âge où, quand on est tombé, on est bien tombé, car on ne peut plus recommencer une carrière ni refaire sa vie. Mais ils m’ont trop calomnié ; ils m’ont fait poursuivre et condamner trop injustement : ils ne voudront pas en avoir le démenti. Le Petit Journal qui n’a jamais craint d’user à l’égard des gouvernements et même à l’égard des juges de la contrainte morale, de la menace implicite et même explicite; M. Charles Dupuy et les dupuystes; mon ancien concurrent aux dernières élections dans l’arrondissement de Gien, M. Alasseur, un de ces produits obscurs du scrutin d’arrondissement qui n’ont pas de parti, qui ne prennent jamais la parole, mais qui, armés de leur bulletin, savent très bien dire aux gouvernements de droite ou de gauche, en prenant des airs de sainte Nitouche et en traitant les autres de maîtres-chanteurs, que s’ils ne poursuivent pas celui-ci ou celui-là, s’ils ne le font pas arrêter et condamner, s’ils ne commettent pas telle ou telle infamie, ils voteront et feront voter leurs amis contre eux (^)... Les croupiers brandissant leurs palettes et leurs râteaux;
(1) M. Alasseur, envoyé à la Chambre par les conservateurs de l’arrondissement de Gien, n’a cessé d’être le mameluck de M. Dupuy pendant toute la durée de son ministère. Il ne lui a refusé son vote ni pour la loi dite contre les menées anarchistes ni dans aucune autre circonstance. Depuis il a soutenu avec la même ardeur le ministère Bourgeois, dont il aurait obtenu une faveur plus qu’étrange ; la nomination de M . Lucien Rabuel, ancien rédacteur du Petit Giennois^ comme receveur d’enregistrement. Je n’ai pas pu vérifier le fait, et s’il est vrai, M. Claudius- Marius-Morel mériterait une trésorerie générale. Il devrait se mettre sur les rangs. Comment M. Viger, à la face duquel M. Rabuel a vingt fois craché au visage toutes les ordures do son répertoire, a-t-il fil laisser faire cette nomination? L’aurait-il ignorée?
CONCLUSION
la nombreuse clientèle de journalistes et d’hommes politiques qui vivent des produits et des sous-produits de la cagnotte ; les administrateurs de la Compagnie Transatlantique, avec l’influence que leur valent les places dont ils disposent, les marchés qu’ils concèdent, les subventions qu’ils distribuent ; tout ce monde se mettra en campagne pour que le dernier mot dans cette affaire reste aux tenanciers de tripots et au gros financier qui, d’après tous les hommes du métier, mène l’une de nos plus grandes entreprises à un inévitable désastre.
Et ensuite ils se vanteront d’avoir assuré le règne de la vertu î
Au besoin, pour suppléer aux accusations que ce mémoire réduit à néant, ils en inventeront de nouvelles aussi pyramidales que celle du vol de la souscription de Vienne. Ils recruteront de nouveaux faux témoins, comme MM. Bloch, de Clercq, de Pont-Jest et Haguet. Dans une des belles plaidoiries qu’il a prononcées pour moi contre les gens du Petit Journal, M*^ Tézenas, qui est bien le modèle de la modération et de la correction, disait un jour après avoir donné lecture d’un article du Petit Journal, que si j’avais répondu à de telles attaques par des coups de revolver, il m’aurait fait acquitter devant la cour d’assise. Souvent je me suis demandé et je me demande encore si ce ne serait pas là pour moi le meilleur moyen d’obtenir justice. De cette façon, au moins, je serais jugé par le jury.
Seul, sans aucun moyen d’action, entièrement désarmé, que puis- je contre des ennemis nombreux, puissants, acharnés, sans scrupules?
Pour gagner mon procès deyant l’opinion et devant les juges, je n’ai, comme Alceste, que la raison, mon bon droit, l’équité.
Est-ce assez ? ’
J’ai, en tout cas, l’intime conviction qu’en écrivant ce mémoire j’ai rempli mon devoir envers le public, envers mes anciens collaborateurs, envers les intéressés et les lecteurs du X/X® Siècle y envers les 7,400 électeurs qui m’ont donné leurs voix en 1889 et en 1893, envers mes amis et envers moi -même.
INDEX DES NOMS CITÉS
Æbout (Edmond), p. 15.
Abram, p. 359.
Adam (Edmond), p. 30.
Adam (M“® Edmond), p. 64.
Alasseür, p. 75, 76, 78, 261, 344. 443.
Amadieu, p. 78, 108, 330 Andlau (le général baron d’), p. 197.
André, p. 45.
Andrielx (M®), p. 363, 385.
Arago (Emmanuel), p. 30.
Ardisson, p 74, 128, 134, 277.
Argeliês, p. 98.
Arnaud de l'Ariège, p. 30.
Arton, p. 201 Aubanel, p. 196.
Auger, p. 187, 188, 203, 205, 207, 208, 210, 211. Autran (M®), p. 314.
BaÏhaut, p. 5, 447.
Barbé-Marbois, p. 96.
Barberet (Jules), p. 14.
Barboux (M®), p. 331,333.
Barodet, p. 14, 199.
Barrés (Maurice), p. 57, 414, 415.
Barrot (Odilon), p. 43, 244.
Bataille (Albert), p. 43.
Baudouin, p. 106.
Bauer (Henry), p. 47, 128, 130, 131, 274, 277,408,445,446.
Bazaine, p. 62,
Beaugrand, p 39.
Bédarrides, p. 390.
Bellier, p. 125.
Béranger, p. 75.
Berardi (Gaston), p. 73.
Berryer, p. 244.
Bert (Paul), p. 30.
Bertezène (Alfred), p. 282, 283.
Bertillon, p. 185, 201, 211.
Bertrand (Charles), p. 8, 9, 10, 18, 21, 50, 90, 93, 94, 100,
Bertrand (Henry), 113, 114, 116, 117, 214, 216, 217, 221, 223, 232, 233, 238, 239, 240, 242.
Bertrand (Léon), p. 215, 235.
Bertrand (les), p. 120, 132.
Beulé, p. 32.
Bidault de Lisle, p. 232.
Bignon, p. 137.
Bismarck, p. 198.
Blanc (Louis), p . 30, 31 .
Blanqui, p. 64.
Blatin, p. 74.
Bloch (Isidore), p. 7, 8, 10, 50, 84, 87, 88, 89, 94. 100, 109, 125, 128, 130, 131. 132, 133, 136, 137, 138, 139, 140, 141, 142, 143, 144, 145, 146, 147, 148, 149, 151, 152, 153, 155, 156, 157, 158, 159, 160, 162, 163, 166, 167, 168, 170, 171, 176, 182, 185 215, 216, 222, 232, 233, 234, 235, 241, 264, 272, 280, 292, 295, 299, 302, 349, 386, 395, 404, 407, 411, 413, 449.
Bobin, p. 45*
INDEX DES NOMS CITES
Boisgobey (F. du), p. 409.
Boislisle (de), p. 67, 327.
Bompard (Gabrielle), p. 66.
Bonaparte, p. 244.
Boulanger (Ernest), p. 242, 259, 260.
Boulanger (le général), p. 194, 198.
Bourgeois (Léon), p. 198, 200, 201, 244, 448. Bourselot, p. 79, 104, 105, 108.
Bovier-Lapierre, p. 244.
Bovius (le général), p. 207.
Bower (Elyott), p. 52.
Boyer, p . 86, 150.
Brégeault, p. 176.
Brelay, p. 27.
Brice, p. 28.
Brisson (Henry), p. 28, 81, 83.
Brissot, p. 114.
Brog ie (duc de), p. 30, 34, 140, 390.
Burdeau, p. 204.
Cabat, p. 71.
Cadot de Villemonble, p. 182, 284, 285, 286. Gafparel, p. 195, 197, 199.
Cailljl et Saint-Pierre, p. 322, 358, 364, 382. Canivet (Raoul), p. 426.
Ganler, p. 185.
Gantagrel, p. 29, 35, 38.
Garlier, p. 271.
Carnot (Sadi), p. 30, 81, 198, 207, 210.
Carnot (père), p. 30, 244.
Gaserio, p. 81.
Gassagnag (Paul de), p. 46, 419, 420.
Cazenave, p. 16.
Cazot, p. 16.
Ghallkmel-Lacoür, p. si.
Chambord, p. 14.
Ghamüel, p. 56.
Ghapel-Napias, p. 76.
Charpentier (Georges), p. 14.
Chaudey (Gustave), p. 51.
Ghenest, p. 68, 70, 81, 85, 86, 87, 128, 136, 141.
Ghoppin d’Arnonville (M®), p. 385.
Gladel (Léon), p. 14.
Clairet, p. 228.
Glaretie (Jules), p. 14.
Glauskl de Goussergues (M*), p. 390.
Clemenceau, p. 30, 55, 66, 67, 78, 204.
Clément, p. 3, 8, 49, 76, 77, 78, 91, 99, 100, 131, 203, 341. Glercq (de), p. 3, 39, 136, 137, 141, i43, 144, 148, 149, 151, 152, 153, 154, 155, 156, 157, 158, 159, 160, 161, 162, 163, 164, 165, 166, 167, 168, 169, 170, 171, 172, H3, 174, 175, 176, 177, 178, 179, 180, 181, 182, 183, 185, 186, 187, 188, 189, 201, 202, 203, 204, 206, 207, 211, 212, 214, 220, 249, 264, 265, 287, 291, 292, 293, 298, 308, 310, 349, 359, 365, 366, 414, 449.
Glosier (Alfred), p. 64.
Gochery (Georges), p. 75.
COLFAVRU, p. 198.
Commode (l’empereur), p. 438.
CONSTANS, p. 244 .
CORBON, p. 28.
CosNAc(de), p. 242, 253, 302, 304, 305.
Courier (Paul-Louis), p. 152.
Goutouly (de), p. 53.
Couturier, p. 175, 183, 314, 315, 357, 381, 433.
Grémieux (Josuë), p. 133, 150, 216, 218, 233, 278, 284. Cristal, p. 54.
Gruppi (Jean), p. 244, 311, 352, 440, 441.
Dallas, p. 52.
Danthesse (Patron dit), p. 166, 172, 175, 176, 177, 178, 180, 317. 344.
INDEX DES NOMS CITÉS
Danton, p. 90.
Datz (P.), p. 74.
Delachenal, p. 227.
Delaunai, p. 166.
Deleuil, p. 227.
Delord (Taxile), p. 30.
Dblpy, p. 391.
Demolombe, p. 311, 324.
Denécheau, p. 443.
Denpert-Rochereau, p. 30.
Deroulède (Paul), p. .56, 205.
Derué (le commandant), p. 73.
Desmons, p. 198.
Desmoulins (Camille), p. 103, 112, 114, 247, 489.
Desplas (M®), p. 20, 183, 299, 308, 317, 342, 367.
Desponds, p. 344.
Desrousseaux, p. 45, 46.
Develle, p. 56.
Deville (M®), p. 256.
Dhiturbide, p. 114.
Doize, p. 252.
Dopffer, p. 8, 41, 45, 47, 75, 99, 131, 134, 135, 152, 155, 163,
Doumer, p. 327.
Dreyfus (Àlfred), p. 107.
Dreyfus (Camille), p. 237.
Dromel, p. 350, 351, 352, 353, 383.
Drumont (Édouard), p. 91, 107, 118, 119, 198, 380, 397, 409, 410, 411, 413.
Ducret (Édouard), p. 56, 204, 205.
Dufaure, p. 199, 244.
Dugas, p. 344.
Dunaus, p. 105.
Dupas (M”i®), p. 251.
Dupas, p. 243^
Dupressoir, p. 277.
Dupüy (Charles), p. 3, 4, 49, 56, 57, 66, 71, 72, 79, 81, 82, 83,
Duquesne, p. 139.
Durand, p. 174.
Durier (Émile), p. 69, 70.
Durranc (Pierre), p. 252.
Edwards, p. 204.
Entrac (d’), p. 74.
Erlanger, p. 11.
Escudier, p. 208.
Esparbès (d’), p. 141.
Espinas, p. 243.
Estier, 358, 364, 366, 367, 371, 382.
Eyraud, p. 65.
Faberot, p. 126.
Fabre d’Églantine, p. 90, 165.
Faillières, p. 109.
Falstaap, p. 81, 83, 122.
Faure (Félix), p . 82 .
Faure (Sébastien), p. 190.
Faustin-Hélie, p. 25, 109.
Favre (Jules), p. 244, 393.
Ferrier, 399, 400, 401, 419, 445.
Ferrære (de la), p. 198- Ferron (le général), p . 195 Ferry (Jules), p. 198.
Feys, p. 70.
Fievée, p . 96.
INDEX DES NOMS CITÉS
Fischer, p. 163, 164.
Flamm, p. 37 .
Flandin, p. 79.
Floquet (Charles), p. 30.
Flory, p. 45, 46, 47, 117, 242.
Flourens, p. 63.
Forain, p. 274, 284.
Forcioli, p. 320.
Foübert, p. 58.
Fouché, p. 114.
Fouquier-Tin VILLE, p. 114, 170.
Fouquier (Henry), p. 15, 77, 93, 127, 135. Fourtou (de), p. 140, 199 .
Frascati, p. 115.
Freycinet (de), p. 210.
Gr
Gambetta, p. 30, 31, 199, 244, 413, 415, 416.
Gambon, p. 90.
Gautier (Émile), 193, 195, 200, 424, 432.
Gî-.ard, p. 7, 8, 9, 10, 19, 40, 41, 42, 43, 45, 48, 56, 69, 70. 76, 79, 81, 99, 100, 101, 102, 104, 105, 108, 109, 136, 143, 144, 147, 150, 151, 152, 153, 154, 155, 158, 165, 166, 187, 256, 259, 279, 282, 283, 287, 288, 291, 292, 294, 296, 297,
Girardin (Émile de), p. 14, 17, 416.
Gifpard (Pierre), p. 76.
Girey-Dupré, p. 114.
' oBLET(René), p. 30, 177.
C^RON, p. 193, 194, 196, 197, 200.
Gouin, p. 358, 361, 364, 369, 382.
Goulard (de), p. 199 .
Gragnon, p. 194, 195, 198, 200.
Granet (Félix), p. 210.
UN GÜET-i^ENS JUDICIAIRE.
Grave (Jean), p. 190.
Grévy Alice), p. 55, 64.
Grévy (Jules), p. 64, 198, 199.
Grosriez (du), p. 225.
Grousset (Paschal), p. 206.
Guillemin, p. 318, 352, 357.
Güilleminet, p. 69, 78.
Guillemot (Gabriel), p. 14.
Guérin (Jules), p. 85, 87, 91, 106, 112, 121, 122, 129, 230, 396. Guffroy, p. 285.
Guyot-Dessaione, p. 74.
GuYox(Yves), p. 333.
Habert (Marcel), p. 121, 122, 141, 271, 407.
Haguet, p. 316, 349, 350, 351, 352, 353, 354, 383, 386, 387.
Hamon (A.), p. 243.
Hannezo, p. 56.
Hans (Albert), p. 143, 147.
Hébert, p. 90.
Heftler, p. 220, 221, 234, 262, 264, 287, 292, 293, 204, 295, 296, 297, 299.
Hemerdinger, p. 143, 148, 158, 160, 166, 167, 173, 174, 177, 178, 179, 181, 184, 186, 206, 349, 419, 445.
Hepp (Alexandre), p. 413.
Hervé (Edouard), p. 390.
Hirsch (de), p. 11.
Houssayk (Arsène), p. 409.
Houssaye (Henry), p. 409.
Hubbard, (G. A.), p. 180, 182.
Hugelmann (Henri), p. 60, 64, 210.
Hugo (Victor), p. 30.
Hugot (M“«), p. 9, 109, 386.
Hugues (le vicomte d"), p. 127.
INDEX DES NOMS CITÉS
Imbert, p. 42, 43, 44, 81, 104, 105, 107, 108, 261, 310.
Jambois, p. 58.
Jarnac, 446.
Jourdan, p. 74.
JOURDE, p. 122.
JuDET (Ernest), p. 65, 67, 76, 204.
Khan, p. 263, 265.
Kugelmann, p. 53, 65.
Lachaud (M“®), p. 131, 140.
Lacroix (Sigismond), p. 2.52.
Ladmirault (le général de), p. 31, 390, 395.
Laferrière (Édouard), p. 14.
Lafontaine, p. 285.
Laisant, p. 94.
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Maret (Henry), p. 14, 204, 390, 391, 419, 420, 421, 426. Marinoni, p. 64, 65, 76, 79, 185, 203, 204, 207, 210, 419. Mariveaux, p. 113.
Martin (Félix), p. 9, 10, 39, 242, 243, 253, 255, 256, 301, 302, 304, 305, 306, 307, 399, 401.
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Millaud (Édouard), p. 30.
Millerand, p. 68, 73, 181, 189, 224, 231, 271, 287, 290, 291,
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Pelletan (Camille), p. 59, 205, 372, 373, 376, 377, 378, 379, 398, 399.
Pelletier (D>^), p . 384 .
Pereire (Eugène), p. 10, 11, 50, 77, 110, 242, 261, 311, 312, 313, 314, 315, 316, 317, 318, 319, 320, 321, 322, 323, 324, 326, 330, 333, 334, 33.5, 336, 337, 338, 339, 340, 341, 342, 343, 344, 345, 346, 347, 348, 349, 351, 354, 355, 356, 357, 358, 3.59, 360, 362, 363, 365, 367, 368, 372, 373, 374, 377, 378, 380, 381, 382, 383, 384, 385, 386, 387, 394, 446 Pereire (Émile), p. 318.
Pereire (Isaac), p. 318 .
Pereire (les), p. 323.
Perier (Casimir), p. 83, 107, 124.
Perivier, p. 77, 327.
INDEX DES NOMS CITÉS
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Persil p. 129, 242, 256.
Pessard (Hector), p 199.
Peters, p. 52.
Peyral, p. ,30.
Peyssonnié, p. 396.
Picard (Ernest), p. 13, 61, 63, 244, 393, 415.
Picard (Arthur), p. 49.
Picard (M^i® Ernest), p. 415.
Picot (Georges), p. 244.
PoiDATz (Henry), p. 64, 65, 68, 70, 72, 73, 74. 76, 77, 108, 185, 188, 203, 205, 207, 209, 210, 261 .
POINCARRÉ, p. 112.
PoNSON DU Terrail, p. 220.
Pont-Jest (René de), p. 21. 154, 274, 279, 280, 281, 282, 283.
Portalis (M“« Édouard), p. 282 .
Portalis (Jean-Étienne-Marie), p. 96.
PoRTAîAü (le comte), p. 96.
Portalis (le comte Étienne), p. 16.
Portalis (le baron Roger), p. 98.
Portalis (Harold), p. 62, 99.
Portalis (Joseph), 345 , 358.
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PuECH, 328, 329, 330.
PüYBARAUD, p. 68, 81, 85, 140, 141, 190.
Pyat (Félix), p. 62.
Quentin (Charles), p. 14.
Quinet (Edgar) p. 30.
Rabelais, p. 190.
Radier (Fernand), p. 75.
Rang, p. 30, 416.
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Rémusat (Charles de), p. 199.
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Revillon (Tony), p. 14.
Ricard, p. 200, 244.
Richepin (Jean), p. 270, 421.
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Roghefort (Henri), p. 61, 62, 63, 408, 409, 411, 413. Ronchet, p. 316, 336, 337, 338, 342, 351, 381, 383, 384, 385, 386, 387.
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Rouanet (Gustave), p. 121, 272, 320, 327, 374, 375, 376,
Rousseau, p. 48, 316, 327, 328, 329, 330, 331, 333, 345, 347,
Rouvier (Maurice), p. 14, 31, 195, 198, 200.
Roux (Jacques), p. 89.
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INDEX DES NOMS CITÉS
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Saint-Pierre, p. 322, 358, 364, 382.
Salvador, p. 318.
Sammarcelli (Marias), p. 9, 109, 163, 216, 223, 224, 225, 226, 227, 228, 229, 230, 233, 234, 287, 288, 289, 290, 291, 293, 294,295, 299, 301,386, 395.
Sarcey (Francisque), p. 15,76.
Sarda, p. 173, 419, 445.
Sarlin, p. 77.
Schneider, p. 13.
ScHOLL (Aurélien), p. 135.
ScHwoB, p. 113, 116, 117, 120, 214, 221.
Sbillières (le baron Raymond), p. 220.
Sembat (Marcel), p. 177.
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Séverine (M“«), p. 407.
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Target, p. 28.
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Taylor, p. 193, 200.
Terrier (Louis), p. 189, 343.
Tézenas (Maurice), p. 68, 331, 449.
Thévenet (M« Marias), p. 55, 67, 68, 70, 73, 81, 85, 86, 141, 396, 406, 443, 444.
Thibaldi, p. 63.
Thibaudin (le général), p. 194.
Thiers, p. 30, 51, 96, 199, 409, 413.
Thomas, p. 8, 19, 20, 26, 27, 34, 38, 39, 40, 41, 47, 48, 49, 00, 51, 56, 61, 76, 79. 85, 86, 108, 109, 111, 112, 113, 122, 123, 125, 132, 153, 154, 165, 169, 170, 179, 180, 481, 182, 187, 212, 242, 257, 264, 265, 266, 267, 283, 310, 320, 397, 403, 404, 442.
Tirard, p. 82.
Tocqueville (de), p. 30.
Tolain, p . 27, 28, 30.
Touaghe, p. 322, 358, 364, 367, 382.
Tournal, p. 78, 79, 202.
Trarieüx, p. 45, 366, 406.
Trocard, p. 136, 137, 155, 156, 1.57, 278, 426,
Troimeaux (Edgar), p. 97, 136, 137.
Vacquerie (Auguste), p. 108, 246.
Vaillant (Édouard), p. 18.5, 194,
Vanault, p. 41, 42, 44, 310.
ViGER, p. 7.5, 81,91, 92, 448.
Vitrac-Desroziers, p. 106.
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Wilson, p. 77, 185, 194, 199.
WOESTYNE, p. 299.
Xau (Fernand), p. 313, 315, 367, 414.
Zola (Émile), p. 14, 390, 416.
T'ABLE DES MATIÈRES
Chapitres. Pages.