‹ Un heritage; pièce en quatre actes, en proseChapitre 23 sur 46 · BC AT · texte numérisé non relu

BC AT

Mais encore ‘?..

ANTOINE

... Une bagatelle.. 11 a perdu au whist hier soir une certaine somme qu'il n’a pas sur lui. 11 m'a demandé de la lui avancer afin de s'acquitter d’une dette de jeu qui, paraît-il, ne peut être différée.

JEAN

Ah ! le vieux renard... Et combien est-ce ?

ANTOINE

Peuh !..… une vingtaine de louis... que j'ai autorisé l'Intendant — le nôtre — à lui faire payer.

JACQUES Quel tapeur, mes amis. C’est un beau début !

JEAN

Surveille ta bourse, mon vieux. Pour moi, je ne lui ouvre pas la mienne... et toi, Jacques?

JACQUES

Sois sans craintes...

ANTOINE

Tout ça n’est qu'un détail... ça ne compte pas. Voyons... tenons conseil.

JEAN

Faut-il se lever ?

al E ty ee - # eY, Va :

La À L —— 49 x ÉCIRRRERS no :- ANTOINE

Non... reste ainsi. Tu n’encomprenaras que mieux. : Voyons. qu'allons-nous décider? Moi, je ne sais que faire de cette fortune. Quand nous aurons bien joui des agréments qu'elle procure, pendant un mois

ou deux, il faudra toujours en arriver à l'utiliser.

JEAN

Mais... il me semble que c'est tout indiqué par le texte même du testament. (Citant) :

«+ Et, je ne doute pas que mon jeune ami ne fasse de la richesse que je lui donne, l'usage que j'en ai . fait moi-même » C'est clair.

JACQUES Ce qui veut dire qu'il faut faire du bien autour de - mous... D'abord, il faudra fonder une maison de - retraite et de refuge pour les pauvres diables d'ar- __ tistes qui sont dans la misère. Je me charge de vous - trouver des clients. Ce n’est pas ça qui manquera.

Oui... oui. c'est entendu. . nous ferons du Der

d'abord aussi, eh ‘’ilfaut réparer A re qui tombe en ruines .

JEAN (se levant sur un coude)

La

Tu ne vas pas lui enlever son cachet de poésie Sauvage, j'espère ?..

ANTOINE

Non... non... mais la toiture est en mauvais état . 1% s r . e É ilne faut pas qu'il pleuve ‘sur nous, tout de même.

REX." us JEAN Accordé la toiture.

ANTOINE

D'un autre côté, nous ne pouvons vivre comme des Hurons et des Iroquois. Nous allons être obligés de fréquenter des gens civilisés qu'il nous faudra recevoir en gens civilisés. Pour cela il faudra modifier l'intérieur du château.

JEAN (vivement)

A nous trois nous allons en couvrir les murs de peintures de notre cru. Ce sera magnifique !

ANTOINE (à part) Ça va être du joli... (haut), Bien, mais tout ici sent la masure d'uue lieue.

JEAN (regard circulaire) Tu appelles ça une masure, toi... Tu as donc oublié notre soupente de rapins...

ANTOINE (cOntrarié) Je n'oublie rien, mais il ne faut pas donner une trop mauvaise opinion de nous aux hobereaux

d'alentour.….

JEAN

Ça c'est ton affaire... Nous deux, Jacques et moi, nous allons chercher dans le parc un joli petit coin à peindre. Tu verras comme ça sera frotté.…. (il fait le geste avec Son pouce)

ANTOINE (effrayé)

Tu n'as pas l'intention de vendre ta peinture ici, je

pense.

JACQUES

Il n’y a pas si longtemps que le père Moineau nous l’achetait…

ANTOINE Vous perdez la raison. Pour qui nous prendrait-on ? | JEAN Pour de braves artistes qui n’ont vécu jusqu'à présent que du produit de leur Art, avec un grand A,

s’il te plait... Non... non... rassure-toi. Nous n'avons plus besoin de travailler pour vivre, c’est vrai...

, mais nous ne devons pas oublier, non plus, que c'est

le travail de nos mains qui nous a nourris jusqu’à ce

jour et comme nous travaillerons avec la liberté

d'esprit que donne la sécurité du lendemain, nous allons faire, sinon des chefs-d'œuvre, du moins quelque chose de propre.

ANTOINE (riant) Comme la toile que nous a achetée le Baron.

JEAN

Ah !... ton Baron... il m'agace ton Baron... Tiens. pendant que nous serons dans le parc, fais donc causer l'Intendant sur le compte de ce particulier,

ANTOINE (scandalisé) Oh !.. interroger un domestique !!!

JEAN

D'abord, ce n’est pas un domestique, c'est un personnage créé pour faire passer dans sa poche

"Ma; ©

l'argent que son maître a dans son coffre-fort. C’est bien différent... 11 tient un livre de compte où tout est en règle pour des aveugles. Fais-le causer... tu verras qu'il en sait long sur le compte du Baron et qu'il ne demandera pas mieux que de bavarder.

Allons, mon petit Jacques... allons travailler, prends tes crayons, moi j'ai mon album.

ANTOINE Soit. allez... (Ils sortent).

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