SCÈNE VII
ANTOINE (seul)
Ces braves cœurs... Leurs projets sont superbes, mais rüineux... La fortune... Ma fortune les grise. Si on les écoutait nous serions avant peu, Jeans
comme devant.
(Entre l'Intendant).
Que voulez-vous mon ami ?
L'INTENDANT Je viens prendre les ordres de Monsieur.
ANTOINE (allongé sur le canapé, négligeamment)
Il y a longtemps que vous connaissez M. le Baron de Trocalé.
L'INTENDANT Oui monsieur.
ANTOINE
Quel homme est-ce ?
L’INTENDANT Un homme charmant quand il a de l'argent.
ANTOINE Il a des relations dans le pays.
L’INTENDANT
Il connait tout le monde et tout le monde le connaît... surtout ses créanciers.
ANTOINE Il a donc des dettes ?.. Je le croyais fort riche ?.. L’INTENDANT En dettes ! oui... il en est criblé ANTOINE Et comment le savez-vous ?
L’INTENDANT
Il est complètement ruiné. Lord Eckmül, de son vivant, m'avait chargé d’éclaircir la chose, à l'époque où M. le Baron voulait se faire adopter par mon maitre.
ANTOINE
Vous plaisantez.. pourquoi voulait-il se faire adopter, puisqu'il devait hériter ?
L’INTENDANT
Pour pouvoir contracter plus facilement d'autres dettes. M. le Baron doit environ cinq ou six cent mille francs hypotéqués sur la seule propriété qui lui reste et dans laquelle il n'ose plus retourner de crainte d’être traqué par ses créanciers.