SCÈNE II ANSELME, JEAN, JACQUES
(en costume de campagne d'été, chapeau de paille. Ils entrent par la grille) , JEAN Merci, père Anselme JACQUES Bonjour, Saint-Médard... faites-vous toujours la pluie et le beau temps ?
ANSELME Je fais toujours les allées, en vous attendant... C'est toujours çà de fait.
JACQUES
Vous vous tuez, père Saint-Fiacre. Jamais vous
ne vous reposez ANSELME (à Jacques)
Faut bien mettre un peu d'ordre par-ci par-là, puisque vous dérangez tout et q'vous ne r mettez rien en place. Ah !si vous étiez au régiment !… C’’ que vous en attraperiez de jours de salle de police.
JACQUES
Un beau désordre est un etfet de l'art !
ANSELME
Pt'être bien, m'sieur Jacques, mais le vôtre dedésordre, à vous, n'est jamais beau.
JACQUES (taquin)
Vous ne seriez pas capable d'en faire autant,… hein !…
ANSELME Bien sûr que non, Dieu merci.
JEAN (à Anselme) Le facteur n’est pas venu encore, père Anselme ? ANSELME Pour sûr que si, m'sieur Jean ; même qu'y a un tas d’papiers et de journaux... J’vas vous les cher-
cher.
JEAN
C'est çà, apportez moi donc, en même temps, ma blouse et mon yokohama.
JACQUES Moi aussi...
ANSELME Vot'... quoi ?.… JEAN
Mon chapeau de soleil et celui de Jacques aussi. ANSELME Ah bien... j'y cours... non, jy vole... (il sort) JEAN
Quel brave homme que ce père Anselme!... Comme il nous est dévoué... mais tu le taquines trop.
JACQUES
Laisse donc, çà le forme.